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publié par Christophe Thill le 05/03/18
Paul Winslow
- No One Was Made for These Times
No One Was Made for These Times

C’est, malheureusement, dans une certaine discrétion que s’est faite la récente sortie du troisième album de Paul Winslow, prenant la suite des très beaux Tears Behind The Stars (2015) et Sueño Playa (2016). Si les deux précédents avaient bénéficié de quelques échos dans les médias musicaux, et même dans la presse généraliste (L’Humanité, Les Inrocks, Libération…), ce dernier opus ne semble pas (encore ?) avoir fait autant de bruit qu’il le mérite.

Pourtant, l’intérêt et la beauté du travail de ce multi-instrumentiste multi-talents ne se démentent pas, bien au contraire. En 17 chansons, ce nouvel album confirme tout ce qu’on avait déjà pu apprécier dans les deux premiers, y ajoutant encore quelques touches nouvelles au passage. Lui et, plus globalement, la trilogie dont il constitue le dernier volet, méritent décidément un gros coup de projecteur. Visite guidée.

Chatoyante palette

Que trouve-t-on donc dans ce No One Was Made For These Times ? Assurément, de nombreux ingrédients de haute qualité nutritive et gustative. Les influences, habilement digérées et actualisées, sont nombreuses et de bon goût. Beach Boys et Zombies sont bien présents dans le panthéon personnel de l’auteur, qui s’est aussi amusé à reprendre certains de leurs titres, mais au détour des notes, l’auditeur tombera sur des hommages et clins d’oeil (délibérés ou non) aux Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd, Byrds, et quelques autres encore. L’imagination musicale de Paul Winslow est clairement fille du Swinging London et du Summer of Love. Pourtant, on est loin d’un défilé de pastiches : le langage sonore des sixties n’est pas ici l’instrument de recréation maniaque d’une époque musicale révolue, mais bien l’outil d’une création personnelle, vivante, dont la fonction est de donner à celle-ci une couleur et une saveur bien particulières.

Certes, rien ne manque à l’appel dans la chatoyante palette habilement maniée par Paul Winslow. Clavecin, tambourin, guitare 12 cordes et autres sonorités vintage sont tour à tour mises à contributions, sans oublier un joli assortiment de gimmicks (la guitare baryton de « It Never Happened, les cloches de « Run Rabbit Run », le sax et les « wouah-wouah » de « It’s So Misty »…) et de sons de synthés millésimés particulièrement savoureux. Les sonorités plus contemporaines ne sont pas négligées pour autant, et font notamment leur apparition dans « Everyman Was Happier Before » ou « Revolution is Evolution ».

Pop sixties et psychédélisme

Cependant, aussi acidulée soit-elle, toute cette pâte sonore ne serait que peu de choses si elle n’était mise au service d’un sens mélodique parfaitement maîtrisé. On savait déjà Paul Winslow particulièrement doué pour la pop entêtante et les balades psychédéliques, et il nous en sert ici une copieuse portion ; mais il se montre tout aussi à l’aise pour manier le funk seventies (« Shoot The Freaks ! ») ou la new-wave eighties (« I Thought It Was You »). Dans tous les cas, le résultat vous colle aux oreilles pour un bon moment.

Voici donc un troisième album fait pour plaire, bien sûr, à tous ceux et celles qui avaient aimé les deux premiers ; qui ont un faible pour la pop sixties et le psychédélisme ; mais aussi, pour toute personne à même d’apprécier une création actuelle et référencée à la fois, hautement personnelle, mettant l’accent sur des mélodies ciselées aux arrangements soignés. À découvrir d’urgence, si ce n’est déjà fait !

En écoute et achat sur Bandcamp : https://paulwinslow.bandcamp.com/al...

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publié par le 05/03/18