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publié par terant le 13/01/15
Sleater-Kinney
- No Cities To Love
No Cities To Love

Le retour. Une sorte de de réapparition inespérée. Reprendre là où tout s’était arrêté, comme si de rien n’était. La dernière fois, c’était en 2006. Une sortie discrète, sans bruit, sans fureur. Une sorte de mise en léthargie sans promesse de réveil mais sans aigreur.

Et puis les liens se retissent, la bande se reforme. Les envies reprennent. Les années de silence n’ont pas été gaspillées. D’autres projets. D’autres moments de vie. Un tunnel avec ses joies, ses douleurs. Et une bonne dose d’ennui. Et le désir de revenir.


Sleater – kinney nous avait laissé peu après 2005 et son magnifique The Woods. Il était évoqué ici, la dernière fois, en 2006. Un disque bruyant, rageur, habité. Mais aussi léché. La faute à l’infréquentable David Fridmann qui avait lissé en bonne partie l’énergie et troublé le charme de plusieurs morceaux. Avec le recul, et après le tunnel, cet album reste quand même l’une des meilleures réalisations de la décennie passée. Des bois dans lesquels il fait bon s’égarer souvent.


Entre temps, les filles de SleaterKinney ont fait des étincelles chacune de leur côté. En 2011, Carrie brownstein et Janet Weiss dans Wild Flag avec notamment Mary Timony. Un superbe album éponyme. Janet Weiss dans Quasi, mais avec des albums inégaux pour ce qui reste un groupe récréatif. Corin Tucker dans The Corin Tucker Band avec particulièrement Kill My Blues en 2012, un des grands disques de cette année. Les chemins se faisant, la distance se creusant, le retour semblait hors de portée.



En 2015, Sleater – Kinney revient avec No Cities To Love sur Sub Pop. Elles ont repris leur producteur historique, John Goodmanson, déjà responsable du brûlant Dig Me Out en 1997. Quelques morceaux apéritifs fin 2014 pour jauger. Appâtant.


L’ensemble est plutôt bon. Très bon par moment. La production est moins sujette à reproche. Ça reste un peu propet. Un son plus trouble, plus rauque relèverait si bien leur fougue et les élans puissants de ces voix. Les compositions sont globalement réussies ("Surface Envy", "Bury Our Friends"). Il y a quand même quelques plans faciles (les riffs de "Price Tag"). Des passages un peu quelconques voire rasoirs ("No Cities To Love"). Peu de morceaux attrape-coeurs – no anthems ? - comme sur The Woods. Mais un album entraînant. Une sorte de retour aux sources, au socle fondamental de Sleater – Kinney. Un besoin de se retrouver, de se rassurer.



Seul le dernier titre surprend, "Fade". Au point qu’il aurait du servir d’introduction et poser les bases d’un disque merveilleux et déroutant. Mais c’est sûrement juste par anticipation et envie du jalon suivant. No Cities To Love est juste un disque classique de Sleater - Kinney, c’est déjà pas mal.

P.-S.

- Sleater Kinney sera à Paris, la Cigale, le 20 mars 2015.
- No Cities To Love sort le 20 janvier 2015.

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publié par le 13/01/15
Informations

Sortie : 2015
Label : Sub Pop

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