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publié par gab le 01/03/05
verone - Nouveau Casino, Paris - 11/01/2005
Nouveau Casino, Paris

marcher

une brusque envie de marcher ... s’il est un signe qui ne trompe pas à la sortie d’un concert, c’est bien celui-ci ... s’il est un état second, autiste, qu’on aime particulièrement, c’est en effet celui-ci. un état délicat, faible, presque impossible. car comment réussir à conserver l’émotion alors qu’on la sent filer sous nos doigts ? comment la faire durer tout en sachant pertinemment que d’ici une heure ou deux seules quelques images resteront ? et en ce début janvier lui courir après pour la voir s’évaporer au loin en ménilmontant ... quelle cruauté ... puis revoir julie b. bonnie, les larmes sous la surface. revoir julie b. toute en fragilité, secouée de colère, tellement touchante dans sa lutte interne ... et déambuler encore, "retour au zoo" dans la tête ...

tulipe

on était pourtant venu voir vérone la tulipe à la main, le sourire en bandoulière, et voilà qu’on se fait cueillir à froid par une demoiselle, l’émotion à fleur de peau. une ancienne cornu méconnaissable avec ses chansons à l’amertume affichée et cette tristesse hagarde. une expérience poignante et déroutante, désarmante ... pour être tout à fait honnête, on n’en mène pas large après cette première partie et connaissant le spleen de vérone, on envisage même le pire pour notre état post-concert. enfin, alors que l’on est perdu dans ces considérations (la réconforter ou pas), que l’on lutte vaillament contre nos démons réveillés à la hâte (cette boule dans la gorge), vérone arrive enfin et sauve la nuit.

l’élixir du suédois

l’humour. voilà bien un élément que l’on n’aurait pas associé à vérone d’entrée de jeu, comme ça, à l’écoute de leur album. et pourtant ... il faut dire qu’ils cachent bien leur jeu sous des dehors réservés et des musiques éthérées, devant des vidéos de vagues ou des murs de jéricho. et nous, bonne patte, on les laisse prendre leur rythme de croisière aérienne ; on se love dedans, tranquilles, rassurés. puis, sans prévenir, presque sournoisement, tombent des morceaux aux textes surréalistes et aux images ad hoc. le tout sans rompre un seul instant le charme établi, bien au contraire. dès lors un cap est franchi ; les cochons, le hamac et l’élixir du suédois emballent la machine. une classe imperturbable, une présence scénique forte et sensible ... et toujours cet humour à froid, décalé. nos dernières résistances y passent, on se laissera désormais porter au loin jusqu’à la version magnifique de "retour au zoo" pour clore officiellement le set (ils reviendront ensuite pour deux morceaux). et cela nous donne envie de marcher, c’est sûr, mais aussi de réécouter l’album, de le voir sous un nouveau jour.

retour au zoo

de retour au zoo, premier album de vérone, on avait surtout retenu les horizons glacés et une électro hors du temps. on avait eu le bonheur de retrouver les errements d’"alaska" et de "jericho", ses trompettes entêtantes, déjà croisés en concert par le passé. on avait promené au hasard "les chevaux sous la mer" et surtout "retour au zoo", son refrain envoûtant. mais si on avait rapidement été conquis par les morceaux eux-mêmes et par la sensibilité du chant, ce n’avait pas été entièrement le cas du traitement sonore et notamment des effets sur les voix. une petite impression d’"un peu trop" face à ce parti pris résolument électro auquel on préférera nettement les touches plus discrètes déployées sur scène. pour autant, on ne reprochera pas à vérone d’avoir été au bout de leur envie puisque c’est un disque qui se tient très bien et qui ne manque pas de charme et de diversité, à l’image des différentes intervenantes venues prêter main forte, et parfois même remplacer (l’excellent "tout est léger"), fabien au chant. une diversité qui s’avère réellement payante sur la durée de l’album.

l’appel

on y revient donc, à différents moments de la journée ... on lui laisse trouver sa place ... on y revient sans toutefois y retrouver tout l’univers découvert en concert mais, comme cela arrive parfois, ce dernier apporte une force, ou peut-être simplement une compréhension plus grande, à cet album et on ne l’écoute plus tout à fait de la même manière. cette part de vécu commun sans doute. on y revient et c’est finalement lui qui nous appelle ... résultat, nous aurions plutôt à faire à un disque de matin, de matin de janvier pour être précis ; un début de journée bien frais où il est difficile de partir au travail, de quitter la couette, d’ouvrir les yeux. il nous appelle et une nouvelle fois on le laisse prendre son envol, puis on l’y rejoint.

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publié par le 01/03/05