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publié par vinciane le 05/02/08
the delano orchestra
- a little girl, a little boy and the snails, they have drawn

on ignore quelle bonne fée s’est penchée sur clermont-ferrand, mais une chose est sûre, de sa baguette ont éclos des talents de folk, de délicatesse et de poésie. on pense en premier lieu au doux duo de cocoon, et puis on découvre le combo de delano.

delano de la nuit

a little girl, a little boy and the snails they have drawn, un titre d’album qui s’étire en de longues plages. un disque dense et sombre, où les lignes de chant glissent, insaisissables par autant de profondeurs sourdes et diffuses que les algues bercées par des rayons de lune. un enchevêtrement de guitares comme d’imperceptibles flux et reflux (“kill me twice”), un piano, un banjo comme des clapotis (“i miss a bird”, “a little girl...”), une montée lente de rythmique et de cuivres annonçant la levée du jour (“between day and night”, oui, quoi qu’en dise le titre c’est l’inverse que l’on perçoit), ... les delano installent la nuit et ses prestiges, en retrait des tourments citadins. une lagune brumeuse et paisible, nimbée de lueurs nocturnes.

il l’a écrit mieux que nous

IX- Ondine

Je croyais entendre Une vague harmonie enchanter mon sommeil, Et près de moi s’épandre un murmure pareil Aux chants entrecoupés d’une voix triste et tendre.

CH. BRUGNOT. - Les deux Génies.

« Écoute ! - Écoute ! - C’est moi, c’est Ondine qui frôle de ces gouttes d’eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

« Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l’air.

« Écoute ! - Écoute ! - Mon père bat l’eau coassante d’une branche d’aulne verte, et mes soeurs caressent de leurs bras d’écume les fraîches îles d’herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne. »

* * *

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt, pour être l’époux d’une Ondine, et de visiter avec elle son palais, pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j’aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s’évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

(aloysius bertrand - gaspard de la nuit, la nuit et ses prestiges)

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publié par vinciane le 05/02/08
Derniers commentaires
abds69 - le 16/02/08 à 13:12
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Continuez à nous donner de la douceur harmonique Made In France !! Beau groupe et peut-être encore meilleur sur leur album...