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publié par Mickaël Adamadorassy le 07/05/20
Extraa
- Baked
Baked

Les premières secondes de Baked, premier album d’Extraa, ce son de cordes qui semble tout droit sorti d’un vieux mellotron enregistré dans un magnéto à la bande usée, pourraient nous faire croire que ce quatuor français va nous proposer un énième disque psychédélique, fièrement analogique et vintage dans l’âme. Heureusement c’est plus de pop bien léchée, bien orchestrée voir orchestrale qu’il est question. Et le voyage, s’il est bien là, s’avère plus bucolique et pastoral qu’intergalactique.

Rétro mais pas trop

Il y a donc chez Extraa un amour revendiqué pour la musique pop des années 60/70. On est donc guère surpris de lire que ce quatuor parisien est allé enregistrer son premier disque chez Alexis Fugain (un des membres de Biche). Mais heureusement cet amour ne se traduit pas par une obsession pour en reproduire le son et les effets à l’identique, ce qui fait qu’on a parfois l’impression d’entendre toujours la même chose chez les groupes du courant psyché. Chez Extraa, il y a aussi de la modernité dans l’écriture comme dans le son même si on sent qu’ils rêvent parfois d’un temps passé où l’herbe était plus verte et surtout très pop.

De saison

Tout au long des huit pistes très bien produites de Baked, le groupe nous offre une jolie indie-pop portée tantôt par une guitare au son clair bien claquant , tantôt par des claviers réjouissants ou une belle alchimie entre les deux. A l’approche des beaux jours, on apprécie d’autant plus ces chansons limpides et entraînantes voir carrément groovy parfois. C’est bucolique , lumineux, propice à une agréable rêverie. Les arrangements lorgnent parfois vers la pop symphonique avec des arrangements de cordes et de cuivres classieux.

C’est plutôt un beau tableau qu’on vous dresse là mais il nous aura fallu un certain temps pour en arriver là. À la première écoute, c’est même à la huitième et dernière piste , "Strangers", qui combine le meilleur riff, le meilleur chant et l’écriture la plus "catchy" du disque qu’on s’est dit qu’on allait peut-être vous parler d’Extraa.

rrrrr ou RRRRRR

Pour un premier disque, ils ont très bien travaillé, de même que son producteur mais sous les arrangements, les sons bien léchés, il nous manque un petit quelque chose dans la voix pour nous prendre par les sentiments, nous convaincre du texte. On aurait aimé soit que ça "ronronne" un peu moins, que le son ou l’écriture nous sorte des sentiers battus, nous tienne plus en haleine, soit que ça "ronronne" à fond et qu’on se retrouve à reprendre les refrains en chœur avec la chanteuse Alix. En l’état ce n’est donc pas un coup de foudre mais une lente séduction qui opère sur Baked. Plus on lui en laisse le temps, plus on se met à en apprécier les différentes strates des chansons d’Alix&co, derrière l’apparente simplicité pop.

On est maintenant curieux de voir ce que donne le live, un jour... (quand les archéologues du futur exhumeront cet article, il faudra leur expliquer qu’en mai 2020, la musique live était devenue quelque chose d’hypothétique et de très incertain, repoussée à un futur lointain)

Crédit photo : Ella Herme (photo du groupe)

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publié par le 07/05/20
Informations

Sortie : 2020
Label : Requiem pour un Twister