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publié par Emmanuelle Nemoz, Maud Rm le 04/11/21
mohs. - JazzContreBand 2021 -- Château Rouge, Annemasse - 15/10/2021

Dans le cadre de la 25ème édition du festival transfrontalier franco-suisse Jazz ContreBand, et toujours fidèle à sa programmation exigeante, Château Rouge Annemasse a eu l’excellente idée de programmer mohs. [1], un quartet qui magnifie l’esprit du jazz et augure des projets les plus enthousiasmants, mais que l’on a encore trop peu l’occasion de voir sur scène.

Ce groupe, né en 2017, est le fruit de la rencontre entre le trompettiste Zacharie Ksyk et le guitariste Erwan Valazza sur les bancs de la Haute Ecole de Musique de Lausanne (HEMU). Dans leur quête musicale, ils s’entourent de Gaspard Colin à la basse et Nathan Vandenbulcke à la batterie pour interprêter leurs compositions, et le quartet franco-suisse est, dès l’année suivante, le Coup de Cœur du Jury du tremplin Jazz ContreBand.

Fin 2019 sort leur premier album éponyme, en auto production, une belle réussite qui nous avait séduit lors du premier concert auquel nous avions pu assister (voir notre article ici).

Leur complicité s’étant étoffée au fil des années, mohs. compose et arrange dorénavant à quatre dans un home studio genevois et prépare ainsi un second album dont la sortie est prévue début 2022, avec à la clef une série de concerts sur le sol helvétique puisque le quartet a été sélectionné par le festival Suisse Diagonales Jazz.

Sur la scène de la grande salle de Château Rouge, mohs. nous a offert un quadruple alignement d’étoiles avec un jeu collectif tout en émotions : leur répertoire est captivant et dépeint un univers tapissé d’acoustique et d’une touche raffinée d’électronique. Chaque son est travaillé avec minutie et le quartet déploie un subtil mélange d’écriture et d’improvisation.

Des compositions d’où émanent des instants de grâce colorés par les envolées lyriques de Zacharie à la trompette. Une symbiose s’exprime entre ces quatre talents qui déroulent un set aérien et la section rythmique de Gaspard et Nathan apporte une véritable profondeur à l’ensemble.

Les spectateurs sont plongés dans une atmosphère feutrée et enivrante comme sur "Kaléidoscope", où l’intensité monte crescendo et nous enveloppe de frissons. Les mélodies sont d’une efficacité imparable et savamment embellies par le jeu d’Erwan à la guitare électrique.

Les titres joués sont majoritairement issus de leur premier opus avec en primeur un nouveau morceau sublime et onirique (encore en attente d’un titre définitif !), au cours duquel Nathan déploie un jeu mystique et habité dont on ne se lasse pas. Sans nul doute le présage d’un second album de grande qualité que l’on a hâte d’entendre !

Jusqu’à la dernière note, mohs. offre avec "Ouvéa" un sentiment d’espace, de respiration, de plénitude qui cueille et séduit le public, la seule difficulté étant de se résigner aux trente minutes de concert qui leur étaient imparties en tant que première partie du saxophoniste Kenny Garrett.

Il en reste un sentiment de frustration avec l’envie que se poursuive ce voyage musical proposé par mohs., qui peut prétendre à un 10/10 sur l’échelle de dureté des pierres précieuses qui leur a donné leur nom : mohs., le diamant brut qui libère une créativité redoutable.

Notes

[1] Sans majuscule, et avec un point final.

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