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publié par terant le 25/01/06
Sleater - Kinney
- The Woods
The Woods

pastiche

Avec cette résurgence lisse et consensuelle de groupes à guitares aspirés par les régies publicitaires du monde entier, il y a de quoi fuir tout ce qui approche de près l’étiquette rock. Heureusement, le retour de sleater-kinney en 2005 pour un premier album sur sub pop rassure sur les possibilités d’oeuvrer dans le genre sans sombrer dans un lamentable pastiche ou une vulgaire resucée. The woods vient déjà rassurer pour cela.

relief

L’autre grand risque qu’encourait le trio féminin était, en enrôlant dave fridmann, de perdre tout relief au profit d’un épouvantable son vaguement prog, faussement psyché comme le dave a pu nous l’infliger récemment chez mercury rev (le dégoulinant the secret migration) ou hopewell (le bien fade birds of appetite). Great destroyer de low, sorti justement chez sub pop, se posait en seul contre-exemple. Mais miracle, Sur the woods, la production est presque sobre et retranscrit avec justesse l’énergie et l’intensité rock de sleater-kinney. Presque, parce qu’il y a quand même ce - joli par ailleurs - “modern girl” sur lequel dave ne peut s’empêcher de saturer la batterie de janet weiss, effet qui gâchait déjà l’ouverture du hate des delgados. Ce désagrément mis à part, the woods est une pure merveille.

saliver

Un album original et puissant qui convoque l’esprit des jams 70’s avec l’urgence de l’indie rock. sur the woods, on assiste à la transformation réussie d’un essai manqué par stephen malkmus. Sur pig lib, l’ex héros de l’indie rock tentait maladroitement de donner à ses compositions pop une progression rock seventies sans convaincre totalement. Sleater-kinney y parvient sans trop de difficultés avec un sujet maîtrisé à force de sept albums (l’épique “let’s call it love” en témoigne). Les riffs de guitares ont un son énorme, la voix s’égosille et vibre en rappelant janis joplin, la batterie roule frénétiquement, l’album nous emporte en quarante-cinq petites minutes par d’intenses vagues électriques (“the fox”, “entertain” en rouleaux de choix). Au final, The woods n’est pas loin d’être l’album le plus cohérent et surtout prenant que le groupe de portland, déjà vieux de douze ans, a réalisé jusqu’ici. De quoi saliver sur la suite.

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publié par le 25/01/06
Derniers commentaires
gab - le 26/01/06 à 14:21

c’est à dire que s’il faisait une jolie saturation analogique ça pourrait passer sans doute mais il sature plusieurs morceaux de façon visiblement numérique (c’est l’impression que ça donne en tout cas) et ça écorche vraiment l’oreille. Le son a été un peu répulsif au départ pour moi mais la qualité des compositions à fini par me ralier à la cause, j’aime bcp cet album.

Informations

Sortie : 2005
Label : Sub Pop