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publié par gab le 25/04/20
Nadia Reid
- Out of my province
Out of my province

Si "Near wild heaven" de REM restera notre chanson remonte moral de confinement, la bande son originale de cet épisode, celle qui accompagne nos journées et vers laquelle on se tourne en toute situation, sera incontestablement Out of my province, le nouvel album de Nadia Reid. C’était pourtant loin d’être gagné d’avance puisque si nous étions tombés sous le charme de la néo-zélandaise avec son premier album et les emblématiques morceaux "Holy low" et "Ruby", le charme s’était ensuite rompu sur son second disque, le trop solennel Preservation. C’est donc avec une méfiance toute féline que nous nous sommes approchés de son troisième opus, Out of my province, et nous sommes loin de l’avoir regretté.

essence

Nadia Reid a sans conteste appris de ses précédentes expériences. Elle a heureusement su retrouver toute la magie dont on la sait capable sur "Heart to ride" et "Best thing" ; cette douce émotion, palpable, déchirante et délicieuse qui transcende sa voix et nous met dans des états seconds. Cette magie, l’essence même de Nadia Reid, nous l’attendions avec fébrilité mais c’est en réalité sur les morceaux plus classiques que les changements se sont avérés les plus marquants. Nadia Reid avait cette froideur, cette distance sur certaines chansons qui empêchait ses disques dans leur ensemble de rejoindre la liste de nos classiques. Le cap est cette fois franchi haut la main à l’image du single taillé pour la radio "Oh Canada", en orchestre complet (cuivres inclus), en mode presque pop, la chaleur du chant fait de ce morceau une énorme réussite. Le disque alterne ainsi efficacement morceaux enlevés ("The future") et morceaux plus calmes ("I don’t wanna take anything from you") dans un naturel confondant qui lui permet de s’adapter à toutes nos ambiances confinées, du télétravail concentré aux kilomètres de vélo d’appartement. L’album se paye enfin, avec "Get the devil out", le luxe d’un final Cat-Powerien magnifique, façon The covers records (quand on parlait de nos classiques), délicat et émouvant.

intemporelle

Nadia Reid délivre donc le disque qu’on attendait d’elle depuis le début, à la fois un album ouvert, grand public, et un recueil de pépites intimistes, portés par une voix toujours aussi intemporelle et merveilleuse.

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publié par le 25/04/20