Par cette chaude semaine de juin 2026, votre matelote, lassée de cuire dans son jus, se leva tôt pour profiter de la toute relative fraîcheur matinale. Elle était donc à son poste quand, peu avant 9h, un mail de Bandcamp lui annonça la plus divine des surprises : la parution d’un nouveau morceau de PJ Harvey.
Cliquant fébrilement sur le lien, la matelote ébahie se plongea dans cette nouvelle offrande comme dans une piscine fraîche (la rédaction vous prie de l’excuser si la chaleur ramollit nos neurones ainsi que les métaphores qu’ils produisent). Et comme à chaque fois qu’on découvre un nouveau changement de cap opéré par une PJ Harvey coutumière du fait, c’est l’éblouissement qui domine. Encore quelque chose de neuf et d’inédit. Si l’on dit parfois, un peu par facilité, qu’un morceau est « en apesanteur », c’est plus que jamais le cas de ce « Voyager » nommé d’après la sonde spatiale.
Le titre a été écrit pour un projet du physicien et musicien anglais Brian Cox, et PJ Harvey s’est immergée dans l’histoire de Voyager 1 et 2 pour écrire les paroles. Le morceau, précise-t-elle toutefois, existait déjà sous une certaine forme, et faisait partie du matériel écrit pour préparer son prochain album.
Le communiqué officiel ne précise pas si ce titre en fera partie, mais on peut supposer qu’il donne quelques indices sur la direction que prendra le projet. Si le chant rappelle les titres les plus planants du superbe I Inside The Old Year Dying de 2023, les arrangements prennent une tout autre direction en mêlant synthétiseurs hypnotiques et arrangements orchestraux. Le morceau commence dans le minimalisme des claviers, puis l’orchestre s’invite par petites touches qui enflent progressivement en un crescendo sublime.
Le résultat est magnifique et semble faire écho aux paroles où se côtoient l’immensité spatiale et les chants de l’humanité que transporte la sonde – les paroles citent Carl Sagan décrivant la Terre vue de l’espace comme un fragile « point bleu pâle ». Le mariage entre le synthétique et l’organique trouve ici un équilibre parfait, et la mélodie flottante s’insinue en vous pour ne plus vous lâcher de la journée.
On vous laisse découvrir cette merveille par vous-même. La chroniqueuse, elle, ne touche plus terre depuis ce matin, les yeux et les oreilles remplis d’étoiles.








