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publié par terant le 07/03/05
red
- nothin' to celebrate
nothin' to celebrate

rocailleuse

le lillois olivier lambin semble se complaire dans la confidentialité. ainsi l’annonce-t-il derechef en titre, ce nouvel album n’induirait aucune cérémonie ou autre festivité pour acclamer le retour de red. depuis 33 paru sur emarcy en 2002, red bénéfice pourtant d’une franchise universal et d’une distribution conséquente dans le grand réseau de distribution de france et de navarre. on ira pas questionner l’intégrité de l’artiste, autrefois habitué à des structures sans réelle diffusion (rectangle qui semble avoir définitivement disparu...), il faut plutôt se réjouir des nouveaux moyens dont dispose notre voix rocailleuse bien aimée. finis les enregistrements bricolés à la maison, red a pu de nouveau voyager.

mentors

sur nothin’ to celebrate, il nous mène de lille à rennes, en passant par louisville et new york. et croiser ainsi le fer avec bonnie prince billy (will oldham), laetitia sheriff et les claviers de leo prud’homme en compagnie de ses fidèles compagnons de scène jerome excoffier (guitariste et bassiste) et tonio marinescu (batteur). et enregistrer dans des conditions plus professionnelles. les moyens n’altèrent que peu la matière, red livre à nouveau une poignée de morceaux fantastiques et troublants en digne héritier qu’il est de ses mentors proclamés, leonard cohen (dont il avait repris l’album songs from a room dans son intégralité !), neil young ou bob dylan.

voyeurisme

toujours dans un amusant anglais (hum... je ne devrais pas me mettre en position de juge dans ce domaine...), le propos se fait cependant moins écorché. son album felk avait été enregistré dans son petit appartement dans un désordre et une ambiance frôlant par endroit la folie. 33 était déjà plus optimiste mais pas rassurant pour autant. red s’y félicitait d’avoir dépassé l’age canonique des 33 ans, ce qu’il n’espérait pas. trois années écoulées, red semble s’assagir davantage et perd une partie de cette âme, de ce cachet qui rendait l’écoute de ses disques si intrigante. une sorte de voyeurisme, la contemplation d’un être sur le fil dont la fragilité et l’instabilité retranscrite en musique était bouleversante. ces épreuves surmontées, l’approche est plus sereine, détendue et plus lisse.

fragile

le traitement de la matière est ici particulièrement révélateur. a l’aspect minimal glaçant et au son rêche des instruments sur 33 (tempérés par la présence occasionnelle d’éléments extérieurs comme les relaxants herman düne), se substituent ici des orchestrations plus chaleureuses, un ensemble plus dense. un peu à la manière de bonnie prince billy qui aseptise les standards de palace sur sa récente relecture, nothin’ to celebrate fait regretter ce red plus authentique et fragile. enfin, le nouveau red, bien entouré, n’en reste pas moins une figure d’exception. les nouveaux atours dont il se pare sur nothin’ to celebrate ne sont pas les moins séduisants : quatorze merveilles auxquelles on peut prêter sans se tromper une fascination intarissable.

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publié par le 07/03/05