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publié par terant le 24/11/00
jay jay johanson - antipode, rennes - 22/11/2000
antipode, rennes

tout lissé

dj chris comme son nom le souligne est un de ces artistes modernes que l’on qualifie tantôt de pilleurs tantôt de musiciens, on parlera de dj chris comme d’une personne de bon goût et ouverte musicalement, dépassant les simples étiquettes et créant des ponts réussis entre musique orientale, rap ’very’ old school et électroniques récentes. cela ne suffit pas à remuer un antipode - complet - mais est bien suffisant pour pénetrer dans son univers particulier. les passages entre différents morceaux (peut on encore parler de morceaux ?) se fait tout naturellement sans les effets superflus propres à certains hommes de même profession. l’auditeur ne dit pas non à ce tout lissé mais reste sur sa faim question intérêt de voir cela en live (question maintes fois soulevée lors des précédentes routes du rock).

en pyjama

heureusement l’arrivée progressive des musiciens du grand blond suédois (r)éveille les sens. on retrouve ainsi le mirobolant pianiste erik jansson, sosie du jäje, déjà en activité sur les précédents albums et membre actif des tournées passées (dont l’excellente route du rock 98). puis jay jay johanson arrive, sorte de grand lutin nordique en pyjama, proche cousin de klaus kinski, la folie en moins. les fans de dave seront ravis de savoir que jay jay johanson arbore de la même manière une ravissante chevelure blonde. musicalement par contre, celui que l’on nomme jjj est heureusement différent. même si le show commence lentement avec des morceaux tirés de son excellent dernier album poison, on est très vite conquis par ces atmosphères qui oscillent entre une pop aux accents jazzy et un trip rock.

crooner

jay-jay dispose d’une voix magnifique comme l’atteste un duo piano/vocal pour l’avant dernier morceau et deuxième rappel (excusez du peu) qui a littéralement scotché l’assistance : "she’s mine but i’m not hers". en réalité jjj réalise le compromis parfait entre les ambiances de portishead et le côté crooner de brian ferry, une sorte de beth gibbons au masculin. et puis parfois le groupe se lâche de manière heureuse à l’image d’erik déchaîné martyrisant sa guitare sur "keep it a secret" ou une deuxième version de "it hurts me so", premier morceau d’un premier album revisité façon rock énervé qui n’a que peu à envier à at the drive-in (l’attitude en moins peut-être...). il reste alors les formidables plages calmes, incroyablement servies par le travail de dj chris et le tandem piano/voix : "colder", "believe in us", "escape" ou "milan, madrid, chicago, paris". deux regrets seulement : une version un peu faiblarde du tubesque "so tell the girls that i am back in town" comparé aux arrangements originels. et puis l’absence de "quel dommage" en français dans le texte ou de ces morceaux prenants qu’étaient "i fantasize of you" ou "the sly seducer". soit très peu pour ombrager une soirée des plus réjouissantes. encore !

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publié par le 24/11/00