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publié par Mélanie Fazi le 26/02/11
PJ Harvey
- Olympia, Paris

Intuition

Avouons-le : nous avons failli publier hier un compte-rendu quelque peu mitigé de la première date de PJ Harvey à l’Olympia, en concluant que la salle était décidément trop grande pour un set à l’ambiance essentiellement intimiste. Il faut dire que le contraste avec le concert donné dix jours plus tôt sur la petite scène de la Maroquinerie était frappant. Hier soir, le groupe nous avait paru noyé dans l’espace immense de la scène, et la set-list assez inégale en intensité. Cependant, notre intuition infaillible, associée à une longue expérience des concerts de PJ Harvey, nous soufflait qu’il valait mieux attendre le deuxième soir pour nous faire un avis. On garde en mémoire une double Cigale de décembre 1998, sur la tournée Is this desire, qui avait commencé par un concert efficace mais sans plus, auquel avait succédé le lendemain l’une des soirées les plus belles et les plus intenses que l’on ait jamais passées dans une salle de concert. Tout simplement.

Ajustement

L’expérience devait nous donner raison. Une fois passé le temps d’ajustement nécessaire par rapport au souvenir de la Maroquinerie, on s’habitue à la disposition inhabituelle du groupe et des instruments : Mick Harvey, Jean-Marc Butty et John Parish en arc de cercle sur la droite, Polly Harvey totalement isolée sur la gauche. Au cours des concerts, le va-et-vient constant du regard auquel nous oblige cette mise en scène donne l’impression de voir les musiciens interpréter un film dont elle serait la narratrice. Dispositif parfaitement adapté à la matière de l’album Let England shake, à ses histoires tragiques de guerre et de mort, et à l’émotion qui naît d’un rapport plus distancié qu’autrefois entre voix et musique. Le premier soir, le set nous avait paru un peu froid. Il y avait d’excellents moments : “The glorious land” toujours somptueux, le magnifique inédit “The big guns call me back again”, ou encore “Silence” qui nous avait quasiment tiré des larmes au moment du rappel. Mais sur d’autres morceaux, la sauce prenait moins. Notamment sur “The river” qu’on retrouvait avec plaisir et nostalgie, mais où les arrangements ne nous avaient pas vraiment convaincus.

Narratrice

Le deuxième soir nous laissera le souvenir d’un concert d’intensité nettement plus égale, et où les moments forts étaient peut-être moins marqués. Certaines chansons pourtant entendues la veille ou la semaine précédente nous auront pris par surprise. “The sky lit up” dans une version puissante qui aura ravivé pas mal de souvenirs – bientôt treize ans déjà qu’on a découvert ce titre en concert. “Big exit” que l’on n’apprécie pourtant pas spécialement sur disque, mais qui devenait ici une pure machine de scène. L’espace d’un instant, quelque chose de très curieux s’est produit. Là où les anciens morceaux, sur les deux dates précédentes, nous avaient parfois semblé un peu forcés en comparaison du nouveau répertoire, on avait soudain l’impression que le groupe retrouvait réellement l’énergie propre à ce morceau. Et que Polly Harvey, sous nos yeux, se métamorphosait. L’instant d’avant, elle était la narratrice des chansons plus complexes de Let England shake, le témoin de tous ces récits de champs de bataille. D’un seul coup, on la voyait retrouver une personnalité que l’on se rappelait de concerts plus anciens, avec un rapport plus brut et plus « rentre-dedans » à la musique. La transition était subtile et parfaitement naturelle. Ce n’était pas réellement pour ce répertoire-là qu’on venait à l’Olympia ce soir. Mais bien qu’on ait pu regretter l’ambiance plus intimiste et feutrée de la Maroquinerie, il y a toujours quelque chose de parfaitement jubilatoire à se trouver au milieu d’une foule surexcitée qui hurle les paroles de “Meet ze monsta”.

Halo

Porté par l’énergie qui faisait légèrement défaut au concert du premier soir, on savoure chaque instant, parfois ému aux larmes, parfois électrisé par l’énergie des chansons, et on grappille des moments précieux. La grâce toujours impressionnante du jeu de batterie de Jean-Marc Butty ; la mise en scène des chœurs masculins, lorsque les musiciens placés face à face se répondent en écho ; cet instant où John Parish assis sur un banc de bois et courbé sur sa guitare se retrouve nimbé d’un halo de lumière quasi religieux. On savoure également une interaction plus grande entre Polly Harvey et le public, mais aussi entre les musiciens lors de ces plantages qui font parfois tout le sel des concerts et qui semblent beaucoup les amuser. “Angelene” interrompu au bout d’un couplet pour accorder une guitare, “Silence” avorté lors des premières notes – « Une bonne chose que ce soit la dernière chanson », ironise une PJ Harvey hilare. Le concert semble moins carré que la veille, mais la musique prend nettement mieux possession de l’espace. Les morceaux tirés de trois albums auxquels on a noué un lien très fort (To bring you my love, Is this desire et White chalk) nous rappellent le chemin parcouru avec cette musique, avec ce groupe, et les souvenirs personnels qu’on peut y rattacher. Voir réunis sur la même scène PJ Harvey, John Parish, Jean-Marc Butty et Mick Harvey, c’est toujours un immense plaisir. Comme de vieux amis qu’on recroise de temps à autre et avec lesquels on a partagé de beaux moments. C’est un des miracles de la musique en live, finalement, d’arriver à susciter cette impression. À en juger par les applaudissements prolongés qui ont salué la présentation de chacun des musiciens, nous n’étions pas les seuls à l’éprouver.

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publié par Mélanie Fazi le 26/02/11
Derniers commentaires
fred57 - le 26/02/11 à 22:04
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concert du 24 .vraiment pas terrible.j’ai perdu mon temp .la qualité d’autrefois n’existé pas.pj arréte de nous prendre pour des con.a bonne entendeur salllut