Presque deux ans que nous ne les avions plus vus sur scène, plus de deux ans que nous attendions la sortie d'un nouvel abum de titres inédits, deux années durant lesquelles beaucoup de choses se sont passées pour Michel Cloup et son groupe. En ce début d'année 2008 très intense pour (E.x.p)erience, entre la mise en ligne le 01/02 de la vidéo du premier single extrait d'un quatrième album prévu pour le printemps prochain et en pleine préparation de leur retour sur scène le 08/02/08 dans le cadre du festival des inaperçus, Michel Cloup a eu la gentillesse de satisfaire la grande curiosité qui nous anime sur Le Cargo en jouant le jeu des questions-réponses pour notre plus grand plaisir.
Michel : Pour être honnête, non ! Disons que dans un premier temps, il a d'abord fallu se faire à cette idée, puis trouver un moyen de se retourner. Nous nous sommes dit qu'il fallait essayer à trois et voir ce que cela donnait. Nous étions arrivés à un moment charnière où il fallait malgré tout un changement, une remise en question pour ne pas avoir l'impression de se répéter, avec ou sans Widy. Sur la fin, avec lui, nous étions dans une certaine routine, certes agréable, mais il fallait de toute manière tout casser. Et son départ a quelque peu précipité cette mutation : nous n'avions plus le choix. Ce qui nous a sauvé, c'est qu'il y avait de notre côté une forte envie. Ça s'est donc passé très facilement. Et comme ça marchait bien à trois, on a foncé.
Michel : Ce passage à trois a d'abord resséré nos liens, et par la même occasion notre son. Il n'y a pas non plus un monde entre EXP à 4 ou à 3, c'est un peu différent certes, mais pas non plus à l'opposé. Je ne crois pas que le nouvel album soit particulièrement plus pugnace, je pense surtout que l'album de reprises (karaoke) nous a un peu plus décomplexés. Le nouvel album est très dense, assez varié, et plutôt long. Il y a encore plus de liberté que par le passé quant aux formats. Et dans l'ensemble, ça fait toujours du bruit à fort volume.
Michel : Oui, il y avait deux titres sur scène en 2006, j'avais de mon côté quelques textes et quelques embryons de morceaux, et l'inspiration a été au rendez-vous quand nous nous sommes retrouvés à 3 en Septembre 2006. En 3 mois, nous avions maquetté les ¾ du disque.
Michel : J'ai commencé ce projet un peu par hasard, pour m'amuser, et j'ai continué. Cet album s'est fait en deux ans, dans des trous, quand j'avais le temps. Rien d'autre qu'un jeu. J'adorais ce genre de films gamin, j'en regarde toujours, une sorte de « madeleine », plutôt sanglante.
Michel : Je suis ok pour faire plus de concerts : envoyez vos propositions ! Le projet est juste en stand-by, je n'ai pas encore splitté.
Michel : A vrai dire, je pensais que ça irait plus vite, mais la vie est pleine de surprises. Nous avons la chance d'avoir un label qui était assez fou pour vouloir nous envoyer dans un vrai studio, et éventuellement à l'étranger. Nous avons contacté plusieurs personnes, ça a pris du temps car les plannings sont bookés sur 6 à 8 mois, nous avons finalement opté pour Greg Norman à Electrical, avec le recul, nous sommes très contents de ce choix.
Michel : L'approche c'est : « Do it yourself ». Greg (comme Albini) n'est pas un producteur qui te prend la guitare des mains pour rejouer tes parties parce qu'il pense pouvoir mieux faire. C'est un ingénieur du son. Bien au contraire, nous savions que beaucoup de choses allaient reposer sur nous, notre son, nos chansons. Il fallait être un maximum prêt, d'autant plus que nous avions une session plutôt courte (4 jours pour enregistrer et 4 pour mixer). Lui était là pour capturer au mieux ce qui sortait de nos amplis, de nos instruments. Bien sûr il donnait son avis, a proposé des options, surtout sur le mixage. Nous avons donc enregistré l'album en 4 jours, dans des conditions Live, avec un petit overdub de guitare par ci ou par là, mais très peu en fait : nous ne voulions pas tricher sur la formule trio par rapport à la scène. Le choix d'Electrical allait aussi dans ce sens, nous voulions vraiment une énergie Live, encore plus que par le passé, et ils font ça bien à Electrical ! Nous n'avons fait que deux prises maximum par titre, afin de garder une certaine fraicheur, et comme la bande 24 pistes coûte cher, nous n'en avons gardé qu'une seule ! Cette session a été très rapide mais très agréable, aucun stress, bien au contraire, que du plaisir, une sorte de libération après plusieurs mois d'attente. Greg est un type très bien, très drôle et très pro, il ressemble beaucoup à notre ingé son de Live, aussi bien physiquement que dans son humour débile, parfait pour nous.
Oui, il y a une façon de faire assez différente d'ici, beaucoup de bidouille, de trucs interdits par les écoles d'ingés son. Et puis aussi, une culture du son tout court, de l'histoire du son, des vieilles machines...et enfin beaucoup de savoir-faire.
Satisfaits tout de suite ? Oui. Dès la première prise de la première chanson, juste en écoutant la mise à plat, tu sens si ça va sonner ou pas. Et là, c'était vraiment ce que nous voulions. Je ne parle même pas du mixage. Et je suis du genre perfectionniste, à me prendre la tête sur des détails à la con, et du coup, j'ai du lâcher du leste, ce qui n'était finalement pas si mal.
Michel : Nos étions très contents d'être là car toute l'équipe est très sympathique, il n'y aucune prétention, c'est très respectueux, ils étaient aux petits oignons avec nous. Leur bonne réputation n'est pas un mythe et l'endroit est juste parfait. Le concert de Shellac était excellent, que tu aimes ou pas leur musique, tu n'as pas d'autre choix que de dire que c'est excellent. Très impressionant. Nous les avons croisé pendant quelques jours au studio, et nous avons surtout parlé de billard, de poker, et regardé Discovery Channel. Nous avons aussi parlé de guitares en métal.
Michel : Ça fait partie de la philosophie du groupe, je crois. Ce n'est pas une idée très nouvelle ou exceptionnelle, beaucoup de monde fait ça aujourd'hui, être en contact direct avec les gens. Sur notre forum, ça discute aussi d'autre chose, ça parle musique, cinéma,etc... J'aime bien y aller de temps en temps, échanger des idées ou des disques... Le blog, c'est comme un jeu, parfois je fouille dans les archives pour voir où nous étions à un moment précis, l'an dernier ou il y a deux ans, c'est une sorte de mémoire en ligne.
Michel : Nous avons sorti beaucoup de disques, ensemble ou dans d'autres projets, et nous savons comment fonctionne ce système, plus ou moins qui est qui ou qui fait quoi, et ça a tendance à nous amuser, aujourd'hui. Je peux même dire qu'on s'en fout royalement. Bien sûr, nous sommes du sud, et parfois il y a des coups de sang mais globalement on arrive mieux à se maitriser, on boit de la tisane. Le recul, c'est que nous avons des vies à côté, des vraies vies, et beaucoup de choses à faire.
Michel : Comme avant, on répète, on rapièce nos costumes de scène, on fait du sport, et on boit de l'huile de foie de morue.
Michel : C'est surtout notre « retour » qui m'excite, avec en plus l'opportunité d'une belle affiche, d'une belle soirée, et peut-être d'un bel after. Qui sait ? Je n'ai aucune nostalgie de Diabologum, je vis dans le présent et non dans le passé. Je suis content de partager l'affiche avec Arnaud car c'est un vieil ami et que nous avons beaucoup de choses en commun. Nous prévoyons d'ailleurs dans le futur la possibilité d'un plateau Experience/Michniak, c'est toujours agréable de tourner avec des copains, et nous avons aujourd'hui plutôt envie d'unir nos forces au lieu de faire systématiquement cavaliers seuls.
Michel : Le DVD est en stand-by pour l'instant, trop de projets pour tout le monde, trop de travail. Ça viendra, ça viendra, en son temps...
Michel : L'album s'appelle : Nous (en) sommes encore là.
14 titres, 65 minutes, plusieurs singles sont prévus avant l'album :
le premier s'appelle : “Les aspects positifs des jeunes énergies négatives” et il sort début Février.
Michel : Rien de plus n'est prévu pour l'instant, mais chaque membre est tenu de commettre ce genre d'actions EN PERMANENCE.
Michel : Ce serait largement suffisant.
Michel : Merci à toi...
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