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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>Robi</title>
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		<dc:creator>Eva Abouahi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pourquoi, vous demanderez-vous peut-&#234;tre, consacrer une deuxi&#232;me chronique &#224; un album dont nous vous avons d&#233;j&#224; dit le plus grand bien dans nos pages ? L'id&#233;e nous a &#233;t&#233; soumise par notre nouvelle chroniqueuse Eva, prof de philo, qui souhaitait proposer un autre regard sur cet album et, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, chroniquer d'autres cr&#233;ations &#224; travers un regard et une &#233;coute aux perspectives philosophiques. Le troisi&#232;me moment Traverse est le troisi&#232;me album de Robi et le premier qu'elle sort sous le (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi, vous demanderez-vous peut-&#234;tre, consacrer une deuxi&#232;me chronique &#224; un album dont nous vous avons d&#233;j&#224; &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/robi/traverse/article10124.html&quot; class='spip_out'&gt;dit le plus grand bien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; dans nos pages ? L'id&#233;e nous a &#233;t&#233; soumise par notre nouvelle chroniqueuse Eva, prof de philo, qui souhaitait proposer un autre regard sur cet album et, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, chroniquer d'autres cr&#233;ations &#224; travers un regard et une &#233;coute aux perspectives philosophiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le troisi&#232;me moment&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; est le troisi&#232;me album de &lt;strong&gt;Robi&lt;/strong&gt; et le premier qu'elle sort sous le label &lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/robi-katel-emilie-marsh/une-histoire-qui-n-est-pas-que/article9591.html&quot; class='spip_out'&gt;Fraca !!!&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, cr&#233;&#233; par elle-m&#234;me avec les artistes &lt;strong&gt;&#201;milie Marsh&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Katel&lt;/strong&gt;. L'opus fait suite au titre &#171; #Moi aussi &#187; (2018) et au LP &lt;i&gt;La Cavale&lt;/i&gt; (2015). Cette position de &#171; n&#176;3 &#187; est-elle importante &#224; rappeler ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On dit que le troisi&#232;me moment d'une p&#233;riode ou le troisi&#232;me essai d'un artiste se doit d'&#234;tre le plus convaincant. Si la raison voudrait cela, alors on se demande, au sujet de &lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; : &#171; est-ce le cas ? &#187;. On a pu lire aussi que la singularit&#233; d'un cr&#233;ateur, d'une cr&#233;atrice, se passe de mots et de comparaisons : &lt;i&gt;audi, vive, tace&lt;/i&gt; &#8212; &#171; &#233;coute, vis et tais-toi &#187; au lieu de parler. Doit-on, donc, pour pr&#233;server la signature singuli&#232;re de cette artiste, pr&#233;f&#233;rer le silence aux mots et un mono-portrait &#224; une toile polyphonique ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Dialectique sensible&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sans soumettre un album aussi sensible et amoureux (de la langue, des sons et des sentiments) aux r&#232;gles de la logique d&#233;monstrative, ni le penser comme la conclusion d'un cycle, on peut reconna&#238;tre en &lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; l'expression d'une &#233;volution remarquable par rapport &#224; &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/robi/l-hiver-et-la-joie/article8188.html&quot; class='spip_out'&gt;L'Hiver et la Joie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2013) et &#224; &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/robi/la-cavale/article8744.html&quot; class='spip_out'&gt;La Cavale&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Entre position nocturne (I) et &#233;preuve de la n&#233;gativit&#233; et du d&#233;chirement (II), &lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; r&#233;alise une belle synth&#232;se. Synth&#232;se qui partirait, par exemple, d'&#171; &#192; cet endroit &#187;, si justement descriptif, pour se poursuivre avec la dynamique d'un mouvement ind&#233;fini de retour, selon l'injonction suivante du morceau &#233;ponyme : &#171; Traverse, traverse / Traverse et reviens &#187;. Position, auto-position et mouvement extatique. Mouvement qui sort de soi pour aller vers la lumi&#232;re et vers la nuit. C'est une dialectique sensible qui a cela de particuli&#232;rement beau et intelligent qu'elle renverse le sch&#233;ma trinitaire classique pour faire na&#238;tre des images vivantes o&#249; les contraires s'associent pour parler de et &#224; l'existence, avec la v&#233;rit&#233; particuli&#232;re du c&#339;ur. Car dans &#171; Traverse &#187;, on voit une tristesse ouverte sur l'espoir d'un avenir sinon heureux, du moins &#171; bienvenu &#187; &#8212; accueilli et accueillant la vie (&#171; La vie me souhaite un jour de plus / La bienvenue &#187;). On d&#233;c&#232;le aussi une &#233;clipse solaire, comme celle du clip &#171; Le soleil h&#233;las &#187; dont l'ombre duplice invoque la &#171; gloire lunaire &#187; du bleu du ciel et laisse entendre cette phrase proph&#233;tique qui a tant marqu&#233; un pan de la culture du XXe si&#232;cle : &#171; La nuit aussi est un soleil &#187;. Le titre d'ouverture, avec son clip auto-produit par Robi, donne la synth&#232;se d'une synth&#232;se, qui rappelle l'optique d'un album soucieux de fournir l'archive sonore des oscillations d'une vie, d&#233;fiant l'ordre de la raison et rappelant que la musique n'est pas qu'arithm&#233;tique et m&#233;trique &#8212; l'&lt;i&gt;ars bene movendi&lt;/i&gt; &#8212; mais &#171; d&#233;ploiement de l'&#226;me &#187; &#8212; la &lt;i&gt;distensio animi&lt;/i&gt; &#8212; et, donc, rythme po&#233;tique, variations m&#233;morielles, c'est-&#224;-dire un v&#233;ritable mouvement d'existence. En somme, on retrouve dans les sonorit&#233;s d'une pop si ma&#238;tris&#233;e, en harmonie avec une &#233;criture qui fait honneur aux mots qu'elle aime, une origine du mot &#171; musique &#187; que trop peu d'artistes &#233;voquent : la &#956;&#959;&#965;&#963;&#953;&#954;&#951; &#769;, &lt;i&gt;mo&#251;sik&#7871;&lt;/i&gt;, des &#171; Muses &#187;, dont le chant fait &#233;cho au souvenir maternel &#8212; et dont la trace est inscrite dans le nom m&#234;me, Mn&#233;mosyne, la d&#233;esse de la m&#233;moire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/gIg6ZLZThmA&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des grandes r&#233;ussites de &lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; est de se faire m&#233;moire du pass&#233; (&#171; la langue de ma m&#232;re &#187;), d'insister sur la vertu de l'oubli pour conserver la mobilit&#233; de la m&#233;moire du futur (&#171; oubli&#233;e mon oublieuse / Va-t'en d'ici &#187;) et de conjuguer &#224; des mots qui rappellent, avec une intelligence sensible et populaire (au meilleur sens du terme) autant un corps mythologique musical qu'une tradition de la pop fran&#231;aise des ann&#233;es 1980 (&#171; Oh voyage, oh voyageuse &#187; fait songer, en 2019, au &#171; Voyage, voyage &#187; chant&#233; par &lt;strong&gt;Desireless&lt;/strong&gt; en 1989). Aussi peut-on &#233;couter cet album de mani&#232;re eurythmique et visuelle, comme un authentique clair-obscur qui compose la synth&#232;se d'une chaleur polaire et d'une obscurit&#233; brillante d'un pass&#233; plus ou moins recul&#233; au c&#339;ur de l'actualit&#233; r&#233;elle des dix chansons de l'album. Et cette d&#233;cade fait &#171; La belle ronde &#187; des muses qui dansent et forment une cha&#238;ne libre, o&#249; circulent &#224; la fois une ouverture et une mouvance, comme dans un tableau dynamis&#233; par un flux ou un courant&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Dialogues multiples&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#8230; ou encore par une &#171; fluence &#187; qui ne se passe pas d'influences ni de mots. Ces influences si fluentes sont sensibles autant dans les sons que dans les vocables. Robi compose et interpr&#232;te ses chansons dans une unit&#233; harmonieuse qui associe un sens po&#233;tique du texte &#224; une m&#233;lodie oscillant entre new wave pointue et pop s&#233;duisante. Alors &#171; Traverse &#187; doit se faire aimer &#233;galement pour tout ce qu'il r&#233;veille et ram&#232;ne &#224; nous, pour sa culture riche qui bouillonne et autorise &#224; tisser des liens, &#224; s'ouvrir &#224; ses ouvertures, &#224; faire entendre des dialogues multiples, sans perdre de vue que c'est bien Robi, avec son grand talent et sa grande sensibilit&#233;, qui les convoque en nous. On pourra donc entendre dans les morceaux parfaits que sont &#171; Des sentiments &#187;, &#171; C'est dire le bonheur &#187; (2e single et clip) et &#171; La bienvenue &#187;, l'espoir m&#233;lancolique de &lt;strong&gt;Barbara&lt;/strong&gt;, la &#171; synth&#233;-pop &#187; de &lt;strong&gt;Klaus Nomi&lt;/strong&gt;, l'&#233;lectro lyrique de &lt;strong&gt;Rebeka&lt;/strong&gt; et la sensualit&#233; transgressive de &lt;strong&gt;Nina Hagen&lt;/strong&gt;. On pourra aussi laisser affleurer les vers voyageurs de &lt;strong&gt;Rimbaud&lt;/strong&gt; et la beaut&#233; picturale des trois &#171; Gr&#226;ces &#187;, &#224; la fois attach&#233;es et libres, du tableau &#171; Le Printemps &#187; de &lt;strong&gt;Botticelli&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut remercier Robi, par une &#233;coute heureuse et amoureuse, du moment de recueillements et de mouvements pluriels que son album fait &#233;clore. Il s'agit d'une &#339;uvre g&#233;n&#233;reuse qui associe la passion la plus sensible &#224; une grande ma&#238;trise des tempi, et qui fait r&#233;sonner la g&#233;n&#233;rosit&#233; de toutes celles, de tous ceux, qui ont particip&#233; &#224; la r&#233;alisation des morceaux (&lt;strong&gt;AuDen&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Katel&lt;/strong&gt;), pour le plus grand plaisir de l'&#171; entente &#187; &#8212; l'&#233;coute de l'ou&#239;e et le sens de l'esprit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'&#226;me et le corps vagabond.e.s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;In fine, on sent et on participe &#224; la &#171; ronde &#187;. D'ailleurs, &#171; La belle ronde &#187; de la fin m&#233;rite d'&#234;tre soulign&#233;e pour sa fonction de fermeture et d'ouverture &#224; la fois, l&#224; o&#249; &lt;i&gt;La cavale&lt;/i&gt; s'achevait sur une rythmique martelante et ferm&#233;e. Des yeux clos de la photographie du deuxi&#232;me album on passe aux yeux ouverts d'une photographie en noir et blanc, travers&#233;e de couleurs chaudes qui sugg&#232;rent le proc&#233;d&#233; du &#171; Technicolor &#187;. &lt;i&gt;Traverse&lt;/i&gt; est donc ouvert sur une suite, une suite qui se compose &#224; plusieurs et qui colore les muses mythologiques de filtres pop et assum&#233;s. Robi n'en aura pas fini de faire vibrer le &#171; N/B &#187; des voies/voix des couleurs les plus vives. En attendant, on peut penser &#224; ces mots qui appellent &#224; l'assurance, avant les autres prises de risque n&#233;cessaires &#224; toute cr&#233;ation authentiquement artistique : maintenant, sans cesser d'avoir l'&#226;me et le corps vagabond.e.s, &#171; tu peux / Veiller &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/0U-pqVYhQag&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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