A Jazz à Vienne, on aime la programmation d’esthétiques variées et on apprécie l’attention portée par le directeur artistique Guillaume Anger aux musiciennes - pas pour remplir un quota ou peaufiner l’image du festival, mais pour donner la place qu’elles méritent à des artistes talentueuses.
Cette année, ce ne sont pas moins de trente formations qui avaient à leur tête une ou des musiciennes, dont dix au Théâtre Antique et quatre au Club, ainsi que l’intégralité de la sélection du Focus Européen sur l’Espagne.
On soulignera que les instrumentistes étaient là en force, avec les saxophonistes Melissa Aldana, Lakecia Benjamin, Emma Rawicz, Jeanne Michard et Irene Reig, les flûtistes Ludivine Issambourg et Marta Mansilla, les trompettistes Airelle Besson et Emmanuelle Legros ou encore les pianistes Anne Quillier, Lucìa Rey et Salma Blanchard, la violoniste Anne Berry et la violoncelliste Lina Bélaïd.
Certaines alliaient instrument et chant (guitare pour Fatoumata Diawara et Samantha Fish, trompette pour Sheila Maurice-Grey [1], Alba Armengou et Alba Careta, piano pour Jeanette Berger) tandis que d’autres font de leur voix leur unique instrument (Angélique Kidjo, Samara Joy, Imany, Molly Johnson, Lea Maria Fries, Lila-May, Victoria Alexanyan, Indawa, Mathilde Belland, Climène Zarkan).
Et enfin, rareté ultime dans le monde du jazz, une cheffe d’orchestre-compositrice-arrangeuse en la personne de la légendaire Maria Schneider, qui dirigeait pour l’occasion le ClasiJazz Big Band !
Autant de styles, esthétiques, nationalités et générations différentes [2] qui montrent s’il en est encore besoin la richesse de la scène contemporaine conjuguée au féminin.
Si nous connaissions et appréciions déjà une bonne partie d’entre elles (clin d’œil ici à Jeanette Berger, Lea Maria Fries et Climène Zarkan, dont nous suivons depuis longtemps les beaux parcours), Jazz à Vienne nous a permis d’en découvrir beaucoup d’autres, avec des coups de cœur pour l’impressionnante britannique Emma Rawicz, de retour en leader affirmée après un passage sur la scène de Cybèle à 17 ans avec le Devon Youth Jazz Orchestra (présent chaque année au festival), l’irrésistible canadienne Molly Johnson et ses interprétations à fleur de peau, la survitaminée new-yorkaise Lakecia Benjamin [3] et la très prometteuse découverte du Focus Espagne, Marta Mansilla.





