Philippe Glemée n'est pas n'importe qui. Rescapé d'une époque où Paris menait la belle vie, celle du strass et des paillettes, sur fond de New Wave (Talking Heads, Roxy Music.) et d'électro débutante (Kraftwerk), autour des dandys punks : Yves Adrien, daniel darc (Taxi Girl avec Mirwais), Claude Arto, Patrick Eudeline ou Fred Chichin avec qui il forma son premier groupe (Fassbinder) avant que Fred ne rencontre Catherine Ringer et démarre l'aventure Mitsouko. Celui que l'on appelle le troisième Rita fera son album en 81 (Happening, sous étiquette Jean Néplin & Individual State) puis disparaîtra de la circulation. En 99 il effectue un come-back d'abord scénique, qui aboutira à la sortie, à l'automne dernier, d'un nouvel album : Le Paradis Bleu des Cours Couronnés. Nous avons eu le privilège de le rencontrer un après-midi de novembre 2001. Si le sujet est aussi intéressant, c'est peut-être qu'il n'est toujours pas blasé, et qu'il a conservé sincérité et naïveté dans ce qu'il est, dans ce qu'il fait. Aujourd'hui il se retrouve roi d'une terre à sauver, à la tête d'une bande d'anges heureux, qui nous attendrons patiemment sur le boulevard de Rochechouart tandis que nous devisons joyeusement autour d'une bière.
Ça remonte aussi loin que Dick Rivers cette histoire [rires]. jean néplin comme j'ai plein de personnalités, pas qu'une seule. A la base j'étais dans un trip plus imitateur, et quand j'ai commencé à travailler la musique, je ne voulais pas être enfermé dans un style, une catégorie.
Je n'avais pas de maison. A un moment, j'en étais arrivé à dormir au Gibus, parfois dans la rue. Ça a duré une dizaine d'années, de galère, pour m'en remettre. Mais bon, de là à en parler. De toutes façons en France, tu ne peux pas dire le mot drogue sans qu'il y ait censure, quelque soit le support. On appelle ça le pays de la liberté, mais on n'est pas libre. On t'inflige des modes de pensée pour penser comme les autres. On ne fait rien que de perpétuer la connerie. Tant qu'on ne dira pas la vérité aux gens, on leur mentira. C'est pour ça, quand je dis "au-dessus de la royauté je te connais, je te connais.", je sais à qui je parle...
C'est une grosse farce ça, parce que c'est parti du seul morceau de batterie que je connaisse. C'est la reprise de Sergent Pepper, les premières mesures de batterie de Ringo Starr, lors d'un concert. C'est pour ça que l'on entend la foule derrière. En fait la base du Jour Commence, c'est une mesure.
Je me suis dit : quelles sont les plus belles batteries ? Alors j'ai pensé à Ringo [rires]. Il faut dire qu'à cette époque-là, en Angleterre, on a permis de faire ce qu'on ne permettrait pas aujourd'hui, en France : déployer de tels moyens, des quartiers entiers bloqués pour le passage des Beatles, des choses comme louer un cinéma pour aller voir un film. du gros business, vraiment. La terre entière s'est retournée sur leur passage, on se demande pourquoi d'ailleurs. Il y a des questions auxquelles je ne saurais répondre.
La moitié des textes sont travaillés sur l'album. Le Vampire et l'Androïde, Je ne te Connais Pas, T'inquiète Pas, It's Allrite. tout cela est improvisé. On avait tout préparé, et puis d'un seul coup ça ne me plaisait plus, le texte n'était pas assez bien, je reprenais tout à zéro. On passait vingt minutes avec Marco, les yeux dans les yeux, on aurait dit deux souris qui se regardaient [quinte de rires]. quelle connerie !
On était entre nous [production Rita], avec Marc Anciaux, Catherine Ringer, avec Jacno et Yan. Avec Eric André aussi, qui est venu faire Je Te Connais, dont il est le compositeur. Ce qui est à peu près l'éventail des gens que je connais. On s'est marré. J'avais des comptes à régler avec la société, j'ai dit attends, tu vas voir ! Ça commence petitement, et puis à la fin, tu vas voir, vieille salope ! Mais c'est aussi : Vous n'êtes pas ce que vous croyez. Vous êtes complètement excentriques, tout comme moi. Tout le monde est complètement excentrique chez lui, mais déteste l'être à l'extérieur. Je ne sais pas pourquoi, je n'ai jamais compris.
Les plus beaux concerts que j'ai vus de ma vie, c'était au début des années 70. Aujourd'hui les maisons de disques sont très frileuses, elles s'entêtent à multiplier les clones : des gens bien gentils qui vont à des concerts de choses bien gentilles. C'est rassurant financièrement de se dire qu'on sort tout le temps la même chose. Et musicalement aussi.
J'ai fait mon premier festival de Pop Music, qui a raté d'ailleurs, ça s'est terminé dans six centimètres de boue, j'avais onze ans. C'était là que devait passer les Rolling Stones, à Auvers s/Oise. Mon père ne voulait pas me laisser partir, j'ai dit : "je fous le camp, je ne vais pas rater les Stones !" J'ai connu le Rock très tôt, avec les premiers Hallyday de mon oncle. J'accrochais vraiment, j'avais dix ans. Maintenant j'en ai 44, je n'ai pas oublié tout ça. Mon oncle était un fou du Rock'n'Roll d'après guerre, de tout ce qui sortait plus ou moins Rhythm and Blues/Rock. Les Platters, moi j'ai nagé là-dedans quand j'étais gosse. Et puis après ce qui m'a attiré c'était les trucs de mon âge : Au Bonheur des Dames, Roxy Music, qui du reste est toujours ma référence. Fred et Catherine pareil. Tu l'entends sur Oui FM ? Jamais. Le meilleur de la musique, des trucs du passé, des trucs évidents, jamais, rien, que dalle. C'est une radio qui est appelée, tôt ou tard, à sombrer.
Ils ont eu ce qu'ils voulaient. Ils ont eu ntm, ils ont eu IAM, et puis après ? Gueuler pourquoi ? Pour une baguette de pain ? Pour un sandwich ? Et pendant ce temps-là vous avez des mecs comme moi qui crèvent et qu'on laisse crever. A part la petite Sacem que je vais toucher au mois de janvier, enfin on va bien voir. En tout cas je peux vous dire une chose, c'est que l'avenir de la musique n'est pas dans le Rap, ni dans le Rock. J'ai essayé d'accompagner du Rap c'est incommode. Rien ne s'adapte. Donc ça tourne en rond. Celui qui est sur l'album [La Prison] est le seul morceau qu'on ait réussi à caser. Ça change quand même de ce que tu peux entendre en ce moment sur un album de Rap. Le Rap est une musique morte.
La plus belle des causes pour la musique, c'est l'anarchie. C'est ce que j'ai fait pour moi. C'est dire : "je ne sais pas ce que je veux mais je vais y arriver". Quitte à avoir les cheveux verts. C'est ça qu'avaient compris les Pistols, et Mac Laren aussi. Moi ce que je voulais avec mon album, c'était prendre le contre-pied de tout ce que fait le Rock actuellement. Je reviens, oui, mais pas pour faire leur merde. C'est pour ça que j'aime bien Jil Caplan aussi. Elle est mariée à un rocker, et tu remarqueras qu'elle n'est plus là. Elle n'était pas heureuse et elle n'est pas restée.
Avec moi on peut vraiment parler d'authenticité, j'en ai vraiment bavé. Je ne suis pas revenu spécialement pour le pognon. Parce qu'avec ce que j'en avais bavé, j'aurais pu rester à la cantine le midi. fermer ma gueule. En fait l'asile psychiatrique c'était moi qui me l'étais créé dans ma tête, pour me réfugier. Parce que quelque part le monde me faisait chier. Ce ne sont pas les pilules, ce n'est pas tout ça. C'est ce qu'il y a de pire. Quand c'est la société qui te tue, comme diraient certains médecins que je connais bien, dont je tairais le nom parce que ce serait en dire beaucoup trop. Quelqu'un qui aime bien le Blues.
Kraftwerk ! J'ai été un des premiers à dire, quand Radio-Activity est sorti, ça va être un tube, ça va être mondial. Après j'ai rencontré Yves Adrien. Après j'ai travaillé sur Mathématique Moderne [monté par Clause Arto, également sur Celluloïd]. Jacno c'était sa grande époque. Rectangle venait de sortir. Elli Medeiros a commencé à se lancer. Bon elle chantait à moitié faux mais ça passait quand même, on n'était pas exigeant à l'époque [rires]. Il y avait Patrick Eudeline [aujourd'hui Rock & Folk et Nova Mag]. Il aurait tant aimé être une légende du Rock. Le pire c'est qu'il y est plus ou moins arrivé, mais malheureusement personne ne le prend au sérieux. Quand je l'ai vu pour une interview je ne l'ai même pas reconnu. [rires].
C'est le premier groupe qu'on ait fait, avec Fred. D'ailleurs à cette époque, on s'est fait "coédité" un morceau par Mirwais ! On travaillait dans le même lieu que lui. Un jour on se fait arrêter pour dope. On va direct en prison sans passer par la case départ, et pendant ce temps-là, Mirwais, qui bossait sur Taxi Girl, nous prend un titre chacun et les exploite sur son disque, avec leurs textes. Quand on est revenus, on a réclamé, et ont eu un deal avec Mirwais, qui m'a produit un 45 tours, édité chez Virgin, qui s'appelle L'Homme Dangereux, avec en face B The Watcher. En fait, ça a été enregistré en deux heures. [The Music passe à la radio]. Il paraît qu'il se baladait dans la rue en Stetson, avec des Santiags, quand il est revenu des Etats-Unis !. [rires]. Mirwais, c'est assez simple la façon dont il travaille : je vais mettre un peu de guitares genre Shadows, une miette de batterie à la Kinks, il est con ce mec ! [rires]. Mais Fred n'est pas mieux. Il prend un accord des Stones et un accord des Beatles ! [rires].
Je prenais beaucoup d'amphétamines. Claude Arto vous racontera qu'à l'époque, pour Happening [81], je dormais carrément dans les fauteuils du studio. Voire carrément devant la porte. Le lendemain quand il arrivait il y avait des canettes de bières partout. Parfois je restais six jours sans dormir, je me réveillais une semaine plus tard sans savoir ce qui s'était passé. Un jour le grand Titi avait volé un micro à 5000 balles, personne voulait se dénoncer, tout le monde se rejetait la faute ! [rires].
Je me souviens que j'ai cassé un transat chez J.-F. Bizot [Underground, l'histoire chez Denoël], un soir où j'étais un peu saoul ! [rires]. C'est la fameuse soirée où j'ai repris un truc des Sex Pistols, et j'ai dû tomber par terre après. [rires]. Alors, je m'excuse pour le transat, mais dès que je peux, je le rembourse ! Quoiqu'il était un peu craqué, il n'était pas neuf. Je te le paierai d'occasion ! [en se penchant vers le micro].
Bah. qu'est-ce que tu veux. Un soir par télépathie quelqu'un est venu me parler. Ma tête me parle. Je reste neuf heures comme ça à écouter une discussion, une dame qui m'explique l'histoire de la terre du début à la fin. Je lui pose des questions de temps en temps, mais je n'ose pas trop, c'est une très vieille dame. Ça a duré neuf heures, jusqu'à ce qu'elle m'annonce que d'autres planètes voulaient détruire la terre, parce qu'elles estiment qu'elle a été trop massacrée, que ce n'est plus la peine d'y vivre. Que ce qui s'y passe est honteux. Vraiment, on est traités de misérables par les cieux ! Allez-vous en, on va vous tuer par toutes les manières. et ça n'arrête pas depuis un an et demi.
Il n'y en a plus aucun. Le seul espoir, c'est de croire que cette vieille femme va faire quelque chose. Moyennant quoi, elle le dit elle-même, elle n'est que la représentation des autres, qui eux veulent détruire la planète. Il n'y a qu'elle qui s'interpose. Et elle m'a nommé Roi de la terre, vous voyez un peu le problème ? Le Paradis Bleu des Coeurs Couronnés. C'est moi qui doit couronner les gens qui restent, qui vont sauver le monde. Ce qui est très attendrissant, c'est que ce soir-là j'étais devant ma fenêtre à regarder les étoiles, et je me suis mis à genoux automatiquement. Et j'ai senti une épée se poser sur moi, sur mon côté gauche et mon côté droit. Je n'avais rien pris. Après cela il y a eu des ouragans, des bagarres. C'est la bagarre entre eux là-haut, c'est la bagarre entre nous, partout.
Non, c'est la noblesse renversée. Si les rois de cour ne sont plus les rois de titre, tu comprends que les autres sont emmerdés. Ils le savent eux que les autres sont rois et qu'ils ne le veulent pas, qu'ils mentent sur leur position, mais ils ferment leur gueule. Ça ne les intéresse pas un plouc avec une couronne à l'envers. Ça m'a fait rire, en fin de compte, cette pochette, avec un mec qui se promène, un sourire intelligent à l'intérieur, et puis une couronne à l'envers, tiens ! [rires]. Vous êtes applaudi par Ra, le dieu du soleil. Good Day Sunshine.
Pour l'instant on en a vendu 3000. Ce qui est étonnant c'est que ça se vend beaucoup plus en province. Pour la simple et bonne raison qu'il doit avoir dix passages par jour en province, dans différentes radios, et rien à Paris et en région parisienne. Un peu Nova, mais Oui FM rien. Alors qu'ils font bien pire que moi, que ce soit au niveau des animateurs ou de la musique.
Le n'importe quoi, l'impro, le partage en live. C'est l'école que j'ai faite avec Fred. Il est passé à l'école avec moi aussi, il ne faut pas croire. Moi j'arrivais avec des idées. Je lui expliquais qu'un riff c'était pas ça. Huit mois pour comprendre ça, Fredo, très fort ! [rires].
Putain les feuilles ! [rires]. L'embrouille !. Et Catherine nous disait que les gens dans la salle avait trouvé cela excellent, le coup des feuilles. Les gens sont venus nous voir après en nous disant que c'était une bonne idée, qu'ils étaient sûrs qu'il n'y avait même pas les textes dessus. Mais je ne m'en suis pas servi. Bon maintenant j'ai un peu la cervelle comme du gruyère. Daniel Darc [l'autre Taxi Girl] ? Moi ce que je trouve le plus regrettable, c'est que Mirwais ait laissé tomber Daniel. Bon Daniel était. peut-être pire que moi, parce que moi je prenais des comprimés, mais lui il se shootait. mais à un moment il était quasiment détruit. Je sais qu'il était au concert. [la première fois qu'on l'a vu dans un concert, il était assis sur le bord de la scène, la tête sur les retours, et prenait des notes sur les jeux de pédale du guitariste et la façon dont il posait ses accords]. Il a toujours été charmant Daniel. Mirwais a toujours été . Ce qui doit bien fait rire Daniel, c'est quand je prends mon masque du diable. Il doit bien rire. Et ce soir-là quand je suis revenu avec les Fleshtones, personne n'a compris non plus. Je ne sais pas jouer des claviers, c'est ça qui est étonnant [rires].
Il y a eu cette soirée, à la Tour du Maine tout en haut, avec les mannequins. C'était Yves Adrien qui recevait ce soir-là, et j'y étais.
Je peux dire une grosse bêtise. Je veux simplement dire que Brian Ferry a fait la plus grosse bêtise de sa vie lorsqu'il a viré Brian Eno parce qu'il lui volait la vedette. [rires].
Ah mais Bortek [Jad Wio], il pleure dans mes bras, il est paumé. C'est quelqu'un d'adorable, de très sensible. Mais il y a eu une grosse embrouille, avec le guitariste, au sujet du nom Jad Wio. Ils l'ont emmerdé. Mais il devrait être sur scène avec nous. On va sûrement faire Fleur de Métal, avec lui. Il y aura Miossec aussi.
Ils seront peut-être à Londres au moment du concert, sur le mixage de leur nouvel album. Ils reviennent bien. Il a joué sur mon album, aussi. Fred n'aime pas être emmerdé, il aime bien les gens qui comprennent vite. On ne sera jamais les Rita nous ! Au tout début, avec Catherine et Fred, on s'était dit : tous les autres vont par là, nous on va prendre une route carrément différente ! [rires]. Et c'est ce qu'on à appliqué, chacun de notre côté.
Voici le morceau qu'arno a écrit pour moi : "Toi si tu étais le bon dieu/tu irais animer les bals pour les gueux ! [rires]. Mais toi tu n'es pas le bon dieu/toi tu es beaucoup mieux !" Alors ça je peux lui dire, mon cher arno, je n'ai pas oublié. Attends que je te renvoie l'ascenseur. Il est adorable. Il sait quand je vais bien, quand je vais mal. Lui aussi il est souvent en décalage par rapport à la réalité.
Je n'en pense vraiment rien. Ce n'est pas du Rock'n'Roll. C'est de l'imitation, du simili, du formica. On se demande s'ils ont vraiment envie de faire ce qu'ils font. Même si tu me dis que leur parcours est plutôt intéressant : presse, pub, ils n'ont rien fait. Non, le vrai génie dans tout ça, notre père à tous, c'est Léo Ferré.
Le premier clip des Daft est très rigolo, avec le chien. C'est celui-là qui les a lancés. Mais le clip avec les robots, moi je me vois très bien chanter devant, et eux faire leur truc derrière. Ça serait quelque chose.
C'est lui qui a pris les photos, on s'est vraiment bien marré. Je crois qu'au final il y en avait plus de 600, et la presque totalité sont bonnes. C'est pour ça que je ne comprends pas bien pourquoi la pochette de l'album est si terne.
Il a souvent des rôles de petit dégueulasse dans les films. Il est adorable, il m'a écrit un petit mot pour dire qu'il a aimé l'album. Sinon au niveau du cinéma, je veux rappeler ici que j'ai écrit pratiquement un album entier de chansons pour Isabelle Adjani. Ils cherchaient un parolier, soi-disant. Ils les ont reçues et ils ne les ont jamais rendues. Il s'en foutent. Ils auraient au moins pu nous rappeler pour nous dire.
Je commence à écrire des scénarios. Courts. J'en ai un qui commence sur une casse de voiture. C'est un homme qui trouve un ange dans une casse de voiture. Il ne veut pas le livrer à la police. et il est toujours confronté au problème de lui couper les ailes ou non.
Je pense qu'on n'est jamais allé voir ce qu'il y a là-haut, et qu'il n'y a rien à voir. J'ai du mal à imaginer qu'ils aient pu y aller, quand on voit le mal qu'ils ont à faire décoller leurs navettes. Et pourquoi n'y seraient-ils pas retournés depuis ?
Ce qui compte, c'est que là on vient de passer un bon moment anarchiste... [rire, puis il reprend Stand By Me, hardcore.]. Cet après-midi, vous vous êtes fait un pote ! Je peux reprendre quelque chose ?