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publié par Mickaël Adamadorassy le 15/07/08
My Bloody Valentine - Zénith, Paris - 09/07/2008
Zénith, Paris

la première chose que je me suis dit en rentrant dans le Zénith c’est que je me rappelais pas que c’était aussi petit. En fait c’est juste que la configuration la plus réduite que j’ai jamais vu dans cette salle et du coup ca ressemble presque à une salle à dimension humaine. Et même comme ça c’est quasiment vide, aucun problème pour se glisser au premier rang et ca ne se remplira que très lentement. Et même à la fin il me semble qu’on était loin d’une salle comble

Anonymes

De la première partie, je retiendrai juste que la violoniste m’a fait penser à Phoebe de Friends et que je savais pas qu’on pouvait avoir un son aussi moche avec un violon, la chanteuse est inexistante, aucun charisme, aucune ampleur dans la voix bref pas bien, pas bien, heureusement pour eux ils se sont pas présentés alors on peut pas les maudire par leur nom.

Les forces en présence

à 20h45 ils s’en vont et comme tout le matériel de MBV est sur scène (en fait c’est surtout les 6 amplis double corps de Kevin Shields qui prennent de la place, les autres sont pas mal équipés mais font quand même un peu pitié à côté) pas de changement de plateau juste un soundcheck et peu après les lumières s’éteignent.

Derrière la scène, un grand écran balance des images qui ressemblent vaguement à une télé quand y a pas de chaine (ou a un clip de MBV...), le mec qui gère les samples se trompe et balance la boucle de I Only Said trop tôt, donc on sait que c’est avec celle là qu’ils vont commencer... mais bon y a le groupe qui est arrivé sur scène, Kevin Shields, pour le look, c’est quelque part entre le grunge dans la tenue, jean noir et petit gilet plus tous frais, et le chanteur de doom dépressif pour les cheveux longs et le tirage de tronche.

La bassiste fait son âge ni plus ni moins mais qui a une sacrée pêche et attaque bien méchamment son explorer basse, le batteur rien à dire, il a toujours autant l’air de tripper à fond en balancant des roulements de tom de partout (et il est toujours assez bancal, surtout en début de concert, c’est peut être pour ça que la bassiste reste une bonne partie du concert les yeux rivés sur lui, du drummer gazing quoi..). En tout cas ces deux-là ont beaucoup plus la pêche que leurs compères guitaristes-chanteurs.

Mais j’ai quand même gardé le meilleur pour la fin, la cerise sur le gateau, une Belinda Butcher en petit short et talons hauts, toujours un air très zen, vaguement souriant mais beaucoup plus féminine que par le passé (enfin ma seule référence c’est les clips du groupe)

Back to the wall

Et donc I Only Said, on pourrait presque dire que heureusement qu’il y a eu un faux départ qui nous aura permis de se rendre compte que la boucle est là, après on l’entendra plus, noyée sous les vagues de distorsion qui émanent des deux guitares , de la batterie on distingue surtout la ride ou la charley qui donne une vague idée du tempo (lui même assez vague dans l’idée du batteur), la basse se limite à un buzz assez désagréable et puis il y a la jaguar de Kevin Shields, très très fort, blindée d’aigus mais une fois qu’on a mis un bouchon (parce que du côté de Belinda c’est assez supportable) c’est beaucoup mieux, l’agression devient une nappe qui grésille agréablement, on distingue même le "twang" caractéristique d’une bonne fender.

Par contre, faut oublier la voix, on entend strictement rien, ca n’est même pas du sous-mixage, c’est juste que le chant est totalement négligé, pas forcément un mal mais dans ce cas, ca sert à rien de se coller devant le micro pour faire semblant.

l’équilibre

Suit When you sleep, toujours dans le même esprit, même si Belinda met un peu plus de conviction dans ses tentatives de chant (y a même un moment où elle tente un vague cri), finalement les projections vidéo sont pas si mal, les éclairages aussi, on fait abstraction du chant qui de tout façon est pas là et on essaie de rentrer dedans, et des fois ça fonctionne, sur Lose My Breath avec Shields à l’acoustique c’est plutôt pas mal.

Come In Alone en terme de qualité de son sera surement le meilleur morceau du concert, l’équilibre est trouvé entre le son démesuré de Shields sur la petite mélodie récurrente et les parties rythmiques qui ont un son bien percutant, porté par une batterie qui au bout de 3 morceaux commence à être presque plus bancale et pouvoir espérer de temps en temps passer par dessus les guitares, ca donne un morceau qui sonne comme ceux des autres groupes (j’veux dire sans des guitares démesurées) et ça déménage bien.

Et des fois ça fonctionne pas, j’ai été assez déçu par only shallow par exemple, déjà pour le chant inaudible et ensuite pour la partie de guitare de Shields pas franchement réussie et comme c’est ce qui ressort le plus...Y a d’autres morceaux, où c’est juste que le son est assez moche et agressif et là ca devient limite énervant, on se dit payer 45E pour entendre un groupe avec un son de merde même si le dit son de merde était mythique et grave conceptuel et avant gardiste y a 20 ans, ca le fait pas.

Comme ca devrait

Mais bon le sentiment ne perdure pas, le son s’améliorera quand même un peu, pas de quoi distinguer des paroles mais on entend quand même qu’il y a des voix qui font vaguement un chant et puis ca enchaine vite, y a beaucoup de morceaux qui restent quand même très bien malgré ce traitement bruitiste (oui je sais que ca fait partie de la définition même de MBV mais y a bruitiste et n’importe quoi, la frontière est mince). Les lumières et les projections arrivent à créer une certaine ambiance combinées au son énorme, le reste du groupe rattrape un peu l’air faché de Shields. Apparemment la direction du Zénith a pas voulu mettre les enceintes de facade à un volume MBV correct et c’est donc leur faute "si ca ne sonne pas comme ca devrait". Alors que bon honnêtement ses 6 amplis avaient pas être besoin d’être repris pour se faire entendre jusqu’au dernier rang du zénith.

chaos organisé

Et pis vient le moment de You made me realise, bon pour avoir lu les comptes rendus récent, je savais qu’au milieu il y a vait un quart d’heure de bruit et le fait de le savoir enlève un peu de saveur à la chose, surtout qu’il y a bruit et bruit : y a celui du grateux qui met sa guitare dans l’ampli, se penche sur ses pédales et commencent à faire plein de sons stridents et les tripotant, il y a des variations dans le son, ca "vit". La c’est plus je joue le même accord en tripotant mes pédales d’un air concentré mais pas de bol ce qui sort des amplis est devenu une telle bouillie sonore qu’on sent pas la moindre différence.

Mais bon à un moment les basses se ressentent physiquement, dix minutes de ça ca finit par vous faire quelque chose (pas pour rien que les ricains s’en servent comme technique de torture) et finalement quand c’est fini on se dit que c’était pas si long.

du chaos (pour de vrai)

mais en fait c’était pas fini, y a juste eu une coupure de courant, les roadies éteignent tout et j’ai bien cru que c’était fini mais finalement le groupe revient et chose assez formidable, reprend son larsen là ou il l’avait laissé, ce petit incident donnant au final un peu de vrai chaos à la chose totalement programmée, et finalement à un moment on retrouve you made me realise. et c’est fini. Sans un regard vers le public, sans un au revoir , sans rien.

Un regard rapide autour de moi, me donne l’impression que la plupart des gens qui sont là ont aimé. Je sais pas ce qu’ils attendaient mais pas la même chose que moi, ça c’est sûr. même si c’était pas un très mauvais concert, qu’il y a eu de bons moments, je ne peux m’empêcher de garder en travers de la gorge le massacre du chant, le son inutilement dégueulasse parfois et l’attitude de Shields. Je suis pas mécontent de ce concert même si ca doit sembler assez négatif ce que j’ai écrit mais clairement je pense pas retourner les voir un jour, j’adore ce qu’ils font sur disque mais en live leur unique préoccupation semble être le côté bruitiste et c’est dommage.

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publié par le 15/07/08
Derniers commentaires
- le 16/07/08 à 13:28
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C’est ce qu’on appelle le shoegazing : du son et on bouge pas sur scène... pour le côté scénique vaut mieux aller voir du côté des show men..

micky - le 16/07/08 à 23:21

cher anonyme, c’est gentil de m’apprendre ce qu’est le shoegazing, je savais pas :)
De toute façon ca n’excuse pas tout