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publié par mathieu mallet le 29/10/05
sonic youth - Cité de la musique, paris - [27/10/2005, 28/10/2005]
Cité de la musique, paris

Prologue

Je suis étonné par le nombre de revendeurs et d’acheteurs de billets qui nous alpaguent dès le quai du métro. Ha non en fait c’est pour Oasis. Parce qu’Oasis joue ce soir là au Zenith. Bien. J’aime bien ce genre parallèle audacieux. Et aussi cette espèce de comble du snobisme indé qui consiste à ne pas savoir qu’Oasis joue le même soir que Sonic Youth à quelques centaines de mètres de là. Je me dirige donc vers la Cité, au milieu de cette foule de jeunes habillés comme des boissons à l’orange, devisant sur Vegastar.

Dans la Cité je rencontre des amis que je n’aurais pas imaginé rencontrer ici, mais si en fait en y réfléchissant bien. Après quelques péripéties nous sommes tout trois installés coté gauche de la mezzanine. Je suis étonné par l’age des personnes derrière nous. Je veux dire des gens quand même bien plus vieux que Pierre. c’est dire. Genre grisonnants et costume-cravatisés, que j’imaginerais bien dans le fauteuil en cuir noir d’un Président d’Université. Ça semble divers au niveau des ages et parfois même familial. Comme à un concert des Stones. Étrange, quoi.

Ça commence par Jim o’rourke qui n’attend pas que la lumière se soit éteinte ni que nos valeureux quinquagénaires n’ai fini de palabrer sur « ha oui ils ont repris “Ticket to Ride” bien bien » pour faire grincer sa Les Paul Spécial. puis ils entrent un par un et ça commence.

Ça décolle, ça enchaîne les morceaux des deux derniers album. Un moment je me demande ce qu’ils se passe car pendant un passage bruitiste (en fait ça alternait passage du genre et chanson copié collé de l’album) car y’a comme une bagarre entre des gens du public et Thurston mais en fait non c’est pas ça c’est qu’ils font l’amour avec la guitare, une sorte de coït multiple et sonique. Lee de son côté semble créer des vagues érotiques en trempant sa guitare dans une mer de spectateurs. A ce moment je me dis qu’on tient le concert magique. Et plus ça allait, plus ça semblait mou et mécanique, carré, comme la façon de se tenir de Lee et Jim, bien campés sur leur guibolles, comme des vrais rocker. Kim semble plus effacée, jouant d’un certain flegme. Steve quand à lui montre qu’il est l’un des meilleurs batteurs au monde, le pilier de la musique. D’ailleurs c’est très étonnant de voir la constance du son de sa batterie sur disque ou en concert.

On a droit à deux rappels attendus, temporairement parlant, donc des vrais rappels. Je ne sais plus trop ce qu’il y avait (je ne suis pas trop Sonic-Youthologue) mais il me semble qu’on a eu droit à un truc de Evol. Ça finit sur une improvisation bruitiste assez calme et plutôt bien construite.

Bref un poil déçu - et peut être frustré finalement de pas être allé dans la fosse surtout que je ne l’imaginais pas du tout comme ça la mezzanine - je suis et je sors.

Je traverse toute la Villette accompagné par le son des frères Gallagher dont on distinguait aisément les chansons - “Don’t Look Back in Anger” et “My Generation” des Who.

Jeudi 28

Y’a moins de monde et surtout pas de fan d’Oasis dont tout va bien. Dans la Cité je rencontre une amie que j’imaginais bien voir ici mais pas obligatoirement non plus. Elle est blessée à la cheville donc elle monte et moi je vais en bas, me rapprochant de la scène, coté Thurston.

Ça commence pareil.

Parfois dans la vie on remarque des petits signes auxquels on n’accorde pas une grande importance et qui pourtant peuvent être révélateurs de la suite. Thurston est d’humeur taquine, il donne un petit coup de doigts dans la chevelure de Jim qui ne l’a pas vu venir dans son dos. Il avance à grandes enjambées, visiblement en forme. Le début du concert n’est pas exactement le même, en tout cas la setlist, qui privilégie mes morceaux plus énergiques de Sonic Nurse. C’est déjà mieux.

Pis au cours du concert on peut voir que le géant se "déchaîne" - bon alors je n’ai jamais vu Sonic Youth dans les années 90 ni même 80 donc je ne peux pas relativiser l’idée de déchaînement chez Sonic Youth donc ne montez pas sur vos percherons nains pour me dire "ha mais non maintenant c’est des moules humaines snob c’était mieux avant en 87 au Gibus quand Kim m’a vomi dessus c’était l’extase - par rapport à la veille. D’ailleurs au moment du coït musical (comme quoi plein de choses sont calculées) Thurston va dans le coin de la scène qui n’est plus vraiment la scène frotter la jazzmaster sur tout les supports possibles.

Les cinq compagnons nouent jouent des morceaux plus anciens. Thurston nous sort une guitare hallucinante qui ne se joue qu’avec des baguettes car l’action est à environ 5 cm du manche. Il saute partout traverse la scène parfois pour se frotter à Lee. On comprend pourquoi on lui réserve un tiers de celle-ci.

Bref tout le monde s’amuse ça danse en se rentrant dedans joyeusement, surtout une petite sympa à coté de moi qu’à pas peur de pogoter (on a même échangé nos number après le concert ha ha). Moi mes lunettes ont failli mourir dans la bagarre et donc moi devenir aveugle temporairement mais là on a pu voir un exemple de l’adaptation de l’être humain dans une situation d’urgence stressante capable de sang froid et de réactivité bien canalisée je m’étonne encore de moi-même. Et après je danse même une sorte de rock-n-roll avec une spectatrice voilà.

Bon y’a la reprise de Lennon mais on en a parlé mieux que je ne le ferais. En parlant de Lennon les Quinquas de la veille on du être abusés par le thème parce qu’ils avaient pas l’air content en partant avant le dernier rappel. Ha oui le film de Lennon et Yoko projeté en fond est sympa.

Et les rappels sont chouettes et la fin et plus tonitruante que la veille mettant à mal les oreilles de ceux qui n’avaient pas de bouchons et le pauvre ampli Fender qui sert à amplifier le sample au début de je sais pas quel morceau. Il crie s’égosille et s’écroule. Bref ça fait son petit effet apocalyptique.

Donc ce qu’il faut dire à la fin c’est que c’était bien mieux le second soir. Ce doit être du aux mauvaises ondes des quinquas d’hier.

Épilogue

En sortant il y’a un gros avec un t-shirt d’Oasis qui m’a proposé l’enregistrement du live pour 40 euro.

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publié par le 29/10/05
Informations

Sortie : 28/10/2005]
Label : [27/10/2005

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