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publié par terant le 16/07/99
grandaddy
- the broken down comforter collection
the broken down comforter collection

barbus

si je vous dis barbus et américains, cela peut faire jaillir en vous un tas de préjugés. si je vous dis en plus qu’ils sont 5 et qu’ils font du rock, sans même entendre leur musique vous serez enclin à voir dans ces messieurs n’importe quel groupe de rock américain qui débite une musique calibrée fm sans génie. seulement voilà, le problème (qui n’en est pas un je vous le concède) avec grandaddy c’est que ces grands-pères sont tout sauf sans génie et que coller l’horrible étiquette de fm à leur musique est comme dire des frères gallagher (oasis) qu’ils sont aussi talentueux que les beatles. leur musique ne tombe dans aucun cliché du moment (usage intempestifs de violons, violoncelles ou autres instruments à vent), et leurs compositions dans aucun modèle de déchet de cette décénnie - comprenez écrits romantico-débilo-larvaire.

mach 2

en fait dès le premier morceau on sait que le meilleur nous est arrivé, à savoir un groupe américain qui tire sa grâce des mélodies anglaises sans sombrer dans le côté obscur (sparklehorse, eels et en angleterre radiohead), c’est à dire avec une dose pas modérée d’humour dans les compos. le son est léger et s’oppose radicalement à tous ces groupes qui s’acharnent à dépasser mach 2 en ayant les amplis collés à terre. ici la grosse part est réservée aux guitares et surtout à cette voix particulière et donc inimitable qui aussi limitée soit elle est aussi ensorceleuse que celle d’un thom yorke. pour resituer ce groupe dans un contexte, nous dirons qu’il nous avait surpris en sortant un excellent album en 1997 (under the western freeway) qui regorgeait de petites pépites (en vrac : "am 180" - "summer here kids" - "laughing stock" - "everything beautiful is far away" - "go progress chrome" pour ne citer que le meilleur d’un cru excellent). ce que l’on sait moins par contre c’est que deux ans auparavant le groupe avait sorti un premier mini-album ou ep comme vous voulez (a pretty mess by this band) passé inaperçu mais aussi un 2nd ep en 97 (machines are not she).

tête d’affiche

ce présent ouvrage est en fait la compilation de ces deux galettes quasi introuvables depuis quelques temps, cependant les plus fans d’entre vous auront constaté qu’il manque à cette compilation, "peeano" titre issu de a pretty mess by this band. alors voir qu’à ses débuts le groupe était aussi bon que n’importe quelle tête d’affiche de ces dernières années laisse rêveur, à quand une consécration méritée ? rien n’est à laisser ici, du génial "taster" au déluré "kim you bore me to death" qui se revendique comme une critique poilante du grunge (kim deal ?), du très improbable "pre-merced" à "for the dishwasher" qui deux ans à l’avance se paie le luxe d’anticiper la mélodie du "tender" de blur. n’ayant pas le temps de citer les 12 plages de cet album, je ferais juste remarquer que très peu de groupes peuvent se vanter de commencer si haut et d’être aller plus haut en franchissant si aisément le cap du premier album parfaitement réussi. on est impatient d’écouter la suite prévue au printemps 2000.

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publié par le 16/07/99