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publié par benoît le 08/04/09
Peter, Björn & John
- Living thing

C’était à l’heure de la météo sur Canal+. C’était quand le caddie vous tractait dans les longues allées bondées du carrefour du coin. C’était devant Grey’s anatomy. C’était pendant que votre neveu de 7 ans vous collait une raclée à FIFA 08. C’était sur les lèvres de vos collègues chaque matin autour de la machine à café.

Living thing

gimme gimme gimmick

C’était en 2006 et young folks, le tube sifflé de Peter, Björn & John, devenait l’échantillon de pop suédoise le plus célèbre depuis ABBA. Samplé par Kanye West, repris jusqu’au Japon. C’était la locomotive de Writer’s block, excellent troisième album du trio qui, après la parenthèse instrumentale Seaside rock, revient avec un cinquième album gavé de gimmicks.

« Hey, shut the fuck up boy / you are starting to piss me off ». Le voilà, le nouvel hymne, Lay it down, en figure de proue d’un disque de douze chansons, douze titres comme autant de petits margoulins braillant et bradant leur camelote. Il y en a de toutes les formes et de toutes les couleurs : lalala nonchalants relevés de vibraphone (just the past), piano viril (it don’t move me), guitare stoner (loosing my mind) ou badine (I want you), rythme tribal (living thing), synthés période Yazoo (Picasso), chorale pré-pubère (nothing to worry about, lay it down). Peu de groupes font preuve d’un tel don pour les motifs indélébiles, obsédants jusqu’à en devenir irritants.

La production, à l’avenant, file à l’essentiel : arrangements dégraissés aux lignes claires et épurées, minimalisme travaillé qui donne une vraie personnalité, comme chez Lykke Li ou Anna Ternheim, les copines produites par Björn. The feeling, fruste et sommaire ouverture, n’a que des claquements de main pour percussions ; celles du morceau-titre Living thing présentent la commode particularité de pouvoir être exécutées sur une poubelle et une poignée de valise. Le piano de It don’t move me est joué à un seul doigt.

Living thing ressemble finalement davantage à un cousin lo-fi de Gorillaz, empruntant la même approche hip-hop de la pop, utilisant les mêmes ficelles - le groove en moins - qu’à une suite de Writer’s block. On peut aussi penser aux assemblages fûtés de Gonzales, mais le rendu est ici plus martial, mécanique. Certains traitements de voix évoquent Justice ou Depeche mode. Seul élément de faible chair, le timbre juvénile de Peter Morén qui, à défaut d’être toujours juste, fait preuve d’une spontanéité réjouissante... et d’un coquet petit accent suédois.

C’est finalement quand la sauce s’allonge un peu, que les trois compères lâchent la bride aux mélodies et cessent de pondre des jingles pour redevenir songwriters, qu’ils sont les plus convaincants : Stay this way et Picasso développent ainsi un arrière-goût riche et durable.

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publié par le 08/04/09
Informations

Sortie : 2009
Label : Wichita Recordings/Cooperative Music/Pias