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publié par Mickaël Adamadorassy le 10/07/26
Elysian Fields - Le Café de La Danse, Paris - 31/05/2025

Elysian Fields proposait à son public français une date exceptionnelle au Café de la Danse pour fêter leurs trente ans de carrière. Et oui, "Bleed Your Cedar" sort en 1996 alors qu’on est encore au lycée, en pleine période Nirvana. Ce n’est que quelques années plus tard qu’on découvrira "Fountains of Fire" et "Lady of the Lake", puis Lenoir à travers une black session sublime, notre première à la Maison de la Radio. La première fois aussi qu’on croise le regard brûlant de Jennifer Charles, qu’on peut admirer tout le feeling d’Oren Bloedow à la guitare. Puis on en vient à écrire sur Le Cargo !, fondé par des membres de la mailing liste tenue par des fans de Lenoir, et la première fois qu’on se croisera en vrai entre matelots : un showcase d’Elysian Fields au Virgin Megastore. Tout ça pour dire qu’Elysian Fields a une place toute particulière pour Le Cargo ! et que leurs concerts sont toujours de très grands moments de musique.

Et cela se vérifie encore une fois malgré une date placée un peu bizarrement tôt un dimanche d’un mois de mai très propice aux week-ends prolongés mais qui affiche presque complet, comme c’est souvent le cas pour ces New-Yorkais maintenant habitués de la France. Ils ont acquis un public français fidèle mais aussi "leur" groupe français, qui les accompagne à chaque fois qu’ils repassent par chez nous : Matthieu Lopez (Matt Low) à la basse et Olivier Pérez à la batterie (qui fera la première partie en guitare-voix folk avec son projet Garciaphone).Dans la salle, il y a Sarah Murcia qu’on a croisée avec le groupe sur plusieurs tournées précédentes et qui viendra jouer de la contrebasse sur un titre.

Le concert était annoncé avec la présence d’une section de cordes mais il commence en quintet, Jennifer, Oren la section rythmique à gauche de la scène et Frederic Lyenn Jacques (membre du groupe de Mark Lanegan) aux claviers. Ils nous offrent en ouverture un inédit, "Grace Sherwood" , un titre plutôt rythmé avec côté Oren, une rythmique typiquement elysian-fieldienne, beaucoup de feeling, de dynamique, l’alternance entre cordes étouffées , essentiellement jouées dans les graves et les accords un peu plus ouverts, parfois hâchés de trémolo, la saturation soudaine obtenue juste par la modulation des attaques : c’est toujours un régal de voir, sur le côté droit de la scène Oren s’exprimer, se réinventer avec sa guitare du moment (cette fois-ci c’est une telecaster mais il nous semble l’avoir vu avec à peu près tous les standards sauf la flying V des métalleux)

Le centre est bien sûr dévolu à Jennifer, qui n’a rien perdu de son charisme, de cette présence, cette intensité qui remplit tout une scène, ses regards fiévreux, la gestuelle langoureuse, les pas de danse esquissés mais aussi parfois des sourires et des regards de complicité avec le public qui sont nouveaux pour nous, et on aime bien le contraste entre ce naturel et l’intensité qu’elle peut avoir quand elle se glisse dans les personnages de ces chansons.

On monte encore un peu en intensité avec "Must Have meant" tirée du dernier album en date What The Thunder Said (WTTS) qui sonne encore plus rock en live et donne l’occasion au batteur de lâcher sa frappe et de bien écraser les cymbales à la chaine sur un refrain très pugnace, totalement raccord avec une Telecaster bien mordante. Après deux autres titres de WTTS, on trépigne en reconnaissant le début de "Shooting Stars", tiré de Dreams That Breathe Your Name, album le plus représenté dans le concert en dehors du plus récent avec aussi "Passing on the stairs", un des rares titres du groupe où Oren chante lead en alternance avec Jennifer, un titre puissant, émouvant qu’on a vu en live un paquet de fois avec des formations différentes. Là on doit avouer qu’on préfère quand même un peu les version avec piano... mais pour nous cela fait partie de l’identité même d’Elysian Fields, cette idée que les chansons se réinventent à chaque concert, selon les musiciens, selon les instruments, selon le ressenti du moment.

Cette fois-ci malheureusement on a presque pas entendu les claviers de Frederic mais juste après , sur "Before the Crashing Waves" la section de cordes (composés de trois violonistes dont Christelle Lassort ) fait son apparition et viendra apporter ce supplément de "densité", ces couleurs supplémentaires à une très belle sélection de titres pour finir le concert : "Lions On the Storm", "Last night on Earth", deux titres phare d’albums plus récents et deux classiques de Queen of The Meadow ,"Black Acres" et "Dream within a Dream" qui achève le concert en beauté sur un arrangement de cordes particulièrement réussi.

Le groupe reviendra bien sûr pour un rappel avec un titre pas très connu "Ball Drive" puis "Ashes in Winter Light" et "Shadow of the Living Light", de quoi couvrir encore deux albums de plus pour ce concert "des trente ans" soit huit au total parmi les treize que compte leur discographie. Sans être exhaustif, Jennifer et Oren nous auront donc offert une généreuse rétrospective d’une belle carrière et avec une musicalité et une présence scénique qui impressionnent toujours autant.

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