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publié par terant le 20/03/03
calexico
- feast of wire
feast of wire

osmose

les trans 2002. la découverte d’un promo estampillé feast of wire, de son horrible pochette, d’un groupe de scène fantastique accompagné des mariachis luz de luna pour le plus grand bonheur des spectateurs. depuis je n’ai que peu délaissé l’album. il faut dire que si les précédents ouvrages de calexico se parcouraient d’une traite, feast of wire est un objet plus ambitieux et moins convenu dans le style calexico. ces derniers avaient fortement marqué lors de la sortie de black light, élégant album où l’indie-rock américain lorgnait de manière inédite sur le sud, simulant la bande son d’un western ou road movie moderne faisant fi des frontières. à la croisée des deux cultures, calexico avait réussi à créer une osmose particulièrement ravissante. après ce bel objet, les étapes furent suivies de près. de chaudes tournées à disques d’été. des concerts en pagaille entre premières parties, soirées spéciales avec « friends », calexico promène tout son charmant petit univers avec une grâce déconcertante. depuis cela, tucson, arizona est devenue la mecque pour de nombreux artistes français en mal d’exotisme et de renouveau. un nouvel album de calexico est donc toujours une réjouissante perspective.

lapsteel

et feast of wire n’est pas une douche froide. c’est un ouvrage ambitieux qui commence par des morceaux de facture classique pour rapidement s’aventurer dans des contrées moins balisées. des instrumentaux innovateurs quelque part entre le dub, le jazz, le folk et le rock qui puisent dans les mêmes sonorités chaleureuses, les mêmes rythmes ensoleillés qui ponctuaient leurs précédents ouvrages. la joyeuse petite troupe fait comme toujours des merveilles, burns fin songwriter et belle voix, convertino aux rythmiques imparables, paul niehaus en dieu du lapsteel... et les morceaux se succèdent nous menant vers des horizons inexplorés. les pépites s’accumulent : le fragile "quattro" sur lequel la voix de burns se fond dans la musique, le magnifique "black heart" aux arrangements classieux qui joue sur le même registre que le "good woman" de cat power, le semi-acoustique "not even stevie nicks", un "woven birds" aux accents soul et à l’ambiance éthérée. puis calexico nous offre la bande son d’un film de science fiction mexicain aux effets cheap mais à l’allure élégante ("attack el robot ! attack !"), avant de nous plonger dans un folklore rénové inédit de "dub latina" à "no doze".

mûri

un retour de calexico au sommet, feast of wire a cette passion contagieuse, cette envie de jouer et de s’abandonner à la musique qui se communique dès les premières notes. difficile de résister à un ouvrage aussi mûri et réfléchi. à chaque nouvel album, calexico étend le chemin déjà tracé, sans se répéter et je l’espère en attirant toujours plus de monde vers son doux univers.

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publié par le 20/03/03