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publié par gab le 25/10/12
Sophie Hunger
- The danger of light
The danger of light

C’est une énigme. Sophie Hunger semble avoir un peu de mal à se remettre de son premier album. A moins que ce ne soit nous, au contraire, qui ayons du mal à la retrouver dans les suivants. Il faut dire qu’elle n’avait pas fait les choses à moitié avec Monday’s ghost (2008), un disque tout en émotion, punch et sensibilité. Vint ensuite le décevant 1983 (2010) dans lequel on ne parvint jamais à pénétrer complètement. Pas qu’il soit mauvais, tous les ingrédients étaient là mais il manquait l’étincelle, la petite magie qui prend … ou ne prend pas. On espérait donc beaucoup de The danger of light, à n’en pas douter l’album qui nous réconcilierait avec la demoiselle. Dommage.

sensible

Du coup, on pourrait faire comme pour 1983, ne pas le chroniquer et attendre le prochain ; ou on pourrait le faire tourner en rotation lourde jusqu’à se persuader soi-même qu’on est tombé sous le charme ; on pourrait encore le refiler à un collègue cargotien qui lui aurait du mal à cacher son enthousiasme (ça a pourtant bien failli marcher) ; au final on aurait toujours sur les bras la frustration d’une énigme aussi surprenante qu’irrésolue. Pas sûr qu’il ne s’agisse pas non plus d’un malentendu (du genre track-listing désavantageux comme pour Monday’s ghost), il faut dire qu’on est tombé allergique dès la première écoute à un "LikeLikeLike" particulièrement crispant. Et ça ne s’est pas arrangé avec les écoutes. Quand on sait qu’il se trouve en stratégique troisième position, ça laissait augurer de moments difficiles dans l’appréhension de l’album. Alors certes les musiciens se font plaisir avec un chouette solo de trombone à la clé mais peu d’émotion au final. Et c’est un peu le constat général de ce disque, on a un album pour musiciens avec de belles parties instrumentales, on sent qu’ils se sont fait plaisir. Le problème lorsqu’on est bien plus sensible au chant et à l’ambiance générale, c’est que ça ne suffit pas tout à fait. Pourtant dieu sait que Sophie Hunger part avec un avantage vocal, c’est indéniable, mais justement elle en fait un peu trop, tous les morceaux s’inscrivent dans un passage en force qui s’avère pénible quand on sait les nuances qu’elle peut faire et toutes les émotions qu’elle pourrait faire passer.

cuivres

On est donc frustré, évidemment, ce qui n’empêche pas quelques beaux moments de s’infiltrer au creux de nos humeurs. Le plus réussi, "Can you see me ?", permet à Sophie Hunger de renouer avec un feeling qu’on n’avait plus ressenti depuis son premier album, ce feeling qu’on attendait sur un disque complet. Alternant douceur et moments poignants, elle nous livre une grande interprétation vocale à laquelle on croit volontiers. Deuxième moment fort, l’enchainement "Holy hells" / "The fallen" et leurs cuivres bondiens (c’est d’actualité). "Holy hells", très enlevé, fait mouche de part en part tandis que "The fallen" navigue savamment et élégamment entre deux eaux. On l’entend bien, la Sophie Hunger qu’on peine à retrouver est là, tapie dans l’ombre, en deuxième partie d’album, ne demandant qu’à remonter la surface. Vivement qu’elle reprenne le dessus.

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publié par le 25/10/12
Derniers commentaires
annie - le 26/11/12 à 21:24
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"Fisher", un de ses premiers groupes et album, vaut vraiment la peine ! Sans parler du film "Der Freud" où Emilie (alias Sophie joue un rôle principal - en musique). Très bon !