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publié par gab le 19/10/20
Sophie Hunger
- Halluzinationen
Halluzinationen

Sophie Hunger nous avait perdus en route. D’album en album, de titre en titre, on revenait inévitablement à Monday’s ghost (2008) et nos émotions sans cesse renouvelées à son écoute. Au point, à force, de ne même plus vraiment tendre l’oreille à la sortie de ses nouveaux disques. Et ce jusqu’à Molecules en 2018 et l’annonce prometteuse d’un changement de son, loin des guitares. Cela avait eu l’effet initial recherché : nous sortir de notre léthargie et nous inciter à aller y jeter une oreille. Si l’expérience s’était révélée plutôt décevante au final, le principe était désormais acté, Sophie Hunger irait voir ailleurs si on s’y trouvait et nous garderions un œil ouvert pour la suite. Or la suite c’est maintenant avec ce nouvel album Halluzinationen.

différence

Difficile d’expliquer pourquoi parfois ça passe et parfois pas. On pourrait se dire que c’est une histoire de circonstances mais après réécoute de Molecules, il ne semble pas que ce soit ça. Halluzinationen possède vraiment quelque chose de plus. De l’électro savamment digéré, mélangé, tournant autour de la batterie par petites touches, à l’image de "Liquid air", le titre qui ouvre l’album, un modèle du genre. Et si, soyons fous, la vraie différence était un chant vraiment inspiré. Et si, soyons encore plus fous, la vraie vraie différence était dans le retour en force de l’allemand. On avait adoré les chansons en allemand sur Monday’s ghost et ici encore elles s’imposent. Que ce soit "Finde mich", sur un modèle organique minimaliste idéal pour faire ressortir le chant, ou l’électro-détonant "Halluzinationen", toutes syncopes dehors, ou encore la superbe balade au piano "Rote beeten aus arsen". L’allemand lui va si bien, à Sophie Hunger, cela nous avait vraiment manqué.

renaissance

Et si - mais qu’est ce qui nous prend aujourd’hui -, oui, et si c’était aussi le passage au piano. C’est sans doute finalement le changement le plus important dans ce disque. Tous les morceaux incluent ou se basent sur du piano et on peut facilement imaginer que leur composition aussi s’est faite autour de ce changement d’instrument. C’est d’ailleurs vraiment comme ça qu’on a vécu la découverte de l’album, comme celui d’une renaissance. Le meilleur exemple est sans doute "Bad medication" qui donne une part égale à l’électro et au piano et fait preuve d’une liberté musicale impressionnante. Notons aussi "Maria Magdalena" qui rivalise d’ingéniosité avec son piano hypnotique et son chant poignant. La fin du disque est de ce point de vue assez exceptionnelle.

vigilance

Cela n’empêche pas bien sur un ou deux morceaux de moins nous plaire (l’envahissant "Alpha venom", le sautillant "Everything is good") mais rien de rédhibitoire au contraire, ils ne font que mieux ressortir la qualité de l’ensemble de l’album. L’excellente nouvelle est que Sophie Hunger est vraiment de retour cette fois et nous signons illico un bail unilatéral de renouvellement de vigilance. C’est bien le moins qu’on puisse faire dans ces circonstances.

Magnifique version légèrement alternative de "Finde mich"
histoire de remettre de la guitare (et me faire mentir un minimum)

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publié par le 19/10/20