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> eels - souljacker (dreamworks, 2001)
publié par terant, le 11/09/2001.

qualités de looser

on doit beaucoup à eels chez cargo, et pas seulement quatre étonnants albums, dont le petit dernier souljacker. c'est quand-même eels qui nous a fait nous rencontrer et créer ce site, il y a bien longtemps déjà... un nouvel album de eels, c'est donc toujours un petit événement pour nous. la première chose qui marque à l'écoute de souljacker, c'est qu'une fois de plus le nouvel album n'a rien à voir avec les précédents. on reconnaît certes des sons, des bouts de mélodies - "fresh feeling", "world of shit" - mais on est quand-même bien loin de beautiful freak, de daisies of the galaxy bien sûr, et même de electro-shock blues. le look de e a lui aussi encore changé, nous prouvant là encore ses réelles qualités de looser, on ne vous en dit pas plus... nouveau style, donc, et surtout virage à 180 degrés par rapport à daisies of the galaxy. exit les paysages bucoliques et féériques de "jeannie's diary" ou de "i like birds". e s'énerve à nouveau, ressort la guitare électrique du placard : « you little punks think you own this town... », comme dit la couverture de l'album. rassurez-vous, e ne fait pas non plus une crise d'ado à retardement comme slipknot ou marylin manson. mais dès les deux premiers morceaux, "dog faced boy" et "that's not really funny", on comprend que lorsqu'e nous avait dit l'année dernière qu'il voulait faire du rock bruyant sur son prochain album, ce n'était pas des paroles en l'air. grosses guitares donc, mais toujours les trouvailles caractéristiques de e, ce mélange de sons réjouissants qui donnent à sa musique un caractère si particulier.

le réchauffé

e se lâche, et crie presque comme matthew bellamy. en tout cas, il s'amuse, c'est clair, et nous aussi avec. peut-être aussi se prend-il un peu moins au sérieux que sur ces disques précédents, qui sait... l'album s'ouvre donc sur deux morceaux déconcertants, énervés, délirants, mais on découvre vite l'autre versant de cet album, où les basses saturées laissent la place à de délicates cordes ou à une guitare acoustique : "fresh feeling" est la suite de "my descent into madness" ou de "p.s. you rock my world", deux des meilleures chansons de l'album electro-shock blues. mais, hélas, la suite n'est pas à la hauteur de l'original. c'est un beau morceau, mais moins inspiré que les deux premiers, on pourrait même dire que cela sent un peu le réchauffé.

ballade habitée

"woman driving, man sleeping", par contre, n'a rien à envier aux magnifiques chansons d'electro-shock blues. c'est ma chanson préférée de l'album, du e à son meilleur niveau, une ballade nocturne habitée, qui met en valeur la voix du patron des eels. les guitares rageuses ne sont jamais loin sur cet album, et à peine a-t-on eu le temps de souffler que le maintenant bien connu "souljacker pt.1" fait grésiller vos enceintes. cette chanson a été écrite en 1998 avec le bassiste de l'époque, un certain adam, voisin de e à los angeles. elle était d'ailleurs au programme tous les soirs lors de la tournée electro-shock blues, et oui !. on préférera s'attarder sur "friendly ghost", le "last stop this town" de cet album, donc une excellente chanson avec un refrain et une mélodies naïfs comme seul e peut en écrire. impeccable. viennent deux morceaux qui réalisent en quelque sorte la synthèse entre les deux faces de cet album, "teenage witch" et "bus stop boxer", avec des mélodies bien différentes de ce à quoi e nous avait habitué. les refrains sont troublants, rappelant indescriptiblement des chansons bien connues, mais lesquelles... "world of shit", elle, rappelle clairement une chanson de eels, et encore une fois une chanson d'electro-shock blues, "elizabeth on the bathroom floor". à se demander si cet album est si différent des précédents, finalement... souljacker est peut-être l'album le moins réussi de la courte carrière des anguilles californiennes, mais un seulement « bon » album de eels reste, vous vous en doutez, un merveilleux moment de musique, plein de sensibilité, d'idées marrantes, de mélodies délicates. on attend avec impatience le concert de l'elysée-montmartre..

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