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publié par Mickaël Adamadorassy le 28/07/20
Artemis Fowl - Kenneth Branagh
Kenneth Branagh

Les blockbusters d’été vous manquent ? Vous rêvez de vous échapper quelques heures dans un univers fantastique avec un gros budget d’effets spéciaux qui en mettent plein les mirettes ? Sur le papier, Artemis Fowl vous promet tout ça, voyons ce qu’il en est dans les faits (les fées ?)

Artemis Fowl Jr est un ado riche, beau, sportif, très intelligent, plein de répartie, poète à ses heures, entraîné commando s’il le faut. Sa vie bascule quand son père, Artemis Fowl (senior), est kidnappé par un méchant à la voix rauque, dont les traits sont cachés dans les ténèbres de sa capuche. Junior découvre alors que son paternel lui cachait des choses, en particulier que les fées existent et qu’à cause de la guerre perdue contre les humains, elles sont condamnées à vivre sous terre (car notre planète est creuse en fait). Ce monde féérique ce n’est pas celui de Hellboy mais plutôt le Wakanda de Black Panther, un havre caché dont la technologie dépasse largement celle des humains.

Il est vite question d’un objet très puissant qui pourrait détruire le monde, de méchants qui ont l’air gentil et qui finalement sont gentils, d’un méchant évident camouflé parmi les gentils qui finit évidemment par faire des trucs de méchant. D’une guerre entre fées et humains basée sur la méconnaissance de l’autre. D’une jolie fée capturée par le héros qui finit par rejoindre son camp. Il y a un allié drôle et un peu dégoûtant, des alliées fidèles qui meurent mais en fait non.

Waouh... je m’ennuie moi-même presque autant à vous raconter ça que je me suis ennuyé à regarder Artemis Fowl. L’univers est sympathique quoi que peu creusé par rapport à Hellboy qu’on citait plus haut. Le scénario est rempli de poncifs et d’emprunts mais il n’y a pas que ça : les personnages, à commencer par le héros, ne donnent aucune envie qu’on s’intéresse à eux, ils sont lisses, insipides, à part le "nain géant" tunnelier qui pète pour évacuer la terre qu’il avale (l’humour pipi caca généralement ça fonctionne toujours bien). Si le rythme du film n’est pas mauvais, on arrive à la fin en ayant l’impression d’avoir vu le pilote d’une série qui pose une suite qui ne devrait pas arriver vu la qualité de celui-ci

Artemis Fowl est l’adaptation cinématographique par Kenneth Branagh d’une série de livres pour adolescents à succès. Les droits ont été achetés rapidement mais il aura des années pour que le script prenne forme et qu’on passe à la production, chez Disney. Le film aurait du sortir au cinéma mais est finalement diffusé via la plateforme de streaming Disney+. Officiellement c’est la faute au covid, mais après avoir vu le film, on pense plutôt que le studio a réalisé qu’il tenait entre les mains un bon gros flop et qu’il a préféré limiter la casse en ne le diffusant pas au cinéma.

On se dit qu’ils auraient mieux fait de ne pas le diffuser du tout. Artemis Fowl n’est pas mauvais au point d’inspirer de la haine, il génère plutôt de l’ennui, l’impression d’une jolie coquille presque vide et c’est certainement pire.

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publié par le 28/07/20