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publié par gab le 25/04/13
Half Moon Run - Une histoire de cercles -- Chorus Festival 18/04/2013 & album Dark eyes
Une histoire de cercles — Chorus Festival 18/04/2013 & album Dark eyes

On se serait presque déplacé uniquement sur la foi de leur superbe patronyme mais il se trouve que le groupe était en plus annoncé au festival Chorus vendredi dernier sous l’étendard « fusion indie, rock, pop & folk », de quoi fortement nous intriguer. Deux possibilités dans un cas pareil, soit le rédacteur de la plaquette Chorus s’est quelque peu laissé emporter (et encore je crois bien que j’ai perdu un « musique électronique » dans la bataille), soit c’est le concert du festival à ne pas manquer (après l’inénarrable Pascal Parisot bien entendu). Dans le doute et prenant un minimum de risques (d’une, le concert était gratuit, et de deux, même si au final on ne devait avoir que deux genres sur les quatre, ça pourrait très bien faire notre affaire), on tente l’expérience pour la science.

mains

Et la science en sort plutôt grandie, merci pour elle, même si on a eu un peu peur, il faut l’avouer. C’est que chez Half Moon Run tout le monde chante et si ça rend plutôt bien (et même très bien) sur la plupart des morceaux, celui sur lequel nous sommes arrivés (ainsi qu’un autre peu de temps après) avait tout du slow sirupeux boys-bandesque. Fort heureusement, dès que le groupe accélère, on ne peut qu’adhérer (et même plus) au spectacle et à la musique proposés. Tout le monde chante donc, mais pas que. Tout le monde ou presque joue des claviers (même le batteur), tout le monde ou presque fait des percus (même le chanteur), ça pourrait vite faire un peu too much, d’autant qu’ils jouent de ces instruments en même temps qu’ils jouent de leur instrument de prédilection. On le frôle d’ailleurs de près (le too much) et puis, sorti de nulle part, un des chanteurs prend les choses en mains et on cède pour de bon. C’est plutôt amusant en vérité car ils vocalisaient tellement dans tous les sens au départ qu’on a mis un certain temps à identifier le chanteur principal et puis, d’un coup, il était là, une évidence, d’un magnétisme remarquable. C’est toujours un peu cliché à énoncer comme ça et on ne s’y attendait guère dans un groupe de multi-instrumentistes mais voilà, l’atout majeur de Half Moon Run est incontestablement son chanteur. Très beau timbre, belle énergie et une présence extrêmement forte au point qu’il nous fait tout de suite penser à Leonardo DiCaprio, physiquement déjà et dans ce qu’il dégage ensuite, un DiCaprio de 25 ans qui ferait de la musique plutôt que du cinéma. Captivant. On sort donc du concert encore plus intrigué qu’en y entrant, très marqué par deux ou trois morceaux impressionnants. Une prolongation d’expérience s’impose.

mouche

Ça tombe plutôt bien puisque Half Moon Run défend son premier album, Dark eyes, sorti l’an dernier. Ce qui tombe encore mieux, c’est que le disque commence par les chansons qui nous ont le plus frappé en concert, les fabuleuses "Full circle" et "Call me in the afternoon". Chansons qui confirment bien que lorsque le groupe prend l’option percussions et chant rapide, il fait mouche systématiquement. Quand en plus il prend la peine de chercher sa voie personnelle, comme c’est le cas sur ces deux titres, on a du mal à s’en relever. Et en effet, la suite du disque est moins renversante. Les morceaux restent, à l’exception de l’insupportablement mielleux "Nerve" (mais que leur est-il donc passé par la tête ?) et des deuxièmes voix de "Need it", très bons bien que beaucoup plus marqués par les influences du groupe. Si on entendait des sonorités à la Coldplay sur "Full circle", Half Moon Run étend ses références à Jeff Buckley (les très jolis "No more losing the war" et "Fire escape"), Muse (les refrains de "She wants to know") et surtout Radiohead. Que ce soit le travail sur les voix de "Drug you", les guitares crunchy et le chant de "Judgement", ou la totalité de "Give up" (arpèges, batterie, voix, côté couplets tout y est), cette référence plutôt chargée, loin d’écraser les compositions, amène le groupe à se surpasser. Ils maitrisent même étonnamment bien leur petit Radiohead illustré et, on ne se refait pas, ça fait toujours du bien par où ça passe.

gondole

On comprend mieux au bout du compte l’embarras de Monsieur Chorus à caler Half Moon Run dans une ou deux cases prédéfinies (oui, oui, ils mettent même un brin d’électro radioheadesque sur le très bon "21 gun salute"). Le groupe pioche en effet à droite, à gauche, pas toujours pour le meilleur, ni pour le plus innovant, mais on sent une certaine honnêteté dans le processus et surtout, ce qui compte le plus au final, les morceaux tiennent vraiment bien la route. Sans compter qu’ayant placé leurs deux perles en tête de gondole, ils se sont perfidement assurés qu’on réappuierait sur « play » en fin de disque. Pour ça et pour le reste, bien joué. Maintenant avec l’énorme potentiel entrevu, on attend (avec une certaine impatience) une copie un peu plus personnelle pour le prochain album.

(et tant qu’à faire, on vous propose de patienter comme nous avec la vidéo officielle de "Full circle")


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publié par le 25/04/13