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publié par Mickaël Adamadorassy le 19/07/17
Glen Hansard
- Centre Culturel Irlandais, Paris

On avait guetté le ciel toute la journée, de peur que ce concert exceptionnel de Glen Hansard dans la cour du Centre Culturel Irlandais soit annulé ou reporté. Mais s’il pleut toujours sur Travis, il faut croire que la passion et la générosité de Glen touchent même les dieux capricieux de la météo car il n’y aura pas eu une seule goutte de pluie pendant ce concert, et on a même fini avec un petit bout de ciel bleu juste au dessus de nous.

Comme d’habitude avec Glen, pendant les morceaux, c’est intense autant dans les moments où il se lâche complètement et chante à tue-tête, que dans la sobriété et le dépouillement des premières notes de la version a cappella de The Parting Glass, une chanson traditionnelle écossaise très populaire aussi en Irlance aussi, qui ouvre ce concert. On aura droit à des extraits du dernier album, notre préférée, My Little Ruin on avait aimé avec le "big band" et en session avec les cordes mais en solo elle est toujours superbe, tout comme Winning Streak dédié à Ernest Hemingway ou Her Mercy. Le précédent disque, Rythm And Repose, n’est pas oublié non plus. Low Rising toujours aussi efficace, Bird of Sorrow et l’émouvant Song of Good Hope qui nous rappelle la session tournée un peu loin dans cette même cour alors que ce morceau était encore inédit sur disque. Et bien sûr Falling Slowly dont on ne se lasse jamais, même sans Marketa ou Lisa Hannigan à côté de Glen.

On avait aussi un peu peur qu’à cause du couvre-feu, Glen n’ait pas le temps de parler longuement avec le public comme il le fait souvent en solo. Et c’est quelque chose qu’il fait très bien, il a ce contact avec les gens et un vrai talent pour raconter des histoires, aussi bien pour introduire sa reprise du Vigilante de Woodie Guthrie que pour disserter sur le couple de pigeons en train de s’accoupler sur le toit. Ces instants de partage s’apprécient d’autant plus que le lieu s’y prête très bien, le calme, la verdure et l’architecture du centre culturel irlandais en font un endroit vraiment à part, totalement dans l’esprit du Paris romantique qui n’existe la plupart du temps que dans les films.

Après un peu plus d’une heure de concert, il est temps pour Glen de conclure, bon on sait bien qu’il va revenir mais pour le coup il y a une vraie surprise : pendant son séjour à Paris, Glen a sympathisé avec un groupe de musiciens iraniens : Mani Khoshravesh (ney : flûte), Nima Khoshravesh (setar : cordes pincées), Pouya Khoshravesh (Kemanche : cordes frottées) et Ahmad Yahyazadeh (chant et daf, une percussion que vous avez pu voir aussi dans la session solo de Marketa). Bien sûr des paroles ils sont vite passés au langage quils ont en commun, celui de la musique, du rythme et des mélodies et ça a tellement bien collé que Glen les a invités à jouer sur scène avec lui.

Le résultat de cette rencontre entre la musique irlandaise et la musique iranienne est à la fois surprenant et en même temps il y a là comme une évidence, les deux traditions dialoguent sans effort, se complètent, se répondent, se mélangent avec bonheur, La fougue de Glen répond à la virtuosité de ses nouveaux amis et ensemble ils nous offrent de magnifiques moments de musique nous faisant voyager entre Orient et Occident, Prayer for Yom Kippur, portée par la voix puissance de Judith Mok (amie et professeur de chant de Glen) , une reprise de Who by Fire de Léonard Cohen, Tesetouni un morceau des musiciens iraniens, Rocky Road to Dublin, un autre traditionnel irlandais et une longue version de Lowly Deserter en guise de conclusion fiévreuse de ce moment unique et magique.

P.-S.

On remercie Fleur qui nous a aidé pour le nom des traditionnels et des musiciens iraniens.

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