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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>Placebo</title>
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&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; est l&#224;, les degr&#233;s montent et pour sortir de notre torpeur, on s'en remet aux classiques coupe du monde de foot la nuit et carnet de mots-crois&#233;s/sudoku pour les heures sombres du d&#233;but d'apr&#232;s-midi, celles o&#249; l'on sue &#224; grosses gouttes tous volets ferm&#233;s. Musicalement, c'est la p&#233;riode des festivals, la colonie de vacances des groupes du moment, le plat complet en somme. Mais voil&#224; qu'un groupe un peu plus roublard que la moyenne a flair&#233; la bonne id&#233;e, sortir un jeu des 7 erreurs audio &#224; partir de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; est l&#224;, les degr&#233;s montent et pour sortir de notre torpeur, on s'en remet aux classiques coupe du monde de foot la nuit et carnet de mots-crois&#233;s/sudoku pour les heures sombres du d&#233;but d'apr&#232;s-midi, celles o&#249; l'on sue &#224; grosses gouttes tous volets ferm&#233;s. Musicalement, c'est la p&#233;riode des festivals, la colonie de vacances des groupes du moment, le plat complet en somme. Mais voil&#224; qu'un groupe un peu plus roublard que la moyenne a flair&#233; la bonne id&#233;e, sortir un jeu des 7 erreurs audio &#224; partir de son fantastique premier album. Un coup de g&#233;nie. Oui, &lt;strong&gt;Brian Molko&lt;/strong&gt; a peut-&#234;tre ras&#233; la moustache (il &#233;tait temps) mais il sait encore donner la passe en profondeur qui nous fera lever l'oreille de notre hamac. &lt;strong&gt;Placebo&lt;/strong&gt; nous propose donc en ce d&#233;but d'&#233;t&#233; une version &#171; re :created &#187; de leur premier album &#233;ponyme. Et direct, la premi&#232;re r&#233;action est forc&#233;ment &#171; mais qu'est-ce qui a chang&#233; ? &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;pertes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; la premi&#232;re &#233;coute &#224; froid, on remarque les &#233;vidences, les ch&#339;urs ajout&#233;s sur plusieurs morceaux (qui fonctionnent plut&#244;t bien), une instrumentation plus compacte (qui fonctionne moins bien) et un chant globalement plus fade que dans nos souvenirs. C'est donc c&#244;t&#233; pertes, malheureusement, qu'on penche d'embl&#233;e. La plus grosse &#233;tant l'amoindrissement de l'&#233;nergie brute, adolescente, qui faisait tout le sel du disque. Certes, les imperfections d'origine ont &#233;t&#233; gomm&#233;es mais le son s'est uniformis&#233;, &#231;'en est presque devenu du rock sympa des ann&#233;es 90. Sauf que &lt;strong&gt;Placebo&lt;/strong&gt; ce n'&#233;tait pas &#231;a. C'&#233;tait une putain d'&#233;nergie power-trio sur sc&#232;ne bien sur mais aussi sur disque, ce qui est suffisamment rare pour &#234;tre not&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;espace&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme &#231;a fait un moment qu'on n'a pas r&#233;&#233;cout&#233; le disque d'origine, m&#234;me si c'est un disque qu'on connait tr&#232;s bien, il faut bien passer un peu de temps &#224; comparer les deux, morceau par morceau. On vous passe en acc&#233;l&#233;r&#233; cette phase un peu fastidieuse, mais ce qu'on avait pressenti se confirme. C'est bien le petit traitement appliqu&#233; sur le chant (un poil de r&#233;verbe) et le repositionnement des instruments qui viennent ternir la rage de ce disque. C'est fou (et au final assez int&#233;ressant) de voir l'impact que de petits d&#233;tails comme ceux-l&#224; peuvent avoir sur l'ambiance g&#233;n&#233;rale. L'uniformisation musicale vient aussi de la perte d'espace entre les instruments qui mettait particuli&#232;rement en valeur la batterie et certaines guitares. Le meilleur exemple est l'affaiblissement de la guitare lead aigue si caract&#233;ristique sur &quot;36 degrees&quot; qui se perd, c'est un comble, dans un mur de saturation. Alors certes le son se rapproche plus des albums suivants de &lt;strong&gt;Placebo&lt;/strong&gt; mais cela supprime ce qui rendait ce disque unique, et ce qui rend en g&#233;n&#233;ral unique les premiers albums des groupes qu'on aime, cette impulsivit&#233; et cette candeur des d&#233;buts.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;tacle&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a le crime impardonnable, cette attaque en r&#232;gle de la botte secr&#232;te du disque, le magnifique &quot;I know&quot;. Qui a bien pu d&#233;cider de faire disparaitre le didjeridu et les percus ? Qui a eu l'id&#233;e saugrenue de mettre des effets m&#233;talliques sur le chant des couplets ? Qui a transform&#233; la partie instrumentale de fin en mode r&#233;cital-fadasse-automatis&#233; ? C'est un tacle &#224; la paraguayenne &#224; ce niveau-l&#224;. Il n'y a, au final, que les ch&#339;urs ajout&#233;s sur le refrain qui soient r&#233;ussis. C'est &#224; se demander s'il n'a pas &#233;t&#233; remani&#233; par IA, et surtout, o&#249; &#233;tait donc pass&#233; l'arbitre ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;th&#233;rapie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La seconde question, arriv&#233;e tr&#232;s tr&#232;s vite apr&#232;s la premi&#232;re, est &#233;videmment &#171; mais pourquoi ? &#187;. Oui, pourquoi tenter de rafraichir un disque qui a 30 ans et qui est devenu mythique pour les fans de la premi&#232;re heure ? D'autant qu'il y avait d&#233;j&#224; eu un rafraichissement sonore plus l&#233;ger pour ses 10 ans (avec notamment le remplacement justifi&#233; de la version album de &quot;Nancy boy&quot; par la bien meilleure version radio edit). Brian explique en interview qu'il a voulu r&#233;gler quelques probl&#232;mes personnels qu'il avait avec ce disque. C'est original comme th&#233;rapie vous me direz. On serait curieux de savoir si elle a march&#233; (et si la r&#233;ussite se mesure en nombre d'&#233;coutes sur spotify). Mais pourquoi pas finalement. Le groupe se fait plaisir (on esp&#232;re) et &#231;a fait patienter le public quelques ann&#233;es de plus avant de devoir sortir du mat&#233;riel neuf. C&#244;t&#233; auditeur, pas sur que &#231;a change grand-chose sur le long terme. Apr&#232;s quelques &#233;coutes, on s'habitue, ce n'est pas si mal au final, &#231;a change un peu. Mais bon, on continuera &#224; r&#233;&#233;couter le disque d'origine car, bien entendu, les ann&#233;es 90, c'&#233;tait mieux avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/SmgmkfOh2sU?si=-Nuey_0K7n-yqAOb&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;
&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size:11px;&quot;&gt;On r&#226;le, on r&#226;le mais on ne r&#233;siste pas longtemps &#224; la re:cr&#233;ation la plus r&#233;ussie du disque : Bruise Pristine (qui r&#233;habilite le fran&#231;ais de la version d&#233;mo)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>The Haunted Youth</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>gab</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Voici un cas rare d'hybridation parfaitement r&#233;ussi, un cas pour la science pourrait-on dire. Prenez une pinc&#233;e de l'&#233;tat d'esprit m&#233;lancolique de The pains of being pure at heart, un packaging tr&#232;s Cure (le nom de l'album, Boys cry too, et m&#234;me la pochette c&#339;ur en tuffaut), ajoutez-y un chant &#233;th&#233;r&#233; par moments portant vers Cigarettes after sex (le planant &quot;Emo Song&quot;), envoyez enfin la cavalerie toutes guitares dehors quand vous voyez que &#231;a pique un peu du nez (le taill&#233;-pour-les-stades &quot;Deathwish&quot;) et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voici un cas rare d'hybridation parfaitement r&#233;ussi, un cas pour la science pourrait-on dire. Prenez une pinc&#233;e de l'&#233;tat d'esprit m&#233;lancolique de &lt;strong&gt;The pains of being pure at heart&lt;/strong&gt;, un packaging tr&#232;s &lt;strong&gt;Cure&lt;/strong&gt; (le nom de l'album, &lt;i&gt;Boys cry too&lt;/i&gt;, et m&#234;me la pochette c&#339;ur en tuffaut), ajoutez-y un chant &#233;th&#233;r&#233; par moments portant vers &lt;strong&gt;Cigarettes after sex&lt;/strong&gt; (le planant &quot;Emo Song&quot;), envoyez enfin la cavalerie toutes guitares dehors quand vous voyez que &#231;a pique un peu du nez (le taill&#233;-pour-les-stades &quot;Deathwish&quot;) et vous obtiendrez une chronique du nouvel album de &lt;strong&gt;The Haunted Youth&lt;/strong&gt; sous forme de name-dropping fa&#231;on dream-team ind&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;effet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute une vari&#233;t&#233; d'orchestrations qui maintient l'attention tout au long de l'album, des riffs accrocheurs du single &quot;Murder me&quot; (par lequel nous sommes tomb&#233;s sur le groupe) &#224; la guitare acoustique de &quot;Wake up&quot; en passant par des sonorit&#233;s plus eighties (la rythmique de &quot;Hurt&quot; dont l'intro nous donne envie de nous repasser les &lt;strong&gt;Field Mice&lt;/strong&gt; en boucle, autre r&#233;f&#233;rence de marque), le panel est large. C'est d'ailleurs lorsqu'ils s'embarquent dans les guitares plus lourdes (l'instrumental &quot;Falling to pieces&quot;) et les rythmiques pesantes (autre emprunt aux &lt;strong&gt;Cure&lt;/strong&gt;) qu'ils nous font le plus d'effet wow. A l'inverse, la tentative de college-rock (&quot;Forget me&quot;) est sans doute celle qui, bien que pas d&#233;sagr&#233;able, nous fait le moins d'effet.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;fouet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La raret&#233; tient dans le fait que cette grande vari&#233;t&#233; d'approches, loin de faire pencher le disque vers l'artifice et l'inconfort, nous embarque au contraire au c&#339;ur m&#234;me d'un univers singulier. Le premier titre &quot;In my head&quot; illustre &#224; lui seul ces variations avec une &#233;volution sur 8 minutes d'une petite ritournelle lynchienne l&#233;g&#232;rement inqui&#233;tante &#224; un cri venu d'on-ne-sait-o&#249;. Et parlant de r&#233;f&#233;rences, &lt;strong&gt;The Haunted Youth&lt;/strong&gt; pousse m&#234;me le vice un cran plus loin en allant poser son fouet du c&#244;t&#233; du jeu Nintendo de notre adolescence, &quot;Castlevania&quot;, pour LE morceau de cette premi&#232;re moiti&#233; de 2026. Quoi de plus efficace qu'une alternance d'un couplet arp&#232;ges-ent&#234;tantes/chant-tout-calme et d'un refrain vague-satur&#233;e/chant-a&#233;rien ? On a beau connaitre la formule par c&#339;ur, on est d&#233;cid&#233;ment toujours aussi client, m&#234;me pass&#233; la cinquantaine. Et on ne vous parle m&#234;me pas de la sortie &#224; rallonge de ce morceau shoegazien dans l'&#226;me (quand les oooooh surfent la vague, on croit d&#233;faillir).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;outsider&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au moment de clore cette chronique, on d&#233;couvre que &lt;strong&gt;The Haunted Youth&lt;/strong&gt; est un groupe belge et on aurait presque pu s'en douter. Car, oui, la Belgique est relativement pr&#233;visible que ce soit en foot ou en musique. Elle a, comme il se doit, manqu&#233; son entr&#233;e en coupe du monde face &#224; une Egypte tr&#232;s offensive qui m&#233;ritait sans doute mieux qu'un simple match nul, mais elle laisse une fois encore &#233;clore un excellent groupe rock dans cette position d'outsider magnifique qui lui va si bien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ethel Cain</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/ethel-cain/willoughby-tucker-i-ll-always-love/article12778.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Priv&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En d&#233;but d'ann&#233;e 2025, Hayden Silas Anhed&#246;nia faisait sonner &#224; son alter ego fictionnel Ethel Cain les trompettes de l'apocalypse, avec la sortie de Perverts. Un EP au format aussi transgressif (une dur&#233;e d'1h30) que son contenu &#233;tait intransigeant : plages dark ambient, drones voraces et psalmodies noise cauchemardesques se dilataient, souvent au-del&#224; des 10 minutes, pour la mise en musique d'un chemin de croix impressionniste. &#192; la surface de cette coul&#233;e de lave ne restaient plus que quelques (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En d&#233;but d'ann&#233;e 2025, &lt;strong&gt;Hayden Silas Anhed&#246;nia&lt;/strong&gt; faisait sonner &#224; son alter ego fictionnel &lt;strong&gt;Ethel Cain&lt;/strong&gt; les trompettes de l'apocalypse, avec la sortie de &lt;i&gt;Perverts&lt;/i&gt;. Un EP au format aussi transgressif (une dur&#233;e d'1h30) que son contenu &#233;tait intransigeant : plages dark ambient, drones voraces et psalmodies noise cauchemardesques se dilataient, souvent au-del&#224; des 10 minutes, pour la mise en musique d'un chemin de croix impressionniste. &#192; la surface de cette coul&#233;e de lave ne restaient plus que quelques scories de cette pop sadcore, d&#233;j&#224; vrill&#233;e mais envo&#251;tante, qui inondait son premier album &lt;i&gt;Preacher's Daughter&lt;/i&gt; (2022) : cet admirable maelstrom Southern Gothic qui d&#233;crivait la trajectoire tragique d'&lt;strong&gt;Ethel Cain&lt;/strong&gt;, pour finir par offrir &#224; sa protagoniste la seule d&#233;livrance possible : l'au-del&#224;... Un r&#233;cit abreuv&#233; de ferveur religieuse rigoriste, d'abus familiaux h&#233;r&#233;ditaires, d'aspirations amoureuses gondol&#233;es, de qu&#234;te d'identit&#233; et de relation contrari&#233;e &#224; une spiritualit&#233; sourde-muette. Une histoire o&#249; les destins se nouaient derri&#232;re des portes verrouill&#233;es, o&#249; les illusions s'&#233;croulaient sur la banquette arri&#232;re d'un pick-up, o&#249; le r&#234;ve am&#233;ricain s'affaissait et se d&#233;composait sur le matelas d&#233;fonc&#233; d'une grange en Alabama, s'&#233;vacuait dans les toilettes d'un motel au Texas ou se diluait dans une seringue en Californie : fin de parcours pour &lt;strong&gt;Ethel Cain&lt;/strong&gt; qui terminait litt&#233;ralement refroidie, m&#226;ch&#233;e et dig&#233;r&#233;e, selon l'envie, par son dernier &quot;amoureux&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Huit mois apr&#232;s &lt;i&gt;Perverts&lt;/i&gt;, sort donc &lt;i&gt;Willoughby Tucker, I'll Always Love You&lt;/i&gt; qui voit &lt;strong&gt;Anhed&#246;nia&lt;/strong&gt; renouer avec sa puissance narrative et le conte cruel d'&lt;strong&gt;Ethel Cain&lt;/strong&gt;, pour documenter les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dant les faits relat&#233;s dans &lt;i&gt;Preacher's Daughter&lt;/i&gt; : de quoi comprendre que le vers &#233;tait d&#233;j&#224; dans le fruit avant que la pomme ne soit croqu&#233;e. De quoi &#233;galement faire (plus ample) connaissance avec de nouveaux protagonistes, et en particulier Willoughby Tucker, son seul et premier v&#233;ritable amour qu'elle r&#234;vait pr&#233;c&#233;demment de rejoindre, post-mortem, dans leur refuge imaginaire au Nebraska. &#201;videmment, l'album r&#233;dige le rapport d'autopsie de leur relation et de leur incapacit&#233; &#224; se d&#233;lester l'un l'autre de leurs propres traumas, avec des conclusions &#224; peine moins &#233;prouvantes que pour l'opus pr&#233;c&#233;dent. Sans se lancer dans une ex&#233;g&#232;se de ses &#233;crits, l'autrice &lt;strong&gt;Anhed&#246;nia&lt;/strong&gt; fait encore tr&#232;s fort. Et la compositrice est au sommet de son art, en prolongeant la veine musicale plus mena&#231;ante et climatique de la fin de Preacher's Daughter (sans renier une pop qui sait mordre sur un &quot;&lt;i&gt;Fuck Me Eyes&lt;/i&gt;&quot; parfait). Elle met aussi &#224; profit l'exp&#233;rience acquise avec &lt;i&gt;Perverts&lt;/i&gt;. On comprend d'ailleurs maintenant que cet EP lui a servi &#224; se d&#233;lester d'une noirceur musicale absolue pour mieux l'assimiler &#224; une formule d&#233;sormais exactement dos&#233;e et bombard&#233;e par ses radiations vocales sublimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Slowcore, ambient, alt-country, witch house, ethereal, post-rock, shoegaze sont autant de styles musicaux &#224; la marge qui convergent ici naturellement dans un torrent de pop alanguie. Les sensations procur&#233;es sont elles divergentes mais toujours fortes. Les morceaux instrumentaux se mettent au service du r&#233;cit : voir &quot;&lt;i&gt;Willoughby's Theme&lt;/i&gt;&quot;, qui d&#233;bute joliment (mais &#224; la Badalamenti) et se prolonge dans un tourment alarmant pr&#233;monitoire. Tout coule de mani&#232;re fluide et unitaire, le fond et la forme s'interp&#233;n&#232;trent pour culminer sur une derni&#232;re demi-heure vertigineuse : ah ce calme de &quot;&lt;i&gt;Radio Towers&lt;/i&gt;&quot; avant la &quot;&lt;i&gt;Tempest&lt;/i&gt;&quot;, avec sa tornade fatale qui toupine au ralenti. Il est d&#233;cid&#233;ment captivant de voir la mani&#232;re r&#233;nov&#233;e avec laquelle la gen Z s'approprie des groupes comme Low, Labradford ou Duster (dont le &quot;&lt;i&gt;Stars Will Fall&lt;/i&gt;&quot; est sampl&#233; sur l'&#233;ruptif &quot;&lt;i&gt;Dust Bowl&lt;/i&gt;&quot;) et s'adosse &#224; des r&#233;f&#233;rences embl&#233;matiques &#8211; revendiqu&#233;es &#8211; comme Twin Peaks. Et de voir l'&#233;difice fictionnel total qu'est en train d'&#233;riger la chanteuse. &lt;i&gt;Willoughby Tucker, I'll Always Love You&lt;/i&gt; en enrichit le lore et la mythologie de fa&#231;on d&#233;cisive. Et maintenant, il va falloir se r&#233;soudre &#224; faire ses adieux &#224; &lt;strong&gt;Ethel Cain&lt;/strong&gt;, du moins au personnage. Mais ce n'est pas fini pour autant, puisque, si tout se d&#233;roule selon les plans, sa g&#233;n&#233;alogie aux ramifications putr&#233;fi&#233;es devrait &#234;tre diss&#233;qu&#233;e via deux autres chapitres : l'un d&#233;di&#233; &#224; sa m&#232;re, la femme du pr&#233;dicateur abusif, l'autre &#224; sa grand-m&#232;re, Ethel Cain Sr., soient les autres &lt;strong&gt;Daughters of Cain&lt;/strong&gt;, &#233;ternelles d&#233;bitrices de leur lign&#233;e maudite. En esp&#233;rant que l'ambition artistique d'&lt;strong&gt;Hayden Anhed&#246;nia&lt;/strong&gt; ne soit pas soluble dans la notori&#233;t&#233; et le fandom (ou un beef avec Lana Del Rey) : apr&#232;s deux albums majuscules, &#231;a serait d'une violence inou&#239;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Deportivo</title>
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&lt;p&gt;Deportivo s'&#233;tait mis en veille depuis une bonne dizaine d'ann&#233;es. Discr&#232;tement. Oui, Deportivo s'&#233;tait tu et puis finalement non, la vie c'est comme &#231;a. Et de revenir aux affaires en deux temps, d'abord par la sc&#232;ne histoire de f&#234;ter le pass&#233; (les 20 ans de leur excellent premier album Parmi eux) puis pour pr&#233;parer l'avenir avec un nouvel album, Reptile, d&#233;but 2025. J'allais ajouter &#171; discr&#232;tement &#187; pour la bonne bouche mais je ne sais pas si 6 mois de teasing sur les r&#233;seaux pour leur retour sur sc&#232;ne peut (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deportivo&lt;/strong&gt; s'&#233;tait mis en veille depuis une bonne dizaine d'ann&#233;es. Discr&#232;tement. Oui, &lt;strong&gt;Deportivo&lt;/strong&gt; s'&#233;tait tu et puis finalement non, la vie c'est comme &#231;a. Et de revenir aux affaires en deux temps, d'abord par la sc&#232;ne histoire de f&#234;ter le pass&#233; (les 20 ans de leur excellent premier album &lt;i&gt;Parmi eux&lt;/i&gt;) puis pour pr&#233;parer l'avenir avec un nouvel album, Reptile, d&#233;but 2025. J'allais ajouter &#171; discr&#232;tement &#187; pour la bonne bouche mais je ne sais pas si 6 mois de teasing sur les r&#233;seaux pour leur retour sur sc&#232;ne peut vraiment passer pour de la discr&#233;tion. On se comprend, entre 2014 et 2024 le monde est a priori pass&#233; &#224; autre chose, le rock s'est fait rouler dessus pour la ni&#232;me fois, pas sur finalement que ce retour ait vraiment excit&#233; &#233;norm&#233;ment de radars. Allez savoir, &#224; ce fameux concert nous n'&#233;tions pas (c'est bien la peine de teaser). Par contre c'est avec grand plaisir qu'on a mis le nez dans leur nouvel album en d&#233;but d'ann&#233;e, plaisir d'autant plus grand qu'on sent d'embl&#233;e que ce break leur a fait beaucoup de bien.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;interlude&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pof, pof, on recommence (petit interlude &#224; la guitare s&#232;che). Il y a des albums marqu&#233;s dans le temps, ce sont les plus courants, d'autres marqu&#233;s dans l'espace, ils sont plus rare. Ces derniers sont le plus souvent li&#233;s &#224; des voyages. Et empiriquement, on constate que &#231;a marche particuli&#232;rement bien avec l'Italie. Il y a une vingtaine d'ann&#233;es Venise se parait du &lt;i&gt;Moujik et sa femme&lt;/i&gt; de &lt;strong&gt;Jean-Louis Murat&lt;/strong&gt; (avec &quot;Foule romaine&quot; &#233;videmment, et en off le &quot;Burano&quot; de &lt;strong&gt;Dominique A&lt;/strong&gt;). Cette ann&#233;e c'est l'album ultra-compact de &lt;strong&gt;Deportivo&lt;/strong&gt; qui s'invite au pas de course &#224; Rome (hasard du calendrier oblige mais sans leur classique &quot;Roma&quot;). Un album et 3-jours-pour-tout-voir qui nous ont conjointement laiss&#233;s sans le souffle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;respiration&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce nouvel album, &lt;i&gt;Reptile&lt;/i&gt;, c'est donc 10 titres en 22 minutes et on radote au passage (c'est le grand age) qu'on appr&#233;cie d&#233;cidemment de plus en plus ces formats courts et droit-au-but. &lt;strong&gt;Deportivo&lt;/strong&gt; retrouve sa fougue adolescente (les guitares &#233;nerv&#233;es du &quot;Reptile&quot; dans l'all&#233;e, la batterie de &quot;Fiasco&quot;), sa science de la formule (&#171; je fomentais des r&#233;volutions dans mon Benco, d&#232;s les lundis c'&#233;tait terrible ! &#187;) et son chant joueur sur les bords (les intonations rieuses de &quot;(L)&#233;go&quot;). Sans oublier les classiques petites ritournelles fa&#231;on chanson fran&#231;aise, espaces de respiration toujours r&#233;ussis (&quot;J'aurais d&#251; t'en parler&quot; et ses raptors, le double effet &quot;Rubikscube&quot; et la fin de disque brassenso-coin-du-feu &quot;Avide&quot;). Petite nouveaut&#233; cette fois, &quot;Trainards&quot; et un piano d&#233;saccord&#233; qui vient transformer quelque peu l'ambiance, entretenant un petit malaise tr&#232;s bien senti autour de ces &#171; comptes &#224; r&#233;gler avec l'ombre et l'&#233;ternit&#233; &#187;. On en est tous un peu l&#224; au final.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;service&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour faire court nous aussi, en mode que-faut-il-retenir, notez juste qu'une grande fraicheur souffle sur ce disque. C'est le principal. Sans qu'on s'en rende vraiment compte, &lt;strong&gt;Deportivo&lt;/strong&gt; nous avait manqu&#233;. Et demandez &#224; votre fournisseur internet, rien de tel qu'une bonne interruption de service pour reprendre du poil de la b&#234;te, retrouver ses marques et repartir de l'avant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/mrYdSWoRcwU?si=NC5V7mgeTAEiKri3&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Throwing Muses</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Fut un temps o&#249; la fronti&#232;re entre les albums de Kristin Hersh et ceux des Throwing Muses &#233;tait parfaitement claire. A Kristin Hersh le minimalisme acoustique et aux Throwing Muses la puissance &#233;lectrique. Et &#224; ce jeu-l&#224;, malgr&#233; un gros faible pour les vieux albums des Throwing Muses (les classiques The real ramona et University), on penchait vers Kristin Hersh, inexorablement. Pendant des ann&#233;es Kristin a navigu&#233; &#224; vue, au feeling, entre ses deux entit&#233;s artistiques. Mais voil&#224;, la ligne de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fut un temps o&#249; la fronti&#232;re entre les albums de &lt;strong&gt;Kristin Hersh&lt;/strong&gt; et ceux des &lt;strong&gt;Throwing Muses&lt;/strong&gt; &#233;tait parfaitement claire. A &lt;strong&gt;Kristin Hersh&lt;/strong&gt; le minimalisme acoustique et aux &lt;strong&gt;Throwing Muses&lt;/strong&gt; la puissance &#233;lectrique. Et &#224; ce jeu-l&#224;, malgr&#233; un gros faible pour les vieux albums des &lt;strong&gt;Throwing Muses&lt;/strong&gt; (les classiques &lt;i&gt;The real ramona&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;University&lt;/i&gt;), on penchait vers &lt;strong&gt;Kristin Hersh&lt;/strong&gt;, inexorablement. Pendant des ann&#233;es Kristin a navigu&#233; &#224; vue, au feeling, entre ses deux entit&#233;s artistiques. Mais voil&#224;, la ligne de d&#233;marcation semble se fissurer quelque peu ces derniers temps. &lt;strong&gt;Kristin Hersh&lt;/strong&gt; a sorti un tr&#232;s beau &#171; Kristin Hersh &#187;, &lt;i&gt;Clear Pond Road&lt;/i&gt;, en 2023 et la voici qui revient en groupe cette fois mais guitare acoustique en t&#234;te, avec&lt;i&gt; Moonlight concessions&lt;/i&gt;. Deux univers compl&#233;mentaires se rencontrent enfin, pour notre plus grand plaisir.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;r&#234;che&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, on se doute que plus qu'une histoire de formule musicale, c'est plut&#244;t une question de personnes (elle est accompagn&#233;e au sein des &lt;strong&gt;Throwing Muses&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;David Narcizo&lt;/strong&gt; &#224; la batterie et &lt;strong&gt;Bernard Georges&lt;/strong&gt; &#224; la basse depuis plus de 30 ans). C'est aussi une histoire de sonorit&#233;s puisqu'on retrouve sur ce disque le son r&#234;che qui nous avait tant plu sur &lt;i&gt;Sunny border blue&lt;/i&gt; (de &lt;strong&gt;Kristin Hersh&lt;/strong&gt; donc) et, &#233;l&#233;ment tr&#232;s important, le violoncelle qui accompagne habituellement plut&#244;t ses disques solo. C'est enfin, on l'esp&#232;re, une question d'envie. Et de ce c&#244;t&#233;-l&#224; c'est &#224; nouveau tr&#232;s r&#233;ussi, Kristin &#233;tant d'un engagement total dans ses morceaux et l'envie &#233;tant communicative, on est tr&#232;s vite convaincus par la formule.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;rauque&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans compter qu'un violoncelle &#231;a change tout. Une guitare acoustique aussi. &quot;Summer of love&quot; l'illustre parfaitement avec cette guitare percussive qu'on adore sur les couplets et les volutes de violoncelle soulignant les refrains. Plus &#233;tonnant, &quot;Southcoast&quot; nous montre que c'est aussi largement faisable avec des arp&#232;ges. En deux morceaux, avec ce chant rauque-dedans si caract&#233;ristique, le sort de l'album est scell&#233;, les morceaux plus introspectifs (le planant &quot;Theremini&quot; et ses envol&#233;es de violoncelle, les m&#233;lancoliques &quot;Sally's beauty&quot; et &quot;Moonlight concessions&quot;) n'y changeront rien, ce sera un album au dynamisme contagieux (le th&#233; ou caf&#233; &quot;Libretto&quot;, le fier &quot;Albatross&quot;, l'indy-sautillant &quot;Drugstore drastic&quot;, le sombre &quot;You're clouds&quot;).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;mouvant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;9 titres d'un album mouvant, entre les lignes. 30 minutes de libert&#233;. En cette p&#233;riode plut&#244;t compliqu&#233;e, tout programme d'abolition de fronti&#232;res et de fusions est d&#233;cidemment &#224; ch&#233;rir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/CGWYzAj9sSI?si=hoWA-yC7XkkHZimX&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Shannon Wright</title>
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&lt;p&gt;&#8220;I want&#8230; I want&#8230; I want a reservoir of love&#8221; En cette p&#233;riode d'&#233;chauffement international, on serait preneurs nous aussi. Voire prescripteurs. Monsieur Trump, vous prendrez bien un jerrican d'amour. Attention, ne forcez pas trop la dose, c'est un peu fort. Et Shannon Wright de continuer imperturbable, intense comme toujours, &#233;mouvante comme souvent. La guitare tour &#224; tour lente, dans l'expectative, puis l'instant suivant pesante et puissante. On sent bien son poids, en bandouli&#232;re, imposant, revenant (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8220;I want&#8230; I want&#8230; I want a reservoir of love&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cette p&#233;riode d'&#233;chauffement international, on serait preneurs nous aussi. Voire prescripteurs. Monsieur Trump, vous prendrez bien un jerrican d'amour. Attention, ne forcez pas trop la dose, c'est un peu fort.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &lt;strong&gt;Shannon Wright&lt;/strong&gt; de continuer imperturbable, intense comme toujours, &#233;mouvante comme souvent. La guitare tour &#224; tour lente, dans l'expectative, puis l'instant suivant pesante et puissante. On sent bien son poids, en bandouli&#232;re, imposant, revenant sans cesse nous hanter (les flammes de &quot;Weight of the sun&quot;), se balan&#231;ant d'arri&#232;re en avant, inexorablement (les montagnes russes de &quot;Ballad of a heist&quot;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &lt;strong&gt;Shannon Wright&lt;/strong&gt; de maitriser en tous points l'alternance, les arp&#232;ges au son clair et a&#233;rien (&quot;The hits&quot; et son chant d'une sensibilit&#233; extr&#234;me), le classiquement Shannon-Wrightien Wurlitzer (la ritournelle &quot;Countless days&quot;), le m&#233;lange d&#233;licat guitare-piano (l'envo&#251;tant &quot;Mountains&quot;) quand ce n'est pas le piano-tout-court (le superbe final, &quot;Something borrowed&quot;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ces p&#233;riodes de fortes chaleurs, permettons-nous d'oublier un peu les tensions internationales et concentrons-nous, d&#233;goulinants de sueur, sur nos petits tourments personnels. Et on se dit que finalement on se pr&#233;lasserait bien. Oui, on se poserait bien au bord d'une bonne piscine remplie &#224; raz-bord d'amour&#8230; c'est tout ce que l'on se/vous/lui souhaite pour cet &#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#8220;I wanna, I wanna &#8230; swim in your reservoir of love&#8221;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/LhLYB6qZIo8?si=NjIXl6ukOaPbhbHl&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nadine Shah</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/nadine-shah/live-in-london/article12766.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Excellente id&#233;e que d'avoir choisi, pour sortir ce premier live de Nadine Shah, la tourn&#233;e qui a suivi la sortie de Filthy Underneath. D&#233;j&#224;, parce que l'album en question est sans doute notre pr&#233;f&#233;r&#233; depuis le superbe Love your dum and mad de 2013 et que le format live en restitue toute l'&#226;pret&#233; magnifique et douloureuse. Un album nourri par une suite de drames personnels v&#233;cus par la chanteuse : la perte de sa m&#232;re dont elle &#233;tait tr&#232;s proche, un divorce, une tentative de suicide, une cure de (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton12766-06f11.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Excellente id&#233;e que d'avoir choisi, pour sortir ce premier live de &lt;strong&gt;Nadine Shah&lt;/strong&gt;, la tourn&#233;e qui a suivi la sortie de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;. D&#233;j&#224;, parce que l'album en question est sans doute notre pr&#233;f&#233;r&#233; depuis le superbe &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/nadine-shah/love-your-dum-and-mad/article8344.html&quot; class='spip_out'&gt;&lt;i&gt;Love your dum and mad&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de 2013 et que le format live en restitue toute l'&#226;pret&#233; magnifique et douloureuse. Un album nourri par une suite de drames personnels v&#233;cus par la chanteuse : la perte de sa m&#232;re dont elle &#233;tait tr&#232;s proche, un divorce, une tentative de suicide, une cure de d&#233;sintoxication. Sujets qu'elle y abordait avec une franchise totale sans jamais sombrer dans le pathos ni le d&#233;ballage malaisant, toujours sur le fil, gr&#226;ce &#224; des paroles aff&#251;t&#233;es comme des lames et une science marqu&#233;e de l'&#233;nergie et de la tension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il suffit pour s'en convaincre d'&#233;couter &#171; Keeping Score &#187; qui ouvre ce &lt;i&gt;Live in London&lt;/i&gt;. Les sonorit&#233;s sont lourdes, la voix tout en douleur contenue, lancinante, qui affleure &#224; la surface des mots, sugg&#233;rant des gouffres intimes, puis se transmet &#224; nous, transfigur&#233;e par la musique. On se rappelle alors comme ce morceau nous avait saisis aux tripes l'an dernier sur la sc&#232;ne des &#201;toiles, d&#233;voilant une profondeur nouvelle mais qui, depuis, teinte chaque nouvelle &#233;coute de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;, ind&#233;l&#233;bile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car l'autre raison pour laquelle nous nous r&#233;jouissons de la sortie de cet album live, c'est qu'il r&#233;veille le souvenir de nos retrouvailles sc&#233;niques tant attendues avec la jeune chanteuse anglaise, que nous suivons assid&#251;ment depuis ses d&#233;buts, mais dont nous avions guett&#233; en vain les concerts pendant quelques ann&#233;es. Deux dates &#224; la Fl&#232;che d'Or pour les premiers albums, &#224; peine un showcase pour &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/nadine-shah/holiday-destination/article9379.html&quot; class='spip_out'&gt;&lt;i&gt;Holiday Destination&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, rien pour l'album suivant. On gardait le souvenir d'une artiste g&#233;n&#233;reuse sur sc&#232;ne, solaire dans ses interactions avec le public mais capable de cracher un fiel bien senti le temps d'un couplet joliment vachard, et qui ne canalisait pas encore parfaitement son envie d'aller vers le bruit et le d&#233;cha&#238;nement des guitares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On s'&#233;tonnait l'an dernier d'apprendre qu'elle ouvrait plusieurs dates pour &lt;strong&gt;Depeche Mode&lt;/strong&gt;, car sa musique ne paraissait pas se pr&#234;ter facilement &#224; &#234;tre jou&#233;e dans les stades. Et puis en novembre, aux &#201;toiles, on s'est pris un mur de d&#233;cibels et pleine poire et on a compris. Les progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es sont saisissants. Autrefois d&#233;butante prometteuse, aujourd'hui b&#234;te de sc&#232;ne chevronn&#233;e, la chanteuse a trouv&#233; sa formule, son assurance, sa gestuelle sans perdre de sa sinc&#233;rit&#233;. Le concert &#233;tait riche de moments d'euphorie pure qu'on retrouve &#224; l'identique sur cet album enregistr&#233; lors d'une date londonienne. Comme le tube le plus accrocheur de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;, &#171; Topless Mother &#187;, et son improbable refrain (&#171; &lt;i&gt;Sinatra, Viagra, iguana/Sharia, Diana, samossa&lt;/i&gt; &#187;) qu'on se rappelle avoir chant&#233; avec elle &#224; pleins poumons. Ou l'excellent &#171; Club Cougar &#187; tout en tension contenue qui se rel&#226;che par fulgurances quand Nadine Shah se laisse aller &#224; des cris de hy&#232;ne, joyeux et sauvages, sur fond de cuivres chaleureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le ton se fait plus intimiste sur le m&#233;lancolique &#171; See my girl &#187;, hommage &#224; sa m&#232;re d&#233;c&#233;d&#233;e, qu'elle d&#233;die &#224; d'autres disparus proches de l'&#233;quipe de tourn&#233;e. Sur une magnifique version de &#171; Stealing cars &#187;, elle choisit la sobri&#233;t&#233;, et les arrangements minimalistes s'effacent derri&#232;re cette voix incroyable qui occupe tout l'espace et &#233;tire le temps. La premi&#232;re partie du concert se conclut judicieusement sur un &#171; French exit &#187; aux nappes de clavier planantes, &#233;vocation pudique d'une tentative de suicide &#8211; mais quand le groupe revient pour un rappel g&#233;n&#233;reux (pas moins de six morceaux), c'est la vie qui reprend le dessus, comme une c&#233;l&#233;bration de r&#233;silience. Et les morceaux de bravoure de s'encha&#238;ner, laissant le public haletant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les images et sensations de ce concert aux &#201;toiles nous reviennent au fil de l'&#233;coute. C'est intense, joyeux, douloureux, lancinant, une preuve de plus du talent &#233;clatant d'une chanteuse qui ne cesse de nous surprendre et de se renouveler depuis ses d&#233;buts fracassants. On aime Nadine Shah, plus que jamais. L'&#233;nergie qu'elle transmet sur sc&#232;ne, la franchise avec laquelle elle nous laisse entrevoir ses failles pour mieux nous inviter &#224; panser nos plaies ensemble. &#192; crier ensemble la joie de se d&#233;couvrir encore en vie au sortir des pires temp&#234;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/7RgQFHQGbpM?si=7TvMPrWxeNue9REC&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Benni</title>
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		<dc:creator>Micka&#235;l Adamadorassy</dc:creator>



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&lt;p&gt;On vous avait pr&#233;sent&#233; Benni avec September 20, une balade &#233;l&#233;gante et poignante au piano qui nous avait fait fondre. C'&#233;tait &#224; l'&#233;poque le seul titre du projet et on n'en savait pas beaucoup plus. Si on se frotte aujourd'hui &#224; l'exercice pour nous toujours difficile de la chronique, c'est qu'il y a un mois Benni a sorti un premier EP absolument sublime : Bleeding Colours regorge de beaut&#233;, &#224; travers des m&#233;lodies et des arrangements superbes, qui portent d&#233;licatement une voix de velours, puissamment (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On vous avait pr&#233;sent&#233; &lt;strong&gt;Benni &lt;/strong&gt; avec &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/benni/september-20/article12444.html&quot; class='spip_out'&gt;September 20&lt;/a&gt;, une balade &#233;l&#233;gante et poignante au piano qui nous avait fait fondre. C'&#233;tait &#224; l'&#233;poque le seul titre du projet et on n'en savait pas beaucoup plus. Si on se frotte aujourd'hui &#224; l'exercice pour nous toujours difficile de la chronique, c'est qu'il y a un mois &lt;strong&gt;Benni &lt;/strong&gt; a sorti un premier EP absolument sublime : &lt;i&gt;Bleeding Colours&lt;/i&gt; regorge de beaut&#233;, &#224; travers des m&#233;lodies et des arrangements superbes, qui portent d&#233;licatement une voix de velours, puissamment &#233;vocatrice, tour &#224; tour belle de ses f&#234;lures et r&#233;confortante de ses forces. On vous emm&#232;ne &#224; la d&#233;couverte des sept titres de cet EP qui qui ne veut pas quitter la platine virtuelle du Cargo !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Make me Blind&quot; ouvre le disque &#224; la fa&#231;on d'un &lt;strong&gt;Mazzy Star&lt;/strong&gt;, guitare slide surfant sur un nuage de reverb, guitares acoustiques qui tissent une rythmique discr&#232;te, un beau cocon dream-pop pour une tr&#232;s belle voix qui est plus dans l'univers d'une Julia Stone que de Hope Sandoval. Folk tr&#232;s laid back, voix &#224; la douceur tr&#232;s travaill&#233;e. Mais d&#232;s que le refrain se lance, propuls&#233; par l'arriv&#233;e de la batterie, dans le phras&#233;, dans l'intensit&#233; il y a quelque chose de tr&#233;pidant, une urgence qui contredit tout ce qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;1840&quot; height=&quot;1055&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/o3r-Y2Aaz4g&quot; title=&quot;Benni - Make Me Blind (Official Video)&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est encore surpris de ce d&#233;nouement que commence la piste suivante,&quot;All The Friens in My Head&quot; l&#224; encore tout en douceur, juste un arp&#232;ge de guitare, saupoudr&#233;e de quelques notes de piano ... ok c'est pas mal et puis la voix arrive et en deux phrases on d&#233;faille tellement c'est beau... Et de l&#224; &#231;a va crescendo, pour s'arr&#234;ter sur un &quot;Dont let go of me now&quot; lanc&#233; au dessus du vide, r&#233;p&#233;t&#233; comme pour conjurer le sort et encore un final en forme de crescendo o&#249; Benni r&#233;p&#232;te encore et encore &quot;I can't stop messing up/ I can't stop being alive&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On continue avec &quot;Coma&quot;, &#233;trangement nomm&#233;e pour une chanson beaucoup plus rythm&#233;e, en plein dans le style &quot;pop-rock&quot; &#233;nergique. G&#233;n&#233;ralement c'est le genre de titre qui nous attire moins mais l&#224; la bizarrerie, le d&#233;calage int&#233;ressant est dans le texte : &quot;Come On baby break my bones&quot; r&#233;p&#233;t&#233; un paquet de fois et le &quot;I'll be dead by morning&quot; qui conclut le morceau donnent une tout autre saveur &#224; ce qui serait sinon une chanson pop un zeste trop sucr&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;1840&quot; height=&quot;1035&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/1iYotfv4SHk&quot; title=&quot;Benni - Coma (Official Video)&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On vous a d&#233;ja vant&#233; les qualit&#233;s de &quot;September 20&quot;, on remarquera donc juste que c'est une tr&#232;s bonne id&#233;e de l'adosser &#224; &quot;Coma&quot; d'apparence si... p&#233;tillante. On continue avec You qui est une ballade folk qui monte en puissance et m&#233;nage de jolis passages vocaux. Elle manque peut &#234;tre un peu d'intensit&#233; par rapport &#224; la pr&#233;c&#233;dente et &#224; la suivante &quot;Lonely&quot; mais les deux sur une base folk qui s'enrichit progressivement sont l'occasion de dire &#224; quel point la fa&#231;on de chanter de Benni se renouvelle de titre en titre tout en continuant &#224; toujours m&#233;nager ses moments de fragilit&#233;, d'&#233;motion irr&#233;sistible : quand elle chante &quot;I'm so lonely&quot; doubl&#233; par une note de guitate slid&#233;e d&#233;chirante, on a l'impression que cette histoire l&#224; est toute neuve et on la ressent comme &#231;a, sans filtre, &#224; vif comme la Benni qui se d&#233;voile entre les mots.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour finir Queen of Cove nous &quot;r&#233;gale&quot; encore de toute cette beaut&#233; dans l'interpr&#233;tation et les m&#233;lodies vocales, et de ce sens de la composition, du &quot;stop and go&quot; &#233;pique : s'arr&#234;ter en plein &#233;lan, repartir du quasi silence et remonter tr&#232;s tr&#232;s haut.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mount Eerie</title>
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		<dc:creator>Fabrice Priv&#233;</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il y a quatre ans, Phil Elverum, grand conteur de l'intime comme ses cong&#233;n&#232;res Will Odlham, Bill Callahan ou feu Jason Molina, r&#233;activait le patronyme The Microphones pour un album vital : Microphones in 2020 ne comportait qu'un seul long titre, b&#226;ti sur un motif de guitare folk (celle de son adolescence) qui s'effa&#231;ait ou se disloquait &#224; l'occasion pour faire remonter &#224; la surface l'expression de ses diff&#233;rentes tentations sonores : polyrythmie, drone, noise... Cet opus en apesanteur, r&#233;trospectif et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a quatre ans, &lt;strong&gt;Phil Elverum&lt;/strong&gt;, grand conteur de l'intime comme ses cong&#233;n&#232;res &lt;strong&gt;Will Odlham&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Bill Callahan&lt;/strong&gt; ou feu &lt;strong&gt;Jason Molina&lt;/strong&gt;, r&#233;activait le patronyme &lt;strong&gt;The Microphones&lt;/strong&gt; pour un album vital : &lt;i&gt;Microphones in 2020&lt;/i&gt; ne comportait qu'un seul long titre, b&#226;ti sur un motif de guitare folk (celle de son adolescence) qui s'effa&#231;ait ou se disloquait &#224; l'occasion pour faire remonter &#224; la surface l'expression de ses diff&#233;rentes tentations sonores : polyrythmie, drone, noise... Cet opus en apesanteur, r&#233;trospectif et introspectif, permettait &#224; son auteur de balayer plusieurs d&#233;cennies de souvenirs, anecdotes, qu&#234;tes de sens, pertes de rep&#232;res et prises de conscience. S'op&#233;raient, au fil de ces 45 minutes, des allers-retours hypnotiques entre plusieurs &#233;poques de son existence ainsi qu'un ping-pong vertigineux entre sa vie personnelle et son rapport &#224; la cr&#233;ation. L'&#233;criture d'&lt;strong&gt;Elverum&lt;/strong&gt;, totalement liquide, &#233;tait encore magnifi&#233;e par la version vid&#233;o de l'album mettant &#224; l'honneur plus de 700 de ses photos, dans un vaste diaporama/panorama illustrant cette grande psalmodie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quatre ans plus tard, une &#233;ternit&#233; pour Phil Elverum, c'est sous la griffe &lt;strong&gt;Mount Eerie&lt;/strong&gt; que sort &lt;i&gt;Night Palace&lt;/i&gt; (du nom du po&#232;me qui ornait la pochette du d&#233;chirant &lt;i&gt;A Crow Looked at Me&lt;/i&gt; de 2017, enregistr&#233; juste apr&#232;s la mort de sa femme). Contrairement &#224; ses trois pr&#233;d&#233;cesseurs sous cette &#233;tiquette, dont l'acoustique t&#233;nue &#233;tait largement marqu&#233;e par le deuil et la survie, &lt;i&gt;Night Palace&lt;/i&gt; renoue avec un spectre musical tr&#232;s large. Ce qui pourrait en faire le prolongement de &lt;i&gt;Microphones in 2020&lt;/i&gt;, o&#249; il n'y aurait non pas un morceau, mais vingt-six (pour une dur&#233;e totale d'1h20). Et si l'approche diff&#232;re entre les deux opus, le sentiment d'avoir affaire &#224; un album-somme ou &#224; un inventaire artistique et &#233;motionnel est assez similaire. Sauf que &lt;i&gt;Night Palace&lt;/i&gt; est plus touffu et plus abrupte dans ses embard&#233;es musicales : accueilli par une atmosph&#232;re charg&#233;e en &#233;lectricit&#233; statique, l'auditeur est ensuite pris par la main via la basse rondelette de &quot;&lt;i&gt;Huge Fire&lt;/i&gt;&quot;, avant d'&#234;tre l&#226;ch&#233; au milieu de la casse rythmique de &quot;&lt;i&gt;Breaths&lt;/i&gt;&quot; o&#249; r&#233;sonne bient&#244;t le cri primal &quot;&lt;i&gt;Swallowed Alive&lt;/i&gt;&quot;... Les premiers titres sont ainsi d'inspirations tr&#232;s disparates : leur encha&#238;nement imprime un rythme, justement arythmique. Et une fois que l'on se cale dessus, approximativement, l'exploration peut commencer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce p&#233;riple passe par des d&#233;nivel&#233;s accident&#233;s, des chemins contemplatifs ou des lignes de cr&#234;te instables. Une notion de voyage d'autant plus pr&#233;gnante que, une fois de plus dans l'&#339;uvre de &lt;strong&gt;Phil Elverum&lt;/strong&gt;, la nature et ses &#233;l&#233;ments (soleil, vent, pluie, brouillard, &#233;clairs...) sont les reflets mouvants de ses questionnements int&#233;rieurs. Lesquels sont nourris par une acuit&#233; r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e qui se traduit, musicalement, par un app&#233;tit retrouv&#233; : pastilles pop pastorales, folk-songs dysfonctionnelles, respirations drones, ripostes indie rock, diffractions bruitistes, r&#233;surgences black metal ou nouveaut&#233;s rythmiques trap... &lt;strong&gt;Phil Elverum&lt;/strong&gt; est &#224; l'&#233;coute de tous ses penchants et leur laisse libre court, souvent au sein d'un m&#234;me morceau : &quot;&lt;i&gt;I Spoke with a Fish&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;I Heard Whales (I Think)&lt;/i&gt;&quot; ou &quot;&lt;i&gt;Non-Metaphorical Decolonization&lt;/i&gt;&quot; sont autant d'exemples marquants. Il passe aussi ais&#233;ment d'un chant d&#233;licat (&quot;&lt;i&gt;I Walk&lt;/i&gt;&quot;) au spoken word le plus naturaliste (&quot;&lt;i&gt;Demolition&lt;/i&gt;&quot;). Et il amplifie, comme souvent, l'&#233;cho de ses cr&#233;ations pass&#233;es (un titre de &lt;i&gt;The Glow pt. 2&lt;/i&gt; trouve par exemple ici une suite, 25 ans plus tard). Bref, avec &lt;i&gt;Night Palace&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;Phil Elverum&lt;/strong&gt; fait se r&#233;fl&#233;chir les nombreuses facettes de sa po&#233;sie de la micro-gravit&#233; dans une lumi&#232;re changeante et raviv&#233;e. Ce faisant, il remet en perspective un bon quart de si&#232;cle de &lt;strong&gt;The Microphones/Mount Eerie&lt;/strong&gt; via cette sorte de &quot;compilation originale&quot;, certes labyrinthique et exigeante, mais surtout passionnante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=A7BkabF31ak&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;La vid&#233;o de &lt;i&gt;Microphones in 2020&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Kim Deal</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/kim-deal/nobody-loves-you-more/article12632.html</link>
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		<dc:date>2024-12-05T18:23:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fabrice Priv&#233;</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Sortir un disque solo, c'&#233;tait d&#233;j&#224; le projet, en 1994, pour l'album qui deviendra finalement celui de The Amps (Pacer). Pas facile pour Kim Deal de franchir le pas, elle qui avait toujours voulu faire partie d'un groupe, qu'il s'agisse de se mettre &#224; son service avec les Pixies ou d'&#234;tre &#224; sa t&#234;te avec les Breeders. Il aura donc fallu 30 ans pour que l'id&#233;e chemine et se concr&#233;tise. Avec comme &#233;tapes fondatrices, une prestation en &#233;quilibriste au festival All Tomorrow's Parties de 2012, puis la sortie (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/albums/rubrique1.html" rel="directory"&gt;albums&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton12632-a71ab.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sortir un disque solo, c'&#233;tait d&#233;j&#224; le projet, en 1994, pour l'album qui deviendra finalement celui de &lt;strong&gt;The Amps&lt;/strong&gt; (&lt;i&gt;Pacer&lt;/i&gt;). Pas facile pour &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; de franchir le pas, elle qui avait toujours voulu faire partie d'un groupe, qu'il s'agisse de se mettre &#224; son service avec les &lt;strong&gt;Pixies&lt;/strong&gt; ou d'&#234;tre &#224; sa t&#234;te avec les &lt;strong&gt;Breeders&lt;/strong&gt;. Il aura donc fallu 30 ans pour que l'id&#233;e chemine et se concr&#233;tise. Avec comme &#233;tapes fondatrices, une prestation en &#233;quilibriste au festival &lt;strong&gt;All Tomorrow's Partie&lt;/strong&gt;s de 2012, puis la sortie perl&#233;e de plusieurs 45T auto-produits les mois suivants. Et ensuite ? &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; avait d&#233;finitivement quitt&#233; le navire &lt;strong&gt;Pixies&lt;/strong&gt; pour retourner sous pavillon &lt;strong&gt;Breeders&lt;/strong&gt;. L&#224;, le temps s'&#233;tait &#233;tir&#233; ou compress&#233;, au choix : tourn&#233;e pour les 20 ans de &lt;i&gt;Last Splash&lt;/i&gt; en 2013, sortie de l'album &lt;i&gt;All Nerve&lt;/i&gt; (2018), puis concerts pour les 30 ans de &lt;i&gt;Last Splash&lt;/i&gt;, et enfin, en 2024, quelques premi&#232;res parties &#8211; probablement surr&#233;alistes &#8211; pour &lt;strong&gt;Olivia Rodrigo&lt;/strong&gt; (&quot;&lt;i&gt;Cannonball&lt;/i&gt;&quot; a chang&#233; sa vie).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parmi les titres datant de 2012-13, certains se retrouvent sur ce &lt;i&gt;Nobody Loves You More&lt;/i&gt;, mais &quot;&lt;i&gt;Walking with a Killer&lt;/i&gt;&quot; a lui rejoint le catalogue des Breeders. Quant &#224; &quot;&lt;i&gt;Disobedience&lt;/i&gt;&quot;, pr&#233;sent ici, il a r&#233;cemment &#233;t&#233; jou&#233; en live par le groupe&#8230; Pas simple de s'y retrouver : il existe une porosit&#233; certaine entre les projets en solitaire de &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; et ceux de sa formation. Surtout que les trois batteurs qu'aient connus les &lt;strong&gt;Breeders&lt;/strong&gt; jouent sur cet album et que la s&#339;ur jumelle &lt;strong&gt;Kelley Deal&lt;/strong&gt; est &#233;galement de la partie. Bref, cela fait beaucoup de &lt;strong&gt;Breeders&lt;/strong&gt; au m&#178; pour un un album solo. Et pourtant &lt;i&gt;Nobody Loves You More&lt;/i&gt; offre bel et bien une vision tr&#232;s personnelle de l'esth&#233;tisme rock lo-fi dont &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; a toujours &#233;t&#233; la papesse. Avec ce m&#233;lange persistant de pr&#233;cision et de nonchalance qui lui a valu l'admiration et l'amiti&#233; fid&#232;le de &lt;strong&gt;Steve Albini&lt;/strong&gt;. Jusqu'&#224; la fin : &lt;i&gt;Nobody Loves You More&lt;/i&gt; est une des derni&#232;res contributions du chicagoan &#224; l'ing&#233;nierie sonore puriste, avant sa mort en mai 2024.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette grande perte pour &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; a fini de donner une tonalit&#233; particuli&#232;re au projet. Car c'est aussi sa vie personnelle de ces 20 derni&#232;res ann&#233;es qu'elle avait choisie de documenter : la maladie (l'Alzheimer de sa m&#232;re), la fin de l'addiction (la sienne), son retour &#224; &lt;strong&gt;Dayton&lt;/strong&gt; (Ohio), la mort de ses parents&#8230; Mais &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; &#233;tant ce qu'elle est, pudique et fac&#233;tieuse, elle a transform&#233; tout &#231;a en un scrapbook qui se feuillette : avec des souvenirs, des annotations griffonn&#233;es, des photos un peu pass&#233;es ou des collages color&#233;s. Et s'il demeure ici des marqueurs de l'&#233;nergie branlante et branleuse des &lt;strong&gt;Breeders&lt;/strong&gt; (&quot;&lt;i&gt;Disobedience&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Big Ben Beat&lt;/i&gt;&quot;), des pigments bien diff&#233;rents viennent enrichir la palette. Sans jamais la surcharger. Outre la bien belle disco satur&#233;e de &quot;&lt;i&gt;Crystal Breath&lt;/i&gt;&quot;, ce sont surtout dans des atmosph&#232;res cotonneuses et joliment r&#233;tros que se r&#233;v&#232;lent ces nouvelles nuances. Cordes et trompettes viennent ainsi ourler la voix t&#233;nue de &lt;strong&gt;Deal&lt;/strong&gt; sur le g&#233;nial titre &#233;ponyme. &quot;&lt;i&gt;Coast&lt;/i&gt;&quot; enfonce le clou cuivr&#233; et flirte avec le Rock Steady. Ailleurs, on entend des accents Doo Wop ou jazzy, un ukul&#233;l&#233; ou une fl&#251;te pour illustrer ces instantan&#233;s d'une vie. &quot;&lt;i&gt;Are You Mine ?&lt;/i&gt;&quot;, &quot;&lt;i&gt;Wish I Was&lt;/i&gt;&quot; ou &quot;&lt;i&gt;Summerland&lt;/i&gt;&quot; sont autant de petites vignettes en suspension, souvent m&#233;lancoliques, parfois lynch&#233;ennes, toujours classieuses. Et &lt;strong&gt;Kim Deal&lt;/strong&gt; ach&#232;ve de conjurer le mauvais sort sur deux comptines plus noisy (&quot;&lt;i&gt;Come Running&lt;/i&gt;&quot; et &quot;&lt;i&gt;Good Time Pushed&lt;/i&gt;&quot;), en forme de synth&#232;ses d'un univers sonore d&#233;cid&#233;ment embl&#233;matique, qui s'est ici d&#233;licatement &#233;toff&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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