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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>You and the night and the music</title>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une rencontre exceptionnelle doubl&#233;e d'un plan marketing You and the night and the music est la soir&#233;e jazz de l'ann&#233;e pour les auditeurs de TSF et les amateurs de jazz parisiens. Le 30 novembre, TSF avait convi&#233; plus de 12 orchestres pour revivre les moments forts d'une ann&#233;e riche en d&#233;couvertes et &#233;v&#233;nements jazzistiques. TSF est une radio grand public qui se veut n&#233;anmoins &#233;clectique : du jazz commercial des crooners nord-am&#233;ricains comme Michael Bubl&#233; aux fugues arabo-juda&#239;santes d'Avishai Cohen, (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Une rencontre exceptionnelle doubl&#233;e d'un plan marketing&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;You and the night and the music est la soir&#233;e jazz de l'ann&#233;e pour les auditeurs de TSF et les amateurs de jazz parisiens. Le 30 novembre, TSF avait convi&#233; plus de 12 orchestres pour revivre les moments forts d'une ann&#233;e riche en d&#233;couvertes et &#233;v&#233;nements jazzistiques. TSF est une radio grand public qui se veut n&#233;anmoins &#233;clectique : du jazz commercial des crooners nord-am&#233;ricains comme &lt;strong&gt;Michael Bubl&#233;&lt;/strong&gt; aux fugues arabo-juda&#239;santes d'&lt;strong&gt;Avishai Cohen&lt;/strong&gt;, suivies de reprises pop Britneyesques revisit&#233;es par l'as du clavier &lt;strong&gt;Yaron Herman&lt;/strong&gt; -je songe &#224; son tube Toxic- en passant par de bons vieux classiques de &lt;strong&gt;Miles Davis&lt;/strong&gt; ou du &lt;strong&gt;Weather Report&lt;/strong&gt;... Chaque ann&#233;e, elle convie ses auditeurs &#224; se rem&#233;morer 12 mois d'&#233;coute en invitant les orchestres, formations, duos et chanteurs qui ont fait l'actualit&#233; du jazz. Comment proc&#233;der &#224; une telle s&#233;lection parmi la myriade de nouveaux venus et valeurs s&#251;res de cette galaxie musicale ? Le jazz se porte bien m&#234;me si en dehors des clubs ou du circuit traditionnel des grands festivals (&lt;i&gt;Marciac&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Montreux&lt;/i&gt; ou le &lt;i&gt;Paris Jazz festival&lt;/i&gt; du Parc Floral de Vincennes), on en parle finalement assez peu. Et finalement, ce n'est pas une musique d'initi&#233;s, de snobinards ou d'intellectuels coinc&#233;s. Le jazz m'a prise par surprise &#224; une &#233;poque o&#249; sa l&#233;g&#232;ret&#233; et son inventivit&#233; me permirent de voler vers des cieux plus cl&#233;ments. Mais tr&#234;ve de nombrilisme ! Que pouvait-on donc &#233;couter ce 30 novembre &#224; l'&lt;i&gt;Olympia&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Big-Band et clich&#233;s jazz&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La soir&#233;e commen&#231;a sur les chapeaux de roue avec un grand orchestre : le &lt;strong&gt;Belmmondo-Dal Sasso Big Band&lt;/strong&gt; qui r&#233;unissait la fine fleur des cuivres, trompettistes, saxophonistes avec &lt;strong&gt;David El Malek&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;St&#233;phane Belmondo&lt;/strong&gt; entre autres... &lt;strong&gt;Kyle Eastwood&lt;/strong&gt;, invit&#233; surprise, allait suivre de pr&#232;s. &lt;strong&gt;Laure Albernhe&lt;/strong&gt;, ma&#238;tresse de c&#233;r&#233;monie, et voix du matin sur TSF, faisait &#224; juste titre remarquer que pour notre plus grand plaisir, le rejeton &lt;strong&gt;Eastwood&lt;/strong&gt; avait choisi la musique pour mettre en images nos r&#234;ves. Dans la tradition des formations faisant resurgir nos r&#234;ves d'Am&#233;rique -une Am&#233;rique clinquante, celle des graduation parties, des clubs chics de Harlem ou bien une Am&#233;rique interlope, celle de la p&#232;gre et des &lt;strong&gt;Sinatra&lt;/strong&gt; et autres consorts- la soir&#233;e nous offrit quelques morceaux du dernier album de &lt;strong&gt;Matthieu Bor&#233;&lt;/strong&gt; qui, avec &lt;i&gt;Frizzante&lt;/i&gt;, s'est pay&#233; le luxe de ressusciter un jazz &#224; premi&#232;re vue peu original mais sacr&#233;ment r&#233;jouissant.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Quand les femmes s'en m&#234;lent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les hommes tenaient le haut de l'affiche ce soir l&#224;, les voix f&#233;minines ne furent pas en reste avec &lt;strong&gt;China Moses&lt;/strong&gt; qui, par-del&#224; sa filiation r&#233;elle avec &lt;strong&gt;Dee Dee Bridgwater&lt;/strong&gt;, transforme chacune de ses encore trop rares apparitions en un hommage aux anc&#234;tres du jazz. Ainsi, elle &#233;voqua dans une magnifique chanson (&lt;i&gt;Dinah Blues&lt;/i&gt;) son amour et son obsession pour la Reine du Blues aux 7 mariages : &lt;strong&gt;Dinah Washington&lt;/strong&gt;, &#233;toile filante, se disant incomprise et d&#233;laiss&#233;e dans nombre de ses chansons, morte d'une overdose de somnif&#232;res. Avec &lt;i&gt;Fine Fine Daddy&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;China Moses&lt;/strong&gt; redonna du peps &#224; la salle et nombre de couples battaient la mesure et plus encore... Le jazz a toujours &#233;t&#233; une affaire de s&#233;duction. &lt;strong&gt;Susie Arioli&lt;/strong&gt;, cousine du Qu&#233;bec, nous rappelait avec la s&#233;r&#233;nade aux accents de b&#233;guine et de mandoline &lt;i&gt;The Big Hurt&lt;/i&gt; (reprise du hit de &lt;strong&gt;Toni Fisher&lt;/strong&gt; en 1959), que l'amour n'est pas une mince affaire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;M&#233;tissages&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour oublier les affres de la passion, on pouvait s'envoler vers d'autres contr&#233;es. Cette soir&#233;e jazz fut avant tout une histoire de rencontres et de m&#233;tissages loin des clich&#233;s qui font toujours recette. Ainsi, pour comm&#233;morer le mois d'Ao&#251;t, c'est &lt;strong&gt;Evan Christopher&lt;/strong&gt; qui fut &#224; l'honneur avec &lt;i&gt;Django &#224; la cr&#233;ole&lt;/i&gt;, l'album issu de son expatriation forc&#233;e en France. Le clarinettiste r&#233;chapp&#233; des inondations ayant d&#233;vast&#233; La Nouvelle Orl&#233;ans en ao&#251;t 2005 a d&#233;cid&#233; de pimenter la musique du Hot Club d'influences cr&#233;oles et cajun. Mais les h&#233;ritiers d&#233;sign&#233;s du jazz manouche n'en prirent pas ombrage et mont&#232;rent sur sc&#232;ne autour du guitariste &lt;strong&gt;Rocky Gresset&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;David Reinhardt&lt;/strong&gt; pour un petit opus digne de ce que l'on peut entendre &#224; &lt;i&gt;la Chope des Puces de Saint Ouen&lt;/i&gt;. Outre ce dialogue manouche &#224; la crois&#233;e des cultures et des traditions, la sc&#232;ne de l'&lt;i&gt;Olympia&lt;/i&gt; permit de montrer que le jazz, p&#232;re de tous les syncr&#233;tismes, transcende les genres et repousse les limites de la cr&#233;ation. &lt;strong&gt;Pierrick Pedron&lt;/strong&gt; ne cherche plus &#224; d&#233;fendre sur sc&#232;ne son &lt;i&gt;Omry&lt;/i&gt;, petit OVNI concoct&#233; avec &lt;strong&gt;Eric Legnini&lt;/strong&gt;. Sur son myspace, il avait &#233;crit pour d&#233;finir ce qui semble insaisissable : &#171; Ce n'est pas un disque de rupture, bien au contraire. Il s'inscrit parfaitement dans la continuit&#233; de qui je suis (...) Alors, est-ce du jazz ? Je n'ai pas envie de me justifier sur cette question qui me semble obsol&#232;te. Chacun a sa propre d&#233;finition, date et &#233;tiquette. Un si&#232;cle apr&#232;s, on peut quand m&#234;me &#234;tre capable d'en offrir une vision plus globale, et d'associer cette musique &#224; d'autres styles. Je ne suis pas le premier, et encore moins le dernier. Toute l'histoire du jazz est ainsi compos&#233;e. &#187; Ce n'est pas &lt;strong&gt;Tigran Hamasyan&lt;/strong&gt;, le pianiste qui cl&#244;tura la soir&#233;e, qui le contredira. Avec &lt;i&gt;Aratta Rebirth&lt;/i&gt;, ce n'&#233;tait pas uniquement l'Arm&#233;nie qui &#233;tait convoqu&#233;e sur sc&#232;ne, c'&#233;tait ce que chacun voulait entendre dans le magnifique chant de la soliste...pour ma part, la nostalgie d'une enfance r&#234;v&#233;e. Le jazz ou la contr&#233;e des possibles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Goodbye Solo</title>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;R&#233;cit d'une rencontre improbable entre un vieillard suicidaire et un chauffeur de taxi s&#233;n&#233;galais optimiste... Goodbye Solo brosse le portrait d'un chauffeur de taxi s&#233;n&#233;galais &#233;migr&#233; dans une petite ville de Caroline du Nord. Mais le film n'est pas uniquement la description des tr&#233;sors d'ing&#233;niosit&#233; dont Solo fait preuve pour offrir un quotidien agr&#233;able &#224; ceux qu'il aime, &#233;pouse et belle-fille latino, ex petite amie serveuse, employ&#233; d'h&#244;tel trop fauch&#233; pour s'acheter une carte de t&#233;l&#233;phone (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;cit d'une rencontre improbable entre un vieillard suicidaire et un chauffeur de taxi s&#233;n&#233;galais optimiste...
&lt;i&gt;Goodbye Solo&lt;/i&gt; brosse le portrait d'un chauffeur de taxi s&#233;n&#233;galais &#233;migr&#233; dans une petite ville de Caroline du Nord. Mais le film n'est pas uniquement la description des tr&#233;sors d'ing&#233;niosit&#233; dont Solo fait preuve pour offrir un quotidien agr&#233;able &#224; ceux qu'il aime, &#233;pouse et belle-fille latino, ex petite amie serveuse, employ&#233; d'h&#244;tel trop fauch&#233; pour s'acheter une carte de t&#233;l&#233;phone internationale...Le film offre un t&#233;moignage poignant sur une rencontre improbable et un apprivoisement mutuel entre un jeune chien fou et un vieillard taciturne et d&#233;sabus&#233;. William, le vieil homme en question -interpr&#233;t&#233; par l'homme qui fut le garde du corps personnel d'&lt;strong&gt;Elvis&lt;/strong&gt;- propose un soir un &#233;trange march&#233; &#224; Solo : devenir son chauffeur personnel pendant une semaine sans &#233;changer la moindre parole. Solo accepte mais n'aura de cesse de briser la carapace de son client. D'abord intrigu&#233; par cet homme dont l'apparence impassible peine &#224; cacher une immense solitude, Solo sera bient&#244;t m&#251; par un d&#233;sir irr&#233;pressible de prot&#233;ger le vieillard de ses d&#233;mons int&#233;rieurs...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un contre-la-montre pour la vie malgr&#233; l'errance et la culpabilit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Goodbye Solo&lt;/i&gt; est le r&#233;cit de l'incommunicabilit&#233; et de la culpabilit&#233; qui gangr&#232;ne les faits et gestes des protagonistes principaux. Une justification culturelle explique l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par Solo envers le septuag&#233;naire : en Afrique, les personnes &#226;g&#233;es ne meurent pas seules. Or, partir seul et sans faire de bruit, est l'ultime d&#233;sir du vieil homme. Solo va tenter de percer le secret inavouable &#224; l'origine de ce souhait qu'il consid&#232;re contre-nature. Le film s'emploie donc &#224; rendre compte de ce contre-la-montre f&#233;brile et angoissant pour l'un, assum&#233; et maintenu &#224; distance pour l'autre. On aurait pu craindre le pire du personnage de chauffeur de taxi survolt&#233; camp&#233; par &lt;strong&gt;Souleymane Sy Savane&lt;/strong&gt; mais le r&#233;alisateur &lt;strong&gt;Ramin Bahrani&lt;/strong&gt;, s'il filme la truculence du choc culturel entre l'Am&#233;rique des blancs fatigu&#233;s et celle des nouveaux immigr&#233;s, ne tombe pas dans le pi&#232;ge du clich&#233;. La ville et ses alentours verdoyants et montagneux est un personnage &#224; part enti&#232;re du film. &lt;strong&gt;Ramin Bahrani&lt;/strong&gt; la conna&#238;t bien puisqu'il y a r&#233;sid&#233;. D&#232;s lors, le r&#233;alisme de certaines sc&#232;nes (la bagarre entre les deux chauffeurs de taxi, les r&#233;veils dans le motel d&#233;primant ou l'ascension du Blowing Rock, promontoire rocheux duquel William souhaite se jeter) sert le r&#233;cit en soulignant la solitude qui prend le dessus sur le d&#233;sir de durer et de construire envers et contre tous. En essayant de sauver William, Solo se bat contre une &#233;vidence qui le terrifie : quelque soit l'intensit&#233; de l'amour qui nous unit aux autres, la compr&#233;hension de ces derniers peut nous &#233;chapper, les rendant ainsi &#233;trangers au bonheur que l'on souhaiterait les voir embrasser. Malgr&#233; ses efforts pour plaire et complaire, Solo est souvent film&#233; alors qu'il est victime de rejet. Sa femme ne comprend pas son d&#233;sir de devenir steward. William refuse les marques d'attention que lui porte cet homme &#233;tranger dans les deux sens du terme. Solo tente d&#233;sesp&#233;r&#233;ment d'&#233;viter les confrontations qu'il provoque pourtant par ses multiples projets et son irr&#233;pressible besoin de cr&#233;er des contacts entre les &#234;tres rencontr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etre &#233;go&#239;ste ou plaire : telle est la question...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film de &lt;strong&gt;Ramin Bahrani&lt;/strong&gt; met en sc&#232;ne un choix d&#233;cisif et sans retour : celui de mettre fin &#224; ses jours. Mais, il est &#233;galement l'illustration des cons&#233;quences de non-choix : en voulant plaire &#224; tout le monde, Solo s'&#233;puise et ne se r&#233;alise pas compl&#232;tement. &lt;i&gt;Goodbye Solo&lt;/i&gt; illustre l'incapacit&#233; de certains hommes &#224; tourner la page. C'est un choix d&#233;cid&#233; plusieurs d&#233;cennies auparavant qui est &#224; l'origine de la volont&#233; d'en finir avec la vie du vieil homme. C'est donc un choix non assum&#233; ou tout au moins regrett&#233;. Pour Solo, rien de tel : pas de regrets &#224; avoir puisqu'il s'efforce de concilier des aspirations contradictoires. Cependant, &#224; vouloir faire le grand &#233;cart entre ce qu'il consid&#232;re comme des devoirs familiaux et un d&#233;sir de changement de carri&#232;re l&#233;gitime, Solo se retrouve en situation d'&#233;chec face &#224; son &#233;pouse et ses recruteurs. M&#234;me s'il semble particuli&#232;rement bien int&#233;gr&#233; dans sa communaut&#233; d'adoption, Solo ne peut s'emp&#234;cher de d&#233;nigrer les valeurs &#233;go&#239;stes et individualistes de celle-ci dans une sc&#232;ne introductive qui met en place le duel &#224; venir entre les deux hommes... Par cons&#233;quent, la fid&#233;lit&#233; &#224; un pass&#233; (culturel pour l'un, sentimental pour l'autre) emp&#234;che les deux hommes de progresser. L'amiti&#233; qui se noue entre les deux hommes n'a donc rien d'extraordinaire. M&#234;me si leurs &#226;ges et origines sociales diff&#232;rent, William (magistralement interpr&#233;t&#233; par &lt;strong&gt;Red West&lt;/strong&gt;) et Solo sont confront&#233;s aux m&#234;mes questionnements identitaires : les d&#233;sirs de l'individu priment-ils sur ceux exprim&#233;s par le groupe ? La nostalgie ou les regrets doivent-ils gangr&#233;ner le futur ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La l&#233;gende de Blowing Rock&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;flexion sur la paternit&#233; et l'angoisse face &#224; la fuite du temps et au changement, le film de &lt;strong&gt;Ramin Bahrani&lt;/strong&gt; ne peut se terminer qu'au sommet du Blowing Rock. Le vent y souffle de telle mani&#232;re qu'une l&#233;gende affirme que tout corps jet&#233; de cette cime remonte la pente pour rejoindre son point de d&#233;part. Tel n'est pas le souhait des deux protagonistes : retourner dans un pass&#233; id&#233;alis&#233; pour y retrouver une forme d'innocence et de libert&#233;... &lt;i&gt;Goodbye Solo&lt;/i&gt; est un film d'une grande tendresse, notamment gr&#226;ce au personnage de la petite fille latino qui commente avec ironie et sagacit&#233; les d&#233;cisions des adultes mais aussi un film &#224; la luminosit&#233; et &#224; la beaut&#233; plastique remarquables malgr&#233; la tristesse et la r&#233;signation...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Vies priv&#233;es de Pippa Lee</title>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Un film confession ? On pourrait s'attendre &#224; un film confession en allant voir Les vies priv&#233;es de Pippa Lee, n&#233;e Sarkissian. Il s'agit de cela et bien plus. La sc&#232;ne d'ouverture voit Pippa recevoir les &#233;loges d'un cercle d'intellectuels r&#233;unis lors d'un repas de famille &#224; l'occasion du d&#233;m&#233;nagement de Pippa et son mari, c&#233;l&#232;bre &#233;diteur newyorkais. Tout est dit dans cette sc&#232;ne inaugurale, l'intelligence de Pippa, sa solitude &#233;galement et surtout sa frustration. Frustration d'&#234;tre prise pour une &#233;nigme par (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L65xH65/arton4999-47cca.jpg&quot; width='65' height='65' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff4999-e41fb.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L65xH65/arton4999-47cca.jpg'&quot; style='height:65px;width:65px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un film confession ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'attendre &#224; un film confession en allant voir &lt;i&gt;Les vies priv&#233;es de Pippa Lee&lt;/i&gt;, n&#233;e Sarkissian. Il s'agit de cela et bien plus. La sc&#232;ne d'ouverture voit Pippa recevoir les &#233;loges d'un cercle d'intellectuels r&#233;unis lors d'un repas de famille &#224; l'occasion du d&#233;m&#233;nagement de Pippa et son mari, c&#233;l&#232;bre &#233;diteur newyorkais. Tout est dit dans cette sc&#232;ne inaugurale, l'intelligence de Pippa, sa solitude &#233;galement et surtout sa frustration. Frustration d'&#234;tre prise pour une &#233;nigme par la majeure partie de son auditoire. Lassitude de devoir endosser &#224; contrec&#339;ur des masques pour coller &#224; l'image que ses diff&#233;rents convives, amoureux transi, fausse amie et l&#226;che mari se font d'elle. Alors Pippa va parler &#224; la cam&#233;ra de ses diff&#233;rentes vies, celles qui contredisent ou viennent renforcer sa stature d'&#233;pouse mod&#232;le...La confession sera tortueuse, pire encore... car elle renforcera l'aura &#233;nigmatique qui colle &#224; Pippa depuis des ann&#233;es...Mais au cours de ce processus douloureux d'introspection, Pippa aura enfin gagn&#233; la confiance et la tendresse de sa fille, l'horizon d'une v&#233;ritable relation amoureuse fond&#233;e sur l'acceptation et le d&#233;sint&#233;r&#234;t et un sommeil paisible. Pippa semble avoir tout pour &#234;tre heureuse : son mari, victime de plusieurs crises cardiaques, a enfin d&#233;cid&#233; de faire passer sa carri&#232;re au second plan. Elle et lui ont emm&#233;nag&#233; dans une grande demeure loin du tourbillon m&#233;diatico-intellectuel de la grande ville. Mais, bien vite, le spectateur comprend qu'une tombe s'est referm&#233;e sur Pippa qui se retrouve d&#233;s&#339;uvr&#233;e, gagn&#233;e par l'ennui, avec pour seule amie une vieille dame. Et le pass&#233;, sans garde-fous, sans fronti&#232;res impos&#233;es par l'activit&#233; professionnelle, familiale ou la sexualit&#233; resurgit.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le mensonge d'une m&#232;re folle.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature psychanalytique regorge d'exemples o&#249; les m&#232;res sont accus&#233;es d'&#234;tre responsables de l'irruption des troubles mentaux de leur prog&#233;niture. Le r&#233;cit de Pippa est l'illustration parfaite de comment les d&#233;viances de la m&#232;re peuvent nourrir les n&#233;vroses et le mal-&#234;tre de la fille. &lt;i&gt;Les Vies de Pippa Lee&lt;/i&gt; retrace les diff&#233;rents moments de la vie d'une femme : son enfance, son adolescence, sa vie d'&#233;pouse et de m&#232;re...Cependant, le film aurait &#233;galement pu s'appeler Le souvenir de Suky... Suky, la m&#232;re de Pippa qui pendant des ann&#233;es a su maintenir une fa&#231;ade que sa fille a fini par l&#233;zarder. Tout au long du film suinte un terrible secret qui hante la jeune femme accomplie jusque dans sa nouvelle demeure : la folie d'une m&#232;re. Le secret au c&#339;ur de la demeure familiale, de la communaut&#233; paroissiale, du cercle d'amies et de la nouvelle famille constitu&#233;e par Pippa et son mari. Le secret qui engendre la honte, la peur et la culpabilit&#233;, emp&#234;chant ainsi d'avancer dans le monde librement et sans masque. Cet inavouable secret, Pippa s'est pourtant &#233;vertu&#233;e &#224; le crier &#224; tous au risque d'&#234;tre elle-m&#234;me prise pour une cingl&#233;e. Pour gu&#233;rir, il lui a d'abord fallu fuir sa famille et tourner le dos &#224; une enfance qu'elle s'&#233;tait imagin&#233;e belle...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'enfance et l'adolescence selon Pippa&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'enfance d'abord...avec ces merveilleux souvenirs d'une admiration pour sa m&#232;re, Suky, remarquablement interpr&#233;t&#233;e par &lt;strong&gt;Maria Bello&lt;/strong&gt;. Un amour fusionnel qui finit par litt&#233;ralement ravager l'esprit et le corps de Pippa lorsque son fr&#232;re, alors adolescent, lui fait remarquer que sa m&#232;re, en apparence si parfaite, est finalement folle &#224; lier. Une double personnalit&#233; que tout le monde fait mine d'ignorer pour &#233;viter &#224; la famille de voler en &#233;clat et surtout sauvegarder les apparences au d&#233;triment de la stabilit&#233; &#233;motionnelle de Pippa. Car si Suky maintient cet &#233;quilibre entre des p&#233;riodes o&#249; son activit&#233; bouillonnante et efficace semble tenir du surnaturel et des moments d'intense d&#233;sespoir auxquels seuls Pippa semble &#234;tre en mesure d'y mettre fin, c'est gr&#226;ce au speed, qui donne l'&#233;nergie n&#233;cessaire pour &#233;viter de prendre conscience que malgr&#233; la tranquillit&#233; apparente, rien ne va. Le drame de Suky n'est pas uniquement la toxicomanie, c'est la d&#233;pendance affective...un besoin d'amour qui vampirise les autres et en particulier sa fille. Se rendant indispensable &#224; tout le monde, parfaite ma&#238;tresse de maison, Suky a r&#233;ussi &#224; faire accepter ses troubles psychologiques, &#224; les rendre l&#233;gitimes presque...Un mari et des fils infantiles, trop heureux de retrouver un repas servi &#224; table et une d&#233;vote &#224; l'Eglise...Seul Pippa se r&#233;volte, et peut-&#234;tre parce qu'elle est la seule &#224; r&#233;ellement aimer sa m&#232;re. Mais, c'est lorsqu'elle prend conscience que le processus d'identification est dangereux qu'elle parvient enfin &#224; quitter la demeure familiale. Pippa ne souhaite pas devenir la m&#234;me drogu&#233;e que sa m&#232;re...Pourtant, elle va reproduire. Pour gu&#233;rir, encore faut-il affronter le monstre au regard ang&#233;lique, ne pas fuir et se souvenir...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Se souvenir pour gu&#233;rir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en prenant un peu de distance que l'on est en mesure d'assembler les pi&#232;ces disparates du puzzle et r&#233;interpr&#233;ter les souvenirs qui ne cadraient pas avec le ressenti et d&#233;mentaient l'apparente coh&#233;rence du tableau de famille, accroch&#233; de biais &#224; la vue de tous. Alors qu'elle vient d'emm&#233;nager dans sa superbe demeure en grande banlieue, des faits inhabituels se produisent dans la cuisine...Pippa est persuad&#233;e qu'un visiteur nocturne vient cambrioler son frigidaire chaque soir. Craignant &#233;galement pour la sant&#233; mentale de son mari &#226;g&#233;, Pippa se demande si les ahurissantes d&#233;couvertes du petit matin ne seraient pas la preuve d'un d&#233;but d'Alzheimer chez son &#233;poux. Mais la cam&#233;ra qu'elle installera va r&#233;v&#233;ler qu'elle souffre de somnambulisme...un somnambulisme qui va s'accompagner d'une remont&#233;e des souvenirs...&lt;i&gt;Les Vies de Pippa Lee&lt;/i&gt; offrent un voyage dans l'inconscient. Un inconscient toujours pr&#234;t &#224; surgir, au travers de troubles du sommeil, d'angoisses, de pleurs ou de situations quotidiennes qui semblent d&#233;railler...la lassitude de Pippa, c'est son amn&#233;sie. Une amn&#233;sie partielle car on comprend au d&#233;tour d'une sc&#232;ne que son mari, son sauveur, son d&#233;couvreur, son accoucheur, lui a d&#233;j&#224; permis de parler du pass&#233; au d&#233;but de leur vie commune. Mais maintenant que Pippa semble montrer des signes de fatigue, de chancellement psychologique, le nom et le souvenir de la m&#232;re folle sont bannis. On comprend la col&#232;re du mari. Apr&#232;s tout, c'est bien lui qui a sauv&#233; Pippa d'un avenir incertain.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La fuite, oui mais apr&#232;s ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si Suky avait fait ses adieux &#224; sa v&#233;ritable personnalit&#233;, Pippa le reproduira en se laissant enfermer dans un r&#244;le, incapable de se lib&#233;rer de la culpabilit&#233; d'avoir abandonn&#233; sa m&#232;re &#224; ses d&#233;mons. Les fuites successives de Pippa montrent qu'elle a bien du mal &#224; se d&#233;barrasser du mod&#232;le maternel. &#201;chouant tout d'abord chez sa tante lesbienne, elle finira &#224; la rue apr&#232;s avoir suscit&#233; le d&#233;sir des compagnes de jeu de sa tante. Et Pippa posera pour des photos &#233;rotiques d'un genre particulier, rappelant que rien ne l'y for&#231;ait, juste parce qu'elle aimait l'attention qu'on lui prodiguait. Et l'on pourra faire le parall&#232;le avec les sc&#232;nes d'enfance o&#249; Pippa, d&#233;guis&#233;e en Barbie, &#233;tait l'unique objet d'amour d'une m&#232;re en transe. Une m&#232;re perverse dont Pippa mettre plusieurs ann&#233;es &#224; s'affranchir. Le drame de Pippa, c'est d'avoir &#233;t&#233; prisonni&#232;re d'un miroir...un miroir des plus dangereux car il n'est jamais le sien mais celui d'une autre... Pippa pense que pour ne plus souffrir, il faut oublier. Elle se gave alors de drogues et de sexe, incapable de voir qu'elle devient la r&#233;plique invers&#233;e de sa m&#232;re. Le m&#233;rite de l'alliance apparemment improbable entre Pippa la s&#233;ductrice et le vieil intellectuel est d'avoir permis &#224; Pippa de dire...Ce que son p&#232;re n'a pas voulu entendre, son mari l'acceptera. Comme la v&#233;rit&#233; ne pourra retentir dans la famille, Pippa n'assistera pas &#224; l'enterrement de sa m&#232;re et ne remettra plus jamais les pieds chez les siens. La reconstruction passe par l&#224;. Cependant, le seul h&#233;ritage maternel, la culpabilit&#233; et la dette, l'emportera et Pippa, &#224; la naissance de ses enfants, se laissera enfermer dans un r&#244;le quasi similaire &#224; celui endoss&#233; par sa m&#232;re : celui de l'&#233;pouse parfaite, soumise et anesth&#233;si&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;A la reconqu&#234;te de soi : une renaissance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais &lt;i&gt;Les Vies de Pippa Lee&lt;/i&gt; est un film r&#233;solument optimiste. Au d&#233;tour de quelques marivaudages entre intellectuels d&#233;sabus&#233;s se joue une belle histoire d'amour entre Pippa (interpr&#233;t&#233;e par &lt;strong&gt;Robin Wright Penn&lt;/strong&gt;) et le fils de sa voisine, Chris Nadeau (&lt;strong&gt;Keanu Reeves&lt;/strong&gt;), marginalis&#233; car incapable de mentir, ce qui nous vaut ne succulente sc&#232;ne de voiture o&#249; il se r&#233;v&#232;le odieux en ass&#233;nant quelques v&#233;rit&#233;s &#224; Pippa. R&#233;cemment s&#233;par&#233;, lui aussi aux prises avec une m&#232;re autoritaire abusive, il va progressivement r&#233;veiller le d&#233;sir et la m&#233;moire de Pippa. En regardant pour la premi&#232;re fois depuis bien longtemps ses souvenirs en face, en admettant qu'elle est responsable de la froideur de sa fille et en choisissant la jeunesse (la vie) au d&#233;triment de la vieillesse (son mari et la mort), Pippa pourra revivre et se r&#233;inventer une nouvelle fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Vies Priv&#233;e de Pippa Lee&lt;/i&gt; m&#233;rite le d&#233;tour : r&#233;unissant un casting exceptionnel (&lt;strong&gt;Robin Wright Penn&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Keanu Reeves&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Maria Bello&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Winona Ryder&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Julianne Moore&lt;/strong&gt;), ce film l&#233;ger malgr&#233; les th&#232;mes &#233;voqu&#233;s (la fid&#233;lit&#233; &#224; un h&#233;ritage encombrant, la peur d'&#234;tre soi, la culpabilit&#233;) est un v&#233;ritable message d'optimisme. On pourra peut-&#234;tre lui reprocher un happy-end surfait mais n&#233;anmoins il offre aux spectateurs un formidable portrait de femme qui parvient enfin &#224; s'&#233;manciper &#224; l'or&#233;e de sa vie. Lorsque Pippa quitte son pass&#233; et son pr&#233;sent pour s'envoler vers un futur d&#233;barrass&#233; de faux-semblants, dans l'Ouest, avec son jeune amant, elle est parvenue &#224; se r&#233;concilier avec sa fille et &#224; chasser de sa m&#233;moire le terrible souvenir de sa m&#232;re. Son allure vestimentaire a chang&#233;, elle a d&#233;nou&#233; ses cheveux. En un mot, elle est devenue une femme libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Whatever Works</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/whatever-works/woody-allen/article4918.html</link>
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		<dc:date>2009-09-13T23:24:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Whatever Works ou l'&#233;loge de la l&#233;g&#232;ret&#233; Retour aux sources Whatever Works, nouvel opus de Woody Allen, marque le retour du cin&#233;aste &#224; New York apr&#232;s des p&#233;r&#233;grinations espagnoles et britanniques. Les deux pr&#233;c&#233;dents films du binoclard intellectuel le plus hypocondriaque du cin&#233;ma am&#233;ricain se d&#233;roulaient en effet sur le vieux continent. Ils avaient permis &#224; notre bon vieux Woody de s'essayer &#224; des registres cin&#233;matographiques diff&#233;rents, d&#233;laissant la com&#233;die pour la peinture de m&#339;urs (Le r&#234;ve de (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/cinema/rubrique3.html" rel="directory"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L65xH65/arton4918-3ccb5.jpg&quot; width='65' height='65' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff4918-5354e.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L65xH65/arton4918-3ccb5.jpg'&quot; style='height:65px;width:65px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt; ou l'&#233;loge de la l&#233;g&#232;ret&#233;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Retour aux sources&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt;, nouvel opus de &lt;strong&gt;Woody Allen&lt;/strong&gt;, marque le retour du cin&#233;aste &#224; New York apr&#232;s des p&#233;r&#233;grinations espagnoles et britanniques. Les deux pr&#233;c&#233;dents films du binoclard intellectuel le plus hypocondriaque du cin&#233;ma am&#233;ricain se d&#233;roulaient en effet sur le vieux continent. Ils avaient permis &#224; notre bon vieux &lt;strong&gt;Woody&lt;/strong&gt; de s'essayer &#224; des registres cin&#233;matographiques diff&#233;rents, d&#233;laissant la com&#233;die pour la peinture de m&#339;urs (&lt;i&gt;Le r&#234;ve de Cassandre&lt;/i&gt;), le drame moraliste (&lt;i&gt;Match Point&lt;/i&gt;) et le marivaudage exotique (&lt;i&gt;Vicky Cristina Barcelona&lt;/i&gt;). &lt;strong&gt;Woody&lt;/strong&gt; revient donc &#224; ses premi&#232;res amours en filmant &#224; nouveau la ville qu'il conna&#238;t le mieux : New York.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'adaptation de soi &#224; l'&#233;cran&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Filmer New York, c'est renouer avec les vieilles obsessions de toujours : les choix et coup de t&#234;te amoureux mais surtout la fictionnalisation de soi ou comment le cin&#233;aste puise dans son autobiographie r&#233;elle ou imagin&#233;e des situations ou traits de personnalit&#233; r&#233;currents pour filmer ses personnages. Pour incarner aujourd'hui le double de l'auteur n&#233;vros&#233;, il fallait un acteur qui fasse oublier le physique d'&lt;strong&gt;Allen&lt;/strong&gt; mais rappelle sa pr&#233;sence dans chaque plan aux spectateurs. &lt;strong&gt;Woody&lt;/strong&gt; a choisi &lt;strong&gt;Larry David&lt;/strong&gt;, connu des t&#233;l&#233;spectateurs qui ont pu suivre ses m&#233;saventures de sc&#233;nariste hypocondriaque, misogyne, obsessionnel et &#233;go&#239;ste dans &lt;i&gt;Curb your enthusiasm&lt;/i&gt; ( &lt;i&gt;Larry et son nombril&lt;/i&gt; pour la version fran&#231;aise.) Si les clones de &lt;strong&gt;Woody&lt;/strong&gt; &#224; l'&#233;cran, juifs n&#233;vros&#233;s intellectuels, tra&#238;naient dans les clubs de jazz et les Delis new-yorkais, Larry d&#233;ambulait dans Los Angeles en m&#233;prisant la superficialit&#233; et l'hypocrisie d'un syst&#232;me duquel il profitait n&#233;anmoins. Cependant, malgr&#233; les diff&#233;rences g&#233;ographiques et sociales, Woody et Larry devaient se rencontrer et ne faire plus qu'un. &lt;strong&gt;Larry David&lt;/strong&gt; avait d&#233;j&#224; fait une apparition dans &lt;i&gt;Radio Days&lt;/i&gt; mais on ne distinguait &#224; l'&#233;cran que l'arri&#232;re de son cr&#226;ne ! Si &lt;strong&gt;Woody Allen&lt;/strong&gt; a fait appel &#224; &lt;strong&gt;Larry David&lt;/strong&gt; pour incarner un h&#233;ros typiquement All&#233;nien, c'est peut-&#234;tre parce que les deux sc&#233;naristes-acteurs ont en commun d'avoir cr&#233;&#233; et interpr&#233;t&#233; des personnages leur ressemblant &#224; la ville. La fictionnalisation de soi peut donner lieu &#224; une r&#233;flexion sur l'introspection comme source d'inspiration pour la mise en sc&#232;ne de r&#233;cits qui malgr&#233; leurs particularismes identitaires poss&#232;dent la capacit&#233; de pr&#233;tendre &#224; l'universalit&#233;. Cependant, elle peut &#233;galement tourner &#224; la s&#233;rialisation, au recyclage des bonnes recettes qui marchent, donnant ainsi naissance &#224; un nouvel opus, destin&#233; en priorit&#233; aux spectateurs qui poss&#232;deront les codes narratifs propres au personnage, porte-parole et double de l'auteur.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un univers typiquement All&#233;nien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt; utilise toutes les ficelles permettant de cr&#233;er un lien de complicit&#233; entre l'interpr&#232;te et le spectateur : apart&#233;s &#224; la cam&#233;ra, r&#233;flexion &#224; voix haute de l'acteur principal qui commente l'action en train de se d&#233;rouler. Le film s'ouvre sur un groupe d'amis attabl&#233;s &#224; un caf&#233;. &lt;strong&gt;Larry David&lt;/strong&gt;, interpr&#232;te Boris Yellikoff, scientifique divorc&#233; cynique qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; nomm&#233; pour un prix Nobel, enseigne les &#233;checs &#224; de jeunes enfants qu'il terrorise et humilie sans aucun &#233;tat d'&#226;me. Cynique, il souhaite toujours imposer son point de vue &#224; ses amis qui le prennent pour un vieil excentrique acari&#226;tre. Apr&#232;s une &#233;ni&#232;me prise de bec, il se l&#232;ve et quitte le caf&#233; en vocif&#233;rant qu'il va raconter sa vie aux spectateurs venus le voir sp&#233;cialement. Ultime fanfaronnade d'un esprit parano&#239;aque ? Non, juste un moyen de prendre le spectateur, d&#233;j&#224; acquis &#224; sa cause, par les bons sentiments. On retrouve aussi tous les th&#232;mes chers &#224; &lt;strong&gt;Woody Allen&lt;/strong&gt; : la mise en sc&#232;ne du New York juif, les questions existentielles, la s&#233;duction d'un vieux misanthrope par une jeune femme qui ouvre le h&#233;ros &#224; la beaut&#233; des sentiments...La vie de Boris prend un virage inattendu lorsqu'il se laisse attendrir -m&#234;me s'il s'efforce de laisser croire le contraire par ses remarques bourrues- par une jeune fugueuse, concentr&#233; d'innocence et de stupidit&#233; r&#233;pondant au nom ridicule de Melodie St Anne Celestine. Le soir m&#234;me o&#249; il manque de la pi&#233;tiner, la jeune femme r&#233;ussit &#224; le laisse convaincre de l'h&#233;berger pour une nuit. Elle finira par l'&#233;pouser malgr&#233; la diff&#233;rence d'&#226;ge et des centres d'int&#233;r&#234;ts irr&#233;conciliables.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Educations sentimentales&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt; est &#233;galement le r&#233;cit d'une &#233;ducation sentimentale : Boris, divorc&#233; d'une femme sophistiqu&#233;e, ais&#233;e et membre de l'intelligentsia new-yorkaise, se pique d'int&#233;r&#234;t pour cette jeune &#233;cervel&#233;e &#224; qui il tente d'inculquer sa vision d&#233;sabus&#233;e de l'existence. Pygmalion au grand c&#339;ur, &#224; la grande surprise de ses amis, Boris fait fi de l'incapacit&#233; de son &#233;pouse &#224; appr&#233;cier les symphonies de Beethoven et les subtilit&#233;s de la physique quantique. Si Boris croit &#233;duquer Melodie, c'est pourtant elle qui transforme l'&#233;chalas au c&#339;ur de fer et &#224; la carapace indestructible en chamallow tout mou, pr&#234;t &#224; accepter l'intrusion dans son couple, de la m&#232;re de Melodie, bigote sudiste, qui, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; abandonn&#233;e par son mari, deviendra une artiste branch&#233;e vivant en m&#233;nage &#224; trois et peignant des nus provocants. &lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt; livre ainsi une r&#233;flexion sur l'attirance des contraires et le plaisir d'&#233;voluer, d'abandonner pour un certain temps ou toujours ses certitudes au contact de l'autre. &lt;i&gt;Whatever Works&lt;/i&gt; est surtout une histoire de couples : des couples qui se font et d&#233;font au gr&#233; des &#233;volutions m&#233;taphysiques, religieuses, artistiques et sexuelles des personnages. Avec un seul enseignement : essayer du moment que cela marche !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean-Jacques Milteau</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/jean-jacques-milteau/soul-conversation/article4898.html</link>
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		<dc:date>2009-08-25T10:11:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une r&#233;f&#233;rence incontournable dans le paysage blues et soul europ&#233;en On ne pr&#233;sente plus Jean-Jacques Milteau aux amateurs de Rythm and Blues fran&#231;ais. R&#233;f&#233;rence incontournable dans ce domaine, ce sont ses talents d'harmoniciste et son flair pour r&#233;unir les meilleurs musiciens autour de lui, - Manu Galvin &#224; la guitare, Eric Lafont &#224; la batterie, Gilles Michel &#224; la basse sur cet album- qui lui ont valu sa renomm&#233;e non usurp&#233;e. Auteur d'un nouvel opus intitul&#233; Soul Conversation, Jean-Jacques Milteau nous (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Une r&#233;f&#233;rence incontournable dans le paysage blues et soul europ&#233;en&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne pr&#233;sente plus &lt;strong&gt;Jean-Jacques Milteau&lt;/strong&gt; aux amateurs de Rythm and Blues fran&#231;ais. R&#233;f&#233;rence incontournable dans ce domaine, ce sont ses talents d'harmoniciste et son flair pour r&#233;unir les meilleurs musiciens autour de lui, - &lt;strong&gt;Manu Galvin&lt;/strong&gt; &#224; la guitare, &lt;strong&gt;Eric Lafont&lt;/strong&gt; &#224; la batterie, &lt;strong&gt;Gilles Michel&lt;/strong&gt; &#224; la basse sur cet album- qui lui ont valu sa renomm&#233;e non usurp&#233;e. Auteur d'un nouvel opus intitul&#233; &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt;, &lt;strong&gt;Jean-Jacques Milteau&lt;/strong&gt; nous entra&#238;ne pour une vir&#233;e entre amis sur les routes du pass&#233; et du futur de la soul mais aussi du rock. Comme l'affirment d'une voix suave mais ferme ses deux acolytes, &lt;strong&gt;Ron Smyth&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Michael Robinson&lt;/strong&gt; - ce dernier collabora avec &lt;strong&gt;The Staples Singers&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Maurice White&lt;/strong&gt;- &#8220;Rock n' roll will never die&#8221;. (piste 2)&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La libert&#233; et la simplicit&#233;, sinon rien...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; se veut avant tout une ode &#224; la libert&#233; et aux petits bonheurs. Nous entra&#238;nant de Memphis &#224; la grande m&#233;tropole am&#233;ricaine, en passant par les bayous de nos voisins acadiens sur &#8220;Beaumont Lafayette&#8221; (piste 13) ou &#8220;Tchoupitoula&#8221; (piste 9), &lt;strong&gt;Jean-Jacques Milteau&lt;/strong&gt; et ses musiciens c&#233;l&#232;brent la simplicit&#233; des sentiments fraternels, la beaut&#233; de la Nature : rien ne peut autant contenter l'homme que la contemplation d'un paisible lever de soleil dans &#8220;Is this the way ?&#8221; (piste 3) &lt;strong&gt;Jean-Jacques Milteau&lt;/strong&gt; appelle ses contemporains &#224; l&#226;cher-prise, &#224; se laisser aller &#224; la joie de d&#233;couvrir que tels des enfants, ils peuvent encore se sentir amoureux comme lors de leur premi&#232;re fois, dans &#8220;It's so Real&#8221; (piste 4) ou la ballade sucr&#233;e &#8220;Summer Moments&#8221; (piste 8).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Virtuosit&#233; des instruments, beaut&#233; des voix&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Outre ces perles de sagesse, dispens&#233;es avec la modestie, la nonchalance et l'ironie qui caract&#233;risent notre harmoniciste et son groupe d'amis, &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; regorge de morceaux de bravoure comme &#8220;Hole in the Wall&#8221; (piste 5), &#8220;You can't get what you want&#8221; reprise des &lt;strong&gt;Rolling Stones&lt;/strong&gt; (piste 6) ou &#8220;You never know&#8221; qui fait la part belle &#224; la guitare du complice de toujours, &lt;strong&gt;Manu Galvin&lt;/strong&gt;.
Les voix enivrantes de &lt;strong&gt;Ron Smyth&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Michael Robinson&lt;/strong&gt; atteignent parfois des sommets in&#233;gal&#233;s, notamment sur le caressant et pourtant engag&#233; &#8220;People get ready&#8221; (piste 10), reprise de &lt;strong&gt;Curtis Mayfield&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Accents gospel et invitation &#224; prendre la route&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si ce &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; se teinte parfois d'accents gospel, surtout sur &#8220;Will you come ?&#8221; (piste 14) o&#249; &lt;strong&gt;Michael Robinson&lt;/strong&gt; nous susurre de le rejoindre de l'autre c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re, symbole &#244; combien christique, ce n'est que pour rendre hommage aux milliers de voix noires anonymes qui ont contribu&#233; &#224; faire de la Soul Music le cri des assoiff&#233;s de libert&#233;. Car &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; existe aussi pour retisser les liens distendus entre les deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique, pour rappeler les similitudes des luttes men&#233;es par les h&#233;rauts fran&#231;ais des droits de l'homme et celles de leurs homologues am&#233;ricains. Si l'urgence sourd dans le rapide et saccad&#233; &#8220;Long Time gone&#8221; (piste 11), reprise tr&#232;s roots de &lt;strong&gt;David Crosby&lt;/strong&gt;, c'est peut-&#234;tre pour sugg&#233;rer qu'il faut savoir prendre la route pour aller &#224; la d&#233;couverte des autres et finalement de soi-m&#234;me.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Quand la musique devient geste naturel&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hymne au respect de toutes les sonorit&#233;s, &#224; la rencontre fraternelle autour du m&#234;me plaisir de jouer, &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; nous donne la preuve que si la musique est un art, elle peut aussi devenir un geste aussi naturel que respirer. On admirera d'autant plus la dext&#233;rit&#233; de &lt;strong&gt;Jean-Jacques Milteau&lt;/strong&gt; qu'elle sait s'imposer sans fioritures tout en restant &#233;vidente. Harmonica, guitares, contrebasse et voix s'enchev&#234;trent, s'interp&#233;n&#232;trent, se chevauchent naturellement, la difficult&#233; technique s'&#233;clipse au profit d'un phras&#233; qui s'&#233;coule telle une rivi&#232;re majestueuse au cours immuable, notamment sur &#8220;Down in the Mississippi&#8221; (piste 12), adaptation libre du morceau de &lt;strong&gt;JB Lenoir&lt;/strong&gt;.
Aux confins du folk, du rock et du rythm n' blues, &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; marque la rencontre de plusieurs musiciens autour d'un amour partag&#233; pour des sonorit&#233;s, m&#233;lodies et rythmiques qui ont su traverser les d&#233;cennies en s'adressant au c&#339;ur de chacun. Si &lt;i&gt;Soul Conversation&lt;/i&gt; saura agr&#233;menter les errances immobiles des voyageurs ne quittant pas leur salon, il constituera peut-&#234;tre aussi la porte d'entr&#233;e pour l'univers miltonesque qu'il faut absolument applaudir live. Les concerts donn&#233;s par &lt;strong&gt;Milteau&lt;/strong&gt; au Sunset l'hiver dernier en d&#233;cembre 2008 et cet &#233;t&#233; au Paris Jazz Festival furent de purs moments de connivence et de joie partag&#233;es avec un public s&#233;duit des premi&#232;res notes au dernier accord.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sherrybaby</title>
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		<dc:date>2009-07-10T10:20:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Maggie Gyllenhaal ou une trentenaire lolita &#224; bout de souffle Maggie Gyllenhaal est une actrice physique qui joue librement de sa plastique pour mieux incarner des h&#233;ro&#239;nes engonc&#233;es dans des carcans familiaux, que seul un homme providentiel r&#233;ussira &#224; briser. Dans La Secr&#233;taire, &#224; tort interpr&#233;t&#233; par beaucoup comme un film arty sur les perversions sadomasochistes, elle r&#233;ussissait &#224; nous faire croire &#224; la rencontre inesp&#233;r&#233;e entre un patron autoritaire mais d&#233;bordant de tendresse et une jeune oie (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Maggie Gyllenhaal ou une trentenaire lolita &#224; bout de souffle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maggie Gyllenhaal&lt;/strong&gt; est une actrice physique qui joue librement de sa plastique pour mieux incarner des h&#233;ro&#239;nes engonc&#233;es dans des carcans familiaux, que seul un homme providentiel r&#233;ussira &#224; briser. Dans &lt;i&gt;La Secr&#233;taire&lt;/i&gt;, &#224; tort interpr&#233;t&#233; par beaucoup comme un film arty sur les perversions sadomasochistes, elle r&#233;ussissait &#224; nous faire croire &#224; la rencontre inesp&#233;r&#233;e entre un patron autoritaire mais d&#233;bordant de tendresse et une jeune oie blanche qui se lib&#232;re de ses peurs en se soumettant &#224; ses pulsions premi&#232;res. Dans &lt;i&gt;Sherrybaby&lt;/i&gt;, elle est une ex-junkie sous conditionnelle qui, objet de d&#233;sir insaisissable, passe d'homme en homme, utilisant son corps pour mieux apprivoiser ses d&#233;mons int&#233;rieurs et exprimer son irr&#233;pressible envie de vivre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'envie des hommes et la jalousie des femmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Impudique, elle l'est certainement. Se promenant tout le long du film en d&#233;bardeur sans soutien-gorge, elle ne peut qu'&#233;veiller l'envie des hommes et la jalousie des femmes. D&#232;s son arriv&#233;e dans la maison d'accueil pour ex-d&#233;tenues, elle &#233;veille la suspicion et la haine de ses colocataires. Harcel&#233;e par une hispanique entre deux &#226;ges au physique ingrat, elle se r&#233;fugie chez son fr&#232;re et sa belle s&#339;ur qui ont pris soin d'&#233;lever sa fille Lexy pendant son incarc&#233;ration. Un jeu pervers de culpabilisation et d'infantilisation se mettra en place pour mieux s&#233;parer m&#232;re et fille. L'amour fraternel capitulera devant la l&#226;chet&#233; matrimoniale et la jalousie d'une belle-s&#339;ur qui &#233;voquera la possibilit&#233; de liaisons lesbiennes en prison...Ce que l'entourage familial, le voisinage ou les diff&#233;rents travailleurs sociaux disent de Sherry r&#233;v&#232;le plus sur leurs intentions et leur fascination r&#233;vuls&#233;e pour sa beaut&#233; dramatique que sur la personnalit&#233; ou les actions suppos&#233;es de la jeune femme. Sherry est un objet de d&#233;sir, pour hommes et femmes, qui s'expose &#224; la vue de tous mais ne cesse de se d&#233;rober &#224; leur compr&#233;hension, aiguisant ainsi leur d&#233;sir de la rendre prisonni&#232;re d'un corps qui sera m&#233;pris&#233;, reni&#233;, abus&#233;, maltrait&#233;, ignor&#233; selon la forme choisie par les protagonistes pour signifier leur jalousie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Une libert&#233; qui se heurte au mur des conventions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on reproche &#224; Sherry, c'est avant tout de suivre ses envies. M&#234;me si les images peuvent parfois sembler crues, proches d'un certain naturalisme, &#233;crin pour la peinture symbolique du mis&#233;rabilisme social, chaque plan o&#249; appara&#238;t le visage de &lt;strong&gt;Maggie Gyllenhaal&lt;/strong&gt; est illumin&#233; par sa candeur et sa joie de vivre. La plus belle s&#233;quence du film est l'extase dans une maison sordide o&#249; un vieil homme d&#233;charn&#233; offre un peu de bonheur au bout d'une seringue. Si l'ivresse a un prix, certains sont pr&#234;ts &#224; le payer sans &#233;tat d'&#226;me... Sherry n'&#233;prouve aucun remords ou honte &#224; l'&#233;vocation de son pass&#233;. Dans la voiture du vieil indien, ex-alcoolique, qui prendra soin d'elle, elle se rem&#233;more avec plaisir les nuits &#224; danser nue en compagnie d'autres mineures dans un bar minable ferm&#233; depuis. Lors d'une r&#233;union avec les Narcotiques Anonymes, elle n'h&#233;site pas &#224; revendiquer l'h&#233;ro&#239;ne comme l'amour de sa vie. Affirmer devant tous qu'elle replongerait avec plaisir n'est pas l'aveu d'une faiblesse mais l'expression d&#233;complex&#233;e d'une envie imp&#233;rieuse qui n'a pas &#224; &#234;tre stigmatis&#233;e. Si Sherry est clean depuis deux ans, si elle s'est efforc&#233;e de d&#233;crocher, c'est avant tout pour regagner la garde de sa fille dans un monde o&#249; certaines pratiques ne se font pas ou alors en cachette. Pour Sherry, rien ne peut la dissuader de coucher dans la cave du refuge avec l'homme qui pr&#233;tend devenir son parrain aux Narcotiques Anonymes. Aux interdictions morales et sociales s'oppose une jouissance sans entraves. Alors qu'&#224; bout de souffle, il la prie d'arr&#234;ter, elle lui murmure &#171; je pourrais faire cela toute la nuit. &#187; Conformiste, Sherry ne l'est pas mais pragmatique oui. Consciente de n'&#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme une ravissante idiote, elle se servira de son corps pour r&#233;aliser ses r&#234;ves.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Un &#233;trange objet du d&#233;sir et un corps polymorphe&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite de la r&#233;alisatrice &lt;strong&gt;Laurie Collyer&lt;/strong&gt; est de sugg&#233;rer les f&#234;lures de ses personnages plus que de les filmer frontalement. Au hasard d'une c&#233;r&#233;monie improvis&#233;e dans la salle de bain pour une Sherry d&#233;fonc&#233;e, on comprend la n&#233;cessit&#233; et la douleur de renouer avec ses origines pour le vieil indien dont les enfants r&#233;sident &#224; plusieurs kilom&#232;tres, en Oklahoma chez leur m&#232;re. En faisant un gros plan sur les &#233;bats sexuels d'un couple sur petit &#233;cran, le spectateur saisit la souffrance d'une belle-s&#339;ur qui &#233;l&#232;ve sa ni&#232;ce comme son unique fille. En ouvrant la porte de l'h&#244;tel crasseux sur l'agent de probation hautain et fier qui tance Sherry de se comporter en adulte, on per&#231;oit la solitude d'un homme irr&#233;prochable et distant. Objet de d&#233;sir, Sherry l'est car elle renvoie &#224; tous ceux dont le regard est happ&#233; par son physique, la projection de leurs souhaits les plus chers. En devenant r&#233;ceptacle &#224; fantasmes, Sherry fait mine de s'oublier soi-m&#234;me pour user et abuser de son corps polymorphe. Allumeuse pour recruteur libidineux qui ne lui propose qu'un emploi d'h&#244;tesse de bar ou d'ouvri&#232;re &#224; l'usine, Sherry laissera de c&#244;t&#233; ses dipl&#244;mes d'&#233;ducatrice sp&#233;cialis&#233;e pour r&#233;aliser la fellation qui lui ouvrira les portes de l'&#233;cole primaire. Ex-junkie rebelle, elle tiendra t&#234;te &#224; son agent de probation qui, sans se l'avouer, r&#234;ve de rencontrer plus fort que lui. Petite fille apeur&#233;e, elle minaudera aupr&#232;s de son fr&#232;re pour obtenir une journ&#233;e seule &#224; seule avec son enfant. La force et la faiblesse de Sherry est de pouvoir se m&#233;tamorphoser et d'endosser les personnalit&#233;s que lui pr&#234;tent ses interlocuteurs, puisant ainsi dans chaque personnage de nouvelles ressources personnelles... Sherry est multiple : femme-enfant, adolescente tourment&#233;e, m&#232;re-poule, &#233;ducatrice empathique et pleine d'imagination, ex-junkie en hauts talons, gracieuse cruche en tailleur rose-bonbon, grande-gueule vulgaire... Mais en quelques instants sera d&#233;voil&#233; le pourquoi de cette course contre elle-m&#234;me et cette fuite dans la drogue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Sherrybaby&lt;/i&gt; est un beau portrait de femme, de celles qui n'ont pas voire peu d'amies, victimes d'une plastique irr&#233;prochable et d'un naturel s&#233;ducteur...C'est aussi une belle histoire d'amour en demi-teinte entre un homme aux traits us&#233;s qui affirme que personne n'appartient jamais &#224; personne et une jeune femme au bord du gouffre mais &#224; la joie de vivre communicative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sens de la vie pour 9,99$</title>
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		<dc:date>2009-07-08T10:26:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;Humour noir...et d&#233;sesp&#233;rance. Le lendemain de sa sortie, je suis all&#233;e voir le sens de la vie pour 9,99$ ...non pas que je recherche le sens de la vie, je l'ai d&#233;j&#224; trouv&#233; depuis quelques ann&#233;es mais chut, je ne vous le dirai pas...d'autant plus qu'il appartient &#224; chacun de trouver le sien. Imm&#233;diatement apr&#232;s la derni&#232;re image de ce film anim&#233;, j'ai ressenti un haut-le-c&#339;ur...Quoi, le sens de la vie pour ces personnages de carton p&#226;te certainement inspir&#233;s de vraies personnes, c'est &#231;a ? All&#233;ch&#233;e par (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L150xH150/arton4858-bb487.jpg&quot; width='150' height='150' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff4858-f548f.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton4858-bb487.jpg'&quot; style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Humour noir...et d&#233;sesp&#233;rance.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain de sa sortie, je suis all&#233;e voir &lt;i&gt;le sens de la vie pour 9,99$&lt;/i&gt; ...non pas que je recherche le sens de la vie, je l'ai d&#233;j&#224; trouv&#233; depuis quelques ann&#233;es mais chut, je ne vous le dirai pas...d'autant plus qu'il appartient &#224; chacun de trouver le sien.
Imm&#233;diatement apr&#232;s la derni&#232;re image de ce film anim&#233;, j'ai ressenti un haut-le-c&#339;ur...Quoi, le sens de la vie pour ces personnages de carton p&#226;te certainement inspir&#233;s de vraies personnes, c'est &#231;a ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;All&#233;ch&#233;e par une bande annonce qui mettait l'accent sur le sarcasme d'une figure en particulier, celle du clodo cynique devenu ange gardien malgr&#233; lui, je m'attendais &#224; de l'ironie grin&#231;ante, de l'humour noir certes, mais pas cette d&#233;sesp&#233;rance. J'ai donc h&#233;sit&#233; avant d'&#233;crire cette chronique en me demandant quel sens j'allais pouvoir trouver &#224; ce petit film isra&#233;lien produit et doubl&#233; aux USA.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il peut exister des constitutions n&#233;vrotiques qui s'appliquent aux pays, alors Isra&#235;l et les USA (pays que j'appr&#233;cie pourtant) doivent remporter la palme. Isra&#235;l, et surtout Isra&#235;l des c&#244;tes, Ha&#239;fa, Tel Aviv, incarne &#224; merveille cette fausse insouciance mat&#233;rialiste qui caract&#233;rise le quotidien de personnes aux prises avec des contradictions qu'elles n'arrivent pas &#224; d&#233;passer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-on pr&#233;tendre ou &#234;tre r&#233;ellement libre lorsque l'on est encha&#238;n&#233; &#224; ses d&#233;sirs ? Peut-on go&#251;ter le pr&#233;sent sans amertume et envisager le futur sans crainte lorsque l'on refuse de tirer les le&#231;ons du pass&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le quotidien des habitants d'un immeuble.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la vie pour 9,99$ croque le quotidien de plusieurs locataires ou propri&#233;taires d'un petit immeuble. Les int&#233;rieurs se succ&#232;dent et ne se ressemblent pas car cohabitent sur plusieurs &#233;tages une star &#233;gocentrique anorexique, un magicien endett&#233;, un jeune homme altruiste au ch&#244;mage qui pr&#233;pare de succulents g&#226;teaux, un trentenaire multi-d&#233;pendant incapable de s'engager, un papy veuf rong&#233; par la solitude et d'autres personnages dont l'existence, pour le spectateur, peut sembler d&#233;nu&#233;e de sens ! Pour le spectateur seulement, lui qui regardera ses tranches de vie avec plus ou moins d'amusement, de complaisance, d'empathie ou d'agacement ! Car ce qui fait le drame de ces personnages, c'est bien de croire que leur vie rev&#234;t un sens et que la satisfaction de leurs d&#233;sirs sans espoir, leur fid&#233;lit&#233; &#224; des certitudes ali&#233;nantes, combleront le sentiment de vide qui les habite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui fait d&#233;faut aux personnages du sens de la vie est le doute raisonnable et la d&#233;rision salvatrice. Persuad&#233;s que leurs choix les rendront heureux, tous pensent avoir trouv&#233; le sens de la vie dans la poursuite d'activit&#233;s monomaniaques et le renforcement de liens pervertis.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Des liens qui rendent malheureux.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un recouvreur d'imp&#244;ts va s'oublier dans le sexe avec une star si amoureuse de sa plastique qu'elle charcute les hommes pour en gommer toutes les asp&#233;rit&#233;s et identit&#233;s. La qu&#234;te d'amour peut-elle justifier l'oubli de sa personne dans un lien fusionnel vampirique ? Le sens de la vie donne &#224; voir des liens non constructifs. La relation &#224; l'autre n'est pas &#233;panouissante car les personnages cherchent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment dans un lien de d&#233;pendance ou dans un miroir aux alouettes sentimental un amour de soi qui leur fait totalement d&#233;faut. Ou un jeune prodige des fourneaux accepte de se plier aux exigences professionnelles d'un p&#232;re d&#233;pressif qui &#233;rige le respect &#224; l'autorit&#233; comme raison de vivre mais se m&#233;prise pour ne jamais avoir os&#233; transgresser l'ordre &#233;tabli. Ou le m&#234;me jeune cuisinier commande un manuel intitul&#233; &#171; comment se faire &#233;couter par les autres ? &#187; sans se demander si ces autres m&#233;ritent la peine d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme un auditoire digne de lui. C'est aussi la fid&#233;lit&#233; &#224; une &#233;pouse d&#233;c&#233;d&#233;e qui conduit un vieil homme &#224; s'emmurer dans une solitude entrecoup&#233;e des appels d'une enqu&#234;trice marketing par t&#233;l&#233;phone. Quant au clochard qui a acquis ses ailes d'ange gardien, il s'est suicid&#233; apr&#232;s qu'on lui ait refus&#233; une &#233;ni&#232;me cigarette. Lui aussi &#233;tait veuf.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le drame des personnages est leur incapacit&#233; &#224; s'envisager diff&#233;remment de l'image que se font les autres d'eux. Le recouvreur d'imp&#244;t doit coller aux exigences corporelles n&#233;vrotiques de la star. Le trentenaire doit envisager le mariage comme la suite &#171; normale &#187; de sa relation. La jeune institutrice ne r&#233;alise pas que son amour pour ce trentenaire qui la fuit, la poursuit et la fuit &#224; nouveau, est le reflet d'un d&#233;sir de maternit&#233; sans cesse r&#233;actualis&#233; au contact des enfants de son &#233;cole. Ce qui est particuli&#232;rement d&#233;sesp&#233;rant dans ce film est l'absence totale de plaisir des personnages : aucun des liens d&#233;crits ne semble joyeux. Le seul plaisir semble &#234;tre une libert&#233; fugace dans une animalit&#233; retrouv&#233;e, dans une d&#233;mesure &#233;ph&#233;m&#232;re, contrecoups de trop de restrictions. Dans le sexe... mais bient&#244;t, le bel &#233;talon deviendra un v&#233;ritable marshmallow... Dans l'exercice physique, p&#232;re et fils nagent comme des dauphins dans le lac du parc... ou dans l'alcoolisme et la prise de stup&#233;fiants...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En somme, &#224; nouveau l'oubli de soi, la fuite, la volont&#233; d'&#234;tre quelqu'un d'autre, m&#234;me un animal, l'impossibilit&#233; de s'aimer soi &#224; trop vouloir aimer l'autre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le sens de la vie et le pass&#233;...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le sens de la vie tel qu'il est d&#233;crit dans ce film &#224; la noirceur abyssale se trouve pourtant dans le pass&#233;. Seule la contemplation du pass&#233; permet d'appr&#233;cier le pr&#233;sent et de r&#233;aliser avec bonheur ou tristesse ce qui a &#233;t&#233; perdu ou gagn&#233; en chemin...&#224; condition d'envisager la vie comme un processus d'accroissement, de d&#233;veloppement personnel, de plaisir. C'est en se plongeant dans son pass&#233; que le p&#232;re d&#233;pressif aurait compris que son attachement &#224; l'ordre conduisit sa femme fantasque &#224; le quitter pour un autre. C'est en se rem&#233;morant avec bonheur le plaisir d'&#234;tre &#224; deux que le vieil homme veuf aurait pu envisager plus rapidement de refaire sa vie. C'est en se rappelant les multiples rejets dont il fut victime que le recouvreur d'imp&#244;t aurait compris que se soumettre ne permet pas de gagner l'amour et le respect de l'autre...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais apparemment, pour ces petits personnages de carton p&#226;te, souffrir et se bercer d'illusions donne un sens &#224; leur vie. Combien d'entre vous se reconnaitront dans ces liens ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Wendy and Lucy</title>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'Alaska : destination ultime ? Wendy and Lucy rappelle &#224; certains &#233;gards la qu&#234;te &#233;perdue de libert&#233; du jeune po&#232;te d'Into the Wild. Le point commun le plus &#233;vident entre ces deux films : la destination r&#234;v&#233;e, fantasm&#233;e, sanctuaire et tombeau pour l'un, jamais atteinte et se d&#233;robant sous ses pas pour l'autre. Si pour le protagoniste homme d'Into the Wild, l'Alaska constitue l'ultime eldorado o&#249; se perdre et retrouver dans la Nature sa propre nature originelle, les motivations de Wendy pour gagner l'ultime (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'Alaska : destination ultime ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Wendy and Lucy&lt;/i&gt; rappelle &#224; certains &#233;gards la qu&#234;te &#233;perdue de libert&#233; du jeune po&#232;te d'&lt;i&gt;Into the Wild&lt;/i&gt;.
Le point commun le plus &#233;vident entre ces deux films : la destination r&#234;v&#233;e, fantasm&#233;e, sanctuaire et tombeau pour l'un, jamais atteinte et se d&#233;robant sous ses pas pour l'autre.
Si pour le protagoniste homme d'&lt;i&gt;Into the Wild&lt;/i&gt;, l'Alaska constitue l'ultime eldorado o&#249; se perdre et retrouver dans la Nature sa propre nature originelle, les motivations de Wendy pour gagner l'ultime fronti&#232;re, la derni&#232;re &#233;tape du cheminement am&#233;ricain vers l'Ouest, sont plus pragmatiques.
Originaire de l'Illinois, &#233;tat qui n'&#233;chappe pas &#224; la crise, les emplois se faisant de plus en plus rares, Wendy esp&#232;re r&#233;sister &#224; l'immobilisation sociale en trouvant un job dans une des multiples conserveries de poisson de ce grand &#233;tat.
La p&#233;nurie de main d'&#339;uvre et d'emplois est le motif du voyage r&#233;affirm&#233; tout au long du r&#233;cit. Mais au gr&#233; des tribulations de Wendy, on comprend rapidement, qu'elle tente d'&#233;chapper &#224; sa condition sociale, sa famille, se r&#234;vant en adulte autonome et ind&#233;pendante, d&#233;barrass&#233;e de toute entrave ou contrainte mat&#233;rielle.
Mais, malgr&#233; les vell&#233;it&#233;s de Wendy, la confrontation brutale au r&#233;el est signifi&#233;e par la perte de sa voiture (son seul moyen de locomotion), de sa chienne Lucy (seule amie et confidente) et de son innocence (confondue par la police pour vol de croquettes ! et d&#233;sormais fich&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Prisonni&#232;re d'une ville inhospitali&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Wendy and Lucy&lt;/i&gt; pourrait &#233;galement s'apparenter aux films &lt;i&gt;Un jour sans fin&lt;/i&gt; avec &lt;strong&gt;Bill Murray&lt;/strong&gt; ou &lt;i&gt;U-Turn&lt;/i&gt; avec &lt;strong&gt;Sean Penn&lt;/strong&gt;.
Les trois protagonistes sont victimes de forces majeures : des accidents, des impr&#233;vus, des erreurs de jugement qui les clouent litt&#233;ralement &#224; terre, mettant un terme &#224; leur progression temporelle ou spatiale, faisant de la ville o&#249; ils ont &#233;chou&#233; une v&#233;ritable prison.
Les habitants de ces villes inhospitali&#232;res semblent pourtant prendre un malin plaisir &#224; former une coalition d'int&#233;r&#234;ts certes vari&#233;s mais qui concordent tous &#224; maintenir leur victime malgr&#233; elle sur place.
Dans &lt;i&gt;Wendy and Lucy&lt;/i&gt;, avec une &#233;conomie de moyens (dialogues r&#233;duits &#224; l'extr&#234;me, gros plans sur visages et simples travellings, d&#233;cors d&#233;pouill&#233;s et presque toujours les m&#234;mes -un parking, une sup&#233;rette, un chenil, l'int&#233;rieur d'une voiture ou d'une cabine t&#233;l&#233;phonique), le spectateur comprend rapidement que Wendy s'est engag&#233;e sur une pente descendante o&#249; les personnes rencontr&#233;es et les situations subies vont la d&#233;poss&#233;der de tous ces biens et peut-&#234;tre m&#234;me de sa dignit&#233;.
Le r&#234;ve de Wendy prend fin lorsque sa voiture tombe en panne sur un parking priv&#233;. Wendy est forc&#233;e de le quitter et d'aller se garer dans une all&#233;e. Commence alors la r&#233;alisation que malgr&#233; ces centaines de coupures de dollars, elle appartient &#224; l'Am&#233;rique des pauvres. Wendy doit se plier aux r&#232;gles qui r&#233;gissent la s&#233;paration entre les white trash et les Am&#233;ricains qui aspirent &#224; demeurer membres de la classe moyenne, dernier bastion de r&#233;sistance face &#224; la crise.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'Am&#233;rique des pauvres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si Wendy dort dans sa voiture pour &#233;conomiser des nuits d'h&#244;tel, elle n'a pourtant rien d'une white trash. Sa sensibilit&#233;, son &#233;l&#233;gance naturelle et son intelligence intuitive jouent pourtant en sa d&#233;faveur. Pas assez vulgaire pour susciter la compassion des caissi&#232;res du supermarch&#233; o&#249; elle s'est fait surprendre en train de voler pour Lucy, pas assez hautaine et assur&#233;e pour r&#233;ussir &#224; n&#233;gocier un prix raisonnable et honn&#234;te au garage.
Ne pouvant compter que sur elle-m&#234;me (sa s&#339;ur et son beau-fr&#232;re joints par t&#233;l&#233;phone lui rappellent bien aimablement qu'ils ne d&#233;bourseront pas un nickel pour elle), Wendy se retrouve contrainte &#224; ramasser des cannettes afin de r&#233;cup&#233;rer quelques dollars. Et l&#224; encore, agac&#233;e par l'absurdit&#233; de la situation et prise de piti&#233;, elle pr&#233;f&#232;re laisser sa r&#233;colte au sans-abri rencontr&#233;.
Lorsque son chien est emmen&#233; &#224; la fourri&#232;re alors qu'elle a pass&#233; l'apr&#232;s-midi au commissariat, on lui r&#233;torque qu'une femme qui n'a pas les moyens de nourrir un chien ne doit pas en avoir un. Malgr&#233; ces rebuffades, Wendy va tenir bon pendant les &#190; du film. Se liant d'amiti&#233; avec le vieux gardien du parking, elle r&#233;ussira &#224; retrouver sa ch&#232;re Lucy pour mieux r&#233;aliser que son chien, lui pr&#233;f&#233;rant le rago&#251;t et le jardin de sa nouvelle famille d'accueil, ob&#233;it lui aussi &#224; l'implacable logique &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Quitter cette maudite petite ville...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Wendy r&#233;ussira-t-elle &#224; quitter cette maudite petite ville o&#249; l'ennui le dispute &#224; la mesquinerie...et dans quelles conditions ? Aller voir ce film pour le d&#233;couvrir. D'une histoire entre un chien et une jeune femme qui perd tout son argent &#224; cause d'une panne de voiture, la r&#233;alisatrice &lt;strong&gt;Kelly Reichardt&lt;/strong&gt; a su tirer un beau film sur la d&#233;confiture du r&#234;ve am&#233;ricain. Prendre la route comme ses illustres a&#238;n&#233;s, oui, mais vers quoi ? Et comment atteindre le but fix&#233; sans solidarit&#233;, sans garantie que le r&#234;ve en vaille la peine ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>I feel good !</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/i-feel-good/stephen-walker/article4733.html</link>
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		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Improbable chorale I feel good est comme son nom l'indique, un documentaire sur des individus qui se sentent bien dans leur peau. Apr&#232;s de multiples pontages coronariens et 4 ann&#233;es de chimioth&#233;rapie, on pourrait pourtant conna&#238;tre des moments de d&#233;prime. Eh bien, rien de tel pour les biens nomm&#233;s Young at Heart, des sexta/septa et octog&#233;naires qui partent r&#233;guli&#232;rement sur les routes des 4 continents pour interpr&#233;ter d'improbables reprises de morceaux rock. Des d&#233;buts de cette chorale peu commune, (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;local/cache-vignettes/L65xH65/arton4733-fe8f4.jpg&quot; width='65' height='65' onmouseover=&quot;this.src='local/cache-vignettes/L150xH150/artoff4733-5fdac.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L65xH65/arton4733-fe8f4.jpg'&quot; style='height:65px;width:65px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;Improbable chorale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;I feel good&lt;/i&gt; est comme son nom l'indique, un documentaire sur des individus qui se sentent bien dans leur peau. Apr&#232;s de multiples pontages coronariens et 4 ann&#233;es de chimioth&#233;rapie, on pourrait pourtant conna&#238;tre des moments de d&#233;prime. Eh bien, rien de tel pour les biens nomm&#233;s &lt;strong&gt;Young at Heart&lt;/strong&gt;, des sexta/septa et octog&#233;naires qui partent r&#233;guli&#232;rement sur les routes des 4 continents pour interpr&#233;ter d'improbables reprises de morceaux rock.
Des d&#233;buts de cette chorale peu commune, cr&#233;&#233;e en 1982 &#224; Northampton, dans le Massachussetts, on ne saura pas grand-chose. Un journaliste britannique suit les r&#233;p&#233;titions des &lt;strong&gt;Young at Heart&lt;/strong&gt; qui pr&#233;parent un nouveau spectacle. Pour faire &#224; nouveau sensation - ils font salle comble chaque soir et cela o&#249; qu'ils soient- le chef de ch&#339;ur, &lt;strong&gt;Bob Cilman&lt;/strong&gt;, un petit jeunot de 50 ans, a rappel&#233; en renfort deux anciennes gloires du groupe, &lt;strong&gt;Fred Knittle&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Bob Salvini&lt;/strong&gt;, &#233;cart&#233;es pour raisons m&#233;dicales.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Duos attachants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La cam&#233;ra fait la part belle aux duos improbables tels la grand-m&#232;re black, &lt;strong&gt;Dora Morrow&lt;/strong&gt;, vieille tigresse aux traits us&#233;s mais aux cris bien sauvages, et le papy un brin psycho-rigide qui a d&#251; mal &#224; m&#233;moriser ses lignes. Le documentaire s'attarde &#233;galement sur des personnalit&#233;s attachantes comme &lt;strong&gt;Eileen Hall&lt;/strong&gt;, la grand-m&#232;re indigne britannique, ancienne effeuilleuse, la seule pensionnaire &#224; poss&#233;der la clef de la maison de retraite, qui manifeste un certain plaisir &#224; rentrer tard apr&#232;s les r&#233;p&#233;titions.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Faux routards du rock&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu craindre le pire d'un documentaire sur des papys rockeurs. Gros plans sur des visages affaiss&#233;s, &#233;dent&#233;s, voyeurisme un brin moqueur. Il n'en est rien ici. Certes, les corps portent manifestement les stigmates de l'usure et de la maladie. Cependant, on ressent bient&#244;t la m&#234;me tendresse que la cam&#233;ra pour ces faux routards du rock. Malgr&#233; leur d&#233;sir de bien faire sur le difficilement ma&#238;trisable &#8220;Shizophrenia&#8221; des &lt;strong&gt;Sonic Youth&lt;/strong&gt;, en d&#233;pit de leur punch sur &#8220;Should I stay or should I go&#8221;, les papys et mamys des &lt;strong&gt;Young at Heart&lt;/strong&gt; m&#233;connaissent souvent l'origine des tubes interpr&#233;t&#233;s. Trop &#226;g&#233;s &#224; l'&#233;poque du grunge, trop mari&#233;s &#224; l'&#233;poque du punk, ils sont pour la plupart d'entre eux les dignes repr&#233;sentants de la middle-class am&#233;ricaine et r&#233;sident dans des banlieues bien proprettes. Leurs go&#251;ts musicaux se portent plus naturellement vers le classique, le gospel -certains sont d'ailleurs choristes &#224; l'&#233;glise locale- ou la country. Pourtant, lorsque leur directeur de ch&#339;ur leur propose de reprendre le tube d'&lt;strong&gt;Allen Toussaint&lt;/strong&gt; avec plus de 30 Yes, we can, la curiosit&#233; puis le sens du challenge vainquent les derni&#232;res r&#233;ticences.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;D&#233;calage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La force des &lt;strong&gt;Young at Heart&lt;/strong&gt; ne r&#233;side pas uniquement dans le ressort comique qui voit des membres du troisi&#232;me &#226;ge s'agiter en tous sens sur le &#8220;I wanna be sedated&#8221; des &lt;strong&gt;Ramones&lt;/strong&gt;. Certes, le d&#233;calage manifeste entre ces visages de v&#233;n&#233;rables anciens et des mots ou des attitudes rock qui expriment avant tout la r&#233;volte et donc peuvent sembler l'apanage de la jeunesse, est des plus frappants. Mais, en d&#233;passant cet apparent paradoxe, on s'aper&#231;oit que les mots d'incivilit&#233;, de d&#233;sesp&#233;rance des &lt;strong&gt;Ramones&lt;/strong&gt; ou des &lt;strong&gt;Talking Heads&lt;/strong&gt; sur &#8220;Road to Nowhere&#8221; transcendent les barri&#232;res d'&#226;ge, les cat&#233;gories sociales et d&#233;crivent une m&#234;me soif de libert&#233;. Que peuvent avoir en commun un jeune punk et un vieil infirme en fauteuil roulant ? Peut-&#234;tre le d&#233;sir d'&#233;chapper &#224; leur condition et de revendiquer une forme de libert&#233; que la soci&#233;t&#233; civile et son cort&#232;ge de repr&#233;sentations ali&#233;nantes leur nie.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Soif de libert&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Murmurer &#8220;Fix you&#8221; de &lt;strong&gt;Coldplay&lt;/strong&gt; une bouteille d'oxyg&#232;ne le long de son corps alors que son meilleur ami, la deuxi&#232;me partie du duo originellement pr&#233;vu, vient de d&#233;c&#233;der et que l'on est seul sur sc&#232;ne, ne tient pas du pathos. Accuser le directeur de ch&#339;ur de mise en sc&#232;ne de la souffrance serait trop simple. &lt;strong&gt;Bob Cilman&lt;/strong&gt; refuse de masquer la perte, l'abandon et le d&#233;p&#233;rissement mais il offre &#224; voir des corps qui refusent de rendre les armes et donnent une belle le&#231;on de courage et de joie de vivre aux jeunes bien-portants. &lt;strong&gt;Young at Heart&lt;/strong&gt; rappelle &#233;galement que les barri&#232;res physiques sont souvent bien moins difficiles &#224; abattre que les prisons mentales. Faire de ce groupe de vieillards de vrais professionnels qui ne d&#233;caleront pas la tourn&#233;e apr&#232;s le d&#233;c&#232;s d'un des leurs s'inscrit dans la m&#234;me d&#233;marche que se produire dans des p&#233;nitenciers. Les regards des prisonniers qui fuient la cam&#233;ra, qui fixent le sol, les visages qui enfin s'encadrent d'un sourire t&#233;moignent d'une reconnaissance de l'autre, de sa similitude malgr&#233; sa diff&#233;rence d'&#226;ge.
Et voir un ancien marine, seul vieillard &#224; conserver une bonne vue, foncer sur une petite route &#224; toute allure ou &#233;couter les confidences sexuelles d'un autre, nous rappellent la part de v&#233;rit&#233; du vieil adage &#171; la jeunesse, c'est avant tout dans la t&#234;te &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Reprises originales et r&#233;flexion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I feel good&lt;/strong&gt; est donc un documentaire int&#233;ressant &#224; plusieurs titres : pour ces reprises originales, pour la joie de vivre qu'il d&#233;gage et enfin pour la r&#233;flexion qu'il propose sur la vieillesse, l'infirmit&#233; et la mort.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>frozen river</title>
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		<dc:date>2009-02-10T10:04:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nausica Zaballos</dc:creator>



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&lt;p&gt;topos On pourrait croire comme le laisse supposer le titre du film que le personnage principal de Frozen River est cette rivi&#232;re prise par les glaces en plein coeur de l'hiver canadien, par des temp&#233;ratures de moins 25&#176;. Si la rivi&#232;re est le topos qui permet &#224; l'action d'advenir et prendre sens, Frozen River est surtout l'histoire d'une rencontre entre deux femmes, apparemment tr&#232;s dissemblables, issues de cultures, de communaut&#233;s et de g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes mais confront&#233;es &#224; des difficult&#233;s (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class='h3 spip'&gt;topos&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On pourrait croire comme le laisse supposer le titre du film que le personnage principal de &lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt; est cette rivi&#232;re prise par les glaces en plein coeur de l'hiver canadien, par des temp&#233;ratures de moins 25&#176;. Si la rivi&#232;re est le topos qui permet &#224; l'action d'advenir et prendre sens, &lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt; est surtout l'histoire d'une rencontre entre deux femmes, apparemment tr&#232;s dissemblables, issues de cultures, de communaut&#233;s et de g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes mais confront&#233;es &#224; des difficult&#233;s similaires et universelles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;fronti&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le Saint Laurent, fronti&#232;re naturelle entre les USA et le Canada, borde la r&#233;serve mohawk et devient le lieu des possibles pour ces deux femmes en d&#233;sh&#233;rence affective et mat&#233;rielle. Point d'entr&#233;e des immigrants chinois ou pakistanais aux USA, obstacle semble-t-il insurmontable car la glace menace de rompre, cette rivi&#232;re gel&#233;e reste l'ultime d&#233;fi de femmes, qui, lasses d'&#233;chouer dans chacune de leurs entreprises personnelles, se transforment en passeuses de clandestins pour subvenir &#224; leurs besoins et peut-&#234;tre aussi pour braver une certaine forme d'autorit&#233; aveugle, contest&#233;e par toutes deux.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;r&#233;silience&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt; s'apparente par la forme &#224; un polar mais demeure un drame humaniste au r&#233;alisme saisissant. A la mani&#232;re de &lt;strong&gt;Ken Loach&lt;/strong&gt; qui voue une v&#233;ritable tendresse pour ses personnages de survivants, Courtney Hunt, le r&#233;alisateur de &lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt;, rend hommage &#224; la force morale et &#224; la r&#233;silience de ses deux h&#233;ro&#239;nes, loin de tout mis&#233;rabilisme social.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ray, la quarantaine us&#233;e, est m&#232;re de deux enfants qu'elle &#233;l&#232;ve tant bien que mal dans son mobil-home. Employ&#233;e &#224; Yankee Dollar Store, elle attend, r&#233;sign&#233;e, depuis plus de deux ans une promotion, qui au fur et &#224; mesure qu'elle vieillit et que ses coll&#232;gues aux fesses tatou&#233;es rajeunissent, s'&#233;loigne chaque jour un peu plus d'elle malgr&#233; son s&#233;rieux et la promesse qui lui avait &#233;t&#233; faite par un jeune manager arrogant. Le mari de Ray, d&#233;pendant au jeu, a, une fois n'est pas coutume, disparu pour une vir&#233;e dans les casinos des r&#233;serves avoisinantes ou d'Atlantic City. La sc&#232;ne d'ouverture du film met en lumi&#232;re l'impuissance de Ray, son incapacit&#233; &#224; concilier ses r&#234;ves (acqu&#233;rir une maison, devenir sous-manager, nourrir correctement ses enfants) et la r&#233;alit&#233; repr&#233;sent&#233;e par des livreurs r&#233;clamant leur d&#251; et surtout le fils ain&#233; qui d&#233;sesp&#232;re de se nourrir de Tang et de pop-corn &#224; chaque repas.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;r&#233;signation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt; est une r&#233;flexion sur les r&#234;ves et les moyens utilis&#233;s pour les concr&#233;tiser. Si Ray est dans l'action et la revendication perp&#233;tuelle, bataillant pour obtenir un d&#233;lai suppl&#233;mentaire de paiement afin de conserver maison et &#233;lectrom&#233;nager, si elle parcourt la r&#233;gion &#224; la recherche de sa Dodge Spirit et de son mari, si elle change sans cesse son message de r&#233;pondeur pour d'hypoth&#233;tiques retrouvailles, Lila, la jeune femme mohawk, la passeuse de clandestins, est elle dans la r&#233;signation la plus totale. Lasse d'&#234;tre rejet&#233;e par les siens qui voient en elle celle par qui la mort et le scandale arrivent, elle a abandonn&#233; son b&#233;b&#233; &#224; sa belle-m&#232;re qui ne lui a pas pardonn&#233; la mort de son fils. Tandis que Ray est f&#233;minine, les cheveux longs et boucl&#233;s, anguleuse, nerveuse, fard&#233;e et r&#233;volt&#233;e, Lila est presque ob&#232;se, souvent film&#233;e dans son lit, mal fagot&#233;e, la moue boudeuse, les cheveux courts, le look androgyne. De la rencontre entre ces deux personnalit&#233;s et ces deux corps meurtris na&#238;tra une singuli&#232;re amiti&#233; qui se passe de mots mais va jusqu'au sacrifice de l'une pour garantir une dignit&#233; et un futur familial &#224; l'autre.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;pr&#233;jug&#233;s&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Frozen River s'attarde peu sur le sort des clandestins, simples monnaies d'&#233;change, &#233;valu&#233;s &#224; 1200 dollars la pi&#232;ce. On pourrait s'inqui&#233;ter de l'apparente froideur de ces deux femmes qui jamais ne semblent s'int&#233;resser aux personnes qu'elles livrent de l'autre c&#244;t&#233;...les pr&#233;jug&#233;s de Ray sont &#233;galement manifestes lorsque &#233;prouvant beaucoup de r&#233;pugnance &#224; convoyer un couple de pakistanais, elle se d&#233;barrasse de leur sac, de crainte que celui-ci ne rec&#232;le des armes bact&#233;riologiques alors qu'il contenait un b&#233;b&#233; qui sera miraculeusement sauv&#233; du froid. La m&#233;connaissance de l'autre, de sa culture d'origine et de sa richesse humaine, l'indiff&#233;rence &#224; sa souffrance, le racisme ordinaire sont &#233;vidents chez ces deux femmes qui campent sur leurs positions et scellent un pacte de non-agression, unies fortuitement et provisoirement, par des int&#233;r&#234;ts mutuels. Lila a besoin de la voiture de Ray et d'une conductrice blanche pour &#233;viter les contr&#244;les de police. Ray, qui entasse les sels de bain dans son mobilhome, a besoin de gagner rapidement une somme de monnaie suffisante pour s'offrir la maison de ses r&#234;ves, une demeure avec baignoire.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;no man's land&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Film&#233; en partie dans la r&#233;serve mohawk, ici, pas de grands discours sur l'enrichissement potentiel entre les deux communaut&#233;s. Le fils de Ray, lorsqu'il apprend que la voiture de sa m&#232;re est aux mains d'une jeune femme de la r&#233;serve, propose d'organiser une vendetta pour &#171; casser du Mohawk &#187;. Pour payer le circuit &#233;lectrique de son petit fr&#232;re, il escroque par t&#233;l&#233;phone des veuves indiennes cr&#233;dules. Les femmes du casino indien refusent de laisser entrer gratuitement Ray qui, fauch&#233;e, recherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment son mari dans les salles de jeu de la r&#233;serve. Dans ce no man's land enneig&#233;, chacun compte sur lui-m&#234;me car chacun sait que personne ne viendra l'aider. Ce qui sauve chacun des protagonistes, c'est le sens de sa propre paternit&#233; ou maternit&#233;. C'est la volont&#233; du grand-fr&#232;re de r&#233;parer le man&#232;ge...&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;adultes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au centre du r&#233;cit, l'enfant ballot&#233; d'adulte en adulte &#224; qui l'on cache la v&#233;rit&#233;, le d&#233;part du p&#232;re ou l'identit&#233; de la m&#232;re. L'enfant, sacrifi&#233; au r&#234;ve de r&#233;ussite am&#233;ricain, l'enfant transport&#233; dans un sac de sport qui manque de mourir gel&#233;...Le Conseil tribal vote pour l'expulsion de la r&#233;serve de Lila, qui hors de la juridiction tribale, est &#224; la merci des forces de l'ordre am&#233;ricaines. Ce d&#233;saveu filial est paradoxalement ce qui permet &#224; la r&#233;demption de survenir : Lila trouvera la force de se battre pour son fils et le fils de Ray saura &#234;tre un rempart contre la destruction qui menace son petit fr&#232;re...
En ce sens, &lt;i&gt;Frozen River&lt;/i&gt; est un r&#233;cit &#233;minemment subversif : o&#249; l'on constate qu'&#224; travers les erreurs de leurs r&#233;f&#233;rents adultes, lib&#233;r&#233;s de la pr&#233;sence de ces parents impuissants et prisonniers de r&#234;ves irr&#233;alisables, des adolescents r&#233;apprennent &#224; vivre pour devenir enfin adultes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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