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publié par terant le 17/12/04
julie doiron
- goodnight nobody
goodnight nobody

intervalle

julie doiron rend la pareille. après sa troublante participation au mash concrete metal mushroom des herman düne en 2003, voilà que les herman düne sont invités sur goodnight nobody. un album en partie enregistré dans leur bulle à mains d’oeuvres, saint ouen. le lendemain de leur concert. comme d’habitude avec andré herman düne, pas de fioriture. une prise, c’est dans la boîte. une technique qui n’a pas du dépayser la julie doiron de broken girl. goodnight nobody est donc en partie le fruit de cette rencontre. en partie seulement. car il a été enregistré à quelques jours d’intervalle dans trois endroits différents. à la manière de bob dylan, explique-t-elle. l’ouvrage se démarque logiquement du reste de la discographie. d’un premier abord plus chaleureux, il est aussi direct et brut. en ouverture du disque, les douces sonorités d’herman düne offrent le plus délicat des écrins pour recueillir les écrits de la demoiselle (“snowfalls in november”, magistral).

charme

dans le fond, pas de grand changement. des petites chansons simples à la mélancolie légère. l’interprétation de julie doiron semble plus fragile que jamais. la contrainte d’une prise ou presque impose quelques maladresses au chant qui sont à peine perceptibles et bienvenues ici. à ces quelques détails près qui forment le charme de l’imparfait, goodnight nobody impressionne par sa maîtrise. la narration respire puis s’enchaîne dans un souffle. les instruments répondent habilement. un passage discret sur des morceaux à l’instrumentation plus dépouillée (sans herman düne donc). le chant, puissant, éclipse le reste même lorsque la guitare se fait plus hargneuse (“dance all night”).

gageure

on revient peu à peu au julie doiron des albums précédents. des morceaux à coeur ouvert, plus bouleversants encore (“when i awoke”). mais goodnight nobody s’engouffre également dans une veine plus sombre, un chemin sinueux qui sied parfaitement à la saison. quelquechose qui a le mordant du froid hivernal, qui pénètre la chair de plus en plus profond (sur le renversant “the songwriter”). un détour qui n’est pas aussi douloureux qu’il n’y paraît. au final, goodnight nobody n’est pas une source de spleen pour l’auditeur. tout juste julie doiron y conjure-t-elle le sien. ce disque est tout simplement une merveille : julie doiron trouve une emprise folle. s’en défaire relève de la gageure.

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publié par le 17/12/04
Informations

Sortie : 2004
Label : jagjaguwar