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publié par gab le 02/10/12
Flip Grater
- While I’m awake I’m at war
While I'm awake I'm at war

La Nouvelle-Zélande c’est loin, tellement loin qu’il ne nous parvient qu’un seul artiste/groupe par décennie. C’est déjà pas mal me direz-vous, d’autant que l’écrémage se fait naturellement et la qualité est au rendez-vous. The Bats en 1991 (Fear of god) nous emballaient avec leur pop tendance noisy et énergique. Vint ensuite Sophie Moleta qui nous surprit en 2000 (Dive) avec une dose d’extravagance electro-intimiste. En 2012, c’était écrit, la Nouvelle-Zélande se rappellerait à notre bon souvenir d’une façon ou d’une autre. Et voilà que Flip Grater sort de nulle part avec son nom improbable et sa très jolie voix. On ne demandait pas mieux.

lueur

Tout n’est pourtant pas rose dans la venue de Flip Grater, une étude comparative scandaleuse sur notre bon vieux rafiot remue même les glaviots dans la soupe de façon limite indécente. Il faut dire que cet album au titre pas très évocateur While I’m awake I’m at war commence plutôt mollement avec un morceau éponyme au ralenti, plombant l’ambiance comme il faut d’entrée de jeu. C’est une belle chanson, d’accord, mais on n’est jamais très loin de faire l’inventaire de nos outils suicidaires. Le deuxième titre "Burn it when I die" ne nous incite pas vraiment à ranger la corde non plus, on est pourtant amateur du genre mais là c’est quand même un peu trop larmoyant à notre goût. La première lueur d’espoir arrive avec "Find me", très beau morceau tout en délicatesse. On est toujours dans la lenteur et le calme mais une pointe de beauté change tout, c’est indéniable. Patatras, tout s’écroule à nouveau sur "Careful". Alors certes le moral va mieux mais ce refrain poppement-mièvre signe la fin de notre première écoute ainsi que, et c’est très dommage, la fin d’une première partie de disque aux airs de rendez-vous manqué.

genre

Oui, c’est vraiment dommage car lorsque pour notre deuxième écoute du disque on reprend un peu au hasard sur le cinquième morceau, "Golden trinquet", on tombe littéralement sous le charme. Un petit gimmick de guitare folk, une voix délicate et joyeuse, une mélodie simple et renversante, le tour est joué. Et c’est encore mieux quand c’est enchainé avec un autre très beau morceau, "I am gone". Dans un genre totalement différent, musique classieuse avec slide-guitare et voix sensuelle pour un refrain tout en opération de déstabilisation (« a kiss on the mouth means nothing » … bien sûr). Un deuxième coup de maitre pour achever de nous convaincre. La suite reste tout à fait au niveau malgré un retour à l’intimisme du début. Le feeling est là, l’ambiance recueillie et apaisante, intermède idéal avant d’asséner le coup final.

folie

Et c’est fou l’effet qu’une simple chanson folk chant-guitare peut avoir. Flip Grater entame "Bullet that I ride" et le temps s’arrête. Un peu le même effet que nous avait fait "Nights in goodville" d’Anna Ternheim. Le genre de morceau qu’on écoute systématiquement deux fois de suite, nous les plus ardents défenseurs de l’écoute d’un disque de A à Z, dans l’ordre s’il vous plait. La folie furieuse. Il a tout pour lui, une petite rythmique de guitare à la fraîcheur estivale, un chant délicieux et un refrain aux intonations K’s-Choiciennes. C’est simple, on fond. Deux fois.

traces

On ne vous cache pas que la fin du disque est un peu éclipsée par ce morceau mais bon, l’essentiel est dit. Voilà une découverte qui laissera des traces tout en conservant une marge de progression intéressante pour la suite. Un très beau cas de figure qui pourrait tout à fait nous aider à tenir la petite dizaine d’années à patienter avant l’arrivée de la prochaine révélation néo-zélandaise.

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publié par le 02/10/12