Nous n’en sommes pas à la moitié de 2026 mais peu importe, lançons nous : la prestation de The Haunted Youth qu’a délivrée au Trabendo est d’ors et déjà un des meilleurs concerts de l’année pour nous. Ils nous avait déjà fait très bonne impression au MaMa l’année dernière mais ce n’était qu’un avant-goût, là nous avons eu droit à une expérience sonique en onze titres, une cathédrale bruitiste bâtie couche après couche de guitares saturées typiquement shoegaze (Jazzmaster pour le frontman Joachim Liebens et Telecaster pour Tom Stokx), nimbée de delay et reverbs ou encore des nappe de synthés de Hanne Smets ). De longues plages instrumentales qui font durer le plaisir, à faire vivre et vibrer ce fameux mur du son théorisé par My Bloody Valentine et matérialisée chez The Haunted Youth sous une forme moins stérile, moins agressive que ce qu’on a pu voir du MBV de 2008, une masse sonore vivante, enveloppante, qui emporte encore et encore, ressentie physiquement mais pas à la limite de l’agression, pas du bruit blanc, mais plutôt du bruit bleu nuit, pourpore, c’est beau, confus , tripant, majestueux, atmosphérique, sombre.
Les onze morceaux joués sont pour la plupart extraits du deuxième album du groupe Boys Cry Too, disponible le 8 mai prochain et que le groupe aura mis 4 ans à sortir. Dans un trabendo quasi-complet, rempli de fans, chaque nouvelle déglagration est acceuillie comme un évangile souvent sans paroles : Joachim chante de temps en temps, il a une chouette voix typiquement indie et il y met plus de conviction et de décibels qu’une Belinda Butcher mais ce concert montre assez nettement que chez The Haunted Youth la chanson est le vaisseau mais le coeur du propos ce sont les progressions instrumentales, les ambiances, de créer l’émotion, le chaos, la transe, d’exprimer la beauté comme la rage à travers la musique plus que par les mots et de vous faire vivre une expérience immensément captivante, puissante, un plaisir presque coupable pour qui aime ne serait-ce qu’un temps soit peu le shoegaze de voir un groupe dérouler tout le vocabulaire du genre, des prémices tranquilles à jouer sa Fender les yeux dans les baskets jusqu’aux longues plages de tripotage de pédales d’effets à genoux, d’avoir ce son saturé , énorme si satisfaisant et en même temps d’avoir l’impression de vivre quelque chose de "frais", de différent, d’excitant.





