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publié par Mickaël Adamadorassy le 10/06/11
Felipecha
- Les Lignes de fuite
Les Lignes de fuite

Felipecha c’est Felipe et Charlotte (Savary). Ils se sont rencontrés à la fac, Charlotte s’est ensuite fait connaître en chantant dans Wax Tailor mais leur complicité musicale a perduré, donnant deux albums, « De Fil en Aiguille » en 2008 et trois ans plus tard « Les Lignes de fuite », un disque majoritairement en français, porté par la voix tout simplement sublimissime de Charlotte (et là je me retiens grave sur les superlatifs), parfois joliment complétée dans les graves par celle de Felipe qui est aussi responsable de la musique, un écrin savamment façonné pour accueillir des textes qui transportent une large palette d’émotions. Euh enfin pas si large que ça mais on y reviendra après les indiens et une virée à Londres.

en solo

Le disque commence par une chanson qui s’appelle « Rien » et pourtant il y aurait beaucoup à dire, sur le chant de Charlotte, comment on savoure les petites nuances, ce qu’elle instille dans chaque syllabe, sur l’utilisation de la basse comme instrument mélodique tout autant que rythmique, sur les arrangements aériens, en adéquation totale avec la sérénité qu’évoque le texte, une ode au calme et la simplicité réconfortante des gestes familiers.

en duo

Sur ce premier morceau, Charlotte s’occupait seule du chant, mais Felipecha fonctionne aussi très bien à deux voix, en jouant parfois sur une différentiation très marquée entre les parties de chacun : sur "L’exil", Charlotte joue sur les intonations poignantes tandis que Felipe, incarne un personnage déterminé, qu’on sent sur un rythme totalement différenet, celui de l’action, de la détermination.

Sur « London Shopping », certainement la chanson la plus attachante du disque, ils jouent sur un autre tableau, celui de la complicité . L’histoire d’un week-end à Londres, un couple qui se perd, elle en accro du shopping, lui en mâle rêvant de foot et de bière au pub, leurs aventures croisées. C’est drôle tout du long et carrément cute à la fin (et là encore c’est frappant de voir à quel point le langage musical est raccord avec les textes, les humeurs dans la chanson).

La Tour Eiffel est un tipi

C’est peut être que je suis un parisien blasé mais cette chanson là m’a laissé un peu plus sceptique (et puis il y a déjà eu « un indien dans la ville », dont on aurait pu se passer d’ailleurs), en tout cas au niveau des paroles, musicalement le rythme enlevé et les petites trouvailles mélancoliques font qu’on suit bien volontiers les aventures de Bison Futé et du reste de sa tribu, et qu’on fume le calumet Rue de la paix, s’il le faut.

Un gars Une fille

Et peut être qu’il le faut vu qu’au sortir du tipi, on retrouve des chansons d’amour, une puis deux puis trois puis quatre, fini la rigolade et les petits riens sereins. De toutes ces déclinaisons amoureuses, on aime bien sans plus « ce que je sais », un peu trop classique dans son motif ternaire au piano et ses mélodies en général, on aime beaucoup « de la lune au soleil » pour les personnages qu’elle dépeint, la complexité de ce qui les anime. "Le diable gardien" et "A pile ou face" sont pas mal du tout, c’est toujours bien écrit musicalement, pour les textes en dehors de quelques rimes un peu trop évidentes c’est pas trop mal mais les thématiques sont très très classiques, il n’y a pas la touche d’humour de « london shopping » ou l’intensité dramatique de « l’exil » alors on est un peu moins marqué que par le début du disque.

C’est un peu la même chose avec « l’hiver » qui a tendance à me laisser froid (héhéhé non je n’ai pas honte) mais a le bon goût de ne pas s’éterniser et puis heureusement « l’étincelle » ramène un peu de pêche dans tout ça, il y a même un peu de guitare électrique, un long break qui fait monter la sauce avant un chouette final qui aurait pu clore dignement le disque mais ce rôle revient à « Lover’s Lane » qui minaude un peu mais la conclusion, instrumentale, est très bien orchestrée et le disque s’achève avec des cordes qui viennent en rappel de celles qui ouvraient le disque, point de détail certes, mais c’est plutôt bien vu !

French touch(down)

La boucle est bouclée et on a passé un bon moment, bercé par la voix de Charlotte, les arrangement de Felipe, on a adoré "Rien" et "London Shopping" et beaucoup aimé le reste, pas forcément pour le contenu des textes. Et on se dit que c’est quand une terrible infamie que ce ne soit pas cette chanson française là, ni nouvelle, ni réaliste, pas à l’anglaise mais pas à la française non plus, juste belle , qui soit celle qu’on voit dans toutes ses émissions censées être musicales.

P.-S.

P.S. : les deux albums de Felipecha sont en écoute sur Deezer !

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publié par le 10/06/11