On résume souvent un festival sur les mêmes aspects : la programmation et en premier têtes d’affiches. De savoir si le groupe joue souvent ou non, si il enchaîne une tournée des festivals d’été et si c’est juste en France ou bien en europe ou même mondial et enfin la fréquentation, le nombre d’entrées sur toute la durée du festival. Pour ceux qui aiment les petits lieux ou bien les grands rassemblements, ceux qui n’aiment pas les lieux trop grands ou les foules immenses. Ce sont en général les critères qui reviennent pour choisir un festival. Nous n’avons pas parlé du prix, mais bien évidemment cela rentre pour beaucoup en ligne de compte !

Et pourtant une fois la dernière note du week-end jouée , la dernière latte de scène démontée, il reste plein de choses différentes qui peuvent durer plus ou moins dans le temps. Ce sont des images. Un regard échangé. Une lumière sur un mur de pierre. Un enfant sur les épaules de son père. Un agent de sécurité qui scrute une foule immense pendant que cette même foule ne quitte pas la scène des yeux. Une habitante ouvre sa fenêtre et se retrouve, le temps d’un concert, avec la plus improbable des vues sur un festival. Le Main Square est sans doute l’un des rares festivals où l’on peut regarder autant la ville que les artistes.

Installé au cœur de la Citadelle d’Arras, il ne donne jamais l’impression d’être coupé de son environnement. Ici, les remparts deviennent un décor, les bâtiments prolongent la scène et les fenêtres des résidences étudiantes rappellent qu’au-delà des barrières, la vie continue. Certains étudiants observent donc les concerts depuis chez eux, parfois jusqu’à échanger un geste ou un sourire avec les artistes. Pendant quelques secondes, il n’y a plus vraiment de frontière entre ceux qui vivent le festival et ceux qui vivent simplement autour.

C’est peut-être un élément qui rend le Main Square si particulier et explique pourquoi privilégie ce festival a beaucoup d’autres. Tout au long du week-end, les regards changent de direction sans jamais quitter la Citadelle. Ils se tournent vers un jeune groupe local capable de rassembler tout un territoire derrière lui, puis quelques heures plus tard vers un artiste international venu attirer un public parfois arrivé de plusieurs pays. Les scènes changent. Les langues se mélangent. Les générations se croisent. Les habitués côtoient les curieux. Les familles marchent à côté des fans venus réaliser un rêve de plusieurs années.
Mais regardent-ils vraiment le même festival ?
Le fan venu depuis l’étranger pour un unique concert voit-il la même chose que l’Arrageois qui revient chaque été ? Le photographe qui cherche un instant différent vit-il la même expérience que le spectateur qui filme son morceau préféré ? Que voit un secouriste lorsqu’il traverse une foule qui, elle, ne regarde que la scène ? Que retient un agent de sécurité qui passe sa soirée face au public plutôt qu’aux artistes ? Et que voit finalement la Citadelle, immobile depuis des siècles, devant ces dizaines de milliers de regards qui se succèdent depuis plusieurs étés maintenant ? Pendant trois jours, j’ai essayé de répondre à ces questions non pas en photographiant uniquement les concerts, mais en photographiant ceux qui les vivent.
Car au Main Square, chacun regarde le même festival.
Mais personne ne voit exactement la même histoire.
Jour 1 – Les premiers regards
Avant de pouvoir me rendre au festival et découvrir ce nouvel endroit et moment j’ai dû m’installer pour les trois jours de week-end à venir car je viens tout droit de Paris. Et l’option choisie pour moi cette année fut de planter une tente dans un jardin a une trentaine de minutes à pied de la citadelle. Malgré une installation assez rapide j’ai raté les premiers concerts de la journée et l’arrivée des premiers festivaliers. Une fois prêt je me mets en route pour le festival et trouve ma route assez facilement car sur mon chemin je croise beaucoup de gens qui s’attendent ou en route pour le festival eux aussi.

Cela attise déjà ma curiosité, on voit déjà un aperçu de cette ville et population qui vit au rythme du festival. Je ne suis que sur le chemin pour le festival et je ressens déjà son impact , je sens un engouement entier , l’impression qu’une ville entière vit pour ce festival. Et moi qui suis habitué des festivals surtout dans ou autour de paris, cela fait ressentir et voir le Main Square déjà autrement. J’ai l’habitude d’une énorme foule qui se dirige et est animée pour le même but mais différemment moins à l’unisson. Une fois arrivée dans la bonne file , je dois d’abord passer la fouille faite par la sécurité privée du festival avec les policiers en civil qui défient et disent bonjour aux policiers qui attendent derrière. Puis avant de pouvoir découvrir le site qui est déjà aussi beau que impressionnant de l’extérieur, de l’intérieur. Je dois récupérer mon bracelet et badge du jour à la sécurité et coin VIP. Une fois les étapes passées je peux découvrir la citadelle de l’intérieur, on a l’impression que le lieu a été fait exprès pour accueillir le festival. La bâtisse et les habitations sont vraiment belles et avec les scènes et les stands du festival cela ne fait pas trop, le festival était en centre ville il y a quelques années et ce changement a été vraiment bien réfléchi. Un sacré atout dans la manche des organisateurs qui peuvent avoir une programmation unique en France car certains artistes privilégie cette endroit et ce festival pour leurs dates en France , comme 21 Pilots cette année qui faisait une date unique en France et a choisi encore une fois de venir jouer au Main Square , et ce n’est pas la première fois que le groupe fait ce choix.

Et j’avoue que j’avais cette info en tête en découvrant le festival et je voulais savoir pourquoi ? Dès les premières minutes j’ai eu la réponse entre les gens et le festival qui se remplissait petit à petit, donnant une impression de tranquillité. Et que dire du cadre, comme je le soulignais juste avant l’endroit en lui même est très beau et le festival se fond parfaitement dans le décor . On a cette impression d’être dans notre petite bulle du festival , mais on peut voir les choses encore différemment au travers d’une balade sur les remparts. Une fois la première découverte faite du festival en lieu même, il est temps d’aller avoir encore un autre regard du festival et des festivaliers en allant voir les premiers concerts et prendre les premières photos de la journée de festival.

Et perso ma journée a commencé avec quelques morceaux de l’américaine Jessie Murph, qui a une vibe énorme Amy Whinehouse que ce soit sur scène, physiquement, dans la voix. Amy reste Amy mais Jessie Murph a son énergie sur scène et pour commencer la journée c’est un concert qui met dans l’ambiance festival. Et je découvre donc la scène du Vauban , la scène moyenne du festival, après avoir aperçu la mainstage en passant devant. Et j’avoue que le fait que le festival accueille moins de gens que dans les festivals dont j’ai l’habitude et que la population du festival soit très locale ajoute un côté intimiste auquel Jessie Murph colle parfaitement avec sa voix et son énergie sur scène.

Puis j’ai enchaîné avec le groupe Nur qui était sur la scène du bastion , la plus petite scène des trois du festival . Mais encore une fois qui a un cadre vraiment agréable avec juste d’espace pour accueillir une fosse et derrière un ou deux rangs assis de manière naturelle avec un petit ponton de terre face à la scène. Et la le groupe peut être totalement en interaction et communion avec le public s’il en a envie ; Les premiers échanges de regards du Week-end et pas les derniers.

Sur scène elles sont deux et on en voit pas plus une que l’autre elle se partage vraiment bien la scène et dégage un truc. Je n’ai pas assisté à tout le concert mais le public avait l’air vraiment dedans et connaisseur. Et elles ont réussi à me mettre vite dans l’ambiance car le style metal rock était bien différent du concert dont je sortais.
Autre chose que je voulais observer en venant dans ce festival , c’est le regards et le mélange des différents styles de musique sur tout le week-end car il y en avait pour pas mal de goûts différents pour ces trois jours de festival. Pour en revenir à Nur , leurs palettes de sons différents est vraiment sympa et intéressant ! Elles ont bien profité de la proximité entre le public et la scène. Et les prendre en photo pendant qu’elles performent était une belle entrée en matière pour essayer de s’acclimater au soleil, élément maître et bien pensé dès ce premier jour de festival ! Et pendant ce concert j’ai assisté à une communion sympa entre Nur le public et le soleil !

Puis vient le premier concert du festival sur la mainstage , et l’artiste concerné est la canadienne Charlotte Cardin, que je découvre sur scène, et sa musique son énergie collait parfaitement à l’ambiance et la foule présente. Un public très famille et groupes d’amis mais globalement assez jeune , la moyenne d’âge de cette soirée ne devait pas être très élevée. Il y eu quelques moments un peu dansant mais globalement c’était un premier concert sur la scène principal calme et de contexte vu l’horaire de la journée et pour finir tranquillement l’après-midi et laisser la place à d’autres artistes pour chauffer la foule et l’ambiance.

Retour sur la scène du Vauban avec cette chapelle et les quelques stands qui la séparent de la main stage. Cette fois ci pour y voir performer une artiste qui a pas mal de regard et d’oreilles posés sur elle en ce moment , Miki est encore une des nombreuses artistes que je vais découvrir sur scène et vraiment apprécier la performance ! A son image, elle va être à fond pour jouer son morceau puis peut passer plusieurs minutes à échangés avec le public même qu’une personne et pourtant le rythme n’est pas abîmé, Miki attrape les regards plus concentrés sur elle dès qu’elle se remet à chanter ! Et elle donne le ton pour le reste de la soirée à venir .

Pendant que Miki ambiance le début de soirée, on peut apercevoir du public du Vauban , les techniciens de la main stage installés le décor suivant pour ce qui devait être le main event de la journée pour certains voir une bonne partie des festivaliers du jour, le concert de la pop star américaine Katy Perry !

Et pour le coup pareil je n’ai jamais vu sur scène Katy Perry mais moins surpris même si c’est un très bon show à l’américaine si je puis dire. Toute une histoire avec toute sa palette de morceaux certains classiques qu’elle jouait déjà il y a quasi 15 ans. Et certains sons plus récents, mais quoi qu’elle joue le public connaissait et chantait à l’unisson ! J’imagine les premiers frissons du week-end pour certains. Un show sympa avec des happening comme celui de la bouteille pour faire un aller retour de la scène portée par la foule, par contre je ne sais quoi penser de son équipe autour d’elle qui la laisse parler d’écologie alors que si on regarde juste un peu les réseaux on est facilement au courant qu’elle a fait un aller retour dans l’espace pour son plaisir personnelle et puis c’est une bouteille d’eau géante en plastique qui la transporte juste après avoir parler climat ! En tant que pop star la cohérence entre ces propos et ce qu’elle fait me paraît important…

Maintenant que le soleil est couché et que l’on peut admirer le festival et la citadelle de nuit avec les jeux de lumières des différentes scènes et ce n’était qu’un aperçu d’un élément qui allait me plaire et surprendre chaque jour de ce festival.

Avant de finir la journée avec l’autre concert le plus attendu de la journée, rien qu’à voir une partie des gens de la journée avec deux types de haut assez similaires qui font référence au dernier artiste de la journée. Et pour ce concert je retourne sur la scène du Vauban pour voir un des premiers artistes de la journée que je connaissais bien sur disque mais que je découvrais sur scène. Pendant une heure Cassius fit du Cassius, même si il est seul sur scène on sent l’expérience de ce DJ qui fait danser le public présent en nombre pour le voir. Avec ces platines , les spots lumineux et l’énergie du public bien présente malgré la journée bien avancée, cela donne un concert très sympa d’électro maîtrisé, mais personnellement j’avoue avoir une préférence pour le concert qui va suivre après et clôturer la journée.

Et pour finir la journée en beauté, un concert aussi attendu par la partie un peu plus âgée du festival disons bien plus que le concert précédent sur la scène principale. Comme une petite armée avec son armure on peut apercevoir des gens avec un maillot de la France ou Allemagne spécialement pour l’artiste qui va clôturer cette belle première journée, Paul Kalkbrenner a pour mission nous emmener jusqu’à la fin du festival avec sa musique électronique allemande qui fait bouger les têtes et les corps depuis des années, des décennies même !
Les agents de sécurités ou du festival sont souvent assignés à des endroits précis donc on peut vite qui reconnaître les visages, comme pour aller dans la fosse pour ce dernier concert ou déjà plus vraiment besoin de montrer autre chose que mon visage et ma tenue pour s’assurer de qui je suis. Contrairement au premiers contrôles bien plus précis de la journée.

Entre la pyrotechnie et les jeux de lumières sur la scène et sur les murs de la citadelle ou appartement autour, le set de Paul Kalkbrenner pour finir cette journée a rempli toutes ses missions, moins de monde que pour le concert précédent sur cette même scène mais un engouement et des gens tout autant voir même encore plus à fond ! Un set composé surtout de classiques et morceaux connus mais cela a fait totalement le travail pour finir la journée ! J’ai eu une vraie claque avec les jeux de lumière sur les bâtisses en face de la scène principale ce qui rend vraiment le festival unique je trouve.

Un regard encore différent sur le festival dans la même journée, le choix de cette citadelle pour le festival est vraiment un sacré atout. Tout le monde était tellement à fond que Paul Kalkbrenner a bien dépassé sur les horaires prévus. On pouvait voir à la fin du premier rappel que Paul ne voulait pas quitter la scène. En quelques instants le public restant est repartit de plus belles pour finir en beauté cette première journée du festival.

Les dernières notes finies pour autant la journée n’est pas finie, il faut le temps a l’énorme première vague de festivaliers de quitter le site et pour certains de profiter des quelques stands encore ouverts et surtout pour les plus chanceux, du coin VIP où la nuit se poursuit encore avec un bar, un écran et un dj pour ambiancer les quelques festivaliers qui reste danser pour continuer la soirée.
Ce coin Média à l’abri des regards est encore une autre manière de voir et vivre le festival. Certains peuvent rester ici pour regarder la scène qui diffuse les show des différentes scènes du festival et ne pas quitter le confort de cet endroit très à part !
C’est la tête remplie de pleins de belles choses et les jambes lourdes que je marche jusqu’à ma tente avec du Paul Kalkbrenner dans les oreilles pour poursuivre la nuit avant d’attaquer une nouvelle journée haute en émotion et concerts !
Photos des artistes : Jérôme Pouille Photos d’ambiance : Paul de Foville
Un immense merci à Myriam et à l’équipe du Main Square






