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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>Prefab Sprout</title>
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		<dc:date>2017-06-06T15:34:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il faut sans doute, pour avoir re&#231;u de plein fouet l'impact de cet album, avoir eu 14 ans en l'an de gr&#226;ce 1990. Un &#226;ge de transition o&#249; la curiosit&#233; s'&#233;veille et o&#249; certaines rencontres vous marquent &#224; vie parce qu'elles vous exposent &#224; des concepts nouveaux pour vous. Cette ann&#233;e-l&#224;, mes oreilles encore novices, nourries de tubes estampill&#233;s NRJ ou Fun Radio, allaient croiser la route d'une chanson au refrain accrocheur soulign&#233; de ch&#339;urs c&#233;lestes : &#171; Looking For Atlantis &#187;. Assez intrigu&#233;e pour acqu&#233;rir (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton9301-ef729.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut sans doute, pour avoir re&#231;u de plein fouet l'impact de cet album, avoir eu 14 ans en l'an de gr&#226;ce 1990. Un &#226;ge de transition o&#249; la curiosit&#233; s'&#233;veille et o&#249; certaines rencontres vous marquent &#224; vie parce qu'elles vous exposent &#224; des concepts nouveaux pour vous. Cette ann&#233;e-l&#224;, mes oreilles encore novices, nourries de tubes estampill&#233;s NRJ ou Fun Radio, allaient croiser la route d'une chanson au refrain accrocheur soulign&#233; de ch&#339;urs c&#233;lestes : &#171; Looking For Atlantis &#187;. Assez intrigu&#233;e pour acqu&#233;rir l'album dont il &#233;tait tir&#233;, j'allais y faire une d&#233;couverte qui changerait &#224; jamais mon rapport &#224; la musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car en cette lointaine ann&#233;e 1990, un musicien anglais nomm&#233; &lt;strong&gt;Paddy McAloon&lt;/strong&gt; avait eu l'id&#233;e insens&#233;e de composer une chanson pop autour de &lt;strong&gt;Jesse James&lt;/strong&gt; sur un rythme de bol&#233;ro. J'ignorais jusqu'alors qu'une telle chose &#233;tait possible. Il y avait la pop d'un c&#244;t&#233;, les musiques dites classiques de l'autre, chacune dans son enclos telles les vaches bien gard&#233;es ; du moins l'avais-je cru jusque-l&#224;. Et soudain, les fronti&#232;res &#233;clataient en m'ouvrant des perspectives infinies.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Mythes et promesses&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jordan : The Comeback&lt;/i&gt; ne s'appr&#233;hendait pas en un jour ; mais on avait tout le temps, en cette &#233;poque pr&#233;-Internet, d'apprivoiser patiemment chaque album achet&#233; avec notre argent de poche. Deux choses m'avaient imm&#233;diatement parl&#233;, et n'ont jamais cess&#233; de le faire : une impression de foisonnement et une part de myst&#232;re. Je connais cet album &#224; la nuance pr&#232;s mais je ne suis toujours pas s&#251;re de le comprendre. Quelle bizarrerie &#233;tait-ce donc l&#224;, un album concept divis&#233; en quatre parties dont les th&#233;matiques floues ne devaient m'appara&#238;tre que bien plus tard ? Quatre th&#232;mes informels formant deux blocs sur chaque face ; avant l'invention du walkman auto-reverse, il fallait retourner la cassette juste apr&#232;s l'enchantement de &#171; Moondog &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le fil conducteur de la premi&#232;re partie m'&#233;chappe encore. La deuxi&#232;me, qui exerce sur moi la fascination la plus tenace, convoque deux figures de l&#233;gende : celle de Jesse James et celle, jamais nomm&#233;e, d'un chanteur &#224; succ&#232;s devenu reclus qui m&#233;dite un retour prochain, et qui doit sans doute beaucoup &#224; &lt;strong&gt;Elvis&lt;/strong&gt;. La troisi&#232;me partie, la plus transparente, explore les relations amoureuses : l'aveuglement des amants &#233;blouis (&#171; All The World Loves Lovers &#187;), la promesse d'un mariage, la naissance d'un enfant (&#171; Paris Smith &#187;). La quatri&#232;me semble parler de religion ou de spiritualit&#233; ; Paddy McAloon, jamais &#224; court d'id&#233;es farfelues, y adopte tour &#224; tour la voix de Dieu (&#171; One of the Broken &#187;) puis celle, poignante, d'un Lucifer d&#233;chu r&#234;vant d'un retour en gr&#226;ce (&#171; Michael &#187;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/8H_Q8i1EAd0&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Bulle d'univers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y avait tant de choses dans cet album. J'allais passer les ann&#233;es suivantes &#224; explorer patiemment toute la discographie du groupe, mais je revenais toujours &#224; celui-l&#224;. Il ne poss&#233;dait sans doute pas la perfection m&#233;lodique d'un &lt;i&gt;Steve McQueen&lt;/i&gt; o&#249; tout trouve sa juste place ; mais il me racontait tellement plus d'histoires. Il faisait se t&#233;lescoper les genres musicaux, les r&#233;f&#233;rences, jouait sur la narration et la d&#233;formation des voix : des chansons au format plus sage c&#244;toyaient le fameux diptyque &#171; symphonie/bol&#233;ro &#187; consacr&#233; &#224; Jesse James, quand &#171; Michael &#187; s'ouvrait sur des ch&#339;urs gr&#233;goriens. Il semblait fourmiller de hors-champ et, partant de l&#224;, inviter au voyage, presque une qu&#234;te initiatique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus qu'un album pop classique, c'est une suite de tableaux qui finissent par cr&#233;er une bulle d'univers. La deuxi&#232;me partie, nimb&#233;e d'une aura de myst&#232;re, restera toujours celle qui m'appelle ailleurs. Je n'ai jamais pu r&#233;&#233;couter &#171; Moondog &#187;, &#171; Jesse James Bolero &#187; ou la chanson-titre sans que ne remontent aussit&#244;t des souvenirs de d&#233;parts en vacances familiales, coll&#233;e contre la vitre avec mon casque viss&#233; aux oreilles pour scruter les bribes de d&#233;cor &#233;clair&#233;es par les phares dans la nuit. La musique les teintait de ses propres couleurs, et ces instants-l&#224; n'appartenaient qu'&#224; moi. Tout mon rapport &#224; la musique, toute la dimension presque sacr&#233;e qu'elle poss&#232;de pour moi, sont contenus dans ces souvenirs-l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Tiroirs secrets&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aux multiples dimensions de cet album riche en doubles fonds et tiroirs secrets s'ajoutait une couche de myst&#232;re plus personnelle : ces paroles complexes aux encha&#238;nements parfois obscurs. Il me faudrait &#233;tudier encore bien des ann&#233;es la langue anglaise avant de comprendre pourquoi les textes m'&#233;chappaient &#224; ce point. Le vocabulaire y est souvent alambiqu&#233;, les r&#233;f&#233;rence opaques ; je doute de parvenir un jour &#224; comprendre les paroles de &#171; Don't Sing &#187;, la chanson au texte &#233;trange qui ouvre l'album &lt;i&gt;Swoon&lt;/i&gt;. Nous avons tous connu adultes ces moments o&#249; le sens d'une chanson qui nous accompagne de longue date nous devient soudain tr&#232;s clair ; vingt-six ans plus tard, j'ai encore de ces minuscules r&#233;v&#233;lations en &#233;coutant la voix de Paddy McAloon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/yFo1UQTThCg&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ses interviews, d&#233;couvertes plus tard avec l'arriv&#233;e d'Internet, m'ont fourni certaines des cl&#233;s manquantes. Les clins d'&#339;il, tout d'abord, qui parsemaient l'album : ici Elvis ou Jesse James, l&#224; &lt;strong&gt;Jimi Hendrix&lt;/strong&gt; (&#171; Machine Gun Ibiza &#187;), ailleurs &lt;strong&gt;Agnetha F&#228;ltskog&lt;/strong&gt;, l'une des chanteuses d'&lt;strong&gt;Abba&lt;/strong&gt;, objet d'une fascination adolescente de Paddy, sur le sublime &#171; The Ice Maiden &#187; &#8211; d'o&#249; le caract&#232;re bancal de certains passages, r&#233;dig&#233;s dans un anglais volontairement boiteux comme s'ils &#233;taient &#233;crits par des non-anglophones (de quoi transformer &#224; jamais votre &#233;coute des paroles d'Abba). Paddy McAloon est le genre de musicien &#224; d&#233;cider soudain d'&#233;crire une chanson sur l'an 2000 pendant qu'il en est encore temps &#8211; c'est ainsi qu'est n&#233;e &#171; Carnival 2000 &#187;. Le genre aussi &#224; &#233;taler sa culture et ses r&#233;f&#233;rences &#224; tout bout de champ, mais avec une forme d'&#233;l&#233;gance, de na&#239;vet&#233; presque, de cocasserie parfois, loin de toute arrogance.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'heure de l'apoth&#233;ose&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans doute les arrangements des albums de &lt;strong&gt;Prefab Sprout&lt;/strong&gt; vieillissent-ils un peu mal ; mais la beaut&#233; et l'&#233;vidence des m&#233;lodies me saisissent encore chaque fois. Et la perfection du mariage entre la voix chaleureuse de Paddy et les ch&#339;urs ang&#233;liques de &lt;strong&gt;Wendy Smith&lt;/strong&gt; n'a jamais, &#224; ce jour, cess&#233; de m'enchanter. Quand leurs timbres s'entrem&#234;lent en ouverture de &#171; The Ice Maiden &#187;, on touche &#224; quelque chose de sublime qui me donne immanquablement des frissons, aujourd'hui encore.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ironiquement, j'ai d&#233;couvert le groupe au moment de son apoth&#233;ose. Allaient suivre sept ann&#233;es de silence ; mais comment succ&#233;der &#224; un monument comme &lt;i&gt;Jordan : The Comeback&lt;/i&gt; ? Il y eut d'autres moments de gr&#226;ce plus tard, la d&#233;couverte du premier extrait d'&lt;i&gt;Andromeda Heights&lt;/i&gt; dans l'&#233;mission de &lt;strong&gt;Bernard Lenoir&lt;/strong&gt; en 1997, l'enchantement de trouver des p&#233;pites dignes de la grande &#233;poque sur le joli &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lecargo.org/spip/prefab-sprout/crimson-red/article8425.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Crimson/Red&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; en 2013, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; l&#224; un plaisir teint&#233; de nostalgie. Les grandes heures de Prefab Sprout et leurs promesses &#233;taient enfuies, ne restaient plus que des instants fugaces de magie &#224; grappiller au vol.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un pan d'histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'appr&#233;hende presque, aujourd'hui, de vous pr&#233;senter cet album ; j'ai trop peur que vous n'y entendiez pas les m&#234;mes splendeurs que moi. Il est bancal, sans doute, longuet, un peu dat&#233;, in&#233;gal dans ses quatre parties, ambassadeur moins pr&#233;sentable et moins parfait qu'un &lt;i&gt;Steve McQueen&lt;/i&gt; aux allures de classique ; mais c'est pr&#233;cis&#233;ment pour &#231;a qu'il ne ressemble &#224; rien d'autre. Un album mutant aux ambitions &#233;tranges, aux m&#233;lodies sublimes, aux instants de gr&#226;ce nombreux. Mais il est avant tout un pan de mon histoire, et Paddy McAloon un h&#233;ros de mon adolescence. Parce qu'un jour, &#224; l'aube des ann&#233;es 90, cet album m'a enseign&#233; qu'une chanson pop pouvait adopter un rythme de bol&#233;ro. Et plus rien n'a jamais &#233;t&#233; pareil.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/GdYNJKZ9RDU&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>nick drake</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/nick-drake/nick-drake/article4130.html</link>
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		<dc:date>2008-02-20T22:19:17Z</dc:date>
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		<dc:creator>gab</dc:creator>



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&lt;p&gt;Allez pour une fois faisons dans l'ultra personnel, dans l'anti-journalistique assum&#233;, car en effet, comment parler d'un artiste qui nous touche par-dessus tout sans &#233;voquer notre rencontre, le fameux jour de l'&#233;blouissement ? Comprenons-nous bien, s'il s'agit d'une rencontre c'est bien entendu celle unilat&#233;rale de votre serviteur avec la musique si envo&#251;tante de Nick Drake, rien de physique l&#224; dedans ... ou alors mes souvenirs sont un peu flous, je n'avais somme toute que 6 mois au moment de sa mort. Ne (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/cargo-culte/rubrique167.html" rel="directory"&gt;cargo culte&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L65xH65/arton4130-41a4b.jpg&quot; width='65' height='65' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff4130-dbb7c.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L65xH65/arton4130-41a4b.jpg'&quot; style='height:65px;width:65px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Allez pour une fois faisons dans l'ultra personnel, dans l'anti-journalistique assum&#233;, car en effet, comment parler d'un artiste qui nous touche par-dessus tout sans &#233;voquer notre rencontre, le fameux jour de l'&#233;blouissement ? Comprenons-nous bien, s'il s'agit d'une rencontre c'est bien entendu celle unilat&#233;rale de votre serviteur avec la musique si envo&#251;tante de &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt;, rien de physique l&#224; dedans ... ou alors mes souvenirs sont un peu flous, je n'avais somme toute que 6 mois au moment de sa mort. Ne pouvant donc pas non plus d&#233;cemment revendiquer une quelconque r&#233;incarnation &#224; mon profit, ce sera seulement premi&#232;re personne du singulier et souvenirs de guerre pour vous aujourd'hui. Pour plus de r&#233;alisme je vous propose d'ailleurs d'incarner le temps de cette lecture mes futurs (et charmants) petits enfants, asseyez-vous &#224; mes pieds, &lt;strong&gt;Papy Gaby&lt;/strong&gt; va vous raconter une de ses plus belles d&#233;couvertes musicales, datant de l'&#233;poque o&#249; sa crini&#232;re n'&#233;tait pas encore toute macul&#233;e de blanc (c'est dire si c'est lointain).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;grand-p&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais repla&#231;ons rapidement cette histoire dans son contexte afin de faciliter la compr&#233;hension des n&#233;ophytes potentiels. Il &#233;tait une fois un myst&#233;rieux personnage du nom de &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt;. Bel &#234;tre t&#233;n&#233;breux, celui-ci enregistra &#224; la fin des ann&#233;es '60 et dans l'indiff&#233;rence quasi-g&#233;n&#233;rale trois albums somptueux de folk m&#233;lancolique &#233;clair&#233;e. Voyant que sa musique ne suscitait aucune r&#233;action il sombra au d&#233;but des ann&#233;es '70 dans une grave d&#233;pression et finit par s'&#233;teindre d'une overdose d'anti-d&#233;presseurs en novembre 1974 (le doute demeurant pour les incorrigibles pinailleurs dans le &#171; expr&#232;s &#187;/&#171; pas expr&#232;s &#187;). Rest&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es ensuite dans les recoins obscurs de la musique populaire, son culte ne cessa de grandir jusqu'&#224; sa reconnaissance unanime depuis une dizaine d'ann&#233;es par tout ce qui se fait de plus tendance (des musiciens aux acteurs, &lt;strong&gt;Brad Pitt&lt;/strong&gt; souhaitant m&#234;me aller jusqu'&#224; l'incarner au cin&#233;ma). Maintenant que ce petit rappel des faits est fait (hum), revenons &#224; &lt;strong&gt;P&#233;p&#233; Gab&#233;&lt;/strong&gt; et &#224; la premi&#232;re personne du singulier pour retracer avec &#233;motion cette rencontre en deux temps, &lt;strong&gt;Grand-p&#232;re&lt;/strong&gt; &#233;tant quelque peu pass&#233; &#224; c&#244;t&#233; de leur premi&#232;re entrevue.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;tonalit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_14838 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:150px;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/bryter-150-648fc.jpg' width='150' height='150' alt='JPEG - 19.3 ko' style='height:150px;width:150px;' /&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait donc au tout d&#233;but du si&#232;cle, voire &#224; la toute fin du pr&#233;c&#233;dent, j'avais encore une na&#239;vet&#233; musicale touchante qui m'incitait &#224; consigner mes petites cr&#233;ations personnelles dans des albums et &#224; les faire &#233;couter pour voir &#224; de parfaits inconnus crois&#233;s ici ou l&#224;. Le hasard m'avait conduit ce jour l&#224; &#224; d&#233;jeuner chez un coll&#232;gue de travail &#224; qui j'avais fait &#233;couter un de ces dits recueils, quand celui-ci me dit &#171; au fait, il m'a fait penser &#224; &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt; ton disque &#187;. Moi, finissant p&#233;niblement ma bouch&#233;e de sandwich (oui, c'&#233;tait assez informel, on n'avait pas beaucoup de temps), &#171; Nick Drake ? Connais pas ... &#187;. Et le voila qui s'en va chercher et mettre un disque &#224; la pochette assez &#233;trange &#224; mon go&#251;t (je ne faisais pas encore dans le folkeux neurasth&#233;nique &#224; l'&#233;poque) d'un guitariste dans des tons et une position tristes, assis au sens propre &#224; c&#244;t&#233; de ses pompes. De cette premi&#232;re &#233;coute de &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt;, je ne garde en souvenir qu'un sourire poli et une incompr&#233;hension d&#233;licate. J'ai d&#251; passer la totalit&#233; de l'&#233;coute &#224; chercher le rapport entre ces morceaux &#224; la tonalit&#233; sixties avec cordes ultra dat&#233;es, cuivres pauvrement cin&#233;matographiques, fl&#251;tes traversi&#232;res insupportables, et mes propres morceaux r&#234;ches et repli&#233;s sur eux-m&#234;mes. Rapport non trouv&#233; d'ailleurs et &#233;coute relativement courte puisque le boulot nous attendait de pied ferme. &#233;chec complet pour cette premi&#232;re approche.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;arrangements&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que c'&#233;tait un peu de sa faute aussi, choisir l'album &lt;i&gt;Bryter Layter&lt;/i&gt; pour me faire d&#233;couvrir &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt;, quelle id&#233;e ! Aujourd'hui encore c'est pour moi l'album le moins bon du monsieur et de loin. La faute aux arrangements trop ... trop ... trop. Ce qu'il faut savoir c'est que n'ayant rencontr&#233; qu'un succ&#232;s d'estime avec &lt;i&gt;Five leaves left&lt;/i&gt;, son premier album, &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt; et son producteur avaient d&#233;cid&#233;s d'un commun accord de quitter l'univers minimaliste, feutr&#233; et pastoral (comme ils disent) de ce dernier pour aller vers de la pop plus de son temps sur le deuxi&#232;me. R&#233;sultat, il a encore moins bien march&#233; et est aujourd'hui difficilement &#233;coutable autrement qu'en musique d'ambiance (bonne musique d'ambiance tout de m&#234;me). Bien sur apr&#232;s r&#233;&#233;coutes approfondies et une meilleure connaissance de l'univers de &lt;strong&gt;Drake&lt;/strong&gt;, on entend sous les couches quelque peu &#233;nervantes son habituel jeu de guitare, on devine ce qu'auraient pu &#234;tre ces morceaux jou&#233;s moins vites, sans batterie, avec plus de feeling dans le chant. Un bien bel album c'eut &#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;concoure&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_14837 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;width:150px;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/five-150-27eb2.jpg' width='150' height='150' alt='JPEG - 19.2 ko' style='height:150px;width:150px;' /&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Et parlant de bel album, mon coll&#232;gue eut &#233;t&#233; bien plus inspir&#233; de sortir &lt;i&gt;Five leaves left&lt;/i&gt; justement, premi&#232;re &#339;uvre de &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt;, alors encore officiellement &#233;tudiant &#224; &lt;strong&gt;Cambridge&lt;/strong&gt;, faisant la part belle &#224; ses fameux arp&#232;ges en open-tuning, un exceptionnel touch&#233; de guitare et un sens du rythme hors du commun. Il suffit d'&#233;couter &#224; cet &#233;gard &quot;Three hours&quot; pour en &#234;tre intimement convaincu. Et si on veut des cordes, les arrangements de &lt;strong&gt;Robert Kirby&lt;/strong&gt; (co-&#233;tudiant de &lt;strong&gt;Cambridge&lt;/strong&gt;) sur &quot;Way to blue&quot; et &quot;Day is done&quot; notamment sont devenus de grands classiques tout en subtilit&#233; et douceur (ce dernier avouant volontiers s'&#234;tre inspir&#233; du travail de &lt;strong&gt;Georges Martin&lt;/strong&gt; sur &quot;Eleanor Rigby&quot; des &lt;strong&gt;Beatles&lt;/strong&gt;). Tout concoure donc &#224; ce que ces morceaux soient mis en valeur au mieux. Seul b&#233;mol peut-&#234;tre, la fl&#251;te innocente de &quot;The thoughts of Mary-Jane&quot; qui replace le morceau dans son &#233;poque. Mais &#224; part &#231;a, on a affaire &#224; un tr&#232;s grand disque, celui susceptible sans doute de plaire au plus grand nombre. Et si pour ma part j'ai une relation plus intense, limite maladive, avec son troisi&#232;me et dernier album officiel, &lt;i&gt;Pink moon&lt;/i&gt;, je dois avouer que certains morceaux de cet album-ci me mettent particuli&#232;rement en &#233;moi, que ce soit le tr&#232;s orchestr&#233; mais superbe &quot;Fruit tree&quot;, le poignant et tr&#232;s doux &quot;River man&quot;, l'hypnotique &quot;Three hours&quot; dont j'ai d&#233;j&#224; dit le plus grand bien et bien sur les tr&#232;s connus et tr&#232;s beaux &quot;Way to blue&quot; et &quot;Day is done&quot;. Mais j'anticipe l&#233;g&#232;rement sur mes futures d&#233;couvertes, j'en &#233;tais donc &#224; cette premi&#232;re rencontre manqu&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;out&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il me faudra ensuite attendre pr&#232;s d'un an avant que je ne recroise &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt; et ne tombe d&#233;finitivement &#224; la renverse. Je me trouvais &#224; nouveau un peu par hasard du c&#244;t&#233; de &lt;strong&gt;Jussieu&lt;/strong&gt; ce jour l&#224; et en g&#233;n&#233;ral dans ces cas l&#224; je finis in&#233;vitablement en &#233;plucheur de bacs de CDs d'occasion d'une c&#233;l&#232;bre enseigne du coin. J'&#233;pluche donc sans faire tr&#232;s attention &#224; la musique ambiante, machinalement, et d'un coup je prends conscience qu'on me parle, mieux, on me chante. Sensation tr&#232;s &#233;trange, jamais renouvel&#233;e jusqu'&#224; maintenant. Comme si j'avais toujours connu cette musique tout en sachant que je la d&#233;couvrais pour la premi&#232;re fois. Une esp&#232;ce d'ivresse, une acc&#233;l&#233;ration cardiaque, je me retrouve sans voix, levant la t&#234;te, cherchant d'o&#249; cela peut bien venir. Brusque acc&#233;l&#233;ration sanguine cette fois, &#171; excusez-moi, qu'est ce qu'on &#233;coute en ce moment ? &#187;. R&#233;ponse &#224; l'amabilit&#233; elle aussi l&#233;gendaire, &#171; Nick Drake, Pink moon &#187;. Du tac au tac, j'encha&#238;ne sur un &#171; je vais le prendre &#187; assez f&#233;brile. R&#233;ponse d&#233;vastatrice &#171; [petit rire genre il sort d'o&#249; celui-l&#224; ?] il n'est pas &#224; vendre &#187; et d'ajouter &#171; on ne l'a que tr&#232;s rarement et il ne reste jamais bien longtemps &#187;. Fin de la sc&#232;ne, over and out. J'ai d&#251; rester un peu pour &#233;couter la suite, je ne sais plus tr&#232;s bien, &#231;a se perd dans les limbes mais je suis quasiment sur que le morceau en question &#233;tait &quot;Things behind the sun&quot;. &#231;a ne peut d'ailleurs &#234;tre que celui-l&#224;. Enfin, le doute reste permis, d'autant qu'il me faudra attendre encore un ou deux ans avant de pouvoir r&#233;&#233;couter et r&#233;ellement me familiariser avec cet album. Et pourquoi, ne manquerez-vous pas de me demander, ne me suis-je pas rendu illico dans un grand magasin dit culturel pour me procurer le disque ? L&#224;, j'avoue, &#231;a m'&#233;chappe compl&#232;tement. Aucune id&#233;e. &#199;'aurait &#233;t&#233; la chose logique &#224; faire, c'est &#233;vident. Si j'&#233;tais port&#233; mystique je vous r&#233;pondrais que j'avais vu un signe dans cette m&#233;saventure et que l'heure n'&#233;tait pas encore venue. Mais m&#234;me pas. Ou alors mon inconscient me joue des tours. Quoiqu'il en soit, mettez-y la dimension psychologique que vous voudrez, ce n'est que peu de temps avant mon arriv&#233;e sur &lt;strong&gt;le cargo&lt;/strong&gt; qu'une &#233;minente personnalit&#233; de notre cher navire me glissa, au hasard (&#231;a commence &#224; faire beaucoup) d'une compilation mp3 de d&#233;couvertes, le fameux album en question.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;charg&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;dl class='spip_document_14839 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;width:150px;'&gt; &lt;dt&gt;&lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/pink-150-e2636.jpg' width='150' height='150' alt='JPEG - 17.7 ko' style='height:150px;width:150px;' /&gt;&lt;/dt&gt; &lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce serait un euph&#233;misme de vous dire que chaque seconde des quelques ann&#233;es m'amenant &#224; ce moment pr&#233;cis valaient largement la/leur peine. D'ailleurs mon inconscient lui aussi me parle pour me dire qu'en effet, je n'&#233;tais pas pr&#234;t ... avant cette date bien sur car visiblement l&#224; j'&#233;tais tous r&#233;cepteurs dehors en d&#233;couvrant l'extraordinaire morceau d'ouverture, &quot;Pink moon&quot; lui-m&#234;me. Une guitare, un chant, quelques notes de piano, rien de plus ... rien de moins ... &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt; se savoure d&#233;nud&#233;, que ce soit dit. Et &#231;a tombe bien car ce morceau d'ouverture est le plus &#171; charg&#233; &#187; de ce disque enregistr&#233; en deux nuits fin 1971, le reste n'est qu'hypersensibilit&#233;, magie et saveurs incomparables. C'est bien simple, cet album n'a pas un seul d&#233;faut et il se retrouve d&#232;s la premi&#232;re &#233;coute promu en celui-de-l'&#238;le-d&#233;serte. Mieux, il est lui-m&#234;me l'&#238;le d&#233;serte. Et puis bien sur il y a &quot;Things behind the sun&quot;, morceau ultime de l'album ultime. Comment peut-on m&#234;me &#233;crire un tel morceau ? Difficile &#224; concevoir ... Que dire de plus sinon sur les 28 minutes salutaires de &lt;i&gt;Pink Moon&lt;/i&gt; qui puisse rendre justice &#224; ces 11 morceaux hors norme ? ...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;r&#233;serve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; chers amis, le voyage touche &#224; sa fin, ou presque, je ne suis finalement pas mort de cette &#233;coute, sorti boulevers&#233; oui, assur&#233;ment, et un peu plus &#224; nouveau &#224; chaque pr&#233;cieuse r&#233;&#233;coute, mais toujours bien l&#224;. Plus que jamais en fait. Le reste n'est que suite logique, d&#233;couverte et red&#233;couverte de &lt;i&gt;Five Leaves left&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Bryter layter&lt;/i&gt;, la m&#233;fiance naturelle et inhibante face aux sorties plus r&#233;centes d'albums posthumes. R&#233;ticences qui font que je n'ai toujours pas achet&#233; l'album de versions alternatives et de morceaux plus ou moins in&#233;dits, &lt;i&gt;Made to love magic&lt;/i&gt; (2004). Mais quand je vois le plaisir que j'ai eu &#224; me fondre dans &lt;i&gt;Family tree&lt;/i&gt; l'an pass&#233; (chroniqu&#233; &lt;a href=&quot;http://www.lecargo.org/spip/nick_drake/family_tree/reviews-4056.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;ici-m&#234;me&lt;/a&gt;), il n'est pas dit que je r&#233;siste encore bien longtemps. Et puis pour finir, reste la r&#233;serve des &#171; &#224; d&#233;couvrir &#187; que je garde pr&#233;cieusement en vie : les quatre derniers morceaux qu'il ait enregistr&#233;s en 1974 peu de temps avant sa mort alors qu'il commen&#231;ait &#224; travailler sur son quatri&#232;me album et pr&#233;sents sur l'anthologie &lt;i&gt;Fruit tree&lt;/i&gt;. R&#233;serve de morceaux inconnus rest&#233;e inviol&#233;e au d&#233;part pour des questions mat&#233;rielles, pourquoi finalement racheter trois albums que je poss&#232;de d&#233;j&#224;, et &#224; laquelle je n'ose d&#233;sormais plus toucher de peur de me retrouver un jour dans un monde sans chansons de &lt;strong&gt;Nick Drake&lt;/strong&gt; &#224; entendre pour la premi&#232;re fois. Ceci dit, je sais bien qu'un lendemain prochain, sentant le poids des ans peser un peu plus lourdement que la veille sur mes pauvres os ou ayant atteint contre toute attente la sagesse et le repos de l'esprit, j'ouvrirai l'&#233;crin, je ferai le dernier pas. D'ici l&#224;, laissons encore un peu &lt;i&gt;les perturbations de nos esprits nous envoyer divaguer sous la pluie&lt;/i&gt; et, oui, sans faillir, &lt;i&gt;devenons enfin ce que l'on doit devenir&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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