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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>New Amsterdam</title>
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		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



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&lt;p&gt;S'il fallait situer New Amsterdam dans le genre d&#233;j&#224; largement peupl&#233; des s&#233;ries m&#233;dicales, on pourrait dire qu'il y a autant de soap opera que dans Grey's Anatomy, beaucoup de &quot;vis ma vie aux urgences&quot; comme dans... Urgences, peu d'int&#233;r&#234;t pour les puzzles m&#233;dicaux compar&#233; &#224; Docteur House et enfin un personnage principal, Max Goodwin, qui est l'exact oppos&#233; de notre diagnosticien misanthrope pr&#233;f&#233;r&#233;. Un m&#233;decin qui veut soigner l'h&#244;pital, voir toute la soci&#233;t&#233;. Pauvret&#233; et d&#233;classement, questions de genre (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH85/arton12652-a024d.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il fallait situer &lt;strong&gt;New Amsterdam &lt;/strong&gt; dans le genre d&#233;j&#224; largement peupl&#233; des s&#233;ries m&#233;dicales, on pourrait dire qu'il y a autant de soap opera que dans &lt;strong&gt;Grey's Anatomy&lt;/strong&gt;, beaucoup de &quot;vis ma vie aux urgences&quot; comme dans... &lt;strong&gt;Urgences&lt;/strong&gt;, peu d'int&#233;r&#234;t pour les puzzles m&#233;dicaux compar&#233; &#224; &lt;strong&gt;Docteur House&lt;/strong&gt; et enfin un personnage principal, Max Goodwin, qui est l'exact oppos&#233; de notre diagnosticien misanthrope pr&#233;f&#233;r&#233;. Un m&#233;decin qui veut soigner l'h&#244;pital, voir toute la soci&#233;t&#233;. Pauvret&#233; et d&#233;classement, questions de genre et inclusion, racisme syst&#233;mique, sant&#233; mentale. Tous ses d&#233;bats qui agitent actuellement la soci&#233;t&#233; sont abord&#233;s dans cette s&#233;rie qui se veut militante, se fait caisse de r&#233;sonance du malaise du syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain.. Ce qui change des grandes pr&#233;occupations comme &quot;qui couche avec qui dans la salle de repos ?&quot; ou de savoir si c'est un Lupus... mais rassurez-vous c'est aussi au programme !&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;&quot;How Can I Help ?&quot;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Max(imus) Goodwin &lt;/strong&gt;, rien que le nom d&#233;j&#224; donne une id&#233;e de ce qui anime le personnage principal de New Amsterdam. Un jeune quadra en baskets et barbe de dix jours, qui met un point d'honneur &#224; porter une blouse de m&#233;decin plut&#244;t qu'un costume. Il s'est donn&#233; pour mission de corriger tout ce qui ne va pas dans le syst&#232;me de sant&#233; am&#233;ricain, m&#234;me si pour cela, ilfaut tout casser pour reconstruire en mieux. Et c'est ce qu'il fait d&#232;s le premier jour en virant tout le d&#233;partement de cardiologie parce qu'ils privil&#233;gient le profit et en &#233;non&#231;ant pour la premi&#232;re fois son motto : &quot;How Can I Help ?&quot; , un &quot;comment puis-je vous aider ?&quot; qui fait r&#233;solument &#233;cho au serment d'Hippocrate mais chez Max c'est plus que cela, c'est son identit&#233;, une vocation venue &#224; un tr&#232;s jeune &#226;ge alors que sa s&#339;ur &#233;tait soign&#233;e dans ce m&#234;me h&#244;pital.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A chaque &#233;pisode ou presque des cinq saisons de New Amsterdam, un nouveau cheval de bataille : les remboursements des mutuelles priv&#233;es, la crise de prescription des anti-douleurs qui fait gagner des milliards &#224; Big Pharma, la logique comptable qui d&#233;truit les politiques de pr&#233;ventions. Ou alors on vous immerge dans les difficult&#233;s, le quotidien des soignants, comme pendant le Covid ou plus r&#233;cemment la d&#233;cision de la Cour Supr&#234;me annulant l'arr&#234;t qui &quot;prot&#233;geait&quot; le droit &#224; l'avortement. Et &#224; chaque fois Max r&#233;agit au quart de tour, propose quelque chose de radical qui met la pagaille et g&#233;n&#233;ralement affole le conseil d'administration du New Amsterdam, souvent repr&#233;sent&#233;e par le personnage de Karen Brantley.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Soigner le syst&#232;me&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci est quasiment la seule source d'opposition &#224; un Max qui serait sinon une sorte de &quot;gentil despote &#233;clair&#233;&quot;. Elle a le mauvais r&#244;le dans l'histoire mais le traitement du personnage est loin d'&#234;tre manich&#233;en et le personnage gagne progressivement en profondeur et passe du statut d'ennemi cordial &#224; quelque chose de beaucoup plus flou selon la probl&#233;matique du moment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des probl&#233;matiques dont on appr&#233;cie aussi que les solutions &#224; l'emporte-pi&#232;ce de Max ne parviennent pas &#224; les r&#233;soudre du premier co&#251;t : ce qui traduit bien la complexit&#233; de ces probl&#232;mes sur lesquels les sc&#233;naristes ne sont pas na&#239;fs : un homme tout seul dans un h&#244;pital ne peut pas changer tout un syst&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais le message que tente de faire passer New Amsterdam c'est que pour r&#233;gler ses probl&#232;mes syst&#233;matiques il faut bien commencer quelque part, par des invidus qui refusent le status quo, par des gestes d'humanit&#233; et de dialogue , par l'utilisation des contre-pouvoirs que nous offrent la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;1280&quot; height=&quot;720&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/4pmG-c-P824&quot; title=&quot;New Amsterdam Season 1 Trailer | Rotten Tomatoes TV&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Humanit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parfois comme Max, c'est un peu too much, pas totalement r&#233;aliste, aga&#231;ant &#224; force de bons sentiments, la parfaite rigueur morale et &#233;thique du personnage le rend presque inhumain. Parfois le probl&#232;me n'est r&#233;gl&#233; que pour un jour et on se dit et apr&#232;s mais bien souvent New Amsterdam fait mouche et avec son coeur gros comme &#231;aaaaaa......aaa, les histoires qu'elles racontent vous font aimer ses personnages qui vont s'en prendre plein la figure et vous donnent envie d'&#234;tre un peu comme Max.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et de croire na&#239;vement qu'un h&#244;pital (voir toute forme d'entit&#233; sociale) peut-&#234;tre soign&#233;, &#224; partir du moment o&#249; la personne aux commandes demande &quot;Comme puis-je vous aider ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Sous-chien au grand coeur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;New Amsterdam aura tenu 5 saisons &#224; l'&#233;cran mais globalement que ce soit les internautes ou la critique, les avis sont mitig&#233;s. Cela peut se comprendre : pour les purs fans de s&#233;ries m&#233;dicales, rien de bien nouveau l&#224;-dedans et on sent bien que les maladies myst&#232;res ou les exploits chirurgicaux n'int&#233;ressent pas tant que &#231;a les cr&#233;ateurs. Au niveau des personnages (la partie soap), en dehors de Max, aucun ne ressort au d&#233;but, certains sont m&#234;me plut&#244;t antipathiques et il va falloir deux ou trois saisons parfois pour finir par les aimer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout le poids de la s&#233;rie repose donc sur Max, alors qu'il peut aussi &#234;tre aga&#231;ant. Mais c'est impossible de douter de sa sinc&#233;rit&#233; et son c&#339;ur. Certains trouveront que c'est une ficelle parfois facile, de jouer sur l'&#233;motion, les gestes d'humanit&#233;, de troquer le cynisme ambiant par des lunettes roses. C'est de bonne guerre mais si on &#233;crit ses lignes c'est pour les autres, ce qui comme nous se laisseront s&#233;duire, prendront du plaisir &#224; se faire un petit shot d'optimisme b&#233;at aux c&#244;t&#233;s des m&#233;decins du New Amsterdam.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le dernier &#233;pisode de New Amsterdam laisse &#224; penser que les sc&#233;nariste ont appris un peu tard la fin de la s&#233;rie : en un &#233;pisode tous les fils narratifs en cours sont r&#233;solus d'un coup mais en m&#234;me temps cet &#233;pisode &#233;mouvant b&#233;n&#233;ficie d'une id&#233;e g&#233;niale qui ouvre &#224; la fois sur une suite et vous laisse &#224; l'&#233;cran de fin avec une larme et un sourire en m&#234;me temps, ce qui est franchement rare.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Sandman</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/sandman/saison-1/article11877.html</link>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;On ose &#224; peine y croire, mais c'est d&#233;sormais chose faite : non seulement Sandman, la s&#233;rie de comics culte de l'&#233;crivain britannique Neil Gaiman, longtemps r&#233;put&#233;e inadaptable, a enfin &#233;t&#233; port&#233;e &#224; l'&#233;cran apr&#232;s plusieurs tentatives avort&#233;es, mais le r&#233;sultat est tout simplement magistral. Et &#224; la hauteur de cette &#339;uvre qui a profond&#233;ment marqu&#233; nombre de lecteurs et lectrices, dont votre matelote encore chamboul&#233;e par le visionnage de ces dix &#233;pisodes. Fratrie divine Publi&#233;e entre 1989 et 1996, Sandman est (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ose &#224; peine y croire, mais c'est d&#233;sormais chose faite : non seulement &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt;, la s&#233;rie de comics culte de l'&#233;crivain britannique &lt;strong&gt;Neil Gaiman&lt;/strong&gt;, longtemps r&#233;put&#233;e inadaptable, a enfin &#233;t&#233; port&#233;e &#224; l'&#233;cran apr&#232;s plusieurs tentatives avort&#233;es, mais le r&#233;sultat est tout simplement magistral. Et &#224; la hauteur de cette &#339;uvre qui a profond&#233;ment marqu&#233; nombre de lecteurs et lectrices, dont votre matelote encore chamboul&#233;e par le visionnage de ces dix &#233;pisodes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Fratrie divine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;e entre 1989 et 1996, &lt;i&gt;Sandman &lt;/i&gt; est au d&#233;part est une &#339;uvre de commande de &lt;strong&gt;Vertigo/DC Comics&lt;/strong&gt; dans laquelle Neil Gaiman s'affranchit peu &#224; peu des consignes pour cr&#233;er un univers de plus en plus personnel et profond, peupl&#233; d'une galerie de personnages inoubliables. Les r&#233;cits mettent en sc&#232;ne une fratrie de sept entit&#233;s plus ou moins divines, &#171; the Endless &#187; (les Infinis dans la r&#233;cente traduction fran&#231;aise de &lt;strong&gt;Patrick Marcel&lt;/strong&gt;), incarnant chacun&#183;e un concept (Dream, Death, Destiny, Desire ou encore Despair). Les comics comme la s&#233;rie d&#233;butent lorsque &lt;strong&gt;Morph&#233;e&lt;/strong&gt;, alias &lt;strong&gt;Dream&lt;/strong&gt;, seigneur des R&#234;ves, est emprisonn&#233; par un groupe d'occultistes. &#201;chappant &#224; sa captivit&#233; au bout d'un si&#232;cle, il regagne son domaine et s'affaire &#224; r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts que son absence a caus&#233;s, dans le monde des r&#234;ves comme dans le monde &#233;veill&#233;. Ce qui commence par la qu&#234;te de trois objets que lui ont d&#233;rob&#233; les humains : une bourse de sable, un casque et un rubis qui concentrent une grande partie de ses pouvoirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67443 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH283/-18865-d0e04.jpg' width='500' height='283' alt=&quot;&quot; style='height:283px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ensuivra un r&#233;cit fleuve dont Netflix adapte dans cette saison les deux premiers albums, &lt;i&gt;Pr&#233;ludes et nocturnes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Maison de poup&#233;es&lt;/i&gt;. On craignait tant de ne pas retrouver &#224; l'&#233;cran la magie de l'original que la d&#233;couverte de ces dix &#233;pisodes nous laisse sonn&#233;s. Voil&#224; une &#339;uvre dont on ne pourra pas dire &#171; Oui, mais l'original, c'&#233;tait autre chose &#187; : ce qu'on d&#233;couvre l&#224;, c'est le &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; de Neil Gaiman, c'est le n&#244;tre, vraiment, adapt&#233; avec assez d'habilet&#233; pour ravir les fans comme pour accueillir les novices en douceur. Par certains aspects, les premiers &#233;pisodes sont peut-&#234;tre m&#234;me une version am&#233;lior&#233;e : l&#224; o&#249; Gaiman t&#226;tonnait au d&#233;part, les sc&#233;naristes savent o&#249; ils vont, gr&#226;ce au recul du temps et &#224; la connaissance de l'&#339;uvre finie, et resserrent le r&#233;cit autour de ses enjeux majeurs en &#233;liminant notamment des r&#233;f&#233;rences aux super-h&#233;ros de DC Comics qui n'auraient fait que parasiter le r&#233;cit. Les changements apport&#233;s sont toujours judicieux et ajoutent m&#234;me parfois un suppl&#233;ment d'&#233;motion, comme l'intrigue poignante autour de &lt;strong&gt;Lyta Hall&lt;/strong&gt; qui ne parvient pas &#224; tourner la page apr&#232;s la mort de son &#233;poux Hector.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'infinie bienveillance de la Mort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plus &#233;tonnant, peut-&#234;tre, c'est l'incroyable fid&#233;lit&#233; au mat&#233;riau source. Le d&#233;coupage en &#233;pisodes, la progression de l'intrigue, et m&#234;me des pans entiers de dialogues sont quasiment repris &#224; l'identique, avec des ajustements toujours tr&#232;s habiles. Ce n'est jamais en revanche un copier-coller paresseux des cases : visuellement, le r&#233;sultat est diff&#233;rent, abordant les sc&#232;nes sous de nouveaux angles, parfois dans de nouveaux d&#233;cors, et c'est un vrai r&#233;gal pour l'&#339;il. On ne s'&#233;tonnera pas d'apprendre que Neil Gaiman, fort de l'exp&#233;rience d'adaptations pr&#233;c&#233;dentes de ses &#339;uvres (r&#233;cemment &lt;i&gt;American Gods&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Good Omens&lt;/i&gt;), est ici producteur ex&#233;cutif et s'est beaucoup impliqu&#233; dans cette transposition &#224; l'&#233;cran de ce qui est sans doute son chef-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67442 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH319/-18867-54bb0.jpg' width='500' height='319' alt=&quot;&quot; style='height:319px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut qu'admirer le parti pris de respecter la structure particuli&#232;re de l'original, qui fait alterner r&#233;cits longs et courtes vignettes, brasse les &#233;poques, les ambiances, nous fait passer d'une histoire de tueurs en s&#233;rie contemporaine &#224; des sc&#232;nes oniriques ou historiques o&#249; l'on croise aussi bien &lt;strong&gt;Lucifer&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;les Parques&lt;/strong&gt; que &lt;strong&gt;Shakespeare&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Ca&#239;n&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Abel&lt;/strong&gt; r&#233;p&#233;tant chaque jour le meurtre originel (mais pas avant midi, Ca&#239;n n'&#233;tant pas du matin) ou un b&#233;b&#233; gargouille terriblement kawa&#239;. Car au-del&#224; des relations entre Morph&#233;e et sa fratrie, c'est de leur rapport &#224; l'humanit&#233; qu'il est question ici. L'une des plus belles id&#233;es de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; est d'avoir repr&#233;sent&#233; la mort sous la forme d'une jeune fille espi&#232;gle et chaleureuse qui aime profond&#233;ment les humains et cherche &#224; adoucir le moment de leur passage dans l'au-del&#224;. C'est avec une grande &#233;motion qu'on d&#233;couvre &#224; l'&#233;cran l'adaptation de la tr&#232;s belle histoire &#171; Le bruit de ses ailes &#187; o&#249; &lt;strong&gt;Death&lt;/strong&gt; tente d'&#233;veiller son fr&#232;re Dream &#224; la compassion. &lt;strong&gt;Kirby Howell-Baptiste&lt;/strong&gt; est une magnifique Death &#224; l'&#233;cran, dont elle porte avec gr&#226;ce l'infinie bienveillance.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Conte philosophique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car le c&#339;ur de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt;, peut-&#234;tre encore plus que l'univers ou les intrigues, ce sont les personnages. C'&#233;tait l'une des plus grandes appr&#233;hensions des fans en attendant la s&#233;rie, et c'est aujourd'hui l'une de ses plus grandes r&#233;ussites. Le casting fr&#244;le la perfection. &lt;strong&gt;Tom Sturridge&lt;/strong&gt; est un impressionnant Morph&#233;e, d&#233;gageant le juste degr&#233; d'&#233;tranget&#233; qui sugg&#232;re sa nature divine, et le fait exister par de subtils d&#233;tails : sa posture souvent immobile, sa voix l&#233;g&#232;rement irr&#233;elle. Il a la stature de Morph&#233;e, sa duret&#233; comme son humanit&#233; naissante. La &lt;strong&gt;Lucienne&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Vivienne Acheampong&lt;/strong&gt; est une belle version du Lucien des comics, biblioth&#233;caire du domaine des r&#234;ves (avec sa fameuse collection de &#171; livres encore jamais &#233;crits &#187;). Ses interactions avec son assistant &#224; t&#234;te de citrouille, &lt;strong&gt;Mervyn Pumpkinhead&lt;/strong&gt;, et &lt;strong&gt;Matthew&lt;/strong&gt; le corbeau parlant sont vraiment savoureuses. &lt;strong&gt;Mason Alexander Park&lt;/strong&gt;, iel-m&#234;me non-binaire, donne une pr&#233;sence magnifiquement v&#233;n&#233;neuse, flamboyante et sournoise &#224; &lt;strong&gt;Desire&lt;/strong&gt;. Parmi les personnages plus secondaires, mention sp&#233;ciale &#224; &lt;strong&gt;David Thewlis&lt;/strong&gt; qui campe, le trois de temps &#233;pisodes, un &lt;strong&gt;John Dee&lt;/strong&gt; fragile et terrifiant, terrifiant parce que fragile, un homme profond&#233;ment instable qui manipule un pouvoir dangereux et peut basculer &#224; tout moment. Et on se doit de saluer la performance de &lt;strong&gt;Patton Oswalt&lt;/strong&gt; qui pr&#234;te sa gouaille au g&#233;nial corbeau Matthew, qui semble tout droit sorti des pages des comics tant il para&#238;t vivant. On pourrait les citer toutes et tous &#8211; &lt;strong&gt;Kyo Ra&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Stephen Fry&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Jenna Coleman&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Boyd Holbrook&lt;/strong&gt;, le gla&#231;ant &lt;strong&gt;Corinthien&lt;/strong&gt; &#8211; tant il n'y a pas de performance inf&#233;rieure aux autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67446 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH251/-18869-a8fde.jpg' width='500' height='251' alt=&quot;&quot; style='height:251px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un bien beau voyage qui nous est offert l&#224;, un p&#233;riple onirique o&#249; l'on ne sait jamais ce que nous r&#233;servera l'&#233;pisode suivant ; on a retrouv&#233; en cours de visionnage l'immense plaisir &#233;prouv&#233; en d&#233;couvrant des s&#233;ries comme &lt;i&gt;Buffy contre les vampires&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Dr Who&lt;/i&gt;, cette impression de voir se construire sous nos yeux un univers riche de possibles et qui ne cesse de repousser ses limites, un univers o&#249; l'&#233;motion na&#238;t autant de la mati&#232;re fantastique que des interactions entre les personnages, de leur &#233;volution et de ce qu'ils refl&#232;tent en creux de nos propres exp&#233;riences. Certains passages de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; fr&#244;lent parfois le conte philosophique, en ce qu'ils disent de notre rapport &#224; la mort, de notre app&#233;tit de vivre, de nos r&#234;ves qui peuvent &#234;tre un puissant moteur, un refuge face &#224; l'horreur du monde comme un masque pour nous cacher notre propre noirceur. Les immortels eux-m&#234;mes ne sont pas &#224; l'abri de ces contradictions intimes, &#224; l'image de Morph&#233;e dont la carapace de duret&#233;, n&#233;e d'avoir contenu l'int&#233;gralit&#233; de l'inconscient humain, se fissure l&#233;g&#232;rement lorsqu'il s'autorise &#224; changer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Br&#251;ler des cierges&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne sait &#224; quelle entit&#233; divine br&#251;ler des cierges pour obtenir que la s&#233;rie se poursuive. On sait simplement que la saison 2 est d&#233;j&#224; &#233;crite et adapterait probablement l'excellent album &lt;i&gt;La Saison des brumes&lt;/i&gt;, o&#249; l'on fait davantage connaissance avec les membres de cette fratrie divine. Il faut absolument que &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; se poursuive. Parce que le meilleur est encore &#224; venir, parce que la saga est longue et riche, et parce qu'on n'en revient toujours pas de l'intelligence, de la sensibilit&#233;, de l'intensit&#233; de ces dix &#233;pisodes qui resteront sans doute comme un mod&#232;le d'adaptation. C'est un petit miracle, tout simplement. On n'ose se pincer de peur que ce visionnage n'ait &#233;t&#233; qu'un r&#234;ve. Mais un de ces r&#234;ves dont la chaleur s'attarde ensuite et rend le monde un peu plus beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/83ClbRPRDXU&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The Queen's Gambit</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;S'il y a une discipline difficile &#224; rendre palpitante &#224; l'&#233;cran, c'est bien le jeu d'&#233;checs. De par sa complexit&#233; qui peut vite perdre le spectateur profane, mais aussi de par l'aspect statique de la pratique, aux effets limit&#233;s sur un plan visuel. La r&#233;ussite de The Queen's Gambit n'en est que plus &#233;clatante ; il faut un sacr&#233; talent, et une ind&#233;niable ma&#238;trise, pour parvenir &#224; rendre les choses si fluides &#224; l'&#233;cran qu'elles cr&#233;ent une illusion d'aisance. Jusqu'&#224; ce qu'on se rappelle que non, rien de ce (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il y a une discipline difficile &#224; rendre palpitante &#224; l'&#233;cran, c'est bien le jeu d'&#233;checs. De par sa complexit&#233; qui peut vite perdre le spectateur profane, mais aussi de par l'aspect statique de la pratique, aux effets limit&#233;s sur un plan visuel. La r&#233;ussite de &lt;i&gt;The Queen's Gambit &lt;/i&gt; n'en est que plus &#233;clatante ; il faut un sacr&#233; talent, et une ind&#233;niable ma&#238;trise, pour parvenir &#224; rendre les choses si fluides &#224; l'&#233;cran qu'elles cr&#233;ent une illusion d'aisance. Jusqu'&#224; ce qu'on se rappelle que non, rien de ce qu'on vient de voir ne coulait de source, quand tout semblait pourtant si accessible et si &#233;vident.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'obsession salvatrice&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Adapt&#233; d'un roman de &lt;strong&gt;Walter Tevis&lt;/strong&gt; paru en 1983 (&lt;i&gt;Le Jeu de la Dame&lt;/i&gt;, titre fran&#231;ais de la s&#233;rie), &lt;i&gt;The Queen's Gambit&lt;/i&gt; suit le parcours de &lt;strong&gt;Beth Harmon&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Anya Taylor-Joy&lt;/strong&gt;), rescap&#233;e &#224; neuf ans d'un accident de voiture dans lequel elle perd sa m&#232;re. Pensionnaire de l'orphelinat Methuen Home, elle surprend le gardien taciturne en train de jouer aux &#233;checs au sous-sol et lui demande, fascin&#233;e, de lui apprendre les r&#232;gles. Beth t&#233;moigne tr&#232;s vite d'une intuition stup&#233;fiante autour du jeu, pour lequel elle d&#233;veloppe une v&#233;ritable obsession. Adopt&#233;e tardivement par un couple sans enfants, elle s'inscrit &#224; ses premiers tournois o&#249; elle bat ses opposants &#224; plate couture. D&#232;s lors, la s&#233;rie de &lt;strong&gt;Scott Frank&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Godless&lt;/i&gt;) et &lt;strong&gt;Allan Scott&lt;/strong&gt; retrace son ascension, contant l'histoire d'une passion absolue autour de laquelle une vie d&#233;truite se reconstruit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_60633 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH311/-18-b93a8.png' width='500' height='311' alt=&quot;&quot; style='height:311px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des id&#233;es les plus fortes de &lt;i&gt;The Queen's Gambit&lt;/i&gt; consiste &#224; raconter l'histoire d'une femme qui s'impose dans un milieu traditionnellement tr&#232;s masculin. Elle pourrait &#234;tre le pendant f&#233;minin de &lt;strong&gt;Bobby Fischer&lt;/strong&gt;, qui ne semble pas exister dans l'univers de la s&#233;rie mais dont elle est pourtant contemporaine, l'intrigue se d&#233;roulant dans les ann&#233;es 60. (Les &lt;strong&gt;Beatles&lt;/strong&gt; non plus n'y existent pas, &#224; en croire l'expression &#171; plus c&#233;l&#232;bre que les &lt;strong&gt;Monkees&lt;/strong&gt; &#187; plac&#233;e discr&#232;tement dans un dialogue.) Le personnage lui-m&#234;me est superbement construit, loin de se limiter au simple effet de surprise consistant &#224; f&#233;miniser un r&#244;le g&#233;n&#233;ralement masculin. Beth y est d&#233;crite comme solitaire mais farouchement d&#233;termin&#233;e : son obsession guide sa vie enti&#232;re et lui conf&#232;re une assurance qui la propulsera loin. Anya Taylor-Joy lui pr&#234;te un grand charisme et une classe folle, op&#233;rant une transformation stup&#233;fiante de l'adolescente ingrate et mal fagot&#233;e du d&#233;but &#224; la championne brillante et &#233;l&#233;gante qui bataille contre une addiction &#224; l'alcool.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le th&#233;&#226;tre des enjeux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tail secondaire mais assez inhabituel dans la fiction pour &#234;tre int&#233;ressant, il s'agit d'un rare personnage f&#233;minin &#224; n'&#234;tre quasiment pas d&#233;fini par ses histoires d'amour, quoique le sujet ne soit pas &#233;lud&#233; pour autant : ce sont les &#233;checs qui occupent la place centrale dans sa vie, et si Beth est montr&#233;e comme solitaire, elle est avant tout d&#233;peinte comme ind&#233;pendante, entour&#233;e d'amis et d'alli&#233;s fid&#232;les. La relation avec sa m&#232;re adoptive, femme au foyer doubl&#233;e d'un pianiste amatrice aux r&#234;ves tu&#233;s dans l'&#339;uf qui sera son premier soutien, est particuli&#232;rement juste et touchante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_60634 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-12751-c0d92.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Outre cette h&#233;ro&#239;ne qui cr&#232;ve l'&#233;cran, l'autre aspect le plus captivant tient &#224; la mise en sc&#232;ne des tournois, qui t&#233;moigne d'une vari&#233;t&#233; et d'une inventivit&#233; assez rares. Les parties se succ&#232;dent sans se ressembler et surtout sans jamais lasser. Un soin particulier est apport&#233; &#224; ces sc&#232;nes-l&#224;, qui les rendent imm&#233;diatement lisibles par le spectateur, quelle que soit sa connaissance des &#233;checs. Les dialogues, le jeu d'acteurs, les postures ou la fa&#231;on dont les mains d&#233;placent les pi&#232;ces, avec assurance, arrogance ou h&#233;sitation, tout concourt &#224; clarifier pour nous ce qui se joue sur l'&#233;chiquier et autour de lui, sans jamais que les proc&#233;d&#233;s semblent artificiels ou redondants. Il y a dans ces sc&#232;nes une grande vitalit&#233; et un r&#233;el suspense, ce qui n'est pas un mince exploit pour des s&#233;quences montrant deux adversaires assis qui ne font en r&#233;alit&#233; que d&#233;placer des pions. Le d&#233;roulement des parties semble avoir fait l'objet de recherches et de r&#233;flexions pouss&#233;es ; ainsi les coups jou&#233;s par les personnages sont-ils inspir&#233;s par de c&#233;l&#232;bres parties r&#233;elles, et les dialogues sont remplis de juste assez de termes techniques pour cr&#233;er un solide effet de r&#233;el sans perdre le spectateur en route.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Avec panache&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'on devine assez t&#244;t quelles seront les grandes lignes du r&#233;cit et la conclusion logique vers laquelle il semble vouloir tendre, &lt;i&gt;The Queen's Gambit&lt;/i&gt; reste captivante de bout en bout, gr&#226;ce &#224; l'attachement &#233;prouv&#233; pour ce splendide personnage ; la question n'est pas tant de savoir jusqu'o&#249; ira Beth mais de quelle mani&#232;re, avec quels d&#233;tours, quels enjeux, et ce qu'ils lui co&#251;teront ou non en chemin. Et la s&#233;rie de se conclure o&#249; elle devait aller, avec panache, dans un dernier &#233;pisode riche de suspense comme d'&#233;motion, sur une ultime s&#233;quence qui laisse un grand sourire aux l&#232;vres. Une s&#233;rie que l'on quitte avec regret mais dans la joie. Une s&#233;rie brillante mais sans esbroufe, exigeante et accessible &#224; la fois, que l'on br&#251;le ensuite de recommander autour de soi, de mettre devant tous les yeux, car on voit mal qui pourrait ne pas l'aimer. Et parce que &lt;i&gt;The Queen's Gambit&lt;/i&gt;, m&#234;me lorsqu'elle plonge ses racines dans la noirceur et la gravit&#233;, ou peut-&#234;tre pour cette raison m&#234;me, fait tout simplement un bien fou. Alors autant partager cette joie-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/CDrieqwSdgI&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>The Haunting of Bly Manor</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 2018, The Haunting of Hill House avait fait forte impression chez les amateurs de fantastique. Par sa beaut&#233; formelle et la qualit&#233; de sa r&#233;alisation, par le soin apport&#233; &#224; l'aspect horrifique comme &#224; ses r&#233;percussions psychologiques sur les personnages, mais aussi par son parti pris d'adaptation tr&#232;s personnel. Du roman Maison hant&#233;e de Shirley Jackson, il ne gardait que le titre original, le d&#233;cor impressionnant de Hill House, demeure labyrinthique pas tant hant&#233;e que corrompue, et quelques (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/series/rubrique169.html" rel="directory"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH86/arton11195-d7658.jpg&quot; width='150' height='86' style='height:86px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2018, &lt;i&gt;The Haunting of Hill House&lt;/i&gt; avait fait forte impression chez les amateurs de fantastique. Par sa beaut&#233; formelle et la qualit&#233; de sa r&#233;alisation, par le soin apport&#233; &#224; l'aspect horrifique comme &#224; ses r&#233;percussions psychologiques sur les personnages, mais aussi par son parti pris d'adaptation tr&#232;s personnel. Du roman &lt;i&gt;Maison hant&#233;e&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Shirley Jackson&lt;/strong&gt;, il ne gardait que le titre original, le d&#233;cor impressionnant de Hill House, demeure labyrinthique pas tant hant&#233;e que corrompue, et quelques &#233;l&#233;ments &#233;pars comme le nom des personnages. La s&#233;rie racontait une tout autre histoire, celle d'une famille dysfonctionnelle marqu&#233;e par un traumatisme collectif impossible &#224; d&#233;passer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Deux tours d'&#233;crou&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'intrigue &#233;tant close au terme de cette magnifique saison, on avait accueilli avec m&#233;fiance l'annonce d'une suite, jusqu'&#224; ce qu'il soit d&#233;voil&#233; qu'elle adapterait un autre classique du r&#233;cit de fant&#244;mes : &lt;i&gt;Le Tour d'&#233;crou&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Henry James&lt;/strong&gt;. L'id&#233;e d'une s&#233;rie anthologique inspir&#233;e chaque fois par un classique diff&#233;rent avait de quoi s&#233;duire ; on attendit donc &lt;i&gt;The Haunting of Bly Manor&lt;/i&gt; avec une double impatience, dans l'espoir d'y retrouver l'&#233;blouissement de la premi&#232;re fois, mais aussi dans la curiosit&#233; de d&#233;couvrir comment le r&#233;alisateur &lt;strong&gt;Mike Flanagan&lt;/strong&gt; allait tordre cette fois le mat&#233;riau d'origine.
D&#232;s l'ouverture, cette deuxi&#232;me saison semble pourtant revendiquer une fid&#233;lit&#233; plus grande, plus proche de la transposition modernis&#233;e. Une femme &#224; l'air us&#233; (&lt;strong&gt;Carla Gugino&lt;/strong&gt;) raconte aux convives d'un mariage une histoire de fant&#244;mes, et prononce la fameuse phrase qui donne son titre au texte de Henry James, laquelle postule que si la pr&#233;sence d'un enfant renforce l'impact de ce genre de r&#233;cit, celle de deux enfants fournit un &#171; tour d'&#233;crou &#187; suppl&#233;mentaire. Le d&#233;but de la s&#233;rie &#233;pouse les grandes lignes du texte : Danielle (&lt;strong&gt;Victoria Pedretti&lt;/strong&gt;), jeune fille au pair am&#233;ricaine, s'y voit embauch&#233;e pour s'occuper de deux orphelins, Miles et Flora, dans une vieille maison de la campagne anglaise. Des signes inqui&#233;tants se multiplient bient&#244;t : Flora a des jeux troublants, Miles le temp&#233;rament changeant, la b&#226;tisse cache des secrets, et Flora semble marqu&#233;e par la mort de la jeune fille au pair pr&#233;c&#233;dente, qu'elle a trouv&#233;e noy&#233;e dans le lac de la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_60521 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH374/-12640-ffaf5.jpg' width='500' height='374' alt=&quot;&quot; style='height:374px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s lors, le suspense est double pour qui conna&#238;t &lt;i&gt;Le Tour d'&#233;crou&lt;/i&gt;. &#192; la question de savoir ce qui s'est pass&#233; exactement dans la demeure et qui sont ces fant&#244;mes, r&#233;els ou m&#233;taphoriques, qui hantent plusieurs des personnages, s'ajoute celle de d&#233;couvrir quand et de quelle mani&#232;re l'intrigue d&#233;viera du texte d'origine. En douceur dans un premier temps, par le d&#233;veloppement de l'histoire individuelle de chaque protagoniste ; on retrouve la construction chorale qui faisait la richesse de &lt;i&gt;The Haunting of Hill House&lt;/i&gt;, chaque &#233;pisode adoptant le point de vue d'un personnage diff&#233;rent. De ces intrigues parall&#232;les en na&#238;tra progressivement une nouvelle &#8211; une hantise derri&#232;re la hantise. Plus le r&#233;cit avance et plus l'on retrouve les th&#232;mes explor&#233;s dans la premi&#232;re saison, les propres obsessions de Mike Flanagan davantage que celles des auteurs qu'il adapte ; on est soudain frapp&#233; par la r&#233;currence chez lui des motifs du traumatisme, de la r&#233;silience ou du d&#233;ni, jusque dans le choix des romans de &lt;strong&gt;Stephen King&lt;/strong&gt; qu'il a port&#233;s &#224; l'&#233;cran (dont un &lt;i&gt;Jessie&lt;/i&gt; magistral). Ici, les fant&#244;mes se nomment deuil, amour toxique, remords ou trahison.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Po&#233;sie gothique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme dans la saison pr&#233;c&#233;dente, l'&#233;criture est admirable de pr&#233;cision, avec une attention port&#233;e aux moindres d&#233;tails, parfois sem&#233;s longtemps avant qu'on ne comprenne leur importance ; chaque flashback consacr&#233; &#224; l'histoire d'un personnage vient &#233;clairer diff&#233;remment une sc&#232;ne qu'on avait crue plus anodine. Les &#233;l&#233;ments s'embo&#238;tent un par un avec une grande habilet&#233; pour former un tableau plus complexe qu'il n'y paraissait au d&#233;part. Le soin apport&#233; &#224; l'esth&#233;tique des &#233;l&#233;ments surnaturels renforce le trouble cr&#233;&#233; par le proc&#233;d&#233;. Ainsi comprend-on tr&#232;s vite, lors des furtives apparitions du fant&#244;me qui hante Danielle dans les miroirs, qu'il est l'ombre d'un traumatisme qui l'a d&#233;truite. Les spectres cr&#233;ent ici le m&#234;me malaise que ceux de &lt;i&gt;Hill House&lt;/i&gt; (rappelez-vous la &#171; dame au cou tordu &#187;) dans ce que leur apparence sugg&#232;re d'anomalie. Les deux saisons partagent une m&#234;me beaut&#233; formelle, faite de couleurs sombres et d'ombres oppressantes, ainsi qu'une interpr&#233;tation remarquable. Si le personnage de Danielle peine &#224; convaincre par moments (le d&#233;calage culturel induit par ses origines am&#233;ricaines d&#233;tonne parfois de mani&#232;re un peu gratuite), la gouvernante Hannah Grose, magnifiquement incarn&#233;e par &lt;strong&gt;T'Nia Miller&lt;/strong&gt;, nous a boulevers&#233;s dans l'&#233;pisode de mi-saison qui lui est consacr&#233;. Comme dans &lt;i&gt;The Haunting of Hill House&lt;/i&gt;, les enfants sont d'une justesse remarquable, particuli&#232;rement &lt;strong&gt;Benjamin Evan Ainsworth&lt;/strong&gt; qui est un Miles impressionnant d'ambigu&#239;t&#233; et de d&#233;tresse silencieuse. La s&#233;rie brosse par ailleurs un portrait tr&#232;s convaincant d'un manipulateur s&#233;duisant mais sans envergure, plus inqui&#233;tant dans sa banalit&#233; que bien des personnages de fiction ouvertement mal&#233;fiques. Car des salauds ordinaires comme celui-l&#224;, nous en avons tous connu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_60520 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH370/-12639-ee0fc.jpg' width='500' height='370' alt=&quot;&quot; style='height:370px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour autant, la s&#233;rie n'est pas sans d&#233;fauts ; &lt;i&gt;The Haunting of Hill House&lt;/i&gt;, malgr&#233; sa quasi-perfection, d&#233;cevait par une fin totalement rat&#233;e, en d&#233;calage embarrassant avec ce qui pr&#233;c&#233;dait. Quelques sc&#232;nes, ici encore, s'int&#232;grent mal, de par des choix musicaux douteux ou un aspect plus superficiel, notamment dans l'intrigue de Danielle. &lt;i&gt;Bly Manor&lt;/i&gt; b&#233;n&#233;ficie au moins d'une conclusion satisfaisante, et m&#234;me assez poignante, encore qu'un peu bancale. On s'&#233;tonne d'autant plus de ces fautes de go&#251;t ponctuelles que la s&#233;rie se tire habilement de proc&#233;d&#233;s &#224; la limite du clich&#233;, comme la voix off sur laquelle repose une grande partie des deux derniers &#233;pisodes, qui pourrait sonner faux mais ne fait que renforcer l'impression d'envo&#251;tement (de l'avant-dernier &#233;pisode, nous ne vous dirons rien, sinon qu'il est un splendide exercice de style tout en po&#233;sie gothique, que nous vous laissons d&#233;couvrir).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La force et la finesse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'effet de surprise n'est plus tout &#224; fait le m&#234;me, &lt;i&gt;The Haunting of Bly Manor&lt;/i&gt; se r&#233;v&#232;le &#224; la hauteur &#8211; cons&#233;quente &#8211; de la premi&#232;re saison. Effrayante et tragique, profond&#233;ment humaine, en m&#234;me temps qu'un r&#233;gal pour le regard. Mike Flanagan s'y d&#233;voile comme un r&#233;alisateur qui comprend intimement toute la force et la finesse du genre fantastique, et ces deux saisons comme l'une des plus belles &#339;uvres du genre que nous ayons vues ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/tykS7QfTWMQ&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Marianne</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les r&#233;ussites fran&#231;aises en mati&#232;re de fantastique sont assez rares sur petit et grand &#233;cran pour que l'on aborde chaque nouvelle tentative avec un m&#233;lange de curiosit&#233; et de grande m&#233;fiance. M&#234;me une s&#233;rie comme Les Revenants, malgr&#233; un d&#233;but magnifique, nous avait lass&#233;s sur la longueur. Si nous nous sommes laiss&#233;s convaincre de donner une chance &#224; Marianne, c'est notamment sur la foi de l'excellent souvenir que nous avait laiss&#233; Lazy Company, s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente de l'un des cr&#233;ateurs, Samuel Bodin &#8211; une (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;ussites fran&#231;aises en mati&#232;re de fantastique sont assez rares sur petit et grand &#233;cran pour que l'on aborde chaque nouvelle tentative avec un m&#233;lange de curiosit&#233; et de grande m&#233;fiance. M&#234;me une s&#233;rie comme &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/les-revenants/saison-1/article8190.html&quot; class='spip_out'&gt;Les Revenants&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, malgr&#233; un d&#233;but magnifique, nous avait lass&#233;s sur la longueur. Si nous nous sommes laiss&#233;s convaincre de donner une chance &#224; &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, c'est notamment sur la foi de l'excellent souvenir que nous avait laiss&#233; &lt;i&gt;Lazy Company&lt;/i&gt;, s&#233;rie pr&#233;c&#233;dente de l'un des cr&#233;ateurs, &lt;strong&gt;Samuel Bodin&lt;/strong&gt; &#8211; une s&#233;rie comique qui se r&#233;v&#233;lait plus fine et plus &#233;mouvante qu'il n'y paraissait au d&#233;part. Quelques acteurs de &lt;i&gt;Lazy Company&lt;/i&gt; font d'ailleurs des apparitions dans &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, br&#232;ves ou moins br&#232;ves (notamment &lt;strong&gt;Alban Lenoir&lt;/strong&gt; dans le r&#244;le d'un inspecteur efficace et plein de bonne volont&#233;, mais parfois l&#233;g&#232;rement ben&#234;t). Bien en nous en prit, car &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; se r&#233;v&#232;le, malgr&#233; quelques imperfections et le relatif classicisme des th&#232;mes, comme une excellente surprise.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;&#201;criture et hantise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous suivons ici les pas d'&lt;strong&gt;Emma Larsimon&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Victoire Du Bois&lt;/strong&gt;), &#233;crivaine d'horreur &#224; succ&#232;s, pr&#233;sent&#233;e d'embl&#233;e comme un personnage trouble et pas forc&#233;ment aimable, qui s'appr&#234;te &#224; abandonner avec pertes et fracas la s&#233;rie qui l'a rendue c&#233;l&#232;bre. Mais le retour brutal dans sa vie d'une camarade d'adolescence vient tout chambouler : &lt;strong&gt;Caroline&lt;/strong&gt; tient des propos incoh&#233;rents au sujet du contenu de ses livres, puis se suicide sous ses yeux. Les &#233;v&#233;nements conduisent Emma &#224; retourner dans sa ville natale d'Elden qu'elle a quitt&#233;e quinze ans plus t&#244;t et qui semble hant&#233;e, comme autrefois, par une pr&#233;sence obscure. Retour plus ou moins bien accueilli par sa famille et ses anciens amis de la &#171; bande de l'&#233;pave &#187; &#224; qui elle n'a visiblement pas laiss&#233; que de bons souvenirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les sc&#232;nes horrifiques qui ouvrent cette premi&#232;re saison nous ont sembl&#233; parfois &#224; la limite de l'exc&#232;s, quelque chose nous happe d'entr&#233;e de jeu, qui tient en grande partie aux personnages. Celui d'Emma, sur qui repose la majeure partie de l'intrigue, est &#224; la fois juste assez arch&#233;typal et juste assez inhabituel dans ce genre de r&#233;cit pour intriguer. Une femme manifestement caboss&#233;e par la vie, hant&#233;e par les ranc&#339;urs et le poids du pass&#233;, une personne toxique qui &#233;puise son entourage, d&#233;truit tout ce qu'elle touche, dit des horreurs quand elle boit trop et le regrette ensuite, mais ne parvient pas &#224; se contr&#244;ler. Une h&#233;ro&#239;ne pas franchement sympathique au d&#233;part mais qui sonne juste, et dont l'histoire forc&#233;ment douloureuse nous sera r&#233;v&#233;l&#233;e progressivement, &#233;clairant son comportement sous un autre jour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_56470 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-8759-9957f.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La chair des personnages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les dialogues sont vivants, les personnages ont de la chair, leurs interactions sonnent vrai. L'un des &#233;cueils les plus courants dans le genre fantastique est d'insister sur les effets horrifiques en n&#233;gligeant le d&#233;veloppement des personnages &#8211; or, la peur et le trouble ne sont jamais si efficaces que lorsqu'ils s'ancrent profond&#233;ment dans le vivant et le quotidien. &lt;i&gt;Les Revenants&lt;/i&gt; commettait l'erreur inverse : belle &#233;paisseur psychologique mais manque de rigueur dans l'intrigue fantastique qui finissait par trop se d&#233;layer. &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; trouve un &#233;quilibre convaincant entre les deux, particuli&#232;rement dans son dernier tiers o&#249; le mal s'engouffre par les failles, les d&#233;sirs, les angoisses des personnages, au point qu'on ne distingue plus toujours tr&#232;s bien la part du surnaturel et celle de la nature humaine. L'ambigu&#239;t&#233; classique entre illusion et r&#233;alit&#233; y est assez finement dos&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On pressent d'ailleurs que c'est l'&#339;uvre de cr&#233;ateurs (&lt;strong&gt;Samuel Bodin&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Quoc Dang Tran&lt;/strong&gt;) qui connaissent le genre et en comprennent la m&#233;canique. Des clins d'&#339;il discrets (qui ne sont peut-&#234;tre, pour certains, que des co&#239;ncidences) ponctuent le r&#233;cit sans jamais le perturber : citations en exergue de chaque &#233;pisode (&lt;strong&gt;Lovecraft&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Hawthorne&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Poe&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Machen&lt;/strong&gt;), image d'un petit gar&#231;on en blouson jaune qui &#233;voque furieusement la fameuse sc&#232;ne d'ouverture du &lt;i&gt;&#199;a&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Stephen King&lt;/strong&gt;, &#233;cole d&#233;serte et hant&#233;e par le pass&#233; qui nous renvoie au premier jeu de la s&#233;rie &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/silent-hill-downpour-hd-collection/article7905.html&quot; class='spip_out'&gt;Silent Hill&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. On repensera &#224; ces deux &#339;uvres &#224; plusieurs reprises : &lt;i&gt;Silent Hill&lt;/i&gt; pour l'ambiance de cauchemar &#233;veill&#233; particuli&#232;rement r&#233;ussie dans le dernier tiers de la saison, avec quelques sc&#232;nes franchement angoissantes ; &lt;i&gt;&#199;a&lt;/i&gt; pour la ville maudite o&#249; les &#233;v&#233;nements du pass&#233; se r&#233;p&#232;tent, l'alternance de deux &#233;poques, les retrouvailles adultes d'un groupe d'amis qui ont crois&#233; le mal dans leur adolescence, la fa&#231;on dont leur adversaire puise dans leur histoire pour mieux les d&#233;stabiliser. Les sc&#232;nes horrifiques parfois un peu forc&#233;es au d&#233;part deviennent de plus en plus convaincantes &#224; mesure que la saison progresse, que les personnages se d&#233;veloppent et qu'une forme d'ambigu&#239;t&#233; s'installe. On pense aussi, pour la figure de l'&#233;crivaine dont les &#233;crits provoquent des drames, &#224; l'excellent roman &lt;i&gt;Sur le seuil&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Patrick S&#233;n&#233;cal&lt;/strong&gt;, dont il partage l'ambiance lourde et angoissante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_56469 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-8758-279a9.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'&#233;cueil d'un mal simpliste&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re plus subjective, on pourra regretter que la s&#233;rie choisisse, parmi tout l'&#233;ventail qu'offre le fantastique, une th&#233;matique un peu vieillotte dont le r&#233;cent retour &#224; la mode (de &lt;i&gt;Conjuring&lt;/i&gt; &#224; l'exasp&#233;rant &lt;i&gt;H&#233;r&#233;dit&#233;&lt;/i&gt;) ne cesse de nous rendre perplexes : sorci&#232;re n&#233;cessairement malfaisante, attirail religieux, exorcisme et possession, comme si le genre s'&#233;tait arr&#234;t&#233; &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;L'Exorciste&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; r&#233;ussit malgr&#233; tout &#224; offrir l'une des rares utilisations int&#233;ressantes de ces th&#232;mes que nous ayons vues r&#233;cemment, mais p&#234;che parfois par le manich&#233;isme de sa figure de sorci&#232;re. Et pour pinailler l&#233;g&#232;rement, on peut s'&#233;tonner, de la part d'amateurs du genre, qu'on nous pr&#233;sente les romans d'horreur d'Emma comme &#233;tant si mal &#233;crits, &#224; grands coups de clich&#233;s qui sonnent creux. Ce n'est pas la premi&#232;re &#339;uvre &#224; tomber dans cet &#233;cueil (le jeu vid&#233;o &lt;i&gt;Alan Wake&lt;/i&gt;, vendu comme un pr&#233;tendu hommage &#224; Stephen King, ratait son objectif tant les extraits du roman-dans-le-jeu &#233;tait m&#233;diocres). Mais quand on sait la richesse du genre en litt&#233;rature et qu'on pense &#224; des &#233;crivains comme &lt;strong&gt;King&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Poppy Z. Brite&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Clive Barker&lt;/strong&gt; (ou m&#234;me, plus pr&#232;s de nous, une jeune autrice comme &lt;strong&gt;Morgane Caussarieu&lt;/strong&gt;), qui ne sont pas exactement des manchots en mati&#232;re de style, on peut s'agacer de ce clich&#233;. Tout comme on peut sourire d'entendre Emma dire qu'elle &#233;crit ses histoire &#171; pour la thune &#187;, quand on conna&#238;t les chiffres de l'&#233;dition, particuli&#232;rement en litt&#233;rature de genre, et la difficult&#233; d'en vivre. Mais ce ne sont que des points de d&#233;tails dont nous assumons l'enti&#232;re subjectivit&#233; et qui ne suffisent pas &#224; g&#226;cher l'impression d'ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ajoutons &#224; tout &#231;a une mise en sc&#232;ne inspir&#233;e qui sait doser la mont&#233;e de l'angoisse et distiller peu &#224; peu les r&#233;v&#233;lations (comme ce motif quasi subliminal du trou dans le sol qui hante Emma et trouvera une explication tardive), et un usage assez malin de chansons dont les textes viennent r&#233;sonner avec le d&#233;roulement de l'intrigue. &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt; ne plaira sans doute pas &#224; tout le monde &#8211; il faut adh&#233;rer &#224; son imagerie horrifique qui fr&#244;le parfois le grotesque, ainsi qu'aux personnages pas toujours aimables qui sont pour une grande part dans la r&#233;ussite de l'ensemble. Malgr&#233; nos r&#233;ticences toutes personnelles sur le choix du th&#232;me central, nous nous sommes laiss&#233;s captiver et attendons la suite avec curiosit&#233;, en esp&#233;rant qu'elle sache se montrer &#224; la hauteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/J4QLXOnOi64&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Stranger Things </title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/stranger-things/saison-3/article10075.html</link>
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		<dc:date>2019-07-11T17:42:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;line Non, M&#233;lanie Fazi, Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s presque deux ans d'attente, Stranger Things revenait le week-end dernier pour une troisi&#232;me saison tr&#232;s attendue et il n'aura fallu qu'un week-end voir une seule nuit aux matelots du Cargo ! pour visionner celle-ci en int&#233;gralit&#233;. On &#233;change nos premi&#232;res impressions sur notre Slack, elles se rejoignent souvent mais on s'aper&#231;oit aussi qu'on peut &#234;tre fans de la m&#234;me s&#233;rie et y prendre du plaisir pour des raisons diff&#233;rentes, &#234;tre interpell&#233;s par certaines th&#233;matiques et passer &#224; c&#244;t&#233; d'autres. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/series/rubrique169.html" rel="directory"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L102xH150/arton10075-c3eed.jpg&quot; width='102' height='150' style='height:150px;width:102px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Apr&#232;s presque deux ans d'attente, &lt;strong&gt;Stranger Things&lt;/strong&gt; revenait le week-end dernier pour une troisi&#232;me saison tr&#232;s attendue et il n'aura fallu qu'un week-end voir une seule nuit aux matelots du Cargo ! pour visionner celle-ci en int&#233;gralit&#233;. On &#233;change nos premi&#232;res impressions sur notre &lt;a href=&quot;https://slack.com/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Slack&lt;/a&gt;, elles se rejoignent souvent mais on s'aper&#231;oit aussi qu'on peut &#234;tre fans de la m&#234;me s&#233;rie et y prendre du plaisir pour des raisons diff&#233;rentes, &#234;tre interpell&#233;s par certaines th&#233;matiques et passer &#224; c&#244;t&#233; d'autres. Tr&#232;s vite &#233;merge l'id&#233;e de vous proposer une retranscription de cette discussion-fleuve certes un peu bord&#233;lique, parfois d&#233;cousue mais o&#249; on r&#233;ussit (presque) &#224; vous dire tout ce qui nous a plu ou pas dans cette saison.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;N.B. : M&#234;me si nous avons tent&#233; d'&#233;viter les spoilers, il vaut mieux lire cet article apr&#232;s avoir vu la saison 3&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Nous voil&#224; dans un exercice in&#233;dit sur le Cargo !, la chronique collaborative... On va voir comment &#231;a se passe au fur et &#224; mesure mais comme il faut bien commencer quelque part et que quelqu'un doit faire sa &lt;a href=&quot;https://choualbox.com/lwq6y&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Christine Ockrent&lt;/a&gt;... je me d&#233;voue : alors mesdames vous avez aim&#233; cette saison 3 ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line : &lt;/strong&gt; Franchement, j'ai kiff&#233;. Je l'attendais avec impatience, et j'ai eu la chance de pouvoir la voir au Grand Rex pour la &lt;strong&gt;Stranger Night&lt;/strong&gt;, toute la saison en une nuit, entour&#233;e de fans. J'avais un peu peur de m'ennuyer &#224; certains moments, comme ce fut le cas pour la saison 2. Mais en fait pas du tout, le d&#233;veloppement des personnages, les nouveaux qui sont introduits, le rythme, beaucoup de choses que j'ai aim&#233;es. Et on retourne encore un fois dans les ann&#233;es 80 avec un &#233;norme plaisir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Tr&#232;s agr&#233;ablement surprise pour ma part. L'intrigue fantastique devient un peu anecdotique et je sais que &#231;a a d&#233;&#231;u pas mal de gens, mais j'ai trouv&#233; la dynamique de la saison tr&#232;s r&#233;ussie avec notamment la multiplication des personnages qui est tr&#232;s bien g&#233;r&#233;e. Et une mani&#232;re assez jouissive d'assumer le grand n'importe quoi des situations et de le pousser parfois assez loin (comme le &lt;i&gt;deus ex machina&lt;/i&gt; compl&#232;tement improbable de la fin avec la constante de Planck). Au niveau de l'&#233;criture des personnages et dialogues, &#231;a reste toujours aussi fort. Le fantastique passe au second plan en termes d'int&#233;r&#234;t mais &#231;a ne m'a pas d&#233;rang&#233;e, je n'en attendais pas grand-chose.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; j'ai bien aim&#233; cette saison 3, en particulier le d&#233;but, pour la multiplication des personnages et des th&#232;mes &#233;voqu&#233;s par M&#233;lanie. Par contre si j'aime les sc&#232;nes de &quot;n'importe quoi&quot;, l'aspect com&#233;die et d&#233;veloppement des personnages, pour moi l'aspect fantastique &#233;tait important aussi&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Un peu d&#233;&#231;u pour le coup ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; oui, cette saison 3 p&#234;che au moins sur trois points : 1 - coh&#233;rence et cr&#233;dibilit&#233; (euh des russes qui construisent une base sous une petite bourgade am&#233;ricaine dans le plus grand secret tout en &#233;mettant un signal indiquant leur position tellement bien cod&#233; qu'il faut une journ&#233;e pour casser le &quot;code&quot; ???) , 2 - on reprend des &#233;l&#233;ments d&#233;j&#224; connus et on nous les ressert, sans sp&#233;cialement le justifier ni enrichir l'univers, 3 - le fantastique c'&#233;tait aussi l'&#233;l&#233;ment horrifique, la mise en danger des personnages, ici m&#234;me au plus fort du combat, je n'ai pas eu peur pour les personnages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie : &lt;/strong&gt; C'&#233;tait ce que je voulais dire par &quot;anecdotique&quot;, le fantastique est &#233;videmment central pour l'intrigue et le suspense, mais effectivement il se r&#233;p&#232;te et n'ajoute rien. Cela dit je m'aper&#231;ois que &#231;a ne m'a pas d&#233;rang&#233;e, parce qu'au final ce n'est plus pour &#231;a que je regarde la s&#233;rie depuis la saison 2. J'ai bien aim&#233; l'aspect r&#233;f&#233;rentiel, le trip &lt;i&gt;Profanateurs de s&#233;pultures&lt;/i&gt;, le genre de motif qui d'ailleurs &#224; une &#233;poque symbolisait au cin&#233;ma la peur du communisme. Je me suis demand&#233; s'il y avait un &#233;cho avec le choix des espions russes ici, m&#234;me s'il me semble que ce motif dans les films de SF remonte plut&#244;t aux ann&#233;es 50. En tout cas avec le recul, je me souviendrai beaucoup plus des sc&#232;nes et des personnages que de l'intrigue fantastique pour cette saison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour la coh&#233;rence et la cr&#233;dibilit&#233;, j'ai lu ce m&#234;me reproche ailleurs, mais on parle d'une s&#233;rie o&#249; des gamins sauvent le monde et o&#249; beaucoup de choses demandent une sacr&#233;e &quot;suspension d'incr&#233;dulit&#233;&quot;, alors pour moi &#231;a va de pair.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Je suis tellement d'accord sur la cr&#233;dibilit&#233;. En plus c'est totalement assum&#233;. Ils en jouent tellement &#224; fond que &#231;a en devient r&#233;jouissant &#224; la fin (il demande quand m&#234;me &#224; une enfant de rentrer dans une base militaire, elle m&#234;me les charrie sur le &lt;i&gt;child endangerment&lt;/i&gt;). C'est justement &#231;a et ce d&#233;lire &#224; plein tube qui fait de cette saison celle avec le plus d'humour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; La sc&#232;ne en question, je crois qu'elle a marqu&#233; tout le monde, et elle incarne bien ce que j'ai ador&#233; dans cette saison. Faire passer un personnage par un conduit d'a&#233;ration, c'est ultra classique. Mais &#231;a l'est d&#233;j&#224; moins d'avoir toute une sc&#232;ne o&#249; il faut convaincre une gamine t&#234;tue qui explique que ce qu'elle adore dans son pays, c'est le capitalisme. Le personnage de la petite Erica est g&#233;nialement &#233;crit et interpr&#233;t&#233; dans cette saison. J'ai bien aim&#233; l'accent mis sur les personnages secondaires qui ont un vrai r&#244;le &#224; jouer. Et j'aime beaucoup cette fa&#231;on de &quot;tordre&quot; les situations pour habiller des rebondissements classiques&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55340 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7640-f661c.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; pour revenir &#224; la cr&#233;dibilit&#233; et la coh&#233;rence, y a de quoi digresser longuement mais si j'essaie de r&#233;sumer, pour moi se placer dans un cadre fantastique ne signifie pas abolir les r&#232;gles mais les changer et surtout je ne l'oppose pas &#224; la possibilit&#233; de faire de l'humour et de partir dans des d&#233;lires, ce que j'ai bien aim&#233; aussi dans la s&#233;rie. Pour moi &lt;i&gt;Stranger Things&lt;/i&gt; est capable d'avoir toutes ses qualit&#233;s en m&#234;me temps et c'est l&#224; o&#249; elle est &#224; son meilleur, je prends un exemple : la sc&#232;ne de l'h&#244;pital o&#249; le groupe de Mike et Nancy/Jonathan sont r&#233;unis pour la premi&#232;re fois, l'infirmi&#232;re dit &#8220;Vous connaissez la r&#232;gle, pas plus de deux visiteurs &#224; la fois&#8221;, les personnages se s&#233;parent, c&#244;t&#233; Mike on est dans la com&#233;die filles vs gar&#231;ons, Nancy et Jonathan se font attaquer par leurs coll&#232;gues journalistes assimil&#233;s par le &lt;i&gt;MindFlayer &lt;/i&gt; (Flagelleur en VF). Il y a une vraie tension dramatique, une vraie peur pour les personnages. Et en m&#234;me temps, le fantastique en transformant les m&#233;chants sexistes en m&#233;chants monstres donne une opportunit&#233; de les montrer quelque part comme ce qu'ils sont et de se venger d'eux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; On est d'accord sur la question de la coh&#233;rence interne, c'est un point qui me h&#233;risse dans pas mal d'&#339;uvres fantastiques mais qui ne m'a pas du tout d&#233;rang&#233;e ici, alors qu'ailleurs &#231;a peut me sortir compl&#232;tement d'un film ou d'une s&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; L&#224; je pense qu'il est important de pr&#233;ciser pour le lecteur que ce genre d'exercice me pousse &#224; la critique et au pinaillage, &#231;a peut donner l'impression que j'ai pas aim&#233;, alors qu'en fait si mais &#231;a n'emp&#234;che pas de se dire &quot;&#231;a aurait pu &#234;tre mieux si ...&quot; Donc ce sont des choses que j'ai not&#233;es et dans 90% des cas elles n'ont pas cass&#233; mon immersion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie : &lt;/strong&gt; Tu parles de la s&#233;paration des personnages, c'est quelque chose que j'ai ador&#233; dans cette saison par rapport aux pr&#233;c&#233;dentes. On n'est plus dans l'histoire d'un groupe de quatre gamins mais vraiment dans une interaction constante entre diff&#233;rents groupes de personnages (enfants, ados, jeunes adultes, parents) et le c&#244;t&#233; &#233;clat&#233; de la narration donne un grand dynamisme. J'ai aim&#233; la fa&#231;on dont chaque petit groupe d&#233;voile une partie de l'histoire sans conna&#238;tre le tableau d'ensemble. Je trouve que c'&#233;tait extr&#234;mement r&#233;ussi en termes de construction, de montage altern&#233;, et de mani&#232;re de garder l'int&#233;r&#234;t tout du long.
Et l'&#233;criture des personnages est vraiment un des grands atouts de cette s&#233;rie. J'ai ador&#233; ce qu'apportent des personnages comme Max, Robin ou Erica.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55336 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7636-b9624.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; J'en suis &#224; deux visionnages de la saison et en re-regardant le premier &#233;pisode, je me suis fait exactement cette remarque sur la qualit&#233; de la narration et du montage, c'est tr&#232;s tr&#232;s bien fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; &#199;a m'a frapp&#233;e ici parce qu'on ne s'y perd jamais malgr&#233; la multiplication des fils de narration, et il n'y a pas vraiment d'intrigues moins int&#233;ressantes que d'autres. Et puis &#231;a donne une sc&#232;ne tr&#232;s dr&#244;le o&#249; tout le monde se retrouve au centre commercial et personne ne comprend de quoi parlent les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; La s&#233;paration des personnages en tout cas c'est un th&#232;me int&#233;ressant :ils l'avaient tent&#233; sur la 2 d&#233;j&#224;, avec beaucoup moins de r&#233;ussite mais &#231;a avait quand m&#234;me permis de cr&#233;er des dynamiques inattendues, par exemple Steve et Dustin, le &lt;i&gt;geek &lt;/i&gt; le plus impopulaire de la bande et le beau gosse du lyc&#233;e, qui d&#233;veloppent une relation attachante, reprise et amplifi&#233;e dans cette saison 3&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Oui, le r&#244;le de Steve est vraiment int&#233;ressant ici, le personnage y gagne beaucoup. J'ai aim&#233; aussi le fait d'aborder des th&#232;mes diff&#233;rents selon les groupes, comme Nancy et Jonathan qui se frottent aux difficult&#233;s de l'entr&#233;e dans le monde du travail, et au sexisme bien lourd et bien gras pour elle (d'ailleurs je me suis demand&#233; si c'&#233;tait volontaire que le pire de ses coll&#232;gues ressemble autant &#224; &lt;strong&gt;Donald Trump&lt;/strong&gt;). Ces th&#232;mes-l&#224; ne pouvaient concerner qu'eux, parce qu'ils sont plus &#226;g&#233;s que les gamins. Apr&#232;s on peut regretter que certains personnages soient un peu mis en retrait, Will notamment.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55337 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7637-7e2fa.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Sur Will, totalement d'accord, il &#233;tait la victime dans les deux premi&#232;res saisons, et l&#224; le personnage aurait m&#233;rit&#233; un peu plus. M&#234;me physiquement il fait un peu &quot;Mike Bis&quot; surtout avec l'horrible coupe au bol qu'ils ont tous les deux. C'est dommage que ce soit le gamin qui a le plus d'imagination et qui a le plus subi qui finalement soit laiss&#233; un peu sur le carreau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas si je suis d'accord, ok c'est pas l'homme d'action, mais il est autant mis en valeur qu'un Lucas. En plus c'est par ce personnage qu'on aborde le mieux un des th&#232;mes dont j'ai ador&#233; le traitement. Le passage &#224; la vie adulte. Lui et ses r&#234;ves, ses jeux d'enfant face &#224; ses amis ados qui ne pensent qu'aux filles. La difficult&#233; de grandir quand on aime ce monde qu'on s'est construit. Et je trouve le choix du perso qui ne veut pas grandir hyper int&#233;ressant, il a &#233;t&#233; priv&#233; d'un bout de sa vie, coinc&#233; dans un monde &#224; l'envers.
Est-ce qu'il veut fuir cette r&#233;alit&#233; qui a &#233;t&#233; dure pour lui ou bien est-ce qu'il veut rattraper du temps perdu ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Oui, on peut le voir sous cet angle, mais ce d&#233;veloppement m'a marqu&#233;e aussi parce qu'il dit quelque chose de tr&#232;s ordinaire et de tr&#232;s juste sur ce qu'est l'exp&#233;rience de l'adolescence, le fait de ne pas tous grandir au m&#234;me rythme, de s'&#233;loigner parfois de ses amis &#224; ce moment-l&#224; parce qu'on n'a plus les m&#234;mes centres d'int&#233;r&#234;t. &#199;a m'a renvoy&#233;e &#224; mes propres souvenirs de cet &#226;ge, d'un d&#233;calage pareil &#224; celui de Will, et je sais que d'autres spectateurs l'ont re&#231;u comme &#231;a aussi. J'ai trouv&#233; &#231;a vraiment tr&#232;s fort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Sur Will, en fait je suis d'accord avec vous, c'est totalement cool qu'il soit pas comme les autres, qu'il grandisse diff&#233;remment mais j'ai eu l'impression parfois que &#231;a le faisait passer pour un &quot;boulet&quot;, genre quand il s'obstine &#224; vouloir jouer &#224; D&amp;D et que les autres sont pas du tout sur la m&#234;me longueur d'ondes. Les autres ont toujours une perception un peu sp&#233;ciale de lui, genre &#224; la fin ils acceptent de jouer par piti&#233; ou Mike qui s'inqui&#232;te d&#232;s qu'il a l'air d'aller mal, ce qui est sympa en tant que pote et en m&#234;me est-ce qu'il le per&#231;oit pas toujours comme la victime&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie : &lt;/strong&gt; J'aimais bien depuis le d&#233;but la relation entre Mike et lui, le c&#244;t&#233; protecteur de Mike, mais c'est vrai qu'ici ils ne sont pas tendres avec le personnage et c'est un peu dommage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line : &lt;/strong&gt; Vous voyez qu'il est mis de c&#244;t&#233; Will, mais il fait r&#233;fl&#233;chir sur plein de trucs, plus qu'un Mike et ses histoires d'amour !!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; Oui mais parce qu'on regarde la s&#233;rie avec notre prisme &#224; nous, on est tous des Will :). Mais si je r&#233;sumais son apport dans la saison en mode connard &#231;a serait son cou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Et tu as lu qu'ils le faisaient passer pour un boulet, moi j'ai vu plut&#244;t un mec qui voulaient voir ses potes et en profiter, mais qu'ils n'&#233;taient pas l&#224; pour lui. D'ailleurs Mike, que &#231;a soit avec El ou Will, j'ai eu envie de lui foutre des tartes. Mais il fallait un outsider pour repr&#233;senter un panel de l'adolescence. Oui c'est pas un boulet, mais un outsider. Et certes ils acceptent de jouer avec lui par piti&#233; &#224; un moment, mais &#224; la fin je trouve que c'est une fa&#231;on de promettre de se revoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55342 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7642-5f30c.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; C'est clair que dans le groupe, les gar&#231;ons ne frappent pas par leur maturit&#233;, contrairement &#224; El et Max.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Contrairement &#224; toutes les femmes de la s&#233;rie non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Pas faux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Etant un peu f&#233;ministe, j'aime toujours voir les femmes prendre les d&#233;cisions et diriger l'action, et c'est souvent le cas avec Stranger Things.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; sur El et Max, elles sont un peu plus matures que les gar&#231;ons, ok c'est &quot;normal&quot; &#224; cet &#226;ge, en tout cas &#231;a se v&#233;rifie souvent... par contre elles restent des ados et tant mieux, surtout pour El qui n'a pas la chance d'avoir eu une vraie enfance... et une vraie garde-robe. Au 2&#232;me visionnage, je me suis dit que clairement y a un &quot;costumiste&quot; (?), un styliste on va dire qui s'est fait plaisir. Les tenues d'Eleven c'est un d&#233;fil&#233; de mode 80's !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Les costumes collent vraiment &#224; mes souvenirs de l'&#233;poque, j'&#233;tais coiff&#233;e exactement comme les filles ici. Il y a un vrai souci de la reconstitution des ann&#233;es 80 dans la s&#233;rie et pour avoir connu cette &#233;poque, je suis r&#233;guli&#232;rement frapp&#233;e par des petits d&#233;tails que j'avais oubli&#233;s et qui ont quasiment un effet de madeleine de Proust. Un motif de housse de couette dans la saison 1, et ici la fa&#231;on dont Max et Eleven s'attachent les cheveux. On n'est pas juste dans une reconstitution superficielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55344 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7644-6fbc7.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Et en plus d'&#234;tre une magnifique reconstitution r&#233;aliste, c'est aussi de v&#233;ritable hommages aux films et s&#233;ries de l'&#233;poque. Je vais revisionner la s&#233;rie juste pour m'amuser &#224; voir les clins d'oeil qu'il y a. Comme un de ces premier plans de l'&#233;pisode 1 sur cette horloge typique des ann&#233;es 80 qu'on retrouve dans Retour vers le futur, la chemise Magnum du Hopper. Je suis s&#251;re qu'il y en a pleiiin d'autres &#224; trouver&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie Fazi :&lt;/strong&gt; J'ai souvenir de r&#233;f&#233;rences claires &#224; &lt;i&gt;E.T.&lt;/i&gt; dans la premi&#232;re saison (la fa&#231;on dont Mike cache Eleven dans sa chambre), et &#224; &lt;strong&gt;Stephen King&lt;/strong&gt; qui me semble &#234;tre une influence majeure de la s&#233;rie : un clin d'oeil &#224; l'intrigue de &lt;i&gt;Charlie&lt;/i&gt; &#224; travers l'histoire de l'origine d'Eleven, puis un personnage qu'on voit dans une sc&#232;ne en train de lire le roman, et le groupe de gamins un peu nerds ou d&#233;cal&#233;s qui rappelle beaucoup le &quot;club des rat&#233;s&quot; de &#199;a. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la fa&#231;on d'ancrer le fantastique dans le quotidien d'une petite ville ordinaire et le d&#233;veloppement des personnages me rappellent vraiment son approche. Beaucoup plus que certaines adaptations directes de ses romans, qui sont souvent &#224; c&#244;t&#233; de la plaque ou peu repr&#233;sentatives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Les r&#233;f&#233;rences sont souvent claires, mais faut les trouver, &#231;a en devient un jeu. Et la saison 2 a clairement &lt;i&gt;Retour vers le Futur&lt;/i&gt; comme r&#233;f&#233;rence principale, d'un c&#244;t&#233;, &#231;a avait &#233;t&#233; annonc&#233;. Et je les soup&#231;onne d'avoir fait expr&#232;s de placer l'intrigue pile poil apr&#232;s la sortie du film pour lui rendre hommage&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55338 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7638-0c8e3.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Sur cette saison, je pense qu'on est tous d'accord pour dire que la partie fantastique est largement inspir&#233;e de &lt;i&gt;L'Invasion des profanateurs&lt;/i&gt; [de s&#233;pultures] (les deux films existent). Et par extension forc&#233;ment on pense &#224; &lt;i&gt;The Faculty&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Alors j'ai pas vu L'Invasion des profanateurs (me tapez pas !) mais j'ai tr&#232;s vite pens&#233; &#224; The Faculty.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; Moi non plus je ne l'ai pas vu, je connais essentiellement parce que The Faculty fait dire &#224; un de ses personnages qu'il repompe &#8220;expr&#232;s&#8221; ce film.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; The Faculty &#233;tait d&#233;j&#224; un film b&#226;ti sur ce genre de r&#233;f&#233;rences, on &#233;tait quasiment dans le m&#234;me exercice.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; Totalement ! Je trouve The Facuty vraiment tr&#232;s bon parce que c'est assum&#233; et bien utilis&#233;. Tout comme le premier &lt;i&gt;Scream&lt;/i&gt;, il joue avec les attentes du public et pratique une bonne forme d'auto-d&#233;rision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; C'est totalement &#231;a qui m'a fait penser &#224; The Faculty, et maintenant que tu le dis un peu de &lt;i&gt;Scream&lt;/i&gt;, ils reprennent beaucoup de codes classiques du cin&#233;ma pour en jouer et y ajoutant une tartine d'humour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;1195&quot; height=&quot;672&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/XGAw_FzwLSM&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie Fazi :&lt;/strong&gt; Je me demande dans quelle mesure ils n'ont pas, sur le long terme, l'intention de faire quelque chose &#224; la &lt;i&gt;American Horror Story&lt;/i&gt; qui reprendrait diverses figures classiques ou clich&#233;s, un diff&#233;rent dans chaque saison. Au d&#233;but de Stranger Things, on &#233;tait dans un fantastique assez diff&#233;rent, tr&#232;s inqui&#233;tant et presque &lt;strong&gt;lovecraftien &lt;/strong&gt; dans sa fa&#231;on de sugg&#233;rer un &quot;ailleurs&quot; &#233;trange sans jamais vraiment nous le montrer. Ici on est pass&#233; &#224; tout autre chose, quelque chose de plus gore et de beaucoup moins effrayant, mais aussi une r&#233;f&#233;rence &#224; un type de fantastique diff&#233;rent avec ce motif de la contamination des habitants. Et l&#224; encore je pense &#224; Stephen King qui s'est lui aussi toujours nourri de vieux films et romans fantastiques pour cr&#233;er ses histoires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; C'est marrant le rapport &#224; l'horreur que tu imagines. J'avais plut&#244;t l'impression que la part d'horreur et sa vision &#233;voluait avec les personnages. Genre la saison 1 faisait flipper, comme un enfant qui a peur de tout, on faisait plus face &#224; ses peurs avec la saison 2 (et le combat face de &lt;i&gt;demodogs&lt;/i&gt;) et avoir vraiment moins peur dans cette saison, comme des ado qui n'ont peur de rien. Le truc qui fait le plus flipp&#233; est le design de &lt;i&gt;Mindflayer &lt;/i&gt; (j'ai cru que ses dents &#233;taient des jambes). Bref, j'ai l'impression qu'on a moins peur parce que les enfants ont grandi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Oui, c'est possible aussi. M&#234;me si pour le coup le fantastique de la saison 1 me paraissait plus adulte avec sa part de suggestion et d'&#233;tranget&#233;, alors qu'ici on voit clairement les monstres, ce qui pour moi aurait quelque chose de plus enfantin.
Mais le sentiment d'impuissance face aux &#233;v&#233;nements &#233;tait plus grand avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky : &lt;/strong&gt; Je suis d'accord avec M&#233;lanie sur le c&#244;t&#233; plus adulte et plus s&#233;rieux de l'horreur dans la saison 1. Pour en revenir au Mindflayer il change sensiblement de design au cours du temps : au d&#233;but de la saison 2, c'est une silhouette tentaculaire &#224; la Lovecraft, puis on le voit de mieux et mieux mais il n'est pas r&#233;ellement terrifiant, moi en tout cas j'avais l'impression de voir un poulpe gonflable s'agiter au gr&#233; du vent, et l&#224; dans la saison 3 c'est une cr&#233;ature &lt;strong&gt;gore&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; C'est un peu &lt;strong&gt;The Thing&lt;/strong&gt; par certains aspects, non ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; J'aurais dit &lt;strong&gt;Le Blob&lt;/strong&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; M&#234;me le fait qu'il se cache dans les personnages, sans qu'on sache toujours bien lesquels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Qu'il soit dans les gens, les animaux, il est clairement d&#233;gueu quand m&#234;me. Et comment ils se liqu&#233;fient&#8230; beurk.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; D&#233;gueu oui mais pas tr&#232;s effrayant. Pour ce qui est de cette forme d'horreur moins subtile et moins effrayante, pour moi l'explication est assez simple, &#231;a rejoint la tonalit&#233; plus humoristique de la saison. C'est possible de rire aux &#233;clats dans un film d'horreur mais d'avoir &#224; la fois une tonalit&#233; dramatique et des sc&#232;nes potaches tout le temps je pense pas, les deux ont tendances &#224; se neutraliser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie : &lt;/strong&gt; Je vois ce que tu veux dire mais je ne suis pas s&#251;re que ce soit vraiment antinomique. Une s&#233;rie comme &lt;i&gt;Buffy&lt;/i&gt; arrivait &#224; concilier les deux d'une mani&#232;re tr&#232;s forte. Mais clairement, l'accent de cette saison est moins mis sur le fantastique que sur l'aspect comique ou absurde des situations et sur les relations entre les personnages.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micky :&lt;/strong&gt; Oh l&#224; je ne vais pas relancer la discussions sur Buffy, &#231;a va durer des heures ! &lt;i&gt;(en vrai &#231;a a dur&#233; un bon moment mais on a coup&#233;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Bref, on parle de toutes ces choses qu'on aime, Micky a dit un peu de ses d&#233;ceptions, mais je voudrais en &#233;voquer une. ON EN PARLE DE HOPPER ???
Parce que moi, c'&#233;tait un perso que j'aimais beaucoup, totalement &lt;i&gt;badass&lt;/i&gt;, je tape et je questionne apr&#232;s. Un mec fort qui fait un peu ce qu'il veut. Triste et paum&#233; aussi. Alors oui, on est content qu'il ait une nouvelle fille en El, mais pourquoi en avoir fait une ... patate ?! Il est l&#224; pour faire rire que &#231;a soit dans son r&#244;le de p&#232;re ou dans sa relation avec Joyce. &#199;a en devient tellement forc&#233; qu'il en est presque clownesque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55339 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7639-bacd9.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie : &lt;/strong&gt; &#199;a ne m'a pas d&#233;rang&#233;e, mais ce n'est pas un personnage qui m'avait tellement marqu&#233;e avant. La relation avec Joyce m'a amus&#233;e m&#234;me si effectivement c'est un peu forc&#233;, et la sc&#232;ne avec Murray, le traducteur et l'espion russe qui s'&#233;tonnent qu'ils n'aient pas d&#233;j&#224; couch&#233; ensemble m'a vraiment fait rire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Cette sc&#232;ne n'&#233;tait qu'une redite de la sc&#232;ne entre Jonathan et Nancy dans la saison 2. Ils ont r&#233;utilis&#233; Murray exactement de la m&#234;me fa&#231;on que dans la saison 2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Et puis j'ai trouv&#233; la fin tr&#232;s &#233;mouvante, le passage avec la lettre qui n'a jamais &#233;t&#233; lue, &#231;a m'a vraiment mis les larmes aux yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; J'avoue, j'ai eu la larme &#224; l'&#339;il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; &#231;a aurait du &#234;tre ma r&#233;action aussi mais j'avais d&#233;j&#224; perdu toute empathie pour le personnage &#224; ce stade de la s&#233;rie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une question sur le f&#233;minisme&#8230; vous trouvez pas que Jonathan n'est pas &#224; la hauteur du tout dans cette saison ? Il laisse la pauvre Nancy se faire d&#233;zinguer par ces ignobles coll&#232;gues, limite en lui disant de la fermer !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Mais Jonathan ne sert a rien en g&#233;n&#233;ral, &#224; part faire ce que Nancy lui dit&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Dans la 1 c'&#233;tait l'arch&#233;type de l'ado sensible artiste un peu exclu, il &#233;tait m&#234;me un point de vue narratif important, &#224; &#233;galit&#233; avec Nancy, qui le bouffe compl&#232;tement dans cette saison.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; C'est une saison dont les femmes sortent gagnantes de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Les femmes sortent gagnantes mais doivent se battre pour se faire entendre. Et qu'est ce qu'elles sont fortes dans Strangers things, depuis le d&#233;but. Quelle perso f&#233;minin n'est pas fort dans cette s&#233;rie ?
Je vois que la m&#232;re de Nancy, mais justement elle permet &#224; Nancy de se positionner &#224; l'oppos&#233;, &#224; ce qu'elle ne veut pas devenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55343 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7643-a8cb5.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; J'ai particuli&#232;rement aim&#233; la fa&#231;on dont ils ont d&#233;velopp&#233; le personnage de Max ici, comme membre int&#233;gral de la bande, pas juste &quot;la fille en plus&quot;, et qui initie Eleven &#224; la fois au f&#233;minisme, aux comics, et la pousse &#224; explorer ses propres go&#251;ts au lieu de suivre ce que Mike ou Hopper lui disent de faire. Et c'est un personnage qui se bagarre au m&#234;me titre que les gar&#231;ons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Moi je voudrais d&#233;fendre la m&#232;re de Nancy, elle a quand m&#234;me une certaine &#233;paisseur mais par rapport &#224; sa g&#233;n&#233;ration elle a tout un carcan social et mental dont il est difficile de se d&#233;faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Sur &#231;a, je suis d'accord. Elle a subi la pression de son &#233;poque. Et la voir inviter sa fille &#224; se battre, j'ai ador&#233;. Malgr&#233; qu'elle soit enferm&#233;e dans son r&#244;le de femme au foyer, elle ne cantonne pas les femmes &#224; &#231;a, et surtout pas sa fille. Ca lui donne de la profondeur, parce que dans les saisons pr&#233;c&#233;dentes, c'&#233;tait juste la meuf qui hurlait &#224; son mari d'ouvrir la porte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Je trouve &#231;a important de monter aussi des personnages qui ne soient pas ouvertement des battants, sinon on tombe vite dans le clich&#233;. Oui, c'est un personnage qui a ses propres carcans et qui agit &#224; partir de l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Avant de conclure, je voulais quand m&#234;me &#233;voquer une autre nouveaut&#233; de cette saison : la dimension sociale : avec l'arriv&#233;e d'un centre commercial &#224; Hawkins, on voit les magasins familiaux (les &#8220;moms &amp; pops&#8221;) fermer, le centre-ville devient une zone morte tandis que le &#8220;mall&#8221; devient non plus seulement le lieu de l'hyper-consommation mais le nouveau centre de gravit&#233; de Hawkins, l'endroit o&#249; on sort, o&#249; on vient &#8220;consommer&#8221; aussi loisirs ou culture. On d&#233;couvre plus tard la responsabilit&#233; l&#224;-dedans d'un maire corrompu et cynique &#224; l'extr&#234;me. Il y a aussi les piques sur le capitalisme dans la sc&#232;ne o&#249; Steve et Dustin essaie de persuader Erica de les aider.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre parce qu'aux Etats-Unis il serait presque inimaginable pour une s&#233;rie &lt;i&gt;mainstream &lt;/i&gt; d'attaquer frontalement le capitalisme (vous vous seriez imm&#233;diatement trait&#233;s de &#8220;communistes&#8221; comme dans la s&#233;rie et s&#251;rement bien pire sur Fox News) mais c'est fait avec humour et subtilit&#233; et c'est totalement justifi&#233; parce que c'est un &#233;l&#233;ment culturel embl&#233;matique des ann&#233;es 80 am&#233;ricaines (qui me fait toujours penser &#224; &#231;a), m&#234;me si le &#8220;shopping mall&#8221; est un mod&#232;le qui commence d&#232;s les ann&#233;es 60.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;line :&lt;/strong&gt; Oui &#231;a remet en question ce mod&#232;le qui commence a &#234;tre pas mal critiqu&#233; de nos jours. C'est intelligent, tout comme j'y ai vu aussi une petite critique du pouvoir actuel avec des petites choses o&#249; l'on pourrait voir Trump (genre le maire qui fait ce qui veut... ). Non mais j'ai vraiment aim&#233; cette saison, ok l'histoire de base est pas hyper originale, on frissonne pas comme dans la premi&#232;re saison mais tout est tellement bien fait. L'&#233;criture, la photographie, le rythme, les r&#233;f&#233;rences, m&#234;me l'humour qui aurait pu devenir bien lourd &#233;tait tr&#232;s bien dos&#233;. En fait ils ont fait un beau jeu d'&#233;quilibriste. Une des seules choses qui me fait peur c'est la fin et l'ouverture sur la saison 4. J'esp&#232;re qu'ils ne vont pas remettre des Russes, &#231;a n'aurait aucun int&#233;r&#234;t...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;lanie :&lt;/strong&gt; Effectivement cette dimension sociale m'a frapp&#233;e aussi, et &#231;a rejoint la place prise par la dimension f&#233;ministe qu'on &#233;voquait (et la pique envers Trump qu'il m'a sembl&#233; voir &#224; travers ce personnage dont je parlais plus haut). Pour la suite, je suis curieuse de voir quelle direction ils vont choisir de prendre, notamment au niveau de l'&#233;volution des personnages. Ils sont de toute mani&#232;re oblig&#233;s de les faire entrer dans l'adolescence puisque les acteurs grandissent en m&#234;me temps mais &#231;a peut donner quelque chose d'int&#233;ressant, un peu comme dans les adaptations de Harry Potter o&#249; les acteurs ont vraiment grandi sous nos yeux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Micka&#235;l :&lt;/strong&gt; Mes acolytes ont d&#233;j&#224; &#224; peu pr&#232;s tout dit... M&#234;me si j'ai beaucoup aim&#233; cette saison je suis aussi le plus critique &#224; son sujet et c'est certainement parce que j'ai toujours en t&#234;te la magie de la saison 1. Ce qui me vient &#224; l'esprit c'est encore cette sc&#232;ne o&#249; Will essaie de relancer la campagne de D&amp;D alors que les autres sont pass&#233;s &#224; autre chose. Pour les fans comme moi, on peut y voir un message salutaire des fr&#232;res Duffer : restez-pas coinc&#233;s l&#224;-dessus les gars, une s&#233;rie ne gagne rien en se r&#233;p&#233;tant, elle &#233;volue, au rythme de ses personnages, elle nous emm&#232;ne ailleurs. Dans la saison 3, c'est surtout vers le d&#233;veloppement des personnages, la com&#233;die, peut-&#234;tre un peu aux d&#233;pends du fantastique. &#199;a serait &#8220;parfait&#8221; si la saison 4 creusait un peu plus l'&lt;i&gt;Upside Down&lt;/i&gt; mais m&#234;me sans cela, je suis d&#233;j&#224; press&#233; de retrouver ces personnages auxquels je me suis attach&#233;, les nouveaux comme les anciens (Robin je t'aime).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_55341 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH250/-7641-0111f.jpg' width='500' height='250' alt=&quot;&quot; style='height:250px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cobra Kai</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/cobra-kai/saison-2/article9909.html</link>
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		<dc:date>2019-05-03T15:42:58Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nikola Kesic</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; -La d&#233;faite n'existe pas dans ce dojo, n'est-ce pas ? -Non, Sensei ! &#187; John Kreese/Karate Kid, 1984 La premi&#232;re saison de Cobra Kai, au miraculeux succ&#232;s critique et public, pla&#231;ait d'embl&#233;e la barre tr&#232;s haut en termes d'attentes et d'exigences pour la suite. Le trio de sc&#233;naristes/producteurs allait-il r&#233;it&#233;rer l'exploit et parvenir &#224; maintenir la qualit&#233; du show et continuer sur cette voie ? Dans l'ensemble, oui. Pour ce qui est de l'histoire, le fond est l&#224; et embraye intelligemment sur les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/series/rubrique169.html" rel="directory"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; -La d&#233;faite n'existe pas dans ce dojo, n'est-ce pas ? -Non, Sensei ! &#187;
&lt;strong&gt;John Kreese&lt;/strong&gt;/&lt;i&gt;Karate Kid&lt;/i&gt;, 1984&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/cobra-kai/saison-1/article9539.html&quot; class='spip_out'&gt;premi&#232;re saison&lt;/a&gt; de Cobra Kai, au miraculeux succ&#232;s critique et public, pla&#231;ait d'embl&#233;e la barre tr&#232;s haut en termes d'attentes et d'exigences pour la suite. Le trio de sc&#233;naristes/producteurs allait-il r&#233;it&#233;rer l'exploit et parvenir &#224; maintenir la qualit&#233; du show et continuer sur cette voie ? Dans l'ensemble, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour ce qui est de l'histoire, le fond est l&#224; et embraye intelligemment sur les acquis. Deux difficult&#233;s s'&#233;rigent en challenge pour les deux Senseis d&#233;sormais : Pour &lt;strong&gt;Johnny Lawrence&lt;/strong&gt;, c'est de ne pas basculer dans les vieux travers qui d&#233;finissaient le &lt;strong&gt;Cobra Kai&lt;/strong&gt;, et de s'en tenir &#224; des valeurs r&#233;centes pour lui et qu'il voudrait repr&#233;sentatives de sa nouvelle fa&#231;on de voir les choses. Modifier les bases de son karat&#233; afin de le rendre plus honorable. Pour&lt;strong&gt; Daniel Larusso&lt;/strong&gt;, c'est d'arriver &#224; transmettre les le&#231;ons qu'il a apprises avec &lt;strong&gt;Ma&#238;tre Miyagi&lt;/strong&gt;, tout en les renouvelant afin de s'affranchir partiellement du lourd h&#233;ritage que cela repr&#233;sente pour lui. Comme lui conseille sa femme dans le deuxi&#232;me &#233;pisode : &#171; Tu n'as pas besoin d'&#234;tre M. &lt;strong&gt;Miyagi&lt;/strong&gt;. Sois juste M. &lt;strong&gt;Larusso &lt;/strong&gt; &#187;. Ils vivent donc d&#233;sormais tous deux avec un poids personnel sur les &#233;paules : &#234;tre &#224; la hauteur des valeurs qu'ils veulent dispenser. Mais comme tous deux voient leur &#233;cole comme une solution &#224; ce qu'ils consid&#232;rent &#234;tre une agression venant du dojo adverse, n&#233;e d'une animosit&#233; aliment&#233;e par des souvenirs de jeunesse qui les a marqu&#233;s au fer rouge, ce sera difficile pour eux de prendre du recul et de faire abstraction d'une ranc&#339;ur aussi vieille que tenace.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_53626 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-5984-9254e.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet &#233;quilibre pr&#233;caire entre les deux &#233;coles sera d'ailleurs s&#233;rieusement menac&#233; par un vieil ennemi dont l'arriv&#233;e &#224; la toute fin de la saison 1 laissait pr&#233;sager le pire. Tel le serpent embl&#233;matique du &lt;i&gt;Cobra Kai&lt;/i&gt;, la pr&#233;sence du vieux sensei &lt;strong&gt;John Kreese&lt;/strong&gt; d&#233;stabilise sournoisement les vell&#233;it&#233;s de r&#233;demption de Lawrence. Un fant&#244;me du pass&#233;, reflet de ce que &lt;strong&gt;Johnny &lt;/strong&gt; ne veut plus &#234;tre d&#233;sormais mais &#224; qui il doit ironiquement sa gloire d'antan. Ses actions au cours de la saison sont assez bien amen&#233;es pour qu'on se m&#233;fie de lui de mani&#232;re instinctive, bien qu'en ayant par moment de la piti&#233;, voire de l'empathie, pour l'&#234;tre ab&#238;m&#233; et vieillissant qu'il semble &#234;tre devenu. Le traitement du personnage, sans le rendre forc&#233;ment sympathique, lui conf&#232;re une fragilit&#233; et une patine plus humaine que dans la trilogie cin&#233;. La v&#233;rit&#233; sur son pass&#233; notamment, permet de craqueler l'aspect monolithique et sans nuances du personnage. Cependant, son influence n&#233;faste continuera &#224; transformer le personnage instable de &lt;strong&gt;Hawk&lt;/strong&gt;, dont la mutation agressive atteindra son apog&#233;e lors du dixi&#232;me &#233;pisode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_53627 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-5985-f44d9.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'autre bonne id&#233;e de cette saison est d'avoir centr&#233; l'intrigue pendant les vacances d'&#233;t&#233; suivant le tournoi (&#224; l'image du deuxi&#232;me film d'ailleurs) et de ne pas avoir fait un calque des enjeux pr&#233;c&#233;dents. Pas de tournoi ici mais plut&#244;t une volont&#233; de renforcer la mise en place des personnages pour les laisser vivre leur &#233;volution r&#233;cente et les faire s'&#233;panouir. Les histoires dans chaque camp vont se d&#233;velopper en reflet ici aussi : deux senseis en prise avec la difficult&#233; d'enseigner, deux nouvelles histoires d'amour, deux personnages comiques d&#233;cal&#233;s. Comme si, encore une fois, on avait droit &#224; deux facettes d'une m&#234;me histoire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et surtout, l'&#233;volution de &lt;strong&gt;Johnny&lt;/strong&gt;, son constat d'&#233;chec en tant que p&#232;re et son impossibilit&#233; &#224; r&#233;parer sa relation avec son fils qui a bascul&#233; du c&#244;t&#233; &lt;strong&gt;Miyagi-Do &lt;/strong&gt; dojo, continue &#224; &#234;tre la grande r&#233;ussite de la s&#233;rie. Le personnage essaye toujours de se racheter une conduite malgr&#233; des mauvaises racines assez tenaces, notamment en s'occupant de &lt;strong&gt;Miguel &lt;/strong&gt; qui est plus un fils de substitution qu'un &#233;l&#232;ve et qu'il essaye d'&#233;loigner des anciens pr&#233;ceptes belliqueux du &lt;strong&gt;Cobra Kai&lt;/strong&gt;. Par cons&#233;quent, sa mani&#232;re de s'ouvrir &#224; Miguel et l'importance qu'il donne &#224; placer les bons curseurs d'enseignement le rendent tr&#232;s attachant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_53628 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-5986-60696.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, &#224; l'image des deux h&#233;ros qui se cherchent, la s&#233;rie joue parfois dangereusement avec la forme pour se renouveler. Elle se cherche au risque de basculer dans la facilit&#233;. Trouver autre chose que lustrer/frotter, chercher le gimmick &#224; tout prix et il n'y a qu'un pas pour basculer dans la caricature. Les &#171; trucs &#187; d'entra&#238;nements sont un peu plus grossiers et demandent une suspension d'incr&#233;dulit&#233; et une bienveillance bien plus grandes que dans la saison pass&#233;e. Le 7e &#233;pisode est ainsi le plus maladroit de la saison en cours, les entra&#238;nements respectifs des deux &#233;coles frisent le ridicule (une variation du jeu du drapeau en for&#234;t pour le &lt;strong&gt;Cobra Kai&lt;/strong&gt; et un entrainement en chambre froide pour le &lt;strong&gt;Miyagi-Do&lt;/strong&gt;). La d&#233;monstration fonctionne mal visuellement car peu cr&#233;dible et trop facile. C'est d'autant plus dommage que le ton adulte et grave de l'&#233;pisode pr&#233;c&#233;dant proposait une parenth&#232;se assez &#233;mouvante, on y voyait &lt;strong&gt;Johnny &lt;/strong&gt; retrouver les anciens membres de son gang et partir dans une vir&#233;e &#224; moto profond&#233;ment nostalgique. Un constat touchant sur un pass&#233; r&#233;volu et sur la fragilit&#233; de la condition humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ces quelques maladresses ne nuisent pas trop au show tellement il est, encore une fois,respectueux de son h&#233;ritage. Cette saison (bien plus que la pr&#233;c&#233;dente) est blind&#233;e de r&#233;f&#233;rences plus ou moins &#233;videntes aux films pr&#233;c&#233;dents. Que ce soit la musique, les situations, les r&#233;f&#233;rences
visuelles ou certaines lignes de dialogues, les easter eggs &#8211; ou r&#233;f&#233;rences cach&#233;es en fran&#231;ais &#8211; sont imbriqu&#233;s dans la structure narrative de mani&#232;re tellement &#233;vidente qu'ils participent &#224; l'ADN de la s&#233;rie. A la fois un cadeau aux fans hardcore mais aussi une mani&#232;re d'ancrer cette histoire dans une
boucle qui semble se r&#233;p&#233;ter comme une mal&#233;diction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_53629 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-5987-21a87.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la premi&#232;re saison a obtenu son 1er Dan haut la main et avec les honneurs, le 2&#232;me Dan ici est valid&#233; avec quelques approximations. Mais ce que la saison a un peu perdu en fluidit&#233; et en homog&#233;n&#233;it&#233;, elle l'a gagn&#233; en duret&#233;. Les confrontations s'enchainant et montant en intensit&#233; cr&#233;ent une tension qui ne demande qu'&#224; exploser. Entre les &#233;l&#232;ves comme entre les deux rivaux principaux. La m&#232;che sera allum&#233;e lors d'un final explosif &#224; la conclusion tristement dramatique. Ironiquement, m&#234;me les bonnes d&#233;cisions peuvent provoquer les pires d&#233;nouements. C'est en cela que la s&#233;rie continue &#224; surprendre, de mani&#232;re moins &#233;clatante car parsem&#233;e de moments virant un peu plus vers le teen soap op&#233;ra, mais pr&#233;servant un univers et une galerie de personnages qui se construisent entre &#233;quilibre et chaos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Russian Doll</title>
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		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



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&lt;p&gt;En regardant sur Rotten Tomatoes, le score de Russian Doll une des nouvelles s&#233;ries Netflix en ce d&#233;but 2019, je n'ai pas compris. 97% ce n'est plus un consensus ou un pl&#233;biscite c'est un score d'&#233;lection dans feu l'Union Sovi&#233;tique. Mais bon quelque part &#231;a me plait d'&#234;tre Lorenzo Lamas, un rebelle en cheveux longs et harley bus RATP qui va faire gagner l'ordre et la justice et vous expliquer pourquoi Russian Doll c'est juste un &quot;mouais bof&quot;. A la mani&#232;re de C'est assez simple de r&#233;sumer la s&#233;rie : (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/series/rubrique169.html" rel="directory"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En regardant sur &lt;a href=&quot;https://www.rottentomatoes.com/tv/russian_doll/s01/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Rotten Tomatoes&lt;/a&gt;, le score de &lt;i&gt;Russian Doll&lt;/i&gt; une des nouvelles s&#233;ries &lt;strong&gt;Netflix &lt;/strong&gt; en ce d&#233;but 2019, je n'ai pas compris. &lt;strong&gt;97%&lt;/strong&gt; ce n'est plus un consensus ou un pl&#233;biscite c'est un score d'&#233;lection dans feu l'Union Sovi&#233;tique. Mais bon quelque part &#231;a me plait d'&#234;tre Lorenzo Lamas, un rebelle en cheveux longs et &lt;strike&gt;harley&lt;/strike&gt; bus RATP qui va faire gagner l'ordre et la justice et vous expliquer pourquoi Russian Doll c'est juste un &quot;mouais bof&quot;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;A la mani&#232;re de&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est assez simple de r&#233;sumer la s&#233;rie : vous prenez &lt;i&gt;Un jour sans fin&lt;/i&gt;, le film o&#249; &lt;strong&gt;Bill Murray&lt;/strong&gt; est condamn&#233; &#224; revivre encore et encore la m&#234;me journ&#233;e, vous remplacez Bill par Nadia (jou&#233;e par Natasha Lyonne) une rouquine avec les cheveux en p&#233;tard dans un New York branch&#233; qui veut vous faire savoir qu'il l'est et vous avez grosso modo le pitch. Plus exactement vous avez tout le pitch. Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'une s&#233;rie ou un film reprend cette id&#233;e de boucle temporelle mais g&#233;n&#233;ralement quand vous d&#233;crivez la s&#233;rie &#224; votre meilleur pote ou &#224; vos lecteurs du Cargo !, vous dites c'est &lt;i&gt;&quot;comme un Jour sans fin sauf que&quot;&lt;/i&gt;. Sauf que l&#224; il n'y a pas de &quot;sauf que&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/YHcKoAMGGvY&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;simple et basique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais l'important n'est pas forc&#233;ment la m&#233;canique ou son originalit&#233; me direz-vous, au contraire m&#234;me, ce qui est int&#233;ressant, plus que le pourquoi du comment, c'est de s'en servir comme &lt;strong&gt;r&#233;v&#233;lateur&lt;/strong&gt;. Et l&#224; on s'attendait &#224; beaucoup plus et beaucoup mieux : le titre nous vend des &lt;strong&gt;poup&#233;es russes&lt;/strong&gt; : on pensait &#224; des myst&#232;res &#224; l'int&#233;rieur des myst&#232;res (souvenez-vous quand &lt;strong&gt;Lost&lt;/strong&gt; c'&#233;tait bien) , des personnages complexes r&#233;v&#233;l&#233;es par des couches successives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est loin du compte malheureusement. &#192; commencer par le personnage principal, Nadia, un personnage en repr&#233;sentation permanente, qui se surjoue m&#234;me au t&#233;l&#233;phone, seule dans la rue. Une new-yorkaise branch&#233;e &#224; la limite de la caricature, qui a son propre dealer, son &#233;picier indien attitr&#233; et qui bosse dans le jeu vid&#233;o &lt;i&gt;arty &lt;/i&gt;, elle fume et boit comme si les 20 derni&#232;res ann&#233;es et le cancer n'avaient jamais exist&#233;, elle a une palette d'amis LGBTQ, artistes boh&#232;mes, originaux en tout genre. Et elle est blas&#233;e de tout bien s&#251;r, se retrouver &#224; c&#244;t&#233; d'un plan &#224; 4 dont un mec qui a un godemich&#233; attach&#233; aux fesses, &#231;a ne lui fait m&#234;me pas lever un sourcil. Pour les multiples dimensions on repassera : &#224; part avoir une maman folle, en huit &#233;pisodes on en apprendra pas beaucoup plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'y a pas beaucoup plus &#224; d&#233;couvrir chez les autres personnages, que ce soit l'ex qui n'arrive pas &#224; tirer un trait, le vieux beau prof de fac philosophe bas de gamme qui se tape ses &#233;tudiantes, l'&#233;tudiante en question. Il y a bien un clodo sympathique mais excentrique qui semble en savoir plus qu'il ne le montre (tr&#232;s original l&#224; encore...) Mais heureusement...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;&#192; deux c'est mieux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En mourant pour la &#233;ni&#232;me fois, dans un ascenseur en chute libre, Nadia rencontre &lt;strong&gt;Alan&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Charlie Barnett&lt;/strong&gt; ) qui lui aussi revit sans cesse la m&#234;me journ&#233;e et en un sens il est encore plus malheureux que Nadia qui revient &#224; la soir&#233;e d'anniversaire de ses trente-six ans : il est le petit ami de l'&#233;tudiante qui se tape son prof cit&#233; plus haut et sa boucle commence par sa rupture, plut&#244;t douloureuse. Une des connexions au d&#233;part invisible entre les deux (c'est le seul aspect poup&#233;e russe dans cette histoire). Une autre qui fait &quot;tilt&quot; est que Charlie est fan de jeux vid&#233;os et il a jou&#233; &#224; un des jeux de Nadia, un jeu d'aventure r&#233;put&#233; impossible &#224; finir (oh la belle mise en ab&#238;me)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir du moment o&#249; Nadia et Charlie sont ensemble, &#231;a va beaucoup mieux, en partie parce que &#231;a &#233;vite &#224; Nadia de brasser de l'air ou de se rendre antipathique &#224; torturer son pauvre ex. Notons quand m&#234;me qu'avant d'en arriver l&#224; on se tape deux ou trois &#233;pisodes qu'un monteur s&#233;rieux aurait pu r&#233;duire &#224; 1 ou alors, impitoyable avec ses ciseaux &#224; la Edouard aux Mains d'Argent aux mains, il aurait exig&#233; des sc&#233;naristes de faire un travail d'&#233;criture plus int&#233;ressant ou des personnages plus bandants. Je dis &#231;a je dis rien Natasha Lyonne, &lt;strong&gt;Leslye Headland&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Amy Poehler&lt;/strong&gt; (les trois cr&#233;atrices de la s&#233;rie) mais &lt;strong&gt;Neil Gaiman&lt;/strong&gt; propose un masterclass &#224; 100&#8364;. On demandait pas &lt;i&gt;Twin Peaks&lt;/i&gt; mais &#224; ce stade m&#234;me &lt;i&gt;Dawson&lt;/i&gt;... Arf je m'emporte et je suis peut-&#234;tre de mauvaise foi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Tout n'est pas perdu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_51895 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-4268-6eee3.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Eh bien oui tout n'est pas mauvais dans Russian Doll, l'image est belle, les personnages pas forc&#233;ment si creus&#233;s que &#231;a sont quand m&#234;me cr&#233;dibles et surtout ils forment une galerie sympathique d'une sorte de new-York id&#233;alis&#233; plein d'artistes, tol&#233;rants des pratiques sexuelles de chacun, o&#249; la drogue et le mot r&#233;cr&#233;atif vont s&#233;rieusement ensemble. J'ai beaucoup &lt;i&gt;bitch&#233;&lt;/i&gt; sur &lt;strong&gt;Natasha Lyonne&lt;/strong&gt; mais &#224; la fin de la s&#233;rie j'avais d&#233;velopp&#233; une sorte de tendresse pour elle et pour Alan. La s&#233;quence finale est superbement r&#233;ussie aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En fait, a posteriori, l'erreur, ce qui fait que je ne suis pas dans les 97% c 'est que j'y suis all&#233; pour voir une s&#233;rie fantastique, avec une m&#233;canique qui se tient, une intrigue &#224; tiroirs alors qu'au final Russian Doll c'est peut &#234;tre avant tout les personnages et la ville. Si vous &#234;tes s&#233;duits par cette proposition, &#231;a risque bien de le faire, si vous voulez un peu plus ou que Nadia vous prend &#224; rebrousse-poils d&#232;s le d&#233;but, vous pourriez bien ne pas y trouver votre compte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Origin</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/origin/saison-1/article9702.html</link>
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		<dc:date>2018-11-27T15:30:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La rentr&#233;e 2018 n'a pas &#233;t&#233; franchement tr&#232;s excitante niveau s&#233;ries, en particulier pour qui aime le fantastique et la SF. On a m&#234;me fr&#244;l&#233; la disette avec l'annulation de The Expanse, heureusement reprise par un autre network. Mais donc pas grand chose de neuf &#224; se mettre sous la dent et puis on tombe sur Origin, produite par Youtube Premium (anciennement Youtube Red). Une s&#233;rie de SF... pas de stars &#224; la r&#233;alisation, au sc&#233;nario ou dans le casting, pas de buzz autour de la s&#233;rie... mais peu importe on (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/series/rubrique169.html" rel="directory"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH85/arton9702-ee040.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La rentr&#233;e 2018 n'a pas &#233;t&#233; franchement tr&#232;s excitante niveau s&#233;ries, en particulier pour qui aime le &lt;strong&gt;fantastique &lt;/strong&gt; et la &lt;strong&gt;SF&lt;/strong&gt;. On a m&#234;me fr&#244;l&#233; la disette avec l'annulation de &lt;i&gt;The Expanse&lt;/i&gt;, heureusement reprise par un autre network. Mais donc pas grand chose de neuf &#224; se mettre sous la dent et puis on tombe sur &lt;i&gt;Origin&lt;/i&gt;, produite par &lt;strong&gt;Youtube Premium&lt;/strong&gt; (anciennement &lt;strong&gt;Youtube Red&lt;/strong&gt;). Une s&#233;rie de SF... pas de stars &#224; la r&#233;alisation, au sc&#233;nario ou dans le casting, pas de buzz autour de la s&#233;rie... mais peu importe on se lance &#224; l'aventure !&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;le neuvi&#232;me passager&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;Origin&lt;/strong&gt; est un vaisseau de colonisation en route vers la plan&#232;te &lt;strong&gt;Thea&lt;/strong&gt;. Les passagers sont plong&#233;s dans un sommeil artificiel, surveill&#233;s par un &#233;quipage minimal le temps du voyage. Qui est long m&#234;me si on est dans un futur o&#249; on ma&#238;trise le voyage &#224; la vitesse de la lumi&#232;re. Ils sont cens&#233;s &#234;tre r&#233;veill&#233;s quand le vaisseau arrivera &#224; proximit&#233; de Thea.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Evidemment &#231;a ne va pas se passer comme &#231;a : la s&#233;rie d&#233;bute avec le r&#233;veil difficile des passagers d'une section de l'Origin, &#233;ject&#233;s de leur &quot;cocon&quot; de voyage avec personne pour les accueillir. Ils se rendent compte tr&#232;s vite que l'&#233;quipage et le reste des colons a abandonn&#233; le vaisseau &#224; cause d'un incident grave qui a transform&#233; certains passagers en psychopathes meurtriers. Parmi les survivants, personne ne se connait, une des conditions du voyage &#233;tait que tout le monde b&#233;n&#233;ficie d'un nouveau d&#233;part et se d&#233;barrasse de son pass&#233;. Alors quand le sang commence &#224; couler, la situation devient encore plus explosive : comment savoir &#224; qui on peut faire confiance parmi des inconnus et comment trouver le ou les meurtriers ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Recyclage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans Origin beaucoup de choses d&#233;j&#224; vues en SF, : un huit-clos horrifique sur un vaisseau spatial, on pense tout de suite &lt;i&gt;Alien &lt;/i&gt; bien s&#251;r mais aussi plus r&#233;cemment &#224; &lt;i&gt;Passengers &lt;/i&gt; (2016) pour l'aspect vaisseau de colonisation o&#249; une partie de l'&#233;quipage affronte des avaries techniques impr&#233;vues, au jeu Dead Space aussi pour le c&#244;t&#233; horrifique. Dans le roman &lt;i&gt;Six Wakes&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Mur Lafferty&lt;/strong&gt; (2017), on retrouve presque &#224; l'identique la m&#234;me probl&#233;matique de d&#233;part : un &#233;quipage qui se r&#233;veille et d&#233;couvre qu'un de ses membres est un meurtrier. Mais Six Wakes introduit dans l'&#233;quation le clonage et la possibilit&#233; de num&#233;riser son cerveau voir de leur reprogrammer, ce qui pimente &#233;norm&#233;ment les choses. Origin est beaucoup moins riche et se contente de faire son march&#233; dans la culture cyberpunk/SF pour construire la toile de fond &#224; son histoire. Cela manque donc d'imagination et d'ambition en terme de message social ou philosophique, tout ce qui fait que la SF peut revendiquer d&#233;passer le statut de simple litt&#233;rature &quot;de genre&quot;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Efficacit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si l'arri&#232;re-plan est fade, qu'en est-il de l'histoire elle-m&#234;me et des personnages ? l&#224; encore les d&#233;veloppements ne sont pas tous follement originaux mais par contre, le casting est attachant et on sent quand m&#234;me qu'&#224; d&#233;faut d'audace le sc&#233;nariste &lt;strong&gt;Mika Watkins&lt;/strong&gt; est un bon professionnel : chaque &#233;pisode est bien construit et se termine &#224; la fin par un &lt;i&gt;cliffhanger &lt;/i&gt; qui bouscule les certitudes et la s&#233;curit&#233; toute relative des h&#233;ros et vous donne envie de regarder le suivant. La construction de la saison sur dix &#233;pisodes est aussi un mod&#232;le du genre, on est pas sp&#233;cialement surpris de la mani&#232;re dont les choses se passent mais c'est suffisamment bien fait pour que ce soit prenant, et la fin monte en puissance, vous faisant encha&#238;ner les &#233;pisodes jusqu'au d&#233;nouement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;640&quot; height=&quot;360&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/HjRjcgByAhk&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Lost in space&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Globalement on a donc plut&#244;t bien aim&#233; notre passage sur l'Origin et les personnages, en particulier, &lt;strong&gt;Shun&lt;/strong&gt; le yakuza repenti beau gosse et &lt;strong&gt;Lana &lt;/strong&gt; celle qui est toujours gentille. Par contre, il y a quand m&#234;me deux gros d&#233;fauts &#224; souligner dans la s&#233;rie qui sont plus ou moins li&#233;s :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 - H&#201; LES SC&#201;NARISTES VOUS NOUS SAOULEZ AVEC VOS PUTAINS DE FLASHBACKS. Oh je te maudis &lt;strong&gt;Lost &lt;/strong&gt; d'avoir popularis&#233; cette m&#233;canique narrative dont certains abusent. Pire, si dans Lost le flashback avait toujours une sorte d'&#233;cho dans le pr&#233;sent ou &#233;clairait le pourquoi d'un comportement, dans Origin c'est beaucoup moins pertinent. L'id&#233;e est plus de vous imposez l'histoire d'un personnage pour dessiner son caract&#232;re en quelques traits. &#199;a aide &#224; faire dix &#233;pisodes mais &#231;a dilue aussi la force du huit-clos et rien qu'en entendant le bruitage &quot;fschiouuuuuu&quot; caract&#233;ristique du flashback je me disais &quot;oh non encore un&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2 - on va appeler &#231;a la r&#232;gle &lt;strong&gt;Keyser S&#246;ze&lt;/strong&gt; : et ouais c'est toujours &#224; toi que je parle sc&#233;nariste : quand ton final de saison repose sur une grande r&#233;v&#233;lation, pour que l'effet soit &lt;i&gt;ouffissime &lt;/i&gt; et qu'on se rappelle de toi vingt ans apr&#232;s, il faut que tu l'aies pr&#233;par&#233; toute ta saison en laissant des indices visibles mais invisibles au premier visionnage, que tu remontres donc &#224; la fin pour que ton spectateur ait l'impression que tout &#233;tait l&#224; et que tu l'as mystifi&#233; &#224; la loyale. Sans &#231;a la r&#233;v&#233;lation se transforme en p&#233;tard mouill&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A moins que la vraie r&#233;v&#233;lation soit... mais non je ne dirais rien de plus.... Ne partez-pas du principe que vous savez d&#233;j&#224; tout, vous risquez quand m&#234;me d'&#234;tre surpris par Origin !&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Mention honorable&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au terme de cette premi&#232;re saison, cela peut para&#238;tre &#233;tonnant vu les d&#233;fauts que l'on vient de soulever mais Origin se r&#233;v&#232;le &#234;tre une s&#233;rie SF tout &#224; fait regardable avec des personnages sympathiques et une intrigue qui &#224; d&#233;faut d'&#234;tre originale est bien construite et vous incitera &#224; la fin &#224; un binge watching des familles pour avoir le fin mot de l'histoire. C'est d&#233;j&#224; pas mal et en fait si vous &#234;tes fans de SF ou juste de bonnes s&#233;ries &quot;efficaces&quot;, on recommande sans arri&#232;re-pens&#233;e Origin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cobra Kai</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/cobra-kai/saison-1/article9539.html</link>
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		<dc:date>2018-05-07T18:22:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nikola Kesic</dc:creator>



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&lt;p&gt;La r&#233;ussite de la s&#233;rie Cobra Kai, une suite de la trilogie cin&#233; Karat&#233; Kid, tient du miracle. Le projet casse-gueule au possible, visant &#224; faire revenir les deux antagonistes principaux du film originel (c'est a dire 34 ans plus tard) avait peu de chance de faire mouche, voire faisait mal au c&#339;ur sur le papier tant la l&#233;gitimit&#233; d'un tel come-back semblait hors propos. Car il ne suffit pas de reprendre les m&#234;mes acteurs et les remettre sur le devant de la sc&#232;ne, pour donner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH63/arton9539-ae3f5.jpg&quot; width='150' height='63' style='height:63px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;ussite de la s&#233;rie&lt;strong&gt; Cobra Kai&lt;/strong&gt;, une suite de la trilogie cin&#233; &lt;strong&gt;Karat&#233; Kid&lt;/strong&gt;, tient du miracle. Le projet casse-gueule au possible, visant &#224; faire revenir les deux antagonistes principaux du film originel (c'est a dire 34 ans plus tard) avait peu de chance de faire mouche, voire faisait mal au c&#339;ur sur le papier tant la l&#233;gitimit&#233; d'un tel come-back semblait hors propos. Car il ne suffit pas de reprendre les m&#234;mes acteurs et les remettre sur le devant de la sc&#232;ne, pour donner une cr&#233;dibilit&#233; &#224; l'ensemble. Surtout en les faisant revenir timidement par la petite lucarne, encore plus petite que par la t&#233;l&#233; puisque via le streaming payant de &lt;strong&gt;YouTube&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;YouTube Red&lt;/strong&gt;. Mais ces craintes et ces a priori sont balay&#233;s d&#232;s le premier &#233;pisode. Et laissent progressivement la place &#224; une jubilation inesp&#233;r&#233;e qui d&#233;passe les plus grandes attentes. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;ussite et l'initiative de ce projet revient en grande partie au trio de sc&#233;naristes, et amis d'enfance, fans de la premi&#232;re heure venus pitcher avec un enthousiasme sans faille l'id&#233;e de ce potentiel retour &#224; l'acteur principal &lt;strong&gt;Ralph Macchio&lt;/strong&gt;. Mais non contents de le faire revenir, ils d&#233;cident surtout contre toute attente de proposer le r&#244;le principal &#224; son adversaire de l'&#233;poque, &lt;strong&gt;William Zabka&lt;/strong&gt; alias &lt;strong&gt;Johnny Lawrence&lt;/strong&gt;. Le titre de la s&#233;rie prend du coup tout son sens, &#233;vitant la facilit&#233; et prenant le parti de l'opportunit&#233; plut&#244;t que de l'opportunisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est l&#224; que toute l'intelligence du projet repose. Ne pas seulement repartir sur un revival ancr&#233; dans ces ann&#233;es 80 tellement tendance ces temps-ci (cf le succ&#232;s de&lt;strong&gt; Stranger Things&lt;/strong&gt;) mais proposer une nouvelle histoire reposant sur ce moment charni&#232;re de la vie de ces deux gamins devenus adultes et parents, faisant face aux d&#233;mons du pass&#233;. Des adultes avec la vuln&#233;rabilit&#233; qui leur est propre, loin des arch&#233;types attendus, avec un parcours dans la vie qui leur a fait perdre l'innocence de l'adolescence. Johnny marqu&#233; par les &#233;v&#233;nements qu'il a v&#233;cu appara&#238;t incroyablement humain. Bris&#233;, abattu, cynique, roulant sa bosse de loser en ruminant &#233;ternellement sa gloire perdue, il efface d'embl&#233;e cette image de bad guy qui le caract&#233;risait. A l'oppos&#233;, &lt;strong&gt;Daniel &lt;/strong&gt; &#224; qui tout a r&#233;ussi depuis ces fameuses aventures de l'&#233;t&#233; 1984, est devenu un parent, homme d'affaires p&#233;p&#232;re, balayant cette image de h&#233;ros du pass&#233;. Chacun d'eux est une facette de la m&#234;me pi&#232;ce, plus vraiment le ying ou le yang de l'autre, plut&#244;t un reflet avec un l&#233;ger d&#233;calage d&#251; &#224; un parcours diff&#233;rent. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_47698 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-132-e5787.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et quand le destin les fait &#224; nouveau se rencontrer, chacun voyant l'autre &#224; travers le prisme du pass&#233;, on aura du mal &#224; prendre parti car tous deux ont leur propre point de vue avec sa l&#233;gitimit&#233; et donc ses conclusions. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les dix &#233;pisodes de cette saison vont donc r&#233;ussir &#224; nous faire vivre cette confrontation in&#233;vitable mais avec une subtilit&#233; qu'on n'attendait pas, en usant d'id&#233;es narratives subtiles. Des extraits du film servent de flashback, les gimmicks/r&#233;f&#233;rences sont des clins d'&#339;il savamment distill&#233;s mais jamais des appels lourdingues du pied. Plusieurs sc&#232;nes font directement &#233;cho au premier film mais jamais de fa&#231;on racoleuse ni compl&#232;tement ou seulement avec nostalgie mais plut&#244;t comme un t&#233;moignage de l'h&#233;ritage de ce film entr&#233; dans la pop culture et usant de ces r&#233;f&#233;rences pour ancrer sa mythologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me les absents ont leur r&#244;le. &lt;strong&gt;Miyagi &lt;/strong&gt; jou&#233; par&lt;strong&gt; Pat Morita&lt;/strong&gt;, depuis d&#233;c&#233;d&#233;, appara&#238;t lors des flashbacks et nous rappelle l'importance qu'il a eu et a encore pour &lt;strong&gt;Daniel San&lt;/strong&gt;. La sc&#232;ne au cimeti&#232;re, tout en recueillement et en dignit&#233;, est un moment d'&#233;motion d'une justesse &#233;vidente. Quant aux intrigues annexes, elles ne le sont finalement pas, du fait qu'elles s'entrecroisent et alimentent l'intrigue principale. Les histoires d&#233;velopp&#233;es vont sonner comme une r&#233;incarnation du pass&#233;, une impression d'&#233;ternel recommencement, quelque part entre l'h&#233;ritage et la mal&#233;diction. L'autre th&#232;me abord&#233;, qui domine et qui amorce les actes et les d&#233;cisions, est celui de la figure paternelle, absente ou de substitution. Elle a forg&#233; diff&#233;remment nos anciens h&#233;ros par le pass&#233; et influencera logiquement le destin des nouveaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_47696 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH282/-130-b60ac.jpg' width='500' height='282' alt=&quot;&quot; style='height:282px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La narration va aussi jouer en filigrane sur des th&#232;mes universels : l'histoire d'amour contrari&#233;e fa&#231;on Rom&#233;o et Juliette, l'enseignement ma&#238;tre/&#233;l&#232;ve faisant &#224; la fois r&#233;f&#233;rence au premier film mais aussi &#224; la relation Yoda/Luke Skywalker pour le c&#244;t&#233; spirituel et d&#233;passement de soi. Un autre th&#232;me trait&#233; propre &#224; &lt;strong&gt;Star Wars&lt;/strong&gt; (mais &#233;tant d&#233;j&#224; l'axe principal de &lt;strong&gt;Karat&#233; Kid 3&lt;/strong&gt;) est celui de l'&#233;quilibre pr&#233;caire, et la possibilit&#233; de passer du c&#244;t&#233; obscur. Une menace qui grandit en cours de saison, pas seulement pour l'&#233;l&#232;ve mais aussi pour le ma&#238;tre : le danger de laisser la col&#232;re motiver et justifier ses actes. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout cela pour finir en beaut&#233; lors du fameux tournoi, o&#249; l'on attend tout en le craignant, le Happy end facile et convenu, ce qui ne sera pas le cas gr&#226;ce &#224; la tournure finale intelligemment orchestr&#233;e, fid&#232;le &#224; tout ce qui a fait la r&#233;ussite de cette mini s&#233;rie, tirant toujours vers le haut en &#233;vitant quasiment tous les pi&#232;ges d'un r&#233;cit qui aurait pu n'&#234;tre que manich&#233;en et se r&#233;v&#232;le finalement bien plus ramifi&#233; et nuanc&#233; que pr&#233;vu, ainsi que profond&#233;ment humain. &lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_47695 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH263/-129-eacc1.jpg' width='500' height='263' alt=&quot;&quot; style='height:263px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et finalement, l&#224; o&#249; ce retour inattendu aurait pu n'&#234;tre qu'un &#233;ph&#233;m&#232;re one shot vintage, sacrifi&#233; sur l'autel de la liste des interminables reboots dont Hollywood nous inonde depuis quelques ann&#233;es, au cin&#233;ma comme &#224; la t&#233;l&#233;, on a finalement droit &#224; une proposition respectueuse de son mat&#233;riau d'origine, ouverte aux fans comme aux non initi&#233;s et con&#231;ue intelligemment malgr&#233; (o&#249; peut-&#234;tre gr&#226;ce &#224;) un format qui semblait trop &#233;triqu&#233;. C'est pourtant cette formule qui a permis de traiter ce come-back de la meilleure fa&#231;on, posant les jalons d'un univers bien plus vaste et riche que pr&#233;vu, laissant pr&#233;sager une in&#233;vitable deuxi&#232;me saison qui devrait encore monter en puissance, si elle est abord&#233;e avec cette m&#234;me logique de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Si vous avez fini la saison 1, nous vous proposons aussi la chronique de la saison 2 de Cobra Kai ici-m&#234;me : &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/cobra-kai/saison-2/article9909.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow'&gt;https://www.lecargo.org/spip/cobra-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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