On en était déjà à trois dates sur la tournée du deuxième album de Clou, A L’évidence, et voilà qu’arrive cette date à l’Espace culturel Musique & Danse du Blanc-Mesnil, en banlieue parisienne sur ce RER B qu’on a tant pratiqué à notre arrivée en Ile-de-France. On a jamais rechigné à traverser le périph pour un bon concert quand on était intra-muros, ce n’est pas maintenant que ça va nous faire peur maintenant qu’on est montreuillois, surtout que trois fois Clou c’est bien certes mais deux fois en acoustique et on aimerait la revoir en électrique, avec son excellent groupe comme au Trianon.
Et on a bien fait : comme souvent dans les salles de banlieue, on est super bien accueillis par l’équipe de la salle, qui est moderne, le son et les éclairages sont impeccables. On regrettera juste un peu d’être assis mais finalement ça a été le cas sur toutes les dates, autant en solo acoustique on peut le comprendre, autant avec le groupe, une configuration debout aurait été plus appropriée... peut être : différence avec le Trianon ou la date au TDV, le public n’est pas composé uniquement de fans mais aussi d’habitants du coin qui viennent quand ils repèrent un concert qui peut être intéressant (il faut dire que les places ne sont pas très chères aussi) en fait deux sièges à droite juste avant le concert un monsieur regarde un clip de Clou sur son téléphone, découvrait-il à ce moment là ou avait-il besoin de réviser, dur à dire. A ma gauche une famille dont le gamin ne semblait pas ravi de venir au concert et se plaignait déjà avec moults détails de comment ça allait être profondément ennuyeux.
On ne l’a plus entendu après le début du concert : si la musique de Clou reste plutôt pop/folk, la talentueuse bande qui l’accompagne depuis le début de la tournée s’est depuis totalement approprié les morceaux des deux albums de Clou qu’ils interprètent, les approches sont variées, du "Chant de Noël", toute suave et gentil en apparence mais qui dresse un portait au vitriol les Noëls en famille de l’enfance de la chanteuse, à des parties instrumentales qui montent en puissance, en passant par un rythme presque zouk le temps d’un morceau. La basse de Marie Lalonde toujours souriante et décontractée, est souvent sur le devant, tandis que Christelle Lassort nous régale au violon d’arrangements qui n’appartiennent qu’à ces version live. Derrière les fûts, David Gerbi adapte parfaitement sa frappe aux titres le plus doux comme aux moments où il faut amener un peu plus de force et de présence rythmique. Il chante aussi la partie de PML sur le titre "Sans Avion" sorti récemment. Et Comme il donne des cours de batterie au Blanc-Mesnil et que certains de ces élèves présents ce soir, il se fera chambrer toute la soirée par Clou.
Car comme sur nos autres fois, la chanteuse se garde toujours ses petits moments pour prendre des nouvelles du public, se livrer à une sorte de sondage récurrent pour savoir si les gens l’ont déjà vu, où, quand, en première partie de qui, s’ils sont du coin ou s’ils viennent de loin. Ce soir la plupart viennent des alentours, avec quelques pièces rapportées comme nous et si certains la connaissent depuis longtemps, d’autres découvrent Clou, à travers une setlist qui reprend une bonne partie du dernier album, dont le toujours très émouvant "A l’arrière de la voiture", la mélancolie rêveuse de "Gare de Lyon" ou la petite note positive, pétillante de "A l’évidence". "Bleus" elle est jouée juste avant "Rouge", tirée du première album, chanson-colère qui contraste avec les ambiances plus apaisées des titres du deuxième album, même si les deux évoquent les blessures familiales sur lesquelles Clou se confie dans le carnet de textes et dessins, "Doux Mots Dits". (Et on se demande si Clou prévoit de nommer une chanson "Blanc" pour le troisième album pour parfaire l’enchainement)
On finit avec "Longtemps" et une longue ovation debout pour Clou, qui reviendra vite se prêter aux selfies et signer des disques et pour nous une question : quatre c’est bien mais cinq c’est mieux non ? Clou fait partie des invités "surprise" de Pompon Pompon au Musée d’Orsay le 28 février prochain avec Rosemary Stanley et Albin de la Simone.





