Floating.
C’est le nom du dernier projet en date du saxophoniste Emile Parisien, et c’est l’impression que l’on peut avoir là-haut, face au massif du Mont-Blanc et à hauteur de nuages, en se délectant de ce premier concert de l’édition 2026 du CosmoJazz festival.
Emile est, pour notre plus grand plaisir, un habitué de ce festival qui résonne chaque été sur les hauteurs et dans la vallée de Chamonix : il s’y est déjà produit deux fois en duo avec son complice Vincent Peirani, mais cette année c’est avec Yaron Herman au piano (dont le concert sur l’alpage de Charamillon pour l’édition 2015 reste dans toutes les mémoires), Linda May Han Oh à la contrebasse et Prabhu Edouard aux percussions qu’il revient tutoyer les sommets - rocheux et musicaux.
La réunion de ces virtuoses du jazz contemporain aurait pu tourner à la démonstration vide de sens, mais c’est l’inverse qui se produit : chacun met son (immense) talent au service de la musique, et le résultat est à la fois créatif et évident, comme si ces quatres-là jouaient ensemble depuis toujours.
Que les compositions émanent d’Emile ("Bonbon"), de Yaron (sublime "Olive Branch"), d’Anouar Brahem ("Badhra") ou du quartet ("Portal", "Nusrat") la cohésion et l’écoute sont là, et la conversation entre les instruments, improvisant en toute liberté autour des lignes mélodiques, d’une richesse et d’une beauté à couper le soufle.
C’est à la fois envoûtant, planant, exhaltant et émouvant et on aimerait que cela ne s’arrête jamais.
Pour les heureux détenteurs d’un billet (le concert affiche complet), l’expérience pourra être renouvelée le 1er septembre dans le cadre de Jazz à la Villette. La tournée se poursuit ensuite à l’automne du côté de Nantes, Tourcoing et Bordeaux, et l’album éponyme sortira le 25 septembre chez ACT - de quoi faire encore beaucoup d’heureux.





