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publié par terant le 12/04/04
Iron & Wine
- our endless numbered days
our endless numbered days

miami

curieusement je n’avais pas accroché à creek dank the cradle. à sa parution en 2002, nombreux furent les amis à m’orienter vers le premier album de samuel beam, signé sur sub pop. mais le national skyscraper park de hayden, dans la même veine et avec la même sensibilité, avait éclipsé les 12 joyaux redécouverts tardivement, peu après le succulent the sea & the rhythm ep, suite logique. samuel beam avait enregistré ses premières compositions sur cassettes chez lui, à miami, avec un petit 4 pistes. peut-être avais-je trouvé l’ensemble trop grossier, pas assez soigné. peu importe... iron and wine revient ce mois-ci avec un deuxième album, our endless numbered days soit de nouveau 12 morceaux pour une quarantaine de minutes. un ensemble très fort de par ses ingrédients magnifiques : la voix ensorcellante de beam, les lignes de guitares claires qui se superposent sur une sèche rythmique au son naturel troublant, un tempo apaisé et apaisant. une musique atypique qui puise dans le rock, le blues et le folk à la manière d’un will oldham, d’un hayden ou d’un kurt wagner. et comme les précités, samuel beam trouble au plus haut point sans avoir recours au moindre artifice.

vibrations

l’enregistrement en studio a permis d’épurer des compositions du même acabit que sur ses précédents ouvrages. la pureté du son n’ôte aucunement le charme d’iron and wine, elle permet au contraire de mieux percevoir la fragilité qui imprègne ces morceaux. une perception qui émeut comme sur "radio war" par exemple, où le chant haut placé dissimule à peine une corde effleurée. la prise de son est exemplaire et permet à our endless numbered days de toucher profondémment. sur "fever dream", on perçoit les vibrations des cordes enregistrées jusqu’à ce qu’elles meurent. c’est l’oeuvre de brian deck, remarqué chez califone pour cette même manière de procéder. et l’ensemble se conjugue de la même manière en une alternance de douceur mélancolique, d’un calme intimiste et d’harmonies sonores (entre les différents instruments, mais aussi entre la voix de samuel et de sa soeur sara qui font des merveilles sur "sunset soon forgotten", "cinders and smoke" ou la perle "free until they cut me down".

audible

les éléments se mettent en place avec une clarté renversante. la magnifique ouverture "on your wings" voit ainsi de jolies phrasés au bottleneck se fondre dans quelques notes étouffées donnant le tempo tandis que la voix suave de samuel beam se pose pour délivrer de belles paroles. le morceau se déploie, une batterie à peine audible renforce le rythme, les lignes de guitare se multiplient dans un séduisant tout harmonieux et mélodique. la rencontre de l’harmonie et de la mélodie est d’ailleurs la quintessence d’iron and wine. ces deux éléments permettent à samuel beam de promener l’auditeur avec une facilité déconcertante malgré les structures différentes des morceaux. et à partir de ces deux éléments, samuel beam peut ériger son ensemble complexe, enchevêtrement de multiples éléments qu’il a baptisé our endless numbered days. au sortir de l’écoute, il ne reste qu’à remercier iron and wine pour ce parcours cohérent, cette magnifique ballade aux racines profondément américaines qui ferait presque oublier l’image du paradis pour retraités nantis que dégage la floride.

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publié par le 12/04/04
Informations

Sortie : 2004
Label : sub pop