C’est pas si rare dans la sphère indé de tomber sur un album avec un groupe au nom bizarre, dont vous n’avez jamais entendu parlé avant et de vous dire ce disque est une bombe. Et de l’écouter très régulièrement en déplorant que cet artiste que vous imaginez ultra-confidentiel ne quittera pas de si tôt sa Nouvelle-Zélande natale pour venir jouer à Paris... pour finalement de sauter de joie quand vous découvrez en fait qu’il joue à Paris au Trabendo dans pas longtemps.
Dans cette histoire maintes fois rejouée, le groupe s’appelle cette fois-ci Yumi Zouma, sur la foi de leur dernier et excellent album, No Love To Kindness, on l’avait classé dans la catégorie " indie-rock à la cool un peu bordélique un peu dissonante avec une alternance voix fémine -voix masculine façon Sorry" (qui jouait d’ailleurs le lendemain à la base mais a finalement reporté son concert) Et donc on se retrouve au Trabendo avec une salle étonnamment pleine, sans afficher complet avec de vrais fans qui connaissent certaines chansons par coeur et ont l’air de passer un super bon moment dès le moment où les lumières s’éteignent et que le groupe, limité ce soir à la chanteuse Christie, accompagné de Josh et Charlie qui s’échangent régulièrement une Squier Bass VI (décidément remise à la mode chez les groupes indé) et une guitare. La batteuse Olivia n’est donc pas là, de même que les claviers que le groupe semble utiliser habituellement sur scène... Il y a donc un playback avec les parties rythmiques et les sons de clavier.
Et là c’est peut être qu’on est un peu vieux con, coincés dans les clichés du rock, mais pour nous c’est tout de suite un peu décevant quand on fait du rock sans batterie. Mais en fait on se rend compte assez rapidement qu’on avait peut être classé un peu trop vite Yumi Zouma comme une formation purement indie rock : même s’il y a une guitare et une basse live bien présente, ce qui ressort surtout dans le son c’est la voix de la chanteuse et un côté très mélodique qui penche ver la synth pop ou la dream pop.
Le groupe a fait le choix un peu malheureux pour nous aussi de jouer dans la pénombre avec quelques moments rouges monochrome ou de lumière blanche aveuglante, difficile dès lors de se "connecter" aux musiciens dont on devine les silhouettes mais pas les expression sauf tout devant (et encore) Et le mix de la boite à rythme nous parait un peu faiblard, ce qui nous donne l’impression que le début de concert se traine et que le groupe, un peu comme nous a du mal à rentrer dedans.
Heureusement cette histoire a un happy end : au bout de 5 ou 6 morceaux, tout le monde s’est bien échauffé et on commence à prendre vraiment du plaisir à écouter le groupe dérouler son répertoire : La chanteuse Christie a de la présence scénique sans en faire des tonnes, dans une telle configuration , sa voix n’a pas de mal à percer, on entend plutôt bien chaque instrument même si ce qui est live ne se distingue pas vraiment de ce qui ne l’est pas dans le mix, car tout passe dans la sono. Ce qui est un peu bizarre comme sensation quand on a l’habitude d’être tout devant dans un concert de rock (mais il va falloir s’y habituer, il y a un tendance de fond à éliminer les amplis sur scène dans l’équipement guitaristique actuel)
Yumi Zouma a aussi pour lui d’avoir pas mal de matériel avec deux EPs, deux albums et un tas de singles, de quoi constituer une setlist assez variée surtout pour nous qui n’avions écouté que le dernier album, quand même largement mis à l’honneur avec "Cross My Heart and Hope to Die" qui nous avait fait prêter l’oreille sur ce groupe, "95" avec un chant vaporeux très très joli de Christie, joliment complété par la voix masculine ou encore la mélodie imparable de "Cowboy Without a Clue" qui nous fait toujours penser à "Title and Registration" de Death Cab For cutie. Ma très catchy et dansante "in camera" en rappel qui nous fait dire que Youmi Zuma est plutôt un bon groupe d’indie pop sucrée et chaleureuse, finalement assez loin d’un Sorry assez "dark".
On imagine que l’absence de la batteuse et l’obligation de jouer avec une BAR n’est pas ce que le groupe aurait voulu et sachant qu’ils viennent en plus de Nouvelle-Zélande, ce qui fait un trajet en avion immensément long pour venir jouer en Europe, on ne va pas leur tenir rigueur mais plutôt apprécier la chance qu’on a de les avoir vu en concert et finalement de découvrir un autre groupe que celui qu’on pensait voir. En écrivant cet article on apprendra même qu’ils ont repris en entier le morning glory d’Oasis ! (Don’t Look Back in Anger est pas mal du tout !)





