Nastyjoe a choisi un drôle de nom, pas exactement un nom drôle comme Ugly Kid Joe, et pas aussi grunge que ces derniers et ce qu’affirme la biographie du groupe : même si les grosses guitares saturées (un duo de jazzmasters, miam !) et la section rythmique qui pilonne sont bien là, il y a la voix masculine avec un beau grave, un son qui ramène autant au postpunk récent qu’à la cold/new wave des 80’s. Les chansons sont riches en trouvailles sonores en tout genre, massives. Un mélange détonant qui fait un peu penser à Structures avec qui ils partagent le producteur Baptiste Leroy. Nastyjoe c’est aussi un sens affuté de la mélodie, une efficacité à installer des rythmiques catchy qui vous chauffent pour exploser sur des refrains qui sont déjà près pour être repris par des centaines de gosiers dans de grandes salles, oui osons le mot sale, il y a un fond de pop mélodique là-dedans et c’est même plutôt assumé quand on écoute "Cold Outside", leur "slow" ultra-mélodique avec voix de lover, guitares acoustiques et nappes (qu’ils laissent à la maison pour le live, en dehors d’un clavier qui servira juste le temps d’une chanson).
A la Maroquinerie pour son premier album "The House", le groupe bordelais est face à une salle bien remplie, avec déjà pas mal de fans qui animent une fosse qui bouge bien et applaudissent chaleureusement le groupe qui entame le concert à fond les ballons avec les deux parties de “Things Unsaid”. Le son est impeccable, la voix grave passe sans problème par dessus des aigus des Fender et un batteur qui tappe fort comme il faut tout. Comme sur disque c’est une machine implacable qui se met en route, assène riffs sur riffs, construit des crescendos massifs, et induit très vite headbanging et air drumming. Les titres s’enchainent vite, sans que le groupe laisse jamais l’énergie redescendre totalement. Le disque qui sera joué en entier mais dans un ordre assez différent. Si les version enregistrées de l’album tiennent dans une grosse demi-heure, les versions live, augmentés de quelques titres tirées de leurs deux EPS comme "Fentanyl" et "Cigarettes", offrent une bonne heure et quart de concert intense, captivante, avec un son énorme, mais un sens de la mélodie et du groove qui l’est tout autant, délivrés par un groupe souriant et détendu et un frontman déjà totalement à l’aise dans ce rôle.





