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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>Rebeka Warrior</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud de Foville</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'est un livre &#224; ne pas lire dans le m&#233;tro. De peur de s'y perdre. De se perdre C'est un livre gouffre. Un livre fissure. Un livre &#224; lire en musique. A lire en silence. En hurlant. Jusqu'au sang. C'est un livre. Un livre &#224; lire en marchant. En pleurant. A lire seul sur un banc. A lire dans les couloirs. Au feu rouge. A lire avec prudence, avec ind&#233;cence. Avec pudeur, avec douleur. C'est un livre &#224; mettre dans ton sac, dans ta valise, &#224; garder pr&#232;s de soi, pr&#232;s du c&#339;ur. Un livre &#224; offrir, &#224; (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH85/arton12826-84431.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est un livre &#224; ne pas lire dans le m&#233;tro. De peur de s'y perdre. De se perdre&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre gouffre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre fissure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre &#224; lire en musique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire en silence. En hurlant. Jusqu'au sang.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre &#224; lire en marchant. En pleurant. A lire seul sur un banc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire dans les couloirs. Au feu rouge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A lire avec prudence, avec ind&#233;cence. Avec pudeur, avec douleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre &#224; mettre dans ton sac, dans ta valise, &#224; garder pr&#232;s de soi, pr&#232;s du c&#339;ur. Un livre &#224; offrir, &#224; partager. Pour soi. Rien que pour soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre comme du papier de verre. De verres. De vers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre. Intime. Ind&#233;cent. Important. Salvateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre qui t'ouvre les yeux et te ferme la gueule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre gueule de bois. Gueule de boire, Jusqu'&#224; se noyer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre qui te donne envie de vivre. Un peu plus. Envie d'&#233;crire. Enfin. Qui te dit de faire ce que tu peux, car on fait ce qu'on peut rarement ce que l'on veut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre qui te donne envie de tout perdre, de tout laisser, de ne rien abandonner, un livre qui te donne envie de mordre. Pour faire mal, pour faire du bien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre &#224; lire avec fr&#233;n&#233;sie, avec d&#233;vouement. Avec besoin d'y revenir. Un livre br&#251;lant. Qui vous donne l'envie de s'enfouir, de s'enfuir. Qui donne envie. En vie !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre sans pose. Aucune. Qui a besoin de pause. Ouvrir une fen&#234;tre. Respirer. Se retirer. Un instant. Une semaine. Un an. Une vie. Et y revenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre qui donne envie d'y croire, de croire, d'esp&#233;rer et de pleurer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre entier et fractur&#233;. Tellement sinc&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre qui flirte avec les abysses de l'intime, avec douceur et pudeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un livre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre d'un moment, un moment de mort, un moment de vie, un livre d'un instant, un livre infini, un souffle, un regard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre d'une vie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un livre de toutes les vies.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Warren Ellis</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/warren-ellis/le-chewing-gum-de-nina-simone/article12114.html</link>
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		<dc:date>2023-02-15T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Renaud de Foville</dc:creator>



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&lt;p&gt;All Tomorrow's Partie 2009. Depuis plusieurs jours nous sommes sur la route, en Angleterre, avec Josh T. Pearson qui tourne avec le batteur des Lift To Experience, Andy. Ils sont invit&#233;s par les Dirty Three au mythique et regrett&#233; festival All Tomorrow's Partie. Quelques jours plus tard, pour la derni&#232;re soir&#233;e de cette mini tourn&#233;e, Josh ouvre tout seul pour les Dirty Three qui joue au Southbank Center. Ce m&#234;me lieu o&#249;, 10 ans avant, Nick Cave avait invit&#233;, entre autres, Nina Simone et les Dirty (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH100/arton12114-d3b70.jpg&quot; width='150' height='100' style='height:100px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;All Tomorrow's Partie 2009. &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours nous sommes sur la route, en Angleterre, avec &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/josh-t-pearson/session-acoustique-249/article6882.html&quot; class='spip_out'&gt;Josh T. Pearson&lt;/a&gt; qui tourne avec le batteur des &lt;strong&gt;Lift To Experience&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Andy&lt;/strong&gt;. Ils sont invit&#233;s par les &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/dirty-three/le-trabendo-paris/article7942.html&quot; class='spip_out'&gt;Dirty Three&lt;/a&gt; au mythique et regrett&#233; festival &lt;strong&gt;All Tomorrow's Partie&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques jours plus tard, pour la derni&#232;re soir&#233;e de cette mini tourn&#233;e, &lt;strong&gt;Josh&lt;/strong&gt; ouvre tout seul pour les &lt;strong&gt;Dirty Three&lt;/strong&gt; qui joue au Southbank Center. Ce m&#234;me lieu o&#249;, 10 ans avant, &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt; avait invit&#233;, entre autres, &lt;strong&gt;Nina Simone&lt;/strong&gt; et les &lt;strong&gt;Dirty Three&lt;/strong&gt;. La soir&#233;e qui est &#224; l'origine du premier livre de &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; : &#8220;&lt;i&gt;Le chewing-gum de Nina Simone&lt;/i&gt;&#8221;. Nous pourrions continuer longtemps les hasards, les croisements, les co&#239;ncidences qui n'en sont peut &#234;tre pas autour de ces diff&#233;rents artistes. Il me reste beaucoup de souvenirs de ces quelques jours sur la route avec le Pearson et ses amis ! Si nous restons sur le sujet qui nous int&#233;resse je me souviens de l'incroyable concert des &lt;strong&gt;Dirty Three&lt;/strong&gt; aux &lt;strong&gt;Butlin's&lt;/strong&gt; pour l'ATP, &lt;strong&gt;Dirty Three&lt;/strong&gt; que je voyais pour la premi&#232;re fois. Du cot&#233; aussi magn&#233;tique que sensuel de &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; sur sc&#232;ne jouant du violon comme je n'avais jamais vu ! Quelques jours apr&#232;s on se retrouve dans les loges du concert londonien apr&#232;s une soir&#233;e m&#233;morable, unique. Beaucoup de monde se bouscule dans les petites loges, dont &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt; avec qui ma seule interaction sera de lui dire &#8220;sorry&#8221; pour qu'il se pousse et me laisse atteindre le frigidaire et les bi&#232;res !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques mois plus tard, &lt;strong&gt;Josh&lt;/strong&gt;, qui vit &#224; Paris au dessus de la cultissime cr&#234;perie &#8220;&lt;i&gt;West Country Girl&lt;/i&gt;&#8221; (comme je vous le disais, tout est reli&#233;, on ne peut plus croire aux co&#239;ncidences !!), commence &#224; travailler sur son premier album solo. Il enregistre de temps en temps soit dans sa chambre, soit dans un studio voisin. Une journ&#233;e comme les autres je re&#231;ois un coup de fil, soit de &lt;strong&gt;Josh&lt;/strong&gt;, soit de &lt;strong&gt;Peter&lt;/strong&gt; son manager, je ne sais plus. Tu as ta cam&#233;ra ? Tu as une heure ? Tu peux venir maintenant tout de suite ? Je suis en studio avec Warren Ellis&#8230; Je cours, j'accours pour filmer la seule trace qui existe du duo entre les deux barbus. Pas de temps &#224; perdre, on ne se dit pas bonjour. Ils jouent &#224; peine je suis rentr&#233; dans le tout petit studio. Je filme. Pas eu le temps d'&#234;tre impressionn&#233;, pas eu le temps de me dire bordel je suis en train de filmer &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/Z1UfSYZJe2g&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant le bonhomme impressionne. Par sa silhouette, par son regard parfois dur (regardez donc la vid&#233;o ci dessus). Par sa carri&#232;re bien &#233;videmment. Par son talent, c'est rien de le dire ! Depuis j'ai crois&#233; plusieurs fois &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; dans le public de certains concerts, dans les backstage de &lt;strong&gt;Pj Harvey&lt;/strong&gt; ou de &lt;strong&gt;Nick Cave &amp; les Bad Seeds&lt;/strong&gt; ou tout simplement chez lui. L'impression reste la m&#234;me. &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; impressionne toujours. C'est quelqu'un de doux et pos&#233;, de curieux, curieux du monde et des gens, mais c'est aussi quelqu'un d'impressionnant. De charismatique. M&#234;me quand il est l&#224; avec vous, quand vous parlez avec lui vous avez toujours l'impression que &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; est en observation, d'un regard d'aigle ac&#233;r&#233;, qu'il prend une certaine distance avec ce qu'il se passe. Comme &#224; cette soir&#233;e slam chez lui, pas mal d'invit&#233;s, des amis, des connaissances. Le temps des lectures Warren prend de la hauteur sur une mezzanine au dessus de la pi&#232;ce. Deux grands fauteuils surplombent la salle. Deux fauteuils occup&#233;s par deux personnes qui pour diff&#233;rentes raisons ne se fondent pas facilement dans la masse. Des personnes &#224; qui il faut du temps. Qui ont besoin d'observer avant de donner. Et c'est tr&#232;s bien ainsi. Mais &#224; la fin des lectures, &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; fera attention &#224; tous et &#224; chacun, que tout le monde ait quelque chose &#224; boire, que tous se sentent bien. Une grande bienveillance jamais ostentatoire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_70811 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH334/-22183-21dda.jpg' width='500' height='334' alt=&quot;&quot; style='height:334px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Docteur Simone&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est donc le soir du concert de &lt;strong&gt;Nina Simone&lt;/strong&gt; que tout commence pour ce qui deviendra le livre dont je viens de refermer la derni&#232;re page. C'est une exp&#233;rience hors du commun que d'ouvrir &quot;&lt;i&gt;Le Chewing-gum de Nina Simone&lt;/i&gt;&quot; et de s'y abandonner. Je ne savais pas &#224; quoi m'attendre, ayant soigneusement &#233;vit&#233; les diff&#233;rents articles ou avis qui sont sortis sur le premier livre de &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt;. Avec ce titre on pouvait se demander si c'&#233;tait un roman, une autobiographie ou vraiment un essai sur LE chewing-gum de l'une des plus grandes artistes du 20e si&#232;cle. A la derni&#232;re page du livre je me demande si ce n'est pas tout cela et bien plus encore ! Ce soir l&#224;, &#224; la fin d'un concert que nous aurions ador&#233; voir, vivre, &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; fonce sur la sc&#232;ne, &#224; peine le &lt;strong&gt;Docteur Simone&lt;/strong&gt;, comme on doit l'appeler &#224; sa demande, quitte la sc&#232;ne. Il r&#233;cup&#232;re la serviette et le chewing-gum de &lt;strong&gt;Nina Simone&lt;/strong&gt; qu'elle a d&#233;pos&#233; juste avant de commencer ce qui sera, selon ses dires, l'un des plus beaux concerts qu'il a vu !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_70815 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L275xH183/-22187-7371f.jpg' width='275' height='183' alt=&quot;&quot; style='height:183px;width:275px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Une fiction ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le livre est tellement fou que l'on se demande r&#233;guli&#232;rement si &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; ne va pas, dans un tour de passe passe nous faire comprendre qu'il a invent&#233; tout cela. Que tout cela est trop fou, trop beau, trop fort pour &#234;tre vrai. Que c'est pour lui une mani&#232;re pudique de parler de la passion, de celle qui d&#233;vore, de celle qui devient indispensable &#224; la vie, &#224; la survie. De celle qui vous dit &#8220;tu ne peux pas faire autrement&#8221;. &lt;i&gt;L'histoire du chewing-gum de Nina Simone&lt;/i&gt;, c'est aussi l'histoire de &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; avec la musique. Une histoire o&#249; l'on croise bien des personnages. Evidemment ses amis musiciens et artistes, &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt; en t&#234;te. Mais aussi de fascinants artisans. &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; arrive &#224; Londres chez &lt;strong&gt;Hannah Upritchard&lt;/strong&gt; qui doit reproduire le fameux chewing-gum. &lt;strong&gt;Ellis&lt;/strong&gt; est tremp&#233; par la pluie quand il pr&#233;sente &#224; la jeune cr&#233;atrice ce qui est pour lui le Saint Graal. C'est une sc&#232;ne de film, un film un peu fou. Mais ce n'est pas une com&#233;die. Pas du tout. Car ce qui est fascinant c'est la sinc&#233;rit&#233; de la d&#233;votion de &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; pour cet objet incongru, presque insignifiant. Un petit objet que l'on ne voit pas, que l'on jette sit&#244;t consomm&#233;, que l'on retrouve coll&#233; sur les trottoirs de toutes les villes du monde et qui devient ici un objet de culte. Et ce qui est beau c'est que l'on sent que chaque personne qui croise le chemin de &lt;strong&gt;Warren&lt;/strong&gt; et surtout de ce chewing-gum ne se moque jamais du Chewing-gum, de son propri&#233;taire et du rapport qu'il entretient avec ce tout petit objet. Un objet devenu sacr&#233;, que l'on va m&#234;me exposer derri&#232;re des verres s&#233;curis&#233;s, comme on expose une statue pr&#233;cieuse, des bijoux ou tout autre objet inestimable. Chaque personne que l'on croise dans le libre comprend les enjeux, les symboles qui se cachent &#224; l'int&#233;rieur de cet objet destin&#233; en temps &#8220;normal&#8221; &#224; finir au fond d'une poubelle. Cela pose &#233;videmment la question qui traverse l'&#339;uvre de Marcel Duchamp, qu'est ce que le sacr&#233;, qu'est ce qu'une &#339;uvre d'art ? Et ce livre peut apporter une petite pierre &#224; l'&#233;difice de cette &#244; combien complexe question !&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Une autobiographie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; le dit tr&#232;s vite, il n'aime pas les autobiographies d'artistes, surtout celles des musiciens. A quelques exceptions, on ne peut pas lui donner tort. Mais ce n'est pas pour autant que l'australien ne parle pas de lui, d'ailleurs le livre ne fait que cela, souvent par des chemins d&#233;tourn&#233;es, avec beaucoup de pudeur et surtout de lucidit&#233; sur un parcours hors norme. &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; s&#232;me des petits cailloux, des indices, au fil des pages et de courtes anecdotes qui nous donneront quelques &#233;l&#233;ments sur sa vie d'artiste, de boh&#232;me, de l'Australie &#224; Londres et enfin en banlieue parisienne o&#249; il est install&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. Ses rencontres, sa fa&#231;on de voir la vie, les gens, la musique qui bien plus qu'une passion est sa colonne vert&#233;brale&#8230; A t'on vraiment besoin d'en savoir plus, n'est ce pas fascinant de se dire qu'un homme se livre peut &#234;tre plus sur ce qu'il est, sur le feu qui l'anime, sur ses doutes, ses questions, sur son rapport aux autres, au sacr&#233;, &#224; la musique, &#224; la vie en nous parlant de cette histoire un peu folle autour d'un Chewing-gum r&#233;cup&#233;r&#233; sur un piano, un soir apr&#232;s un concert que si il nous avait d&#233;taill&#233; son enfance, son parcours, sa vie entre les studios et la sc&#232;ne. C'est avec pudeur que &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; se livre. Un homme conscient de ce qu'il a parcouru, de ce qu'il est aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_70814 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L194xH259/-22186-f8e5f.jpg' width='194' height='259' alt=&quot;&quot; style='height:259px;width:194px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un essai ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur le chewing-gum du &lt;strong&gt;docteur Simone&lt;/strong&gt; ? A partir de ce geste, un geste de fan inconditionnel et sur le moment un peu f&#233;tichiste&#8230; en fait non pas sur le moment, vous verrez au fil des pages comme &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; est f&#233;tichiste des objets. Il a d'ailleurs un rapport &#233;trange car tr&#232;s entier avec certains objets un violon, comme on peut facilement l'imaginer, des chaussures mais aussi toutes sortes d'objets trouv&#233;s et retrouv&#233;s tout au long de sa vie. Il nous les raconte, en fait des listes, nous explique leur histoire. Mais dans le m&#234;me temps quand ces objets, s'usent, s'ab&#238;ment, disparaissent Warren passe &#224; autre chose. Ce f&#233;tichisme confine parfois &#224; la superstition, &#224; ce qui pourrait porter chance, &#224; des habitudes aussi pour appr&#233;hender la sc&#232;ne, des trucs, des tocs, des tics comme le nombre de boutons ouverts d'une chemise ou d'une paire de chaussure. Appelez cela comme vous voulez. Un geste de fan donc, comme celui qui demande un autographe, comme celui qui attend des heures &#224; la sortie d'un h&#244;tel ou d'un concert. Comme celui qui collectionne religieusement ce qui ce rapporte &#224; l'artiste qu'il aime ! &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; qui a jou&#233; sur toutes les sc&#232;nes du monde, crois&#233; certainement la plupart des artistes de ces 40 derni&#232;res ann&#233;es peut rester un fan. Tout comme &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt;. Il suffit de voir la photo prise backstage de &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt; avec le &lt;strong&gt;Docteur Simone&lt;/strong&gt;. Sa mani&#232;re de se tenir, ses lunettes, son sourire, son regard. Vous ne le verrez pas souvent comme cela. Rester un fan n'a rien de d&#233;shonorant. C'est aussi rester un passionn&#233;, un &#234;tre anim&#233; par la passion, c'est rester un enfant, c'est ne pas oublier que tout cela n'est que de la musique, mais que parfois la musique est tout. Elle est indispensable, elle est notre oxyg&#232;ne, notre compagnon le plus fid&#232;le, elle est nos &#233;motions, nos larmes et nos rires. Impossible de monter sur sc&#232;ne en oubliant cela, en oubliant tout ce que contient cet incroyable talisman qu'est &lt;i&gt;le Chewing-gum de Nina Simone&lt;/i&gt;. Impossible de partager sa passion si on oublie l'essentiel. Si on oublie d'o&#249; l'on vient et ce qui nous anime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_70813 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L275xH183/-22185-9dba0.jpg' width='275' height='183' alt=&quot;&quot; style='height:183px;width:275px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut lire &#8220;&lt;i&gt;le Chewing-gum de Nina Simone&lt;/i&gt;&#8221;. Il faut s'y plonger, s'y abandonner, comme on le fait en &#233;coutant la musique du &lt;strong&gt;Docteur Simone&lt;/strong&gt;, celle de &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; ou de &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt;. Il faut se laisser submerger par les &#233;motions brutes, la passion dans tous les sens du terme, de celle qui confine parfois &#224; la folie, &#224; l'absurde mais aussi et surtout &#224; la beaut&#233;, &#224; l'abandon pour acc&#233;der &#224; une forme de sinc&#233;rit&#233;. Vous y verrez que l'on peut &#234;tre vraiment soi face aux autres, se donner (c'est ce que &lt;strong&gt;Warren Ellis&lt;/strong&gt; fait quand il parle de ce dr&#244;le de Chewing-gum qu'il garde depuis tant d'ann&#233;es, quand il en parle &#224; ses amis, &#224; des artisans qu'il rencontre, quand il le montre pour la premi&#232;re fois et m&#234;me quand il le confie). Qu'il ne faut jamais avoir peur du ridicule quand on est sinc&#232;re, quand on est entier. Il faut faire ce que votre c&#339;ur vous dit de faire. C'est une&#8230; j'allais dire une des le&#231;ons, mais ce n'est pas le mot. Ce livre ne donne jamais de le&#231;on. Ce n'est pas une v&#233;rit&#233; ass&#233;n&#233;e par un vieux sage un peu pr&#233;tentieux, c'est tout le contraire. C'est ce que l'on ressent &#224; la lecture de ce r&#233;cit aussi fou que g&#233;n&#233;reux d'un homme qui est rest&#233; un &#233;ternel passionn&#233;. Merci Mister &lt;strong&gt;Ellis &lt;/strong&gt; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_70812 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L195xH258/-22184-ca2e3.jpg' width='195' height='258' alt=&quot;&quot; style='height:258px;width:195px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un tr&#232;s grand merci aux Editions de la Table Ronde et &#224; Anne-Lucie Bonniel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>PJ Harvey</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sur le papier, le projet &#233;tait plus qu'intrigant : une s&#233;quence de po&#232;mes formant un seul r&#233;cit, r&#233;dig&#233; en dialecte du Dorset accompagn&#233; d'une traduction anglaise, fruit de huit ann&#233;es de travail. M&#234;me de la part de PJ Harvey, dont la capacit&#233; &#224; ne jamais se r&#233;p&#233;ter est quasi l&#233;gendaire, nous ne l'avions pas anticip&#233;. Et ce, malgr&#233; son int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour l'&#233;criture po&#233;tique, qui a d&#233;j&#224; donn&#233; naissance au recueil The Hollow of the Hand. Lequel restait encore assez proche formellement de ses paroles de chansons ; (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur le papier, le projet &#233;tait plus qu'intrigant : une s&#233;quence de po&#232;mes formant un seul r&#233;cit, r&#233;dig&#233; en dialecte du Dorset accompagn&#233; d'une traduction anglaise, fruit de huit ann&#233;es de travail. M&#234;me de la part de &lt;strong&gt;PJ Harvey&lt;/strong&gt;, dont la capacit&#233; &#224; ne jamais se r&#233;p&#233;ter est quasi l&#233;gendaire, nous ne l'avions pas anticip&#233;. Et ce, malgr&#233; son int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour l'&#233;criture po&#233;tique, qui a d&#233;j&#224; donn&#233; naissance au recueil &lt;i&gt;The Hollow of the Hand&lt;/i&gt;. Lequel restait encore assez proche formellement de ses paroles de chansons ; plusieurs des textes en sont d'ailleurs devenus, sur l'album &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/pj-harvey/the-hope-six-demolition-project/article9090.html&quot; class='spip_out'&gt;The Hope Six Demolition Project&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt;, que nous d&#233;couvrons aujourd'hui avec une curiosit&#233; qui se mue tr&#232;s vite en enthousiasme, ne ressemble en rien &#224; ce premier recueil.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le corps de l'agneau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'objet lui-m&#234;me est beau et soign&#233;, un ouvrage cartonn&#233; qu'on a plaisir &#224; regarder, &#224; tenir en main, &#224; soupeser. L'&#233;l&#233;gante police du titre est entour&#233;e de dessins de l'artiste offrant d&#233;j&#224; un premier aper&#231;u de l'univers de cet ouvrage : insectes, branches, oiseaux, et une forme qu'on identifiera en cours de lecture comme le corps d'un agneau. &#192; l'int&#233;rieur, les pages sont a&#233;r&#233;es pour mieux nous laisser respirer, r&#234;vasser. Ce n'est pas l&#224; un livre con&#231;u &#224; la va-vite mais un objet de collection qui appelle &#224; prendre son temps pour s'immerger dans ses pages. Qui appelle aussi &#224; le garder pour mieux y revenir ensuite. On aime ce livre avant m&#234;me de l'avoir ouvert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; est malgr&#233; tout, pour les lecteurs non anglophones de naissance, m&#234;me bien familiaris&#233;s avec la langue, une exp&#233;rience de lecture assez ardue ; nous ne pr&#233;tendrons pas y avoir tout compris. Pour autant, il se veut accueillant et nous fournit des cl&#233;s pour l'aborder plus sereinement. Outre la traduction anglaise d&#233;j&#224; mentionn&#233;e, le recueil est agr&#233;ment&#233; d'un lexique reprenant les termes de patois en fin d'ouvrage, de r&#233;sum&#233;s en prose des diverses &#233;tapes de l'intrigue, et de notes de bas de page explicitant des &#233;l&#233;ments de folklore ou des r&#233;f&#233;rences &#224; des chansons populaires comme &#224; des vers de &lt;strong&gt;Shakespeare&lt;/strong&gt; ou de &lt;strong&gt;Keats&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le charme de l'ouvrage tient beaucoup &#224; cet &#233;quilibre entre herm&#233;tisme et clart&#233;. Il s'agit, apr&#232;s tout, d'un livre de po&#233;sie, qu'on ne lit pas comme un roman malgr&#233; le fil narratif qui le structure. On le lit pour la langue, qui est belle, dense et riche, lyrique parfois, crue &#224; d'autres endroits, pour les vers qu'on relit parfois tout haut pour les sentir couler, pour le myst&#232;re que cache l'envers des mots , et qu'il nous semble parfois &#224; deux doigts de pouvoir toucher. &#192; la prochaine lecture, sans doute, ou bien &#224; la suivante, car il y en aura forc&#233;ment. On ne fait pas le tour de cet &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; en une seule fois.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La mort de l'enfance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit se concentre sur une ann&#233;e de la vie d'une fillette de neuf ans, Ira-Abel Rawles, qui grandit dans le village imaginaire d'Underwhelem, dans le Dorset. Le livre &#233;pouse le rythme des saisons et se divise en douze parties, une pour chaque mois. Une ann&#233;e cruciale dans la vie d'Ira car c'est celle o&#249; se produit ce qu'elle appellera &#171; la mort de son enfance &#187;, au fil d'une suite de drames et d'incidents, de la trahison d'un fr&#232;re ador&#233; qui lui pr&#233;f&#232;re soudain son ami imaginaire, &#224; une premi&#232;re rencontre brutale avec le sexe. L'ann&#233;e aussi o&#249; Ira d&#233;couvre dans le bois de Gore Woods, son refuge, le corps d'un soldat qu'elle nomme Wyman-Elvis et qui devient pour elle une figure religieuse. Beaucoup de choses, dans &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt;, tournent autour de l'univers qu'Ira se construit dans les bois, o&#249; l'&#339;il d'un agneau mort accroch&#233; dans un arbre devient la figure divine d'Orlam qui veille sur elle, o&#249; les coutumes, superstitions, &#233;l&#233;ments de folklore local impr&#232;gnent toutes choses, o&#249; la mort, le sexe et la violence sont partout, chez les animaux de la ferme, ceux qui peuplent les bois, chez les humains, o&#249; les pires menaces peuvent se cacher dans les maisons voisines. Ce m&#233;lange singulier de candeur et de violence rappelle par moments le premier roman de &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Et l'&#226;ne vit l'ange&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/WuJE40OBt48&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ira s'interroge aussi beaucoup sur elle-m&#234;me, qui ne se sent &#171; ni fille ni gar&#231;on &#187; (et poss&#232;de d'ailleurs deux pr&#233;noms habituellement masculins) ; voyant castrer les agneaux de la ferme, elle songe qu'ils sont comme elle, d&#233;sormais asexu&#233;s. Un th&#232;me qui parcourt tout le r&#233;cit et qu'on peut rapprocher du trouble impr&#233;gnant les premiers albums de la toute jeune chanteuse &#224; l'allure alors androgyne, qui explorait de mani&#232;re franche et crue son rapport au sexe, au corps, &#224; la f&#233;minit&#233;, dans des chansons intenses qui ont pu &#234;tre interpr&#233;t&#233;es &#224; tort comme relevant d'une revendication f&#233;ministe. Le d&#233;cor, lui aussi, est familier pour qui conna&#238;t l'univers de PJ Harvey et ce qu'elle a d&#233;voil&#233; en interview de son enfance dans la campagne du Dorset (on pense aussi &#224; certaines chansons de l'album &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/pj-harvey/white-chalk/article3960.html&quot; class='spip_out'&gt;White Chalk&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Bien que le r&#233;cit lui-m&#234;me soit fictif, le cadre se nourrit sans doute beaucoup de souvenirs personnels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Naissance d'une po&#233;tesse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On s'habitue &#233;tonnamment vite &#224; cette lecture tiraill&#233;e entre les deux versions, anglais contre patois ; on m&#233;morise rapidement certains termes, &#171; &lt;i&gt;gurrel&lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;girl &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;soonere &lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;ghost &lt;/i&gt; &#187;, on note avec amusement que &#171; &lt;i&gt;bumblebee&lt;/i&gt; &#187; (bourdon) se dit &#171; &lt;i&gt;dumbledore&lt;/i&gt; &#187; dans ce dialecte. Si certains passages nous ont sembl&#233; plus opaques, reflet peut-&#234;tre de la confusion mentale d'Ira &#224; mesure que progresse cette ann&#233;e de perte d'innocence, les grandes lignes restent toujours claires et une partie du plaisir consiste &#224; savoir qu'on y reviendra. Sit&#244;t termin&#233; le livre, on se replonge d'ailleurs dans les premi&#232;res pages de &#171; Janvier &#187;, pour y &#234;tre accueilli par le po&#232;me m&#234;me qui conclut l'ouvrage, comme en &#233;cho au cycle sans cesse r&#233;p&#233;t&#233; des saisons. Une nouvelle ann&#233;e commence mais elle ne sera pas la m&#234;me pour Ira &#8211; il en va de m&#234;me pour notre &#339;il qui relit d&#233;sormais les po&#232;mes diff&#233;remment, traque les &#233;chos, les signes annonciateurs, cherche &#224; comprendre un peu plus en profondeur. Avec l'immense plaisir d'une immersion qu'on ne s'autorise pas toujours dans un quotidien surcharg&#233;, et qui fait un bien fou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; n'est pas un ouvrage qui parlera &#224; tout le monde, m&#234;me parmi les fans de PJ Harvey. Mais pour celles et ceux qui adh&#232;reront &#224; l'exp&#233;rience, ce sera un moment fascinant, ne serait-ce que pour la beaut&#233; de la langue po&#233;tique qui s'&#233;loigne beaucoup de son style de paroli&#232;re. Plus encore que &lt;i&gt;The Hollow of the Hand&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; signe la naissance d'une po&#233;tesse &#224; part enti&#232;re, qui inspire plus que jamais le respect. Et pour celles et ceux qui pr&#233;f&#232;rent s'en tenir &#224; la musique, il &lt;a href=&quot;https://www.theguardian.com/music/2022/apr/24/pj-harvey-poetry-dorset-orlam-interview&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;semblerait&lt;/a&gt; qu'un nouvel album soit annonc&#233; pour l'an prochain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/nBthuOAdjiM&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;NB : Le livre peut &#234;tre command&#233; directement sur le &lt;a href=&quot;https://pjharvey.kontraband.store/products/orlam-hardback-book-poetry&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;site officiel&lt;/a&gt; de l'artiste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dominique Dupuis</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/dominique-dupuis/pink-floyd/article11616.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.lecargo.org/spip/dominique-dupuis/pink-floyd/article11616.html</guid>
		<dc:date>2021-12-05T20:45:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pas &#233;vident d'&#233;crire un livre sur Pink Floyd en 2021 : Nick Mason, le batteur du groupe a d&#233;j&#224; fait le r&#233;cit de l'int&#233;rieur avec Inside Out, les ouvrages de Nicholas Schaffer (Saucerful Of Secrets, plus disponible en neuf) et Mark Blake (Pigs might fly) regorgent d'informations recueillies aupr&#232;s du groupe et de leurs proches, et ils font r&#233;f&#233;rence parmi les fans. Ce ne sont l&#224; que les plus connus, et surtout devrait arriver bient&#244;t l'auto-biographie de Roger Waters : si le bonhomme est fid&#232;le &#224; sa (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/livres/rubrique163.html" rel="directory"&gt;livres&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton11616-f6314.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pas &#233;vident d'&#233;crire un livre sur&lt;strong&gt; Pink Floyd &lt;/strong&gt; en 2021 : &lt;strong&gt;Nick Mason&lt;/strong&gt;, le batteur du groupe a d&#233;j&#224; fait le r&#233;cit de l'int&#233;rieur avec &lt;i&gt;Inside Out&lt;/i&gt;, les ouvrages de &lt;strong&gt;Nicholas Schaffer&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Saucerful Of Secrets&lt;/i&gt;, plus disponible en neuf) et &lt;strong&gt;Mark Blake&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Pigs might fly&lt;/i&gt;) regorgent d'informations recueillies aupr&#232;s du groupe et de leurs proches, et ils font r&#233;f&#233;rence parmi les fans. Ce ne sont l&#224; que les plus connus, et surtout devrait arriver bient&#244;t l'auto-biographie de &lt;strong&gt;Roger Waters&lt;/strong&gt; : si le bonhomme est fid&#232;le &#224; sa r&#233;putation, &#231;a va saigner ! Il est de fait l&#233;gitime de se demander si cette nouvelle brique de Dominique Dupuis trouve sa place dans l'&#233;difice &#224; la m&#233;moire du groupe, et &#233;ventuellement dans votre biblioth&#232;que, surtout si vous avez d&#233;j&#224; un ou plusieurs des ouvrages cit&#233;s ci-dessus. Il est donc temps d'ouvrir le &quot;Pink Floyd&quot; de Dominique Dupuis et de remonter 50 ans en arri&#232;re pour rencontrer quatre &#233;tudiants install&#233;s &#224; Londres qui ont mont&#233; un groupe de blues d&#233;glingu&#233; en train de muer en quelque chose d'autre au contact du psych&#233;d&#233;lisme naissant.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Carr&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose qui frappe en prenant en main ce livre o&#249; figure en couverture le &lt;i&gt;business man&lt;/i&gt; en feu de &lt;i&gt;Wish You Were Here&lt;/i&gt;, c'est son format : il est &lt;strong&gt;carr&#233; &lt;/strong&gt; et on comprend vite pourquoi : les ouvrages de la collection &quot;Cover&quot; des &#233;ditions du Layeur s'appuient sur sa discographie pour pr&#233;senter un groupe. On y trouve donc des reproductions pleine page des couvertures des albums qui b&#233;n&#233;ficient d'une impression de qualit&#233; sur un papier glac&#233; &#233;pais, une qualit&#233; qui se sent aussi au poids du livre ! Vous me direz c'est &quot;normal&quot; pour un ouvrage qui se classe dans la cat&#233;gorie &quot;beaux livres&quot; et qui n'est pas donn&#233; (cela dit 225 pages pour 35&#8364; ce n'est pas si cher compar&#233; &#224; un seul des vinyles Pink Floyd reproduits &#224; l'int&#233;rieur).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;R&#233;v&#233;lation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour qui n'en a que faire des vinyles justement, qui n'a connu ces visuels con&#231;ues en majorit&#233; par &lt;strong&gt;Storm Thorgerson&lt;/strong&gt; que sur un &#233;cran d'ordinateur ou au format CD, les d&#233;couvrir en grand est presque une r&#233;v&#233;lation : on d&#233;couvre des d&#233;tails qu'on a tout simplement jamais vus et le livre n'est pas avare d'anecdotes sur la r&#233;alisation de ces images devenus mythiques : tout cela se passe avant Photoshop, donc quand pour la couverture de &lt;i&gt;A Momentary Lapse of Reason&lt;/i&gt;, Storm veut une plage avec des centaines de lits, il r&#233;quisitionne vraiment les lits en question, L'homme qui br&#251;le a r&#233;ellement &#233;t&#233; mis en feu, le cochon gonflable au dessus de la &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Battersea_Power_Station&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Battersea Powerstation&lt;/a&gt; s'est lib&#233;r&#233; de ses cordes et fait hallucin&#233; les pilotes d'avion.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un avec tout&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Evidemment beaucoup de ses anecdotes ne seront pas nouvelles pour les fans mais &#233;tant donn&#233; la richesse iconographique (il n'y a pas que les couvertures mais aussi de nombreuses photographies l&#224; encore reproduites en grand format) on est agr&#233;ablement surpris par tout ce que Dominique Dupuis arrive &#224; caser comme informations en &#224; peine deux pages pour certains albums. Lesquels sont tous pr&#233;sents, tous les albums studio du groupe, y compris les bandes originales de film*, les lives, les compilations dont les coffrets &quot;Early Years&quot; qui documentent le processus cr&#233;atif du groupe &#224; ces d&#233;buts &#224; travers moults lives et enregistrements in&#233;dits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve aussi une s&#233;lection de &lt;strong&gt;bootlegs&lt;/strong&gt; de Pink Floyd, ce qui est une bonne id&#233;e car il y en a une quantit&#233; qui existe dans ce march&#233; non officiel et on peut &#234;tre vite perdu dans la masse.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Cr&#233;er l'envie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et pour finir il y a les albums solo de chacun des membres de&lt;strong&gt; Pink Floyd&lt;/strong&gt;, un sujet qui est loin de faire consensus parmi les fans. Dominique Dupuis ne choisit pas de chapelle et pr&#233;sente les &#339;uvres de chacun, en se montrant critique sur le contenu mais sans non plus d&#233;zinguer l'un ou l'autre, en fait il essaie plut&#244;t de trouver les qualit&#233;s dans chaque disque et il fait un plut&#244;t bon travail &#233;tant donn&#233; qu'il m'a donn&#233; envie de r&#233;&#233;couter les albums solo de Waters ou encore &lt;strong&gt;Nick mason's Saucerful of secrets&lt;/strong&gt;, le projet tout r&#233;cent du batteur autour du &quot;vieux r&#233;pertoire&quot; que le Pink Floyd sans Waters des ann&#233;es 90 de m&#234;me que Waters et Gilmour en solo zappent presque compl&#232;tement dans leurs tourn&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;personnel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On arrive &#224; la fin du voyage, encore qu'on puisse se demander s'il s'agit du &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=ikDEHygZzlI&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;court concert au Live 8&lt;/a&gt; en 2005 avec le groupe complet ou l'album &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/pink-floyd/the-endless-river/article8720.html&quot; class='spip_out'&gt;The Endless River&lt;/a&gt;. On connaissait d&#233;j&#224; une grande partie de l'histoire mais on aura appris ou r&#233;appris quelques petites choses, on aura eu envie de r&#233;&#233;couter certains disques qu'on a tendance &#224; snobber, on s'est r&#233;gal&#233; des couvertures du disque et des superbes images.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule chose qu'on aurait aim&#233; de Dominique Dupuis qui dit dans son avant-propos que plut&#244;t que l'histoire d'un groupe c'est son histoire avec le groupe qu'on raconte, c'est qu'il pousse encore plus cette id&#233;e. Quitte &#224; parler de lui plus longuement, ce qui dans le milieu des &lt;i&gt;rock critics&lt;/i&gt; ne serait pas sp&#233;cialement choquant. Qu'il nous mette encore plus dans la t&#234;te d'un jeune m&#233;lomane qui se prend le Floyd dans la figure au d&#233;but des ann&#233;es 70. Cet aspect est bien pr&#233;sent au d&#233;but du livre, moins &#224; la fin mais c'est peut &#234;tre que cette partie de l'histoire est moins personnelle ? On se dit aussi que cet angle plus personnel aurait peut &#234;tre moins int&#233;ress&#233; les gens qui cherchent simplement &#224; savoir l'histoire et pas une histoire, alors que le rock est de toute fa&#231;on plut&#244;t une mythologie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le cadeau id&#233;al pour le fan de Pink Floyd ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes un &quot;jeune fan&quot; du groupe (enfin &quot;jeune&quot; genre moins de 40 ans), que vous les &#233;coutez en CD ou sur Spotify/Deezer/etc et que vous n'avez aucune intention d'acheter un vinyle, ce livre vaut carr&#233;ment le coup, pour voir le travail de Storm Thorgerson dans un format qui permet de vraiment en profiter, pour la somme d'informations qu'on y trouve. Si au contraire vous commencez une collection de 33 tours, avec son format carr&#233;, il trouvera tout naturellement sa place &#224; leur c&#244;t&#233;, comme un guide. Et enfin si vous avez d&#233;j&#224; tout, que vous savez tout, vous n'en avez pas besoin mais allez quand m&#234;me le prendre parce que sinon, techniquement, vous n'avez plus tout...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* : Arte propose le &lt;i&gt;More &lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Barbet Schroeder&lt;/strong&gt; en VOD en ce moment, &#224; voir et pas uniquement pour la BO !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Viv Albertine</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En mati&#232;re de m&#233;moires d'artistes, les ouvrages les plus passionnants sont souvent ceux qui peuvent se lire sans connaissances particuli&#232;res du parcours musical de l'auteur ou autrice. Ainsi, on peut aborder le sublime Just Kids de Patti Smith, M&#233;moires, r&#234;ves et r&#233;flexions de Marianne Faithfull ou encore La nuit ne dure pas de Dani, pour ne citer que trois ouvrages ayant marqu&#233; votre matelote, comme des portes d'entr&#233;e vers un parcours qui ne nous est pas n&#233;cessairement familier, parce qu'il y a une (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L92xH150/arton11370-abd84.jpg&quot; width='92' height='150' style='height:150px;width:92px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re de m&#233;moires d'artistes, les ouvrages les plus passionnants sont souvent ceux qui peuvent se lire sans connaissances particuli&#232;res du parcours musical de l'auteur ou autrice. Ainsi, on peut aborder le sublime &lt;i&gt;Just Kids&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Patti Smith&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;M&#233;moires, r&#234;ves et r&#233;flexions&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Marianne Faithfull&lt;/strong&gt; ou encore &lt;i&gt;La nuit ne dure pas&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Dani&lt;/strong&gt;, pour ne citer que trois ouvrages ayant marqu&#233; votre matelote, comme des portes d'entr&#233;e vers un parcours qui ne nous est pas n&#233;cessairement familier, parce qu'il y a une voix qui vous happe, une personnalit&#233; qui se d&#233;gage, un t&#233;moignage sur une &#233;poque et un contexte donn&#233;s. On ne les d&#233;vore pas simplement pour assouvir notre curiosit&#233; quant &#224; l'envers d'un certain d&#233;cor, mais parce que le livre lui-m&#234;me est impossible &#224; l&#226;cher. Refermant &#224; regret &lt;i&gt;De fringues, de musique et de mecs&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Viv Albertine&lt;/strong&gt;, on s'empresse de le ranger dans la m&#234;me cat&#233;gorie. Si je ne connaissais des &lt;strong&gt;Slits&lt;/strong&gt; que diverses mentions lues dans des articles sur l'histoire du rock au f&#233;minin, peut-&#234;tre un ou deux morceaux entendus ici et l&#224;, le livre m'a captiv&#233;e d&#232;s les premi&#232;res pages.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le punk et l'apr&#232;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cet aspect de t&#233;moignage d'une &#233;poque r&#233;volue est &#233;videmment passionnant, ne serait-ce que par le statut particulier des Slits, l'un des tout premiers groupes de punk f&#233;minins dans l'Angleterre de la fin des ann&#233;es 70, o&#249; elles se heurt&#232;rent forc&#233;ment au sexisme et &#224; l'hostilit&#233; masculine &#8211; l'ouvrage raconte notamment avec quelle pugnacit&#233; elles durent batailler pour imposer leurs choix lors de l'enregistrement de leur premier album &lt;i&gt;Cut&lt;/i&gt; sorti en 1979. Comme toujours dans ce genre d'ouvrage, on croise beaucoup de figures connues : les &lt;strong&gt;Clash&lt;/strong&gt;, les &lt;strong&gt;Sex Pistols&lt;/strong&gt; (l'autrice y brosse le portrait d'un &lt;strong&gt;Sid Vicious&lt;/strong&gt; &#233;tonnamment attachant et moins chaotique qu'on ne s'y attendrait), &lt;strong&gt;Malcolm McLaren&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Vivienne Westwood&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Chrissie Hynde&lt;/strong&gt; ou encore une toute jeune &lt;strong&gt;Neneh Cherry&lt;/strong&gt;. Viv Albertine retrace aussi sa rencontre capitale avec &lt;strong&gt;Ari Up&lt;/strong&gt;, jeune Allemande impulsive, incontr&#244;lable mais terriblement inspirante avec qui elle aura, du vivant des Slits et au-del&#224;, une relation en dents de scie mais r&#233;ellement marquante, teint&#233;e d'un grand respect et d'un tr&#232;s fort sentiment d'&#233;mulation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/LHHEHIoZMuY&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La partie consacr&#233;e &#224; l'histoire du groupe ne constitue en r&#233;alit&#233; qu'une petite portion du livre, qui retrace avant tout le parcours de vie de l'autrice, de l'enfance &#224; l'&#233;poque actuelle. Sa d&#233;couverte de la sc&#232;ne punk et le r&#244;le qu'elle y jouera, mais aussi sa vie au-del&#224; de cet &#233;pisode musical qui a fait sa renomm&#233;e. &lt;i&gt;De fringues, de musique et de mecs&lt;/i&gt; est tout aussi passionnant lorsqu'elle retrace longuement l'apr&#232;s-Slits : un mariage qui la verra glisser dans une petite vie rang&#233;e qui ne la satisfera pas vraiment, un enfer m&#233;dical travers&#233; lors de tentatives infructueuses pour avoir un enfant, puis une lutte contre un cancer racont&#233;e, comme tout le reste, avec une franchise et une recherche de justesse qui en rendent la lecture parfois &#233;prouvante. Puis la prise de conscience d'un enfermement dans une vie sans &#233;tincelles malgr&#233; l'amour profond qu'elle porte &#224; sa fille, notamment lors d'une rencontre avec &lt;strong&gt;Vincent Gallo&lt;/strong&gt; qui jouera le r&#244;le d'une muse improbable lui rappelant &#224; quel point la musique et la cr&#233;ation lui manquent. Et enfin, apr&#232;s l'&#233;chec de son mariage, un retour &#224; la sc&#232;ne et l'enregistrement de l'album solo &lt;i&gt;The Vermillion Border&lt;/i&gt; en 2012.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'envers et le chemin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose d'&#233;mouvant &#224; aborder ce livre en n'ayant qu'une vague id&#233;e de ce qu'on y trouvera, et &#224; d&#233;couvrir les albums des Slits puis ces chansons solo en m&#234;me temps qu'on lit &#224; leur sujet ; on noue avec eux un lien de familiarit&#233; diff&#233;rent, parce qu'on les re&#231;oit en m&#234;me temps que leur histoire. On est r&#233;ellement touch&#233; de voir Viv Albertine, dans la derni&#232;re partie du r&#233;cit, &#233;merger du cocon &#233;touffant o&#249; l'a enferm&#233;e son mariage pour revenir &#224; une forme de cr&#233;ativit&#233; diff&#233;rente : non pas un retour &#224; l'&#233;criture punk de sa jeunesse qui ne pourrait que sonner faux, mais une musique qui contient tout ce qu'elle a v&#233;cu dans l'intervalle et qui y puise sa force, l'envers pas toujours racont&#233; au grand jour de la vie ordinaire d'une m&#232;re au foyer. La justesse et la grande franchise du r&#233;cit nous frappent tout du long : Viv Albertine n'a pas simplement travers&#233; une &#233;poque int&#233;ressante &#224; relater, mais poss&#232;de un vrai talent pour raconter ce qu'elle a v&#233;cu et nous faire emprunter ce chemin avec elle. &lt;i&gt;De fringues, de musique et de mecs&lt;/i&gt; est un t&#233;moignage passionnant pour qui s'int&#233;resse &#224; l'histoire du rock f&#233;minin, mais c'est avant tout un livre prenant, poignant parfois, port&#233; par une voix authentique, une lecture qu'on se rappellera certainement tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/RdBeYG4Ct7E&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alain Damasio</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/alain-damasio/les-furtifs/article10227.html</link>
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		<dc:date>2020-04-15T13:12:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Il y a un livre que je recommande syst&#233;matiquement &#224; mes amis amateurs de fantastique et autres &quot;litt&#233;ratures de l'imaginaire&quot;, et encore plus &#224; mes amis allergiques &#224; cela : La Horde du Contrevent d'Alain Damasio. Univers riche et original, personnages creus&#233;s, une qualit&#233; litt&#233;raire &#233;vidente doubl&#233;e d'un plaisir communicatif &#224; jouer avec les mots. Et quand on finit l'aventure, le port&#233;e philosophique de la qu&#234;te a de quoi vous rester longtemps en bouche. Je ne suis pas le seul apparemment car d'ann&#233;e en (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/livres/rubrique163.html" rel="directory"&gt;livres&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L107xH150/arton10227-9c136.jpg&quot; width='107' height='150' style='height:150px;width:107px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a un livre que je recommande syst&#233;matiquement &#224; mes amis amateurs de fantastique et autres &quot;litt&#233;ratures de l'imaginaire&quot;, et encore plus &#224; mes amis allergiques &#224; cela : &lt;i&gt;La Horde du Contrevent&lt;/i&gt; d'&lt;strong&gt;Alain Damasio&lt;/strong&gt;. Univers riche et original, personnages creus&#233;s, une qualit&#233; litt&#233;raire &#233;vidente doubl&#233;e d'un plaisir communicatif &#224; jouer avec les mots. Et quand on finit l'aventure, le port&#233;e philosophique de la qu&#234;te a de quoi vous rester longtemps en bouche. Je ne suis pas le seul apparemment car d'ann&#233;e en ann&#233;e, &#224; force de bouche &#224; oreille, Alain Damasio est devenu une star, peut-&#234;tre la seule star en France d'une sph&#232;re litt&#233;raire snob&#233;e par les m&#233;dias et les prix litt&#233;raires, qui a du mal &#224; &#233;largir son audience au del&#224; son public de pr&#233;dilection.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Proph&#233;tique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand le bonhomme sort un nouveau livre c'est donc un &#233;v&#233;nement et les quelques informations qui filtrent sont all&#233;chantes : un roman d'anticipation qui r&#233;sonne totalement avec notre pr&#233;sent, o&#249; les pouvoirs publics ont quasiment d&#233;missionn&#233;, laissant libre court &#224; un m&#233;ga-capitalisme non pas d&#233;complex&#233; mais carr&#233;ment mal&#233;fique. Les villes font faillite et prennent le nom de la multinationale qui les renflouent (Civin, pour Vinci en verlans, Orange ... rachet&#233;e par Orange, ils ont d&#233;j&#224; le nom c'est moins cher en droits, Paris-LVMH). Les in&#233;galit&#233;s explosent. Tout le monde est pist&#233;, profil&#233; via son acc&#232;s au r&#233;seau. Bref la somme de toutes les peurs que vous pouvez avoir sur les m&#233;faits de la technologie, en particulier en France.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce futur cauchemardesque et pourtant parfois s&#233;duisant, on suit &lt;strong&gt;Lorca&lt;/strong&gt;, quadra embarqu&#233; tardivement dans une unit&#233; d'&#233;lite de l'arm&#233;e qui traque les &lt;strong&gt;Furtifs&lt;/strong&gt;, une esp&#232;ce animale aux fantastiques pouvoirs de camouflage et d'agilit&#233; dont on a encore pu capturer aucun sp&#233;cimen vivant car ils se transforment en statues si un humain arrive &#224; les apercevoir. Lorca s'est engag&#233; pour une raison pr&#233;cise : il pense que les furtifs sont impliqu&#233;s dans la disparition myst&#233;rieuse de sa fille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusque l&#224; tout va bien, on suit Lorca et sa &quot;meute&quot;, une &#233;quipe de soldats haute en couleurs, qui traque les furtifs. L'univers anticip&#233; par Damasio, ses progr&#232;s grisants et ses in&#233;galit&#233;s exacerb&#233;es et le drame personnel v&#233;cu par Lorca et sa femme, tout cela est introduit progressivement, sans longues descriptions et flashbacks incessants, sans &quot;ralentir&quot; une qu&#234;te qui vous tient d&#233;j&#224; en haleine.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Pamphl&#233;tique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et puis tr&#232;s vite Damasio bascule dans le pamphlet anti-capitaliste et anti-technologique. Ce qui en soit n'est pas un probl&#232;me, on peut appr&#233;cier un livre sans adh&#233;rer &#224; l'id&#233;ologie de l'auteur. Pour ce qui est de la critique de la technologie dans la SF, la plupart des grands succ&#232;s cin&#233;matographiques du genre pr&#233;sentent la technologie comme un ennemi mortel si on arrive pas &#224; la ma&#238;triser. Les luttes sociales ont donn&#233; aussi certains de nos chefs d'oeuvre litt&#233;raires et des grands r&#233;alisateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bref on pouvait &#233;crire un livre brillant avec ces &#233;l&#233;ments, les Furtifs l'est d'ailleurs par bien des aspects, dont la symbolique, celle de l'esp&#232;ce qui lui donne son nom en particulier. Mais aussi les personnages comme Varech, les personnalit&#233;s savantes mises en sc&#232;ne et leurs d&#233;lires scientifiques, litt&#233;raires ou mystiques. Les furtis auraient pu &#234;tre un livre qui aurait &#233;t&#233; lu par les fans du genre et au del&#224;, peu importe leurs id&#233;es politique. Dans le m&#233;tro m&#234;me par un trader haute-fr&#233;quence se rendant &#224; son job &#224; la D&#233;fense avec les &#233;chos et Capital dans son attach&#233; case en cuir. L&#224; c'est tellement partisan, les ficelles sont tellement grosses pour d&#233;signer les gentils et les m&#233;chants qu'on croirait plut&#244;t lire un blog de Mediapart, un tract de la France Insoumise ou de Attac.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Ethique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois je crois qu'un livre me tombe des mains, tant ce qui est expos&#233; me semble caricatural, partial, pas apte &#224; nourrir la r&#233;flexion que la bonne SF est cens&#233;e amener.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne doute pas par contre que comme &lt;i&gt;la Horde du Contrevent&lt;/i&gt; ce livre rencontrera un fort succ&#232;s en France, surtout aupr&#232;s d'un public jeune. Apr&#232;s tout des cyber-zadistes qui pratiquent le parkour, adore la vie lo-tech en communaut&#233; saupoudr&#233;e de mysticisme, qui luttent contre un pouvoir politique b&#234;te et mal&#233;fique, des entreprises qui ressemblent &#224; des syndicats du crime et qui n'ont aucune conscience sociale ni &#233;cologique, ce n'est pas si loin de la vision de la soci&#233;t&#233; manich&#233;enne et simplifi&#233;e &#224; outrance que certains politiques leur vendent d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Qui tique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais pourtant quand il ne me tombait pas des mains, il a ses bons moments ce bouquin, des personnages excellents, une histoire qui m&#234;me si on adh&#232;re pas &#224; l'id&#233;ologie se tient. Un talent d'&#233;criture bien s&#251;r, un talent po&#233;tique, un talent de dialoguiste aussi : comme dans la horde, Damasio raconte l'histoire &#224; travers diff&#233;rents personnages de fa&#231;on magistrale : la personnalit&#233; de chacun transpara&#238;t sans probl&#232;me dans leur fa&#231;on de s'exprimer. Il y a aussi un jeu assez jubilatoire avec les mots qui s'op&#232;re en rapport avec l'histoire, qu'on ne spoilera pas.. on lui reprochera quand m&#234;me que pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me &#231;a en devient juste incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plus grande &quot;trahison&quot;, pour le cart&#233;sien en moi en tout cas, est quand Damasio nous explique que les furtifs seraient responsables en partie de l'&#233;volution, ce qui revient &#224; r&#233;introduire un &#234;tre &quot;magique&quot; comme cr&#233;ateur, l&#224; o&#249; il n'y en a absolument besoin, le vivant, la science a sa propre magie, sa propre histoire qui se tient sans qu'on soit obliger d'y introduire un &#233;l&#233;ment mystique. Un &#233;loge du mysticisme r&#233;curent dans le livre, tandis que r&#233;alit&#233; virtuelle, transhumanisme sont ostensiblement class&#233;es dans les choses mauvaises alors que les deux peuvent r&#233;pondre aux m&#234;mes aspirations de l'&#234;tre humain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Meetique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Finalement ce que moi je retiendrai des Furtifs c'est... une histoire d'amour. D'un p&#232;re pour une fille. Une histoire d'acceptation et de tol&#233;rance, pour un p&#232;re qui voit le corps de sa fille changer, pour une soci&#233;t&#233; qui d&#233;couvre soudain qu'elle vit avec une autre esp&#232;ce et l&#224; pour le coup je crois volontiers avec &lt;strong&gt;Damasio &lt;/strong&gt; qu'on serait pr&#234;t par peur et par b&#234;tise &#224; commettre un autre g&#233;nocide. C'est une fa&#231;on aussi de nous ramener &#224; notre effet sur les esp&#232;ces existantes qui parfois ne sont pas furtives mais juste invisibles pour nous. Dommage que tout cela soit desservi par une vision politique qui n'est pas vraiment bien d&#233;fendue par l'aspect anticipation : Damasio ne prouve pas que le capitalisme est le mal (certains d'entre vous me diront que cela n'a plus besoin d'&#234;tre prouv&#233;.... c'est un autre d&#233;bat), il cr&#233;e un univers et une histoire qu'il a forg&#233;s pour faire passer ce message. Ce qui en soit reste valide en SF mais pas si on a l'impression que les d&#233;s sont totalement pip&#233;s, que la d&#233;monstration intellectuelle ne r&#233;sistera pas &#224; une analyse fine o&#249; l'on remplace gentils et m&#233;chants par des gens et des syst&#232;mes dans leur complexit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Damasio n'est d'ailleurs pas un auteur qui se r&#233;clame du &quot;genre'&quot; SF/Fantastique, pour lui c'est un medium qu'il tort sans complexe, un outil pour exprimer ses id&#233;es et disons-le encore une fois on n'est pas allergique &#224; la politisation, ni m&#234;me &#224; toutes les id&#233;es exprim&#233;es ici simplement pour nous ici ce processus se fait au d&#233;triment du reste, l'&#233;quilibre d&#233;licat de la Horde entre l'histoire et le message que l'auteur veut faire passer n'y est pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tade Thompson</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/tade-thompson/rosewater/article10065.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



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&lt;p&gt;La science-fiction est loin d'&#234;tre l'apanage d'auteurs am&#233;ricains et europ&#233;ens, du c&#244;t&#233; de la Chine, il y a Cixin Liu et son fameux Probl&#232;me &#224; trois corps (Actes Sud) qui est la porte d'entr&#233;e vers tout un vivier d'auteurs r&#233;cemment explor&#233;e dans l'anthologie The Reincarnated Giant (pas encore traduite). Mais plus proche de nous, il y a une SF africaine et aujourd'hui on vous emm&#232;ne en 2066 &#224; la d&#233;couverte de Rosewater de Tade Thompson, premier tome d'une trilogie et nom de la ville nig&#233;rienne o&#249; se d&#233;roule (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L98xH150/arton10065-2cb09.jpg&quot; width='98' height='150' style='height:150px;width:98px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La science-fiction est loin d'&#234;tre l'apanage d'auteurs am&#233;ricains et europ&#233;ens, du c&#244;t&#233; de la Chine, il y a &lt;strong&gt;Cixin Liu&lt;/strong&gt; et son fameux &lt;i&gt;Probl&#232;me &#224; trois corps&lt;/i&gt; (Actes Sud) qui est la porte d'entr&#233;e vers tout un vivier d'auteurs r&#233;cemment explor&#233;e dans l'anthologie &lt;i&gt;The Reincarnated Giant&lt;/i&gt; (pas encore traduite). Mais plus proche de nous, il y a une &lt;strong&gt;SF africaine&lt;/strong&gt; et aujourd'hui on vous emm&#232;ne en 2066 &#224; la d&#233;couverte de &lt;i&gt;Rosewater &lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Tade Thompson&lt;/strong&gt;, premier tome d'une trilogie et nom de la ville nig&#233;rienne o&#249; se d&#233;roule l'action. Sa particularit&#233; est qu'elle a &#233;t&#233; construite autour d'un inaccessible biod&#244;me extraterrestre, qui ne s'ouvre qu'une fois l'an pour gu&#233;rir les maladies (voir ressusciter les morts en mode zombie), produit de l'&#233;lectricit&#233; et cr&#233;e une sorte d'Internet am&#233;lior&#233; accessible uniquement &#224; certains humains.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;We were promised jetpacks &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si on s'amusait &#224; faire le bilan des choses qui sont devenues r&#233;alit&#233; dans le futur des auteurs du courant &lt;strong&gt;cyperpunk&lt;/strong&gt;, le bilan serait plut&#244;t en leur faveur : transhumanisme, pr&#233;valence des grands entreprises sur les nations, catastrophe &#233;cologique, un monde compl&#232;tement transform&#233; par l'Internet, bient&#244;t l'IA et la robotique. Par contre, notre Internet n'est pas la matrice d&#233;crite par William Gibson, une sorte de surcouche du monde physique, o&#249; des hackers dignes successeurs des chevaliers ou des cowboys se livrent &#224; des duels ou des raids contre les &quot;glaces&quot; (l'&#233;quivalent du parefeu dans le dialecte cyperpunk ) des m&#233;gacorpations. Le piratage r&#233;el n'a rien avoir avec &lt;i&gt;Grav&#233; sur Chrome&lt;/i&gt; (Gibson encore), il n'a rien d'excitant, c'est soit de l'ing&#233;nierie sociale (tr&#232;s bien montr&#233;e dans la s&#233;rie &lt;strong&gt;Mr Robot&lt;/strong&gt;), soit un &lt;i&gt;script kiddy&lt;/i&gt; qui t&#233;l&#233;charge un virus tout fait contre 0.00001 bitcoin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;The Matrix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Rosewater&lt;/i&gt;, Tade Thompson invente un futur o&#249; une telle matrice existe, appel&#233;e &lt;strong&gt;Xenosph&#232;re &lt;/strong&gt; en parall&#232;le avec l'internet classique : les extra-terrestres bien qu'enferm&#233;s dans leur dome saturent l'atmosph&#232;re de minuscules organismes, connect&#233;s les uns aux autres et &#224; tous les &#234;tres vivants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce r&#233;seau est inaccessible &#224; la plupart des &#234;tres humains m&#234;me s'ils y d&#233;versent leurs pens&#233;es, que les traces d'une activit&#233; ou d'une personne peuvent y subsister par del&#224; la mort. La X&#233;nosph&#232;re n'est pas qu'un r&#233;seau de r&#233;seaux comme notre Internet, c'est r&#233;ellement une surcouche du monde, un niveau de perception suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et quelques humains ont le &quot;sixi&#232;me sens&quot; qui permet d'y acc&#233;der, ce qui veut dire pouvoir lire les pens&#233;es des gens, les manipuler mais aussi de naviguer et d'exister dans cette x&#233;nosph&#232;re. Evidemment certains choisissent de se servir d'un tel talent pour le mal, d'autres sont recrut&#233;s pour le &quot;bien&quot;, en tout cas celui du gouvernement en place. Et au milieu il y &lt;strong&gt;Kaaro &lt;/strong&gt; le personnage principal de &lt;i&gt;Rosewater&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Ass de&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kaaro&lt;/strong&gt; est loin d'&#234;tre un h&#233;ros mais justement ses imperfections le rendent humain, et donne des &#233;motions cr&#233;dibles &#224; cette science-fiction qui part un peu dans tous les sens. A l'adolescence, il se d&#233;couvre le don de trouver n'importe quelle chose, une personne disparue ou... les &#233;conomies des voisins. Qui essaient de le lyncher quand il se fait d&#233;noncer par sa propre m&#232;re. Cet &#233;pisode traumatique est certainement pour beaucoup dans le c&#244;t&#233; cynique, amoral et &#233;go&#239;ste du personnage. Son m&#233;pris pour toute forme d'autorit&#233;, m&#234;me s'il finit par travailler pour une agence gouvernementale secr&#232;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour compl&#233;ter ce portrait tr&#232;s &quot;anti-h&#233;ro&#239;que&quot;, il est plut&#244;t l&#226;che, incapable de se battre et il n'est pas convaincu que coucher virtuellement c'est tromper. Ces prises de d&#233;cision sont en accord avec tout &#231;a et &#231;a donne donc un personnage t&#234;te br&#251;l&#233;e mais peureux, motiv&#233; par la recherche du plaisir qui fait tout sauf ce qu'on attend de lui. Il ne sauvera pas le monde et il n'est pas &#233;vident qu'il puisse se sauver lui-m&#234;me. Car depuis quelques temps tous les &quot;sensitifs&quot; capables d'acc&#233;der &#224; la x&#233;nosph&#232;re ont commenc&#233; &#224; dispara&#238;tre dans des circonstances suspectes...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Temps m&#233;lang&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est l&#224; que le point de d&#233;part d'une histoire complexe et souvent jubilatoire que Tade Thompson va nous raconter en alternant entre trois p&#233;riodes de la vie de Kaaro.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un choix ambitieux qui se comprend quand tout se met en place &#224; la fin mais qui a deux d&#233;fauts : 1- le d&#233;but, l'appropriation de l'univers est un peu laborieux, il faut un certain temps pour que l'intrigue se d&#233;ploit et nous accroche. 2- On peut &#234;tre vite perdu &#224; changer sans cesse d'&#233;poque, un probl&#232;me qui aurait pu &#234;tre r&#233;gl&#233; en fait assez facilement, par des codes typographiques, par l'utilisation de termes comme &quot;pass&#233;&quot; plut&#244;t que des dates peu parlantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est certes un peu lent au d&#233;marrage mais Rosewater m&#233;lange tr&#232;s bien science-cr&#233;dible et imaginaire po&#233;tique. Il se lit d'une traite et a beaucoup &#224; offrir son cadre original, l'Afrique &#224; l'heure du cyberpunk, ses personnage hauts en couleur et toutes les id&#233;es, tous les rebondissements qu'on pr&#233;f&#232;re vous laisser d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Cette chronique se base sur le texte original en anglais de Rosewater, qui est aussi disponible en fran&#231;ais chez J'ai Lu, traduit par Henry-Luc Planchat.
Les tomes 2 et 3 de la trilogie, R&#233;surrection et R&#233;demption, sont sortis en anglais et en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Sophie Verroest</title>
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&lt;p&gt;Imaginez un recueil de nouvelles autour de la Saint-Valentin se situant quasi-exclusivement au c&#339;ur de la campagne angevine. Et bien vous n'y &#234;tes pas vraiment*. Non seulement le pitch n'est pas des plus vendeurs mais il est aussi bien trop r&#233;ducteur. Happy Valentine de Sophie Verroest a bien pour cadre la Saint-Valentin et le Maine-et-Loire mais il est bien plus que &#231;a. Ces nouvelles accompagnent une famille de la seconde guerre mondiale &#224; nos jours et ce qui commence comme une suite d'histoires (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Imaginez un recueil de nouvelles autour de la Saint-Valentin se situant quasi-exclusivement au c&#339;ur de la campagne angevine. Et bien vous n'y &#234;tes pas vraiment*. Non seulement le pitch n'est pas des plus vendeurs mais il est aussi bien trop r&#233;ducteur. &lt;i&gt;Happy Valentine&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Sophie Verroest&lt;/strong&gt; a bien pour cadre la Saint-Valentin et le Maine-et-Loire mais il est bien plus que &#231;a. Ces nouvelles accompagnent une famille de la seconde guerre mondiale &#224; nos jours et ce qui commence comme une suite d'histoires ind&#233;pendantes se transforme vite en saga familiale qu'on a bien du mal &#224; poser avant la fin.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;jeu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait pourtant pas gagn&#233; d'avance puisque, comme tout un chacun, &#224; la premi&#232;re mention de &#171; Saint Valentin &#187; on se recroqueville instinctivement craignant d'embl&#233;e la mi&#232;vrerie romantico-commerciale. Vous l'aurez compris, ce n'est pas le cas m&#234;me s'il est bien s&#251;r question de sentiments. Il est surtout question de cheminement personnel, cheminement au sein d'un couple, d'une famille, de trouver sa place. Et de la garder. Il est question de transmission. Une saga familiale subtile donc, slalomant entre les pi&#232;ges du genre, s'&#233;toffant &#224; mesure que les fissures se r&#233;v&#232;lent plus profondes, s'offrant le luxe de variations de formes de narration propres &#224; la nouvelle dans un jeu de saute-mouton annuel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;naturelle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On n'est donc pas oblig&#233; d'adh&#233;rer &#224; la Saint-Valentin, on n'est pas non plus oblig&#233; d'&#234;tre d'origine angevine (m&#234;me si &#231;a aide &#224; situer l'Authion), on n'est m&#234;me pas oblig&#233; d'&#234;tre un afficionado des nouvelles (puisque la coh&#233;rence d'ensemble transcende le genre), on est juste tenu de laisser une place suffisante &#224; sa sensibilit&#233; naturelle et de se laisser porter**, n'importe quel jour de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;padding-top:20px&quot;&gt;* et si, cargo oblige, vous &#234;tes &#224; la recherche de &lt;strong&gt;My Bloody Valentine&lt;/strong&gt;, vous y &#234;tes encore moins&lt;/p&gt; &lt;p&gt;** pour ceux/celles qui voudraient se porter plus loin, petit &#233;diteur oblige, le livre est &#224; commander en ligne sur &lt;a href=&quot;https://www.editions-pneumatiques.fr/produit/happy-valentine/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;https://www.editions-pneumatiques.fr/produit/happy-valentine/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sophie Rosemont</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;On s'en voudrait presque d'&#233;mettre quelques r&#233;serves sur cet ouvrage tant il s'agit d'un projet auquel on aimerait adh&#233;rer pleinement, et d'une initiative qu'on ne peut que saluer : remettre les femmes &#224; leur juste place dans l'histoire du rock, trop souvent &#233;crite par et &#224; travers les hommes. Intention salutaire et n&#233;cessaire, aujourd'hui plus que jamais : en 2019, on entend encore beaucoup trop d'artistes &#233;voquer les difficult&#233;s qu'elles rencontrent pour exister autrement que dans l'ombre des hommes, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On s'en voudrait presque d'&#233;mettre quelques r&#233;serves sur cet ouvrage tant il s'agit d'un projet auquel on aimerait adh&#233;rer pleinement, et d'une initiative qu'on ne peut que saluer : remettre les femmes &#224; leur juste place dans l'histoire du rock, trop souvent &#233;crite par et &#224; travers les hommes. Intention salutaire et n&#233;cessaire, aujourd'hui plus que jamais : en 2019, on entend encore beaucoup trop d'artistes &#233;voquer les difficult&#233;s qu'elles rencontrent pour exister autrement que dans l'ombre des hommes, pour &#234;tre reconnues comme cr&#233;atrices &#224; part enti&#232;re plut&#244;t que muses ou &#171; chanteuses du groupe &#187; ne connaissant rien aux aspects techniques, mat&#233;riels ou financiers, et on sait combien les femmes restent minoritaires parmi les producteurs, directeurs de label &#8211; ou chroniqueurs musicaux, comme &lt;strong&gt;Sophie Rosemont&lt;/strong&gt;, journaliste pour &lt;i&gt;Rolling Stone&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Paris Match&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Les Inrocks&lt;/i&gt;, le fait remarquer elle-m&#234;me dans les remerciements de son ouvrage.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Les femmes &#224; leur juste place&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On s'en voudrait presque, donc, d'avouer que &lt;i&gt;Girls Rock&lt;/i&gt; nous a &#224; la fois enthousiasm&#233;s et pas totalement convaincus, nous laissant sur une double impression difficile &#224; d&#233;m&#234;ler. L'ouvrage a d'ind&#233;niables qualit&#233;s, mais quelques points nous auront fait tiquer. Commen&#231;ons par &#233;voquer le positif : il se d&#233;gage de cette lecture une impression de grande g&#233;n&#233;rosit&#233; et une ind&#233;niable envie de partage et de transmission. De toute &#233;vidence, Sophie Rosemont se passionne pour le sujet, elle aime profond&#233;ment les artistes qu'elle &#233;voque, et cette admiration transpire de toutes les pages. Les musiciennes &#233;voqu&#233;es sont nombreuses et tr&#232;s vari&#233;es, que ce soit en termes d'&#233;poque, de style musical ou de place g&#233;n&#233;ralement reconnue dans l'histoire du rock. On navigue &#224; travers le temps, des pionni&#232;res &lt;strong&gt;Sister Rosetta Tharpe&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Bessie Smith&lt;/strong&gt; &#224; des artistes actuelles comme &lt;strong&gt;Angel Olsen&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Anna Calvi&lt;/strong&gt; ; on revisite l'histoire des l&#233;gendes &lt;strong&gt;Janis Joplin&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Siouxsie Sioux&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Nina Hagen&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Joni Mitchell&lt;/strong&gt; comme on (re)d&#233;couvre des parcours moins connus (&lt;strong&gt;Gladys Bentley&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Val&#233;rie Lagrange&lt;/strong&gt;) ; la sc&#232;ne francophone n'est pas oubli&#233;e avec des pointures aussi diverses que &lt;strong&gt;Catherine Ringer&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;La Grande Sophie&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Catherine Ribeiro&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Edith Fambuena&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/j7sodwiQJ6c&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En guise d'interm&#232;des, &lt;i&gt;Girls Rocks&lt;/i&gt; invite de jeunes musiciennes actuelles &#224; parler d'artistes qui les ont marqu&#233;es, &#224; travers des t&#233;moignages toujours touchants : &lt;strong&gt;Jeanne Added&lt;/strong&gt; &#233;voque l'&#233;coute de &lt;strong&gt;Hole&lt;/strong&gt; avant l'&#233;criture de son premier album, l&#224; o&#249; &lt;strong&gt;Lou Doillon&lt;/strong&gt; raconte une rencontre &#233;mue avec &lt;strong&gt;Patti Smith&lt;/strong&gt;.
&lt;i&gt;Girls Rock&lt;/i&gt; fait le choix d'une construction th&#233;matique plut&#244;t que chronologique, abordant le sujet sous plusieurs axes : les cavali&#232;res en solitaire (&lt;strong&gt;Kate Bush&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Dolly Parton&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;PJ Harvey&lt;/strong&gt;), les femmes fatales (&lt;strong&gt;Nico&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Grace Slick&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Stevie Nicks&lt;/strong&gt;), les engag&#233;es (&lt;strong&gt;Joan Baez&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Tori Amos&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Liz Phair&lt;/strong&gt;), celles qui se battent pour des questions d'identit&#233; de genre (&lt;strong&gt;Anohni&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Beth Ditto&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;k.d. lang&lt;/strong&gt;), ou encore celles au destin tragique (&lt;strong&gt;Amy Winehouse&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Mama Cass&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Dolores O'Riordan&lt;/strong&gt;). Construction qui rend la lecture dynamique et vivante mais parfois un peu brouillonne lorsque les portraits, trop courts, s'encha&#238;nent un peu vite. On &#233;prouve parfois la frustration de ne pas s'attarder plus longuement sur certains de ces parcours, mais c'est la limite in&#233;vitable de l'exercice. Le livre replace chaque carri&#232;re dans son contexte plus global, dessinant en filigrane les &#233;volutions soci&#233;tales &#8211; depuis l'&#233;vocation de la r&#233;volution des &lt;i&gt;riot grrrls&lt;/i&gt; &#224; &lt;strong&gt;Debbie Harry&lt;/strong&gt; expliquant qu'&#224; l'&#233;poque de son succ&#232;s, &lt;strong&gt;Patti Smith&lt;/strong&gt; et elle &#233;taient les deux seules femmes du rock.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Intentions et interpr&#233;tations&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Venons-en maintenant &#224; ce qui nous a g&#234;n&#233;s, en insistant sur le c&#244;t&#233; subjectif de cette r&#233;action. Peut-&#234;tre attendions-nous un ouvrage plus proche d'une encyclop&#233;die de r&#233;f&#233;rence, davantage tendu vers une qu&#234;te d'objectivit&#233;, mais il nous a sembl&#233; parfois que certains points de vues, certaines affirmations &#233;taient sujets &#224; caution, que ce soit dans l'interpr&#233;tation des paroles, les suppositions quant au th&#232;me d'un album ou, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, l'explication donn&#233;e &#224; la d&#233;marche de certaines artistes, parfois contredite par des interviews que nous avons pu lire ailleurs. Ainsi, on peut se demander si l'intention de &lt;strong&gt;Courtney Love&lt;/strong&gt;, lorsqu'elle &#233;crit &#171; Violet &#187;, est r&#233;ellement, comme on l'affirme ici, d'ordonner aux femmes d'apprendre &#224; dire non &#8211; &#171; Violet &#187; ressemble plut&#244;t &#224; l'exorcisme d'une exp&#233;rience personnelle qu'&#224; un message adress&#233; aux autres femmes (il est g&#233;n&#233;ralement suppos&#233; qu'il s'agit d'une chanson de rupture, ce que Courtney Love elle-m&#234;me semble avoir d&#233;j&#224; confirm&#233;). &#192; plusieurs reprises, il nous a sembl&#233; que les faits &#233;taient l&#233;g&#232;rement tordus dans le but de coller &#224; un discours pas forc&#233;ment conforme &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/cH_rfGBwamc&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, on avouera, en lisant les fiches consacr&#233;es &#224; nos artistes pr&#233;f&#233;r&#233;es, ne pas les avoir n&#233;cessairement reconnues dans le portrait qui en &#233;tait bross&#233;. Les parties consacr&#233;es &#224; &lt;strong&gt;PJ Harvey&lt;/strong&gt;, dont votre matelote est une grande fan de longue date, nous ont notamment pos&#233; probl&#232;me &#224; plusieurs titres. D'une part, on peut s'&#233;tonner de la voir pr&#233;sent&#233;e comme une militante f&#233;ministe acharn&#233;e d&#232;s ses d&#233;buts, quand on se rappelle au contraire qu'elle refusait farouchement l'&#233;tiquette &#224; l'&#233;poque de &lt;i&gt;Dry&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Rid of Me&lt;/i&gt;, affirmant que le mouvement ne la concernait pas et ne l'int&#233;ressait pas. On peut effectivement choisir d'entendre ses premiers albums sous un angle f&#233;ministe, tout comme on peut davantage y entendre l'expression intime d'un profond trouble existentiel &#8211; mais au final, chacun de ces points de vue n'est que sp&#233;culation. Il peut &#234;tre tentant de voir en PJ Harvey une figure f&#233;ministe importante, de par le mod&#232;le qu'elle a impos&#233; et l'expression unique de la sexualit&#233; dans sa musique, mais en r&#233;alit&#233;, son rapport &#224; ces questions-l&#224; &#233;tait beaucoup plus trouble &#224; ses d&#233;buts, ce qu'il aurait &#233;t&#233; plus honn&#234;te de pr&#233;ciser (contrairement &#224; son engagement politique de ces derni&#232;res ann&#233;es qui, lui, est clairement revendiqu&#233; et que le livre mentionne tr&#232;s justement).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Portraits et subjectivit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il nous a sembl&#233; par ailleurs relever quelques erreurs factuelles ou affirmations sorties de nulle part. L'ouvrage pr&#233;sente ainsi comme un fait av&#233;r&#233; une relation avec &lt;strong&gt;Vincent Gallo&lt;/strong&gt; qui n'a jamais &#233;t&#233; qu'une rumeur, et d&#233;crit &lt;i&gt;Is this Desire ?&lt;/i&gt; comme le r&#233;cit de la relation de l'artiste avec &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt;. Or, non seulement PJ Harvey ne s'est jamais exprim&#233;e dans ce sens, mais cette affirmation semble contredite par la mati&#232;re m&#234;me de l'album, qui se pr&#233;sente comme une suite d'histoires consacr&#233;es &#224; des personnages f&#233;minins fictifs, toujours d&#233;sign&#233;es par leur pr&#233;nom. Quitte &#224; sp&#233;culer, on peut &#233;ventuellement y deviner la figure de &lt;strong&gt;Sainte Catherine&lt;/strong&gt; ou des r&#233;f&#233;rences litt&#233;raires (&#171; Joy &#187; est souvent consid&#233;r&#233;e comme inspir&#233;e par une nouvelle de &lt;strong&gt;Flannery O'Connor&lt;/strong&gt;), mais on voit mal o&#249; pourrait bien &#234;tre la place de Nick Cave dans tout &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/WuJE40OBt48&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour parler d'une autre artiste que nous admirons depuis longtemps, si l'on se r&#233;jouit de voir inclure &lt;strong&gt;Suzanne Vega&lt;/strong&gt; souvent oubli&#233;e &#224; tort dans ce genre de panoramas, on s'&#233;tonne de la voir r&#233;duite &#224; une dimension solitaire qui n'est pas forc&#233;ment le trait le plus saillant du personnage ni de sa carri&#232;re &#8211; et quitte &#224; insister ailleurs sur la dimension f&#233;ministe pr&#233;sente chez beaucoup d'artistes, le sujet aurait pu &#234;tre creus&#233; ici (on se rappelle notamment &#171; I'll Never Be Your Maggie Mae &#187;, r&#233;ponse ironique &#224; la dimension sexiste de la chanson de &lt;strong&gt;Rod Stewart&lt;/strong&gt;, ou &#171; Edith Wharton's Figurines &#187; sur la peur mortif&#232;re du vieillissement). Le choix d'un classement th&#233;matique oblige fatalement &#224; mettre l'accent sur certains traits plut&#244;t que d'autres, mais on en ressort avec l'impression que les portraits ne sont pas toujours tr&#232;s repr&#233;sentatifs, au point qu'on se demande ensuite en cours de lecture &#224; quelles affirmations on peut se fier ou non pour les artistes dont on conna&#238;t moins bien le travail.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;D&#233;claration d'amour&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de r&#233;action est sans doute in&#233;vitable avec un tel ouvrage, qu'on aborde forc&#233;ment avec sa propre subjectivit&#233;, son propre rapport au sujet, sa propre histoire intime avec les albums &#233;voqu&#233;s. Les quelques erreurs relev&#233;es nous ont surpris dans le sens o&#249; Sophie Rosemont semble tr&#232;s bien conna&#238;tre la carri&#232;re des artistes &#233;voqu&#233;es, et en a d'ailleurs interview&#233; un certain nombre, mais on peut ne pas partager ses interpr&#233;tations quant &#224; leurs intentions. Reste qu'au final, il s'agit d'un ouvrage passionnant qu'on d&#233;vore d'une traite et qui donne de furieuses envies d'&#233;coute &#8211; on se surprend ensuite &#224; farfouiller dans la discographie des artistes qu'on conna&#238;t moins (votre matelote a pass&#233; hier quelques heures &#224; creuser avec bonheur du c&#244;t&#233; de &lt;strong&gt;Sleater-Kinney&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Joan Jett&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Suzi Quatro&lt;/strong&gt;). On ne peut au final que saluer la d&#233;marche militante, malheureusement toujours n&#233;cessaire, qui a donn&#233; naissance &#224; cet ouvrage et, &#224; condition de garder un certain recul face aux faits &#233;nonc&#233;s, on prend un grand plaisir &#224; s'immerger dans cette lecture et &#224; suivre les pistes qu'elle nous ouvre. &lt;i&gt;Girls Rock&lt;/i&gt; est avant tout une sinc&#232;re d&#233;claration d'amour aux femmes qui ont fait l'histoire du rock, et un livre o&#249; transpara&#238;t un enthousiasme terriblement contagieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/gBRwZbAKMpU&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tom Sweterlitsch</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/tom-sweterlitsch/terminus/article10034.html</link>
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		<dc:date>2019-06-24T19:31:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous sommes en 2199, Shannon Moss, jeune recrue de l'US Navy perdue en plein exercice sur le terrain, observe &#224; l'ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me sa propre crucifixion. Son corps &#224; l'envers, nu, livr&#233; &#224; la torture du froid glacial de la fin du monde. Puis les secours arrivent, elle se voit &#233;vacu&#233;e par une navette de la Navy, pendant qu'elle g&#238;t un peu loin, abandonn&#233;e &#224; une mort certaine. Si vous ne comprenez pas... c'est normal mais on en reparle ! Mais d'abord pr&#233;cisons que si cette sc&#232;ne est l&#233;g&#232;rement (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L103xH150/arton10034-baa81.jpg&quot; width='103' height='150' style='height:150px;width:103px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes en 2199, &lt;strong&gt;Shannon Moss&lt;/strong&gt;, jeune recrue de l'&lt;strong&gt;US Navy&lt;/strong&gt; perdue en plein exercice sur le terrain, observe &#224; l'ext&#233;rieur d'elle-m&#234;me sa propre crucifixion. Son corps &#224; l'envers, nu, livr&#233; &#224; la torture du froid glacial de la fin du monde. Puis les secours arrivent, elle se voit &#233;vacu&#233;e par une navette de la Navy, pendant qu'elle g&#238;t un peu loin, abandonn&#233;e &#224; une mort certaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous ne comprenez pas... c'est normal mais on en reparle ! Mais d'abord pr&#233;cisons que si cette sc&#232;ne est l&#233;g&#232;rement traumatisante, &lt;i&gt;Terminus &lt;/i&gt; n'est pas gore ou &#224; classer dans le genre horrifique, ce roman de science-fiction fait plut&#244;t sien un certain r&#233;alisme sans concession &#224; la &lt;strong&gt;G.R.R Martin&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Tom Sweterlitsch&lt;/strong&gt; emprunte la forme du thriller, qu'il dote d'une solide m&#233;canique (pseudo) scientifique, coh&#233;rente sans &#234;tre r&#233;serv&#233;e aux doctorants en physique quantique. Et peu &#224; peu il d&#233;voile une conspiration labyrinthique qui va vous retourner le cerveau, plusieurs fois. En tout cas, c'est ce que ce livre a fait &#224; votre serviteur ainsi qu'&#224; un certain &lt;strong&gt;Neil Blomkamp&lt;/strong&gt; (District 9) qui va l'adapter au cin&#233;ma. Il s'entend tellement bien avec Tom qu'ils ont commenc&#233; &#224; &#233;crire des courts-m&#233;trages ensemble. (&lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=VjQ2t_yNHQs&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Rakka&lt;/a&gt;, 2017).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans la navette, Shannon est soign&#233;e en urgence et face &#224; la gangr&#232;ne qui a commenc&#233; &#224; se d&#233;velopper, on doit lui amputer une jambe. On pourrait penser que c'est la fin de l'histoire pour elle mais pas du tout. C'est l'une des deux choses que l'on d&#233;couvre dans cette introduction :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;1 - Shannon Moss n'abandonne jamais&lt;br/&gt; 2 - la fin du monde a &#233;t&#233; d&#233;couverte, elle a m&#234;me un nom : le &lt;strong&gt;Terminus&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Retour vers les futurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-&#234;tre est-il temps d'expliquer un peu ce qui se passe ? &lt;i&gt;Terminus &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;The Gone World&lt;/i&gt; en VO) d&#233;crit une r&#233;alit&#233; alternative o&#249; l'US Navy, impliqu&#233;e dans la conqu&#234;te spatiale depuis &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Initiative_de_d%C3%A9fense_strat%C3%A9gique&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;le &quot;Star Wars&quot; de Reagan&lt;/a&gt; m&#232;ne un programme secret d'exploration du &lt;strong&gt;temps et de l'espace profond&lt;/strong&gt;. Gr&#226;ce &#224; des avanc&#233;es majeures en physique quantique, l'homme est d&#233;sormais capable d'explorer des galaxies lointaines et de voyager vers le futur (ou plut&#244;t des futurs hypoth&#233;tiques). La Navy a donc cr&#233;&#233; une division sp&#233;ciale pour mener ces explorations, avec sa bureaucratie et ses protocoles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et la police navale, &lt;strong&gt;le N.C.I.S&lt;/strong&gt;, exactement comme dans la s&#233;rie t&#233;l&#233; qui porte ce nom, est charg&#233;e d'enqu&#234;ter sur les crimes commis par des marines du programme, ceux atteints de folie meurtri&#232;re suite &#224; tout ce qu'ils ont vu et v&#233;cu ou encore ceux qui essaient d'en tirer un b&#233;n&#233;fice personnel.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;D&#233;j&#224;-vu&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Retour en 1997, le pr&#233;sent, l'&#233;poque &quot;r&#233;elle&quot; ou &quot;terre ferme&quot; selon le jargon des explorateurs, Moss apr&#232;s plusieurs op&#233;rations et de la r&#233;&#233;ducation, est agent sp&#233;cial du N.C.I.S. On l'appelle en pleine nuit pour une affaire atroce : une famille a &#233;t&#233; massacr&#233;e chez elle et le suspect principal est le p&#232;re, &lt;strong&gt; Patrick Mursault&lt;/strong&gt;, un Navy SEAL (commando d'&#233;lite de la marine). Seule rescap&#233;e, la fille a&#238;n&#233;e, &lt;strong&gt;Marian&lt;/strong&gt; est port&#233;e disparue, probablement enlev&#233;e par son p&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'affaire a une r&#233;sonance toute particuli&#232;re pour Moss : sa meilleure amie &lt;strong&gt;Courtney &lt;/strong&gt; habitait dans la maison de la famille Mursault, elle a &#233;t&#233; &#233;gorg&#233;e dans un parking, au m&#234;me &#226;ge que Marian et elle &#233;tait brune aussi et sa mort a profond&#233;ment affect&#233;e toute la vie de Shannon.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Marian &#224; tout prix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sauver Marian devient vite une obsession pour Moss, et alors que chaque heure qui passe diminue les chances de retrouver la jeune fille vivante, elle va prendre tous les risques pour la retrouver. Mais l'enqu&#234;te se heurte &#224; un mur. Ce qui ne laisse qu'une possibilit&#233; &#224; Moss : dans le futur, il est fort possible que l'affaire ait &#233;t&#233; r&#233;solue, le corps de Marian retrouv&#233;, les coupables jug&#233;s. La Navy autorise ses agents &#224; aller chercher dans le futur la solution &#224; un crime pr&#233;sent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le d&#233;but d'une longue enqu&#234;te, brutale, difficile, parfois sans espoir mais jamais Shannon n'abandonnera Marian, m&#234;me quand on lui brise &#224; nouveau le corps. M&#234;me quand infiltrer le r&#233;seau responsable de ces meurtres et beaucoup d'autres l'oblige &#224; passer des ann&#233;es dans des futurs qui disparaissent ensuite tandis qu'elle conserve les ann&#233;es pass&#233;es sur place et se rapproche en &#226;ge r&#233;el de celui de sa propre m&#232;re. En suivant ce fil rouge, les co&#239;ncidences, les motifs r&#233;currents r&#233;v&#232;lent peu &#224; peu une trame coh&#233;rente, une immense machination &#224; travers le temps, l'espace et de multiples r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Tout le monde descend&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et il y a l'horreur du terminus bien s&#251;r : un futur in&#233;luctable d&#233;tect&#233; par les voyageurs du temps, dont la date se rapproche depuis sans cesse du pr&#233;sent. L'humanit&#233; condamn&#233;e &#224; mourir dans d'atroces souffrances, crucifi&#233;e, d&#233;pec&#233;e, asphyxi&#233;e le corps expulsant de l'argent liquide par la bouche, ou morte d'&#233;puisement pour les malheureux condamn&#233;s &#224; courir par centaines sans jamais s'arr&#234;ter. Une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s suspendu au dessus de la t&#234;te de nos explorateurs du temps, qui savent qu'ils doivent trouver un futur ou une plan&#232;te qui leur permettra d'&#233;chapper au Terminus.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Echos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S'il n'&#233;tait &quot;que&quot; &#231;a, Terminus serait d&#233;j&#224; un sacr&#233; thriller, digne de la saison 1 de &lt;strong&gt; True Detective&lt;/strong&gt;, pour son ambiance gothique, &#224; la lisi&#232;re de l'horreur et du mysticisme, comme pour la qualit&#233; de l'&#233;criture de ses personnages ou plut&#244;t de son personnage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moss&lt;/strong&gt; n'est pas une h&#233;ro&#239;ne sans saveur, une all&#233;gorie, mais une cr&#233;ature d'esprit, ing&#233;nieuse, d&#233;termin&#233;e mais aussi de chair, qui a ses d&#233;sirs, ses failles, qui se trompe parfois, qui est &#224; la fois la fille &quot;typique&quot; des &lt;i&gt;suburbs &lt;/i&gt; am&#233;ricains qui aurait pu finir comme sa m&#232;re &#224; bosser dans le t&#233;l&#233;-marketing et une superwoman digne de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dana_Scully&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Dana Scully&lt;/a&gt; qui est son mod&#232;le dans le livre. Elle est consciente de sa propre beaut&#233; et elle a peur en m&#234;me temps de ce que son amant pensera de l'odeur due &#224; sa proth&#232;se.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Soulfood&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ce ne sont qu'une partie de tout ce qu'il y a comme mati&#232;re &#224; r&#233;flexion dans le livre : &lt;strong&gt;Tom Sweterlitsch&lt;/strong&gt; r&#233;ussit &#224; cr&#233;er &#224; la fois un univers r&#233;gi par sa propre physique quantique, un syst&#232;me coh&#233;rent et logique qui refuse tout deux ex machina ou toute &quot;licence po&#233;tique&quot;. Et en m&#234;me temps il arrive &#224; insuffler de la &lt;strong&gt;po&#233;sie &lt;/strong&gt; justement dans son univers, sa for&#234;t glac&#233;e infinie et terrifiante, des vies qui ne sont pas des vies mais juste des &#233;chos, un vaisseau fait avec les ongles des morts pour aller mener la bataille contre les dieux, un poisson qui est pi&#233;g&#233; dans une boucle de temps quantique. La m&#234;me arme qui sert &#224; tuer &#224; l'infini &#224; travers le temps et l'espace. Des gens que l'on croise &#224; plusieurs reprises dans diff&#233;rentes versions d'eux-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rigueur dans la construction de l'intrigue, SF ambitieuse, po&#233;sie, images marquantes, humanit&#233; des personnages. Terminus coche &#224; peu pr&#232;s toutes les cases du bouquin de SF parfait, et c'est presque le cas mais je ne pourrais pas vous parler de la seule chose qui m'ait un peu d&#233;plu dans le livre sans spoiler, m&#234;me si je la comprends et que &#231;a n'enl&#232;ve rien &#224; l'oeuvre de Tom Sweterlitsch. Rendez-vous peut-&#234;tre dans un autre article pour cela, en attendant qu'est-ce que vous faites encore l&#224; ? par la magie de l'ebook vous pourriez d&#233;j&#224; &#234;tre en train de d&#233;couvrir Terminus !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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