Malgré un premier report et une canicule qui ne donne pas franchement envie de venir se masser dans une salle de concert, le Trabendo affichait complet pour les anglais de Sorry, comme pour leurs précédentes dates parisiennes. Leur troisième album studio, Cosplay, semblait avoir moins buzzé que les précédents mais en entendant le public chanter en entier les refrains d’"Echo" avec Asha, en se faisant régulièrement chaviré par le pogo , on réalise que Sorry continue de convaincre un public qui nous semble encore plus varié que la dernière fois : des ados plein d’énergie aux quarantenaires et plus, parfois tout aussi énergiques. Et c’est bien mérité pour un des groupes les plus originaux et attachants que notre voisin brexiteux nous ait exporté ces dernières années.

Le casting est le même qu’à Petit Bain en 2023 : sur le devant Asha et Louis, qui ont opté respectivement pour un short et un bermuda face à la chaleur. Tous les deux au chant et à la guitare, ils écrivent et produisent ensemble la plupart des chansons du groupe. A leurs côtés sur scène Campbell Baum à la basse, qui a tenté une épaisse moustache plutot 80’s, et derrière Marco Pini aux claviers et Lincoln Barrett en marcel dont on découvre la musculature qui ne ferait pas rougir un culturiste chevronné..

Malheureusement on est placé au premier rang juste devant lui et ces muscles ne sont pas là pour la déco, il tape furieusement fort ! On lui pardonnera parce qu’il joue aussi très bien mais ce sera un des rares concerts sur lequel on n’a pas trop d’avis sur l’équilibre du son, l’apport des claviers ou autres subtilités, heureusement les voix restent très audibles et les guitares ça dépend des sons et des moments, mais les sons clairs et ceux déformés par le pitchshifter et autres effets qui font le son si particulier du groupe sont bien là.

Le concert commence fort avec « Right Round the Clock », une de nos préférés du groupe et une des plus évidentes avec son efrain assez imparable qui marche très bien en live. Malheureusement il semble qu’Asha ait des problèmes avec ses retours in ear * et son chant nous parait... bizarre, comme déconnecté du morceau qui en perd un peu de sa superbe habituelle.. Heureusement cette impression ne dure pas même si les problèmes de son la poursuivront le reste du concert. On enchaine avec "Jetplane", tiré du dernier album, un titre assez étrange, rythmé voir frénétique mais assez peu assez de guitares, Asha lâche sa Telecaster pour se focaliser sur le chant, collée au pied de micro. Le live réussit plutôt à ce titre qui ne nous avait pas spécialement interpellé dans sa version studio. Globalement ce live qui convaint plus que les version disque, ce sera le cas pour tous les titre de Cosplay, et le groupe va en jouer quasiment tous les morceaux, les titres plutôt incisifs, rock comme "Candle" ou "Today Might Be The Hit" mais aussi une belle "triplette" Antelope / Into The Dark/ Jive qui finit le concert en nous rappelant pourquoi on aime à ce point la musique de Sorry : tout ce qui se mélange, toutes les idées qui se rentrent dedans dans cette musique, de la douceur presque pop au rock noisy bizarre en passant par un refrain folk joliment chanté à deux voix, de le mélancolie introvertie au chaos total.
Hors de l’album on retrouve les synthés dissonants de la très barrée "Cigarette Packet", l’occasion pour Asha d’utiliser le briquet et la cigarette placée à côté de son pedalboard depuis le début du concert, on se demande si la chanson est un prétexte pour tirer une taffe ou deux ou si la taffe est juste là pour illustrer la chanson. En tant que non fumeur pris dans le nuage on vous dire juste qu’on s’en serait bien passé. De 925 on aura aussi "As The Sun Sets" mais aussi et surtout l’autre "tube" de Sorry, "Starstruck", toujours aussi efficace.

Le son n’est pas parfait là où on est placé, mais on est juste devant Asha et Louis, et ils incarnent très bien leurs chansons, avec leurs personnalités respectives. Sans être beaucoup plus communicatifs qu’à Petit Bain, on les sent quand même plus à l’aise et surtout il y a des sourires, une atttitude, une énergie qui donne l’impression qu’ils sont heureux d’être là, qu’ils essaient de donner le maximum, d’aller chercher le public avec leurs regards. Asha, en particulier avec ses mains cachées manches longues, ses mouvement toujours un peu étranges des bras, mais elle a conscience qu’elle est au centre, qu’elle assume souvent plus le chant que Louis et elle joue pleinement ce rôle frontal à sa façon (ce qui comprend parfois des grosses lunettes de soleil, mais heureusement ce ne sera que sur quelques morceaux)

En rappel, la dualité du projet est encore très bien mise en valeur avec d’abord "Magic", dépouillée, mélancolique, tendre, Asha qui répète encore et encore le titre de la chanson en guise de refrain (comme sur Echoes) alors que le reste du groupe fait monter la sauce progressivement et pour finir sur une note plus énergique, "WaxWing" avec sa rythmique bien lourde et ses synthés très efficaces





