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publié par Mickaël Adamadorassy le 15/11/07
Kwal
- Là Où J'habite
Là Où J'habite

Un court instant je me suis posé des questions. Pas sur kwal. Pas sur son disque. Mais plutôt sur le fait de chroniquer un cd de slam/hip-hop je ne sais quoi sur le cargo. Et même pas un truc indie-underground obscur. Non Kwal est chez Naïve quand même. Alors quid de l’étiquette indie rock du cargo etc ? Eh bin quelque part rien à foutre, parce qu’à part Matt Elliott ou encore l’enfance Rouge, l’attitude standard ça serait plutôt de railler ceux qui disent ces choses là. Tout un cynisme qui est à l’opposé de ce que fait Kwal, qui refuse les petites cases, qui raconte en toute simplicité des histoires du quotidien, vous dépeint ses personnages par des petits bouts de vie touchants ou parfois révoltants. Et plus qu’aux idées, c’est à l’émotion qu’il vous gagne.

toucher le coeur

Et je me dis qu’à la place du côté désabusé voir méprisant qui est de mise face aux chansons militantes si chacun s’y mettait, peut être qu’on pourrait enfin toucher le coeur de nos concitoyens, vous savez ceux qui ne voient pas de problèmes aux tests d’ADN, qui croient vraiment que l’immigration est un problème pour la France.

Ce pays où contrairement aux discours sur le bruit et l’odeur ou à la réalité made in TF1, c’est l’autochtone pure souche qui traumatise le voisinage tandis que les familles africaines vivent tranquillement, où la politique sarkozyienne flirte dangereusement avec les souvenirs de la France collabo.

Et franchement si après une écoute de "là ou j’habite", chanson éponyme, chronique de la vie quotidienne qui veut casser les préjugés, ce cœur n’est pas un peu remué alors c’est que le pouvoir d’achat et le travailler plus pour vivre moins l’a pourri, raison de plus pour écouter Kwal, pour comprendre un peu mieux ses immigrés dont on ose pas visiter le musée, pourtant eux aussi sont l’origine du monde...

trash & love

mais « Là où j’habite » (le disque), c’est pas seulement ça. Un peu touche à tout, Kwal parle aussi d’amour avec un humour un peu trash dans Reviens, quand il raconte l’état de son appart depuis que sa copine est partie. Ou simple et émouvante dans un bout de route. ou encore bonhomme, une lettre ouverte à un gamin hospitalisé dont il a visité le centre, l’occasion de mettre en perspective ces problèmes par rapport à des réalités plus dures.

Créer des ponts

Et le côté militant donc dans "France", qui n’a rien d’une chanson contre la France mais tente d’expliquer les choses, car il y a toujours cette volonté de faire le lien, de créer des ponts chez Kwal (Hassan), en donnant une autre vision des choses, en racontant l’histoire de ceux qui ne peuvent plus la raconter (chez lucien).

Les textes, leur thématiques ne sont pas forcément très originales mais Kwal sait raconter des histoires, jouer avec les mots, pas tellement façon hip-hop, car à ce qui parait c’est du slam... Effectivement c’est proche du parlé tout en gardant un côté scandé mais sans avoir un flow aussi développé que dans le rap "classique". Mais donc l’écriture chez Kwal repose sur des mots simples qui se projettent comme autant d’idées prêtes à marquer les esprits, la formulations directe comme un gage supplémentaire de sincérité.

La musique elle fait un peu tiquer au début à cause d’une production qui sonne un peu variet’ mais on se prend vite à aimer la richesse d’instrumentation à la croisée de l’Orient et de l’Occident.

Chez Kwal, on raconte la vie comme on la pense, que ce soit le quotidien étriqué qui est en fait tellement plus, la colère face à l’injustice mais aussi l’amour et la réalité un peu plus drôle, la "mobilisation" de quelqu’un qui y croit encore suffisamment pour vouloir créer des ponts entre ceux qui n’ont plus de voix et ceux qui refusent de voir, pour "danser jusqu’à pas d’heure pour faire tomber les murs". Un programme qui a de la gueule alors n’attendez pas 2012, votez Kwal maintenant !

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publié par le 15/11/07