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publié par terant le 30/11/01
a camp
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a camp

pop acidulée

il y a beaucoup de préjugés autour de nina persson et de son groupe cardigans. formé au début des années 90, le groupe suédois se fait remarquer à petite échelle pour sa pop acidulée et surtout la voix de nina douce comme du velours. en 1996, personne n’échappe au titre "lovefool", placé sur la bande son de romeo + juliet, le film qui popularise leonardo di caprio et le réalisateur baz luhrmann (moulin rouge). le groupe signé sur une major américaine publie alors un troisième album first band on the moon sympathique et amusé, à mi chemin entre la dérision et une pop classique. le succès colossal de cet album aux états unis annonce les lendemains qui déchantent. gran turismo en 1998 n’est certainement pas un album recommandable. quelques titres sont d’assez bonne facture, mais le groupe a effacé l’aspect amusé pour celui du groupe mainstream et toutes les contraintes que cela impose.

tir rectifié

on a donc tendance à associer un peu vite le groupe à cette petite erreur de parcours... mais nina rectifie le tir en apparaissant sur it’s a wonderful life, le superbe dernier album de sparklehorse. avec ce nouveau projet baptisé a camp et enregistré par sparklehorse (mark linkous, aidé de l’acolyte scott minor), la suédoise livre un très bon album qui brasse différents genres de manière surprenante. en 2000 au hasard de la b.o. d’un très bon film, boys don’t cry avec l’oscarisée hilary swank et chlöe sevigny, le titre "bluest eyes in texas" offrait la primeur de l’artiste en solo aux côtés de nathan larson, le temps d’une reprise. une pop calme, lente, un peu à l’image de cette ouverture, "frequent flyer" et ses choeurs radioheadesques en arrière-plan (un coup à mark linkous c’est sûr). on ravale alors notre scepticisme devant cette pure beauté. la voix de persson nous transcende et la structure toute simple de la chanson contribue d’autant plus à sublimer cet instant. "i can buy you", premier single aux fausses allures de country, met une fois de plus en exergue les talents vocaux de la miss.

poussée sonore

puis la progression dans l’album nous piège, les morceaux deviennent plus structurés, denses et captivants. la pop dépouillée cède sa place à une approche plus expérimentale : parfois à la limite du baroque ("such a bad comedown") évoquant alors clem snide ou mercury rev (jonathan donahue fait d’ailleurs un petit passage) ou alors la musique se colle aux ambiances de it’s a wonderful life. "walking the cow", reprise de daniel johnston (le mentor de linkous) aurait d’ailleurs trouvé sa place parmi les titres du distorted ghost, l’excellent ep de sparklehorse. on se pâme aussi devant les cuivres torturés de "hard as a stone" qu’on jurerait sortis du electro-shock blues de eels, les bizarres instruments et les délicieux sons de "algebra" qui biaisent le parfum beatles de l’introduction ou (et surtout) l’impressionnant travail sonore au service d’une belle mélodie sur "the same old song" qui s’enchaîne sur "the oddness of the lord", point culminant de la poussée sonore. en un album la suédoise évoque tour à tour nos préférés (beck, elliott smith, eels, rufus wainwright) et pourtant sa jolie pop californienne soutient admirablement la comparaison.

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publié par le 30/11/01
Informations

Sortie : 2001
Label : polydor / Island Records

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