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publié par Cathimini le 22/09/15
Paul Roland
- Bitter and Twisted
Bitter and Twisted

Voici l’un des tout meilleurs disques de Paul Roland que la plupart des fans français ont perdu de vue depuis la fin des années New Rose. Le musicien est aujourd’hui un auteur reconnu dans les mondes du fantastique, de l’ésotérisme et de l’investigation historique (voir le dossier Rock et Littérature du fanzine Abus Dangereux - face 111) et certains petits curieux ont commandé en Angleterre son dernier livre richement illustré The Curious Case of H.P. Lovecraft. Mais c’est bien le musicien que cette modeste chronique va tenter de vous faire découvrir ou retrouver.

Né dans les années 60 dont il a bien sûr hérité l’amour de la pop et du garage et tout imbibé des films de la Hammer, notre homme a toujours surfé sur une veine gothique du point de vue textes et rock excentrique du point de vue musical. Avec des titres d’albums tels que Danse Macabre, Le Cabinet des Curiosités ou encore Les confessions d’un mangeur d’opium, pas de doute, ce songwriter anglais jusqu’au bout des ongles faisait bien partie de la même famille que les chantres d’un certain renouveau du psychédélisme (Robyn Hitchcock, Andy Ellison ou Bevis Frond). Le mariage de sonorités classiques (clavecin, violoncelle, tambourins) et modernes (guitares fantomatiques, orgue, distorsion sur la voix) qu’il expérimente depuis les années 80 a rarement été aussi bien maitrisé. Le bien nommé « I’ve been hearing voices » nous piège dans un tourbillon de notes, de sons et de voix que n’aurait pas renié le Pink Floyd période Medal.

Mais loin de s’enferrer dans un style, Paul Roland pimente ses 14 nouveaux morceaux d’incursions dans le blues du delta qu’il affectionne aussi, la musique médiévale, le post punk et le dark folk. Un voile pudiquement posé sur sa voix, parfois accompagné de chœurs improbables, il prend à plaisir à murmurer des horreurs sur le résultat d’expérimentations humaines et à chanter les affres que seuls les fous et les morts vivants peuvent lui avoir soufflé à l’oreille. Le résultat est bien à l’image de son titre Bitter and Twisted, un régal pour les âmes sensibles qui aiment souffrir au fil de belles chansons en accords mineurs.

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publié par le 22/09/15