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publié par Mickaël Adamadorassy le 29/07/20
Fontaines D.C. - Post-punk et après?
Post-punk et après ?

Aux côtés de The Murder Capital, Idles ou encore Shame , Fontaines D.C. s’affirme de plus en plus comme un des formations phare de la nouvelle vague punk britannique. De jeunes groupes aussi rentre-dedans et bruyants que leurs aînés mais aussi capables de renouveler le genre. Ce quintet dublinois formé en 2017 a sorti à ce jour quelques singles et un premier album Dogrel (2019), salué par la critique. On l’a découvert un peu à retardement sur Le Cargo !, la faute peut être à une prestation pas plus enthousiasmante que ça à la route du rock 2019. Mais voilà le groupe sort ces jours-ci son deuxième album et il a été précédé par une série de très bons singles, qui nous ont convertis à leur cause. Il était donc plus que temps qu’on vous en parle !

Dogrel

Enregistré en live, le premier album de Fontaines DC sort en avril 2019. Il est nommé d’après un poète irlandais de la classe ouvrière. Très logiquement on y sent l’énergie et l’esprit de rébellion du punk mais là où les choses deviennent intéressantes, c’est qu’il y a bien plus que des brûlots punk classiques sur Dogrel, d’où le qualitificatif de "post-punk" qui lui sera bien vite accolé. Un choix taxonomique tout à fait justifié car si on retrouve dans la chant la morgue et le côté "in your face" du punk anglo-saxon, à côté de titres binaires basiques mais efficaces façon The Clash ("Sha sha sha") les structures des morceaux peuvent se faire plus complexes ou plus chaotiques que du "verse chorus verse" balancé en 2’30. Les guitares évitent les distorsions massives systématiques, même si le groupe ne crache pas sur des passages bien lourds. "Too Real" en est un bon exemple : une alternance de passage calmes et explosifs, des parties parlées, des breaks noisy voir presque psychédéliques quand la guitare slide glisse en même temps entre la droite et la gauche du mix . On dirait presque du At The Drive In tellement ça part dans tous les sens.

Avec son jeu de batterie sophistiqué, ses lignes de guitare en son clair qui s’entremèlent, "Television Screens" est plus de l’indie rock que du punk et dans ce registre, Fontaines DC capte tout autant l’attention.

"Hurricane Laughter", dernier single tiré du premier album, semble mieux canalisé, quand le chanteur Grian Chatten ne surjoue pas le personnage du chanteur punk qui ne veut pas faire du chant "bêtement" mélodique, qu’il "rentre" dans la musique plutôt qu’il ne s’en détache le résultat pose une ambiance qui peut être envoûtante.

Sur certains titres comme "Chequeless Reckless", le live nous parait meilleur que le disque pour la même raison : Grian choisit un meilleur placement de sa voix dans le grave, il chante plus qu’il ne déclame et canalise mieux ce qu’il veut faire passer selon le morceau. Avec un groupe qui maîtrise son sujet, cela donne une session KEXP qui déboîte, enregistrée fin 2018 c’est à dire avant la sortie de l’album.

A Hero’s Death

Prévu pour le 31 juillet chez Partisan Records, le nouvel album de Fontaines DC a été précédé par trois excellents extraits, qui éloignent le groupe de l’étiquette "post-punk". Avec "Televised Mind", on est plus dans du rock lourd, sombre, captivant, incantatoire. Le chant s’est débarrassé de presque tout maniérisme punk, les guitares jouent des effets en tout genre avec inventivité.

Plus apaisé, mais toujours plus rock indé que punk, "I Don’t Belong" séduit avec ses rythmiques en son clair mélancoliques et son chant très appliqué.

Pour le clip très barré de "A Hero’s Death", c’est Aidan Gillen (Tommy dans The Wire et Littlefindger dans Games of Throne, entre autres) qui joue le personnage principal. La côté déclamatoire de la voix rappelle un peu le premier album mais en plus accompli : mieux arrangé, mieux maîtrisé.

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publié par le 29/07/20