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publié par Mickaël Adamadorassy le 08/09/14
St.Vincent
- Rock en Seine, 2014 — Domaine national de Saint-Cloud, Saint-Cloud

Drôle de choix de mettre St. Vincent à 23h30 en tout dernier concert de ce deuxième jour de Rock en Seine 2014, après une dure journée de festival, il fallait mériter Annie Clark mais autant vous dire que pour nous c’était le concert du jour à ne pas manquer, même devant Portishead. Il faut dire que par un manque de chance assez incroyable on a réussi à louper tous ses concerts parisiens et on attendait donc avec impatience cette nouvelle chance de voir St. Vincent en concert.

Et l’américaine s’est montrée à la hauteur de nos espérances, elle était même bien au delà : minuit est en fait une heure qui sied bien à St Vincent qui en live est en fait un groupe complet. Avec Matt Johnson (Rufus Wainwright, Elysian Fields, les Stones le frérôt et la soeurette, pas les vieillards qui vous rackettent tous les deux ou trois ans ) à la batterie, Daniel Mintseris et Toko Yasuda aux claviers et à la guitare, cette dernière se transformant aussi parfois en doppelganger d’Annie quand elles se lancent dans une sorte de chorégraphie mimant des robots qui dansent en glissant sur une chaîne de montage... aussi dur à décrire et tout à fait tordu et excitant comme du St. Vincent.

Mais je ne veux pas passer trop vite sur Daniel Mintseris, caché en fond de scène derrière son chapeau, son clavier et son portable. Ce musicien qu’Annie est allé chercher pour en faire le cerveau de l’opération, celui qui pense à la fois technique et musique et qui fait que le show de ce soir se joue en live et retranscrit néanmoins toutes les subtilités, toutes les sonorités qu’on aime sur le disque.

Et si ça n’était que ça ça serait déjà très bien... mais au delà de la musique, de son originalité qui sont très bien retranscrites par cette formation live, il y a aussi un personnage qui donne beaucoup plus que la musique, du début jusqu’à la fin, Annie Clarke est une bête de scène, elle a ce côté déjanté et inventif à la guitare qui fait peut être d’elle le seul personnage de la trempe d’un Hendrix depuis.. hum... Hendrix ? pas pour le nombre de notes à la seconde, pas parce qu’elle sonne comme mais justement parce qu’au contraire elle est à peu prêt la seule à faire ce qu’elle fait et à emmener ailleurs un instrument complètement ancré dans le passé pour bon nombre de ses pratiquants. (La meilleure preuve en est que Fender comme Gibson ne vendent en majorité que des rééditions de modèles des années 60).

Et puis il y a la danse-robot dont on vous parlait tout à l’heure qui est un gimmick récurrent, le moment où elle mime l’épuisement jusqu’à s’évanouir (pour de faux) au pied de la petite estrade où elle jouait. Un long passage descendue de scène à venir se frotter au public, à l’envers, à l’endroit, plein de sourires envoyés au public, des gestes et des postures grandiloquents , des moments de rock’n’roll à deux guitares quand Toko quitte les claviers pour apporter la deuxième guitare.

Et ça ne s’arrête jamais... malgré une musique qui n’a rien de simple à reproduire en live, Annie est presque toujours en interaction avec le public, son groupe assure et au coeur de la nuit, avec un parterre de connaisseurs qui acclament religieusement et ne racontent pas leur vie pendant les chansons, on vit avec St.Vincent une heure de bonheur musical dans une petite bulle.

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