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	<title>Le Cargo !</title>
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	<description>A bord du Cargo !, un seul et m&#234;me mot d'ordre : vous faire d&#233;couvrir la musique qui nous a touch&#233;s, partager les artistes qui nous font vibrer, au travers de sessions acoustiques live exclusives, de photographies de concert, d'interviews et de chroniques de disque. Quelque soit le style, rock ind&#233;, folk, &#233;lectro, jazz, exp&#233;rimental, psych&#233;d&#233;lique, chanson, quelque soit le continent et la langue nous d&#233;fendons l'audace, la sinc&#233;rit&#233; et le talent.</description>
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		<title>Le Cargo !</title>
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		<title>Nadine Shah</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Excellente id&#233;e que d'avoir choisi, pour sortir ce premier live de Nadine Shah, la tourn&#233;e qui a suivi la sortie de Filthy Underneath. D&#233;j&#224;, parce que l'album en question est sans doute notre pr&#233;f&#233;r&#233; depuis le superbe Love your dum and mad de 2013 et que le format live en restitue toute l'&#226;pret&#233; magnifique et douloureuse. Un album nourri par une suite de drames personnels v&#233;cus par la chanteuse : la perte de sa m&#232;re dont elle &#233;tait tr&#232;s proche, un divorce, une tentative de suicide, une cure de (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Excellente id&#233;e que d'avoir choisi, pour sortir ce premier live de &lt;strong&gt;Nadine Shah&lt;/strong&gt;, la tourn&#233;e qui a suivi la sortie de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;. D&#233;j&#224;, parce que l'album en question est sans doute notre pr&#233;f&#233;r&#233; depuis le superbe &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/nadine-shah/love-your-dum-and-mad/article8344.html&quot; class='spip_out'&gt;&lt;i&gt;Love your dum and mad&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de 2013 et que le format live en restitue toute l'&#226;pret&#233; magnifique et douloureuse. Un album nourri par une suite de drames personnels v&#233;cus par la chanteuse : la perte de sa m&#232;re dont elle &#233;tait tr&#232;s proche, un divorce, une tentative de suicide, une cure de d&#233;sintoxication. Sujets qu'elle y abordait avec une franchise totale sans jamais sombrer dans le pathos ni le d&#233;ballage malaisant, toujours sur le fil, gr&#226;ce &#224; des paroles aff&#251;t&#233;es comme des lames et une science marqu&#233;e de l'&#233;nergie et de la tension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il suffit pour s'en convaincre d'&#233;couter &#171; Keeping Score &#187; qui ouvre ce &lt;i&gt;Live in London&lt;/i&gt;. Les sonorit&#233;s sont lourdes, la voix tout en douleur contenue, lancinante, qui affleure &#224; la surface des mots, sugg&#233;rant des gouffres intimes, puis se transmet &#224; nous, transfigur&#233;e par la musique. On se rappelle alors comme ce morceau nous avait saisis aux tripes l'an dernier sur la sc&#232;ne des &#201;toiles, d&#233;voilant une profondeur nouvelle mais qui, depuis, teinte chaque nouvelle &#233;coute de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;, ind&#233;l&#233;bile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car l'autre raison pour laquelle nous nous r&#233;jouissons de la sortie de cet album live, c'est qu'il r&#233;veille le souvenir de nos retrouvailles sc&#233;niques tant attendues avec la jeune chanteuse anglaise, que nous suivons assid&#251;ment depuis ses d&#233;buts, mais dont nous avions guett&#233; en vain les concerts pendant quelques ann&#233;es. Deux dates &#224; la Fl&#232;che d'Or pour les premiers albums, &#224; peine un showcase pour &lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/nadine-shah/holiday-destination/article9379.html&quot; class='spip_out'&gt;&lt;i&gt;Holiday Destination&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, rien pour l'album suivant. On gardait le souvenir d'une artiste g&#233;n&#233;reuse sur sc&#232;ne, solaire dans ses interactions avec le public mais capable de cracher un fiel bien senti le temps d'un couplet joliment vachard, et qui ne canalisait pas encore parfaitement son envie d'aller vers le bruit et le d&#233;cha&#238;nement des guitares.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On s'&#233;tonnait l'an dernier d'apprendre qu'elle ouvrait plusieurs dates pour &lt;strong&gt;Depeche Mode&lt;/strong&gt;, car sa musique ne paraissait pas se pr&#234;ter facilement &#224; &#234;tre jou&#233;e dans les stades. Et puis en novembre, aux &#201;toiles, on s'est pris un mur de d&#233;cibels et pleine poire et on a compris. Les progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es sont saisissants. Autrefois d&#233;butante prometteuse, aujourd'hui b&#234;te de sc&#232;ne chevronn&#233;e, la chanteuse a trouv&#233; sa formule, son assurance, sa gestuelle sans perdre de sa sinc&#233;rit&#233;. Le concert &#233;tait riche de moments d'euphorie pure qu'on retrouve &#224; l'identique sur cet album enregistr&#233; lors d'une date londonienne. Comme le tube le plus accrocheur de &lt;i&gt;Filthy Underneath&lt;/i&gt;, &#171; Topless Mother &#187;, et son improbable refrain (&#171; &lt;i&gt;Sinatra, Viagra, iguana/Sharia, Diana, samossa&lt;/i&gt; &#187;) qu'on se rappelle avoir chant&#233; avec elle &#224; pleins poumons. Ou l'excellent &#171; Club Cougar &#187; tout en tension contenue qui se rel&#226;che par fulgurances quand Nadine Shah se laisse aller &#224; des cris de hy&#232;ne, joyeux et sauvages, sur fond de cuivres chaleureux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le ton se fait plus intimiste sur le m&#233;lancolique &#171; See my girl &#187;, hommage &#224; sa m&#232;re d&#233;c&#233;d&#233;e, qu'elle d&#233;die &#224; d'autres disparus proches de l'&#233;quipe de tourn&#233;e. Sur une magnifique version de &#171; Stealing cars &#187;, elle choisit la sobri&#233;t&#233;, et les arrangements minimalistes s'effacent derri&#232;re cette voix incroyable qui occupe tout l'espace et &#233;tire le temps. La premi&#232;re partie du concert se conclut judicieusement sur un &#171; French exit &#187; aux nappes de clavier planantes, &#233;vocation pudique d'une tentative de suicide &#8211; mais quand le groupe revient pour un rappel g&#233;n&#233;reux (pas moins de six morceaux), c'est la vie qui reprend le dessus, comme une c&#233;l&#233;bration de r&#233;silience. Et les morceaux de bravoure de s'encha&#238;ner, laissant le public haletant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les images et sensations de ce concert aux &#201;toiles nous reviennent au fil de l'&#233;coute. C'est intense, joyeux, douloureux, lancinant, une preuve de plus du talent &#233;clatant d'une chanteuse qui ne cesse de nous surprendre et de se renouveler depuis ses d&#233;buts fracassants. On aime Nadine Shah, plus que jamais. L'&#233;nergie qu'elle transmet sur sc&#232;ne, la franchise avec laquelle elle nous laisse entrevoir ses failles pour mieux nous inviter &#224; panser nos plaies ensemble. &#192; crier ensemble la joie de se d&#233;couvrir encore en vie au sortir des pires temp&#234;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/7RgQFHQGbpM?si=7TvMPrWxeNue9REC&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&quot; referrerpolicy=&quot;strict-origin-when-cross-origin&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sandman</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;On ose &#224; peine y croire, mais c'est d&#233;sormais chose faite : non seulement Sandman, la s&#233;rie de comics culte de l'&#233;crivain britannique Neil Gaiman, longtemps r&#233;put&#233;e inadaptable, a enfin &#233;t&#233; port&#233;e &#224; l'&#233;cran apr&#232;s plusieurs tentatives avort&#233;es, mais le r&#233;sultat est tout simplement magistral. Et &#224; la hauteur de cette &#339;uvre qui a profond&#233;ment marqu&#233; nombre de lecteurs et lectrices, dont votre matelote encore chamboul&#233;e par le visionnage de ces dix &#233;pisodes. Fratrie divine Publi&#233;e entre 1989 et 1996, Sandman est (...)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L102xH150/arton11877-b44c8.jpg&quot; width='102' height='150' style='height:150px;width:102px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ose &#224; peine y croire, mais c'est d&#233;sormais chose faite : non seulement &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt;, la s&#233;rie de comics culte de l'&#233;crivain britannique &lt;strong&gt;Neil Gaiman&lt;/strong&gt;, longtemps r&#233;put&#233;e inadaptable, a enfin &#233;t&#233; port&#233;e &#224; l'&#233;cran apr&#232;s plusieurs tentatives avort&#233;es, mais le r&#233;sultat est tout simplement magistral. Et &#224; la hauteur de cette &#339;uvre qui a profond&#233;ment marqu&#233; nombre de lecteurs et lectrices, dont votre matelote encore chamboul&#233;e par le visionnage de ces dix &#233;pisodes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Fratrie divine&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233;e entre 1989 et 1996, &lt;i&gt;Sandman &lt;/i&gt; est au d&#233;part est une &#339;uvre de commande de &lt;strong&gt;Vertigo/DC Comics&lt;/strong&gt; dans laquelle Neil Gaiman s'affranchit peu &#224; peu des consignes pour cr&#233;er un univers de plus en plus personnel et profond, peupl&#233; d'une galerie de personnages inoubliables. Les r&#233;cits mettent en sc&#232;ne une fratrie de sept entit&#233;s plus ou moins divines, &#171; the Endless &#187; (les Infinis dans la r&#233;cente traduction fran&#231;aise de &lt;strong&gt;Patrick Marcel&lt;/strong&gt;), incarnant chacun&#183;e un concept (Dream, Death, Destiny, Desire ou encore Despair). Les comics comme la s&#233;rie d&#233;butent lorsque &lt;strong&gt;Morph&#233;e&lt;/strong&gt;, alias &lt;strong&gt;Dream&lt;/strong&gt;, seigneur des R&#234;ves, est emprisonn&#233; par un groupe d'occultistes. &#201;chappant &#224; sa captivit&#233; au bout d'un si&#232;cle, il regagne son domaine et s'affaire &#224; r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts que son absence a caus&#233;s, dans le monde des r&#234;ves comme dans le monde &#233;veill&#233;. Ce qui commence par la qu&#234;te de trois objets que lui ont d&#233;rob&#233; les humains : une bourse de sable, un casque et un rubis qui concentrent une grande partie de ses pouvoirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67443 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH283/-18865-d0e04.jpg' width='500' height='283' alt=&quot;&quot; style='height:283px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ensuivra un r&#233;cit fleuve dont Netflix adapte dans cette saison les deux premiers albums, &lt;i&gt;Pr&#233;ludes et nocturnes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Maison de poup&#233;es&lt;/i&gt;. On craignait tant de ne pas retrouver &#224; l'&#233;cran la magie de l'original que la d&#233;couverte de ces dix &#233;pisodes nous laisse sonn&#233;s. Voil&#224; une &#339;uvre dont on ne pourra pas dire &#171; Oui, mais l'original, c'&#233;tait autre chose &#187; : ce qu'on d&#233;couvre l&#224;, c'est le &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; de Neil Gaiman, c'est le n&#244;tre, vraiment, adapt&#233; avec assez d'habilet&#233; pour ravir les fans comme pour accueillir les novices en douceur. Par certains aspects, les premiers &#233;pisodes sont peut-&#234;tre m&#234;me une version am&#233;lior&#233;e : l&#224; o&#249; Gaiman t&#226;tonnait au d&#233;part, les sc&#233;naristes savent o&#249; ils vont, gr&#226;ce au recul du temps et &#224; la connaissance de l'&#339;uvre finie, et resserrent le r&#233;cit autour de ses enjeux majeurs en &#233;liminant notamment des r&#233;f&#233;rences aux super-h&#233;ros de DC Comics qui n'auraient fait que parasiter le r&#233;cit. Les changements apport&#233;s sont toujours judicieux et ajoutent m&#234;me parfois un suppl&#233;ment d'&#233;motion, comme l'intrigue poignante autour de &lt;strong&gt;Lyta Hall&lt;/strong&gt; qui ne parvient pas &#224; tourner la page apr&#232;s la mort de son &#233;poux Hector.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;L'infinie bienveillance de la Mort&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le plus &#233;tonnant, peut-&#234;tre, c'est l'incroyable fid&#233;lit&#233; au mat&#233;riau source. Le d&#233;coupage en &#233;pisodes, la progression de l'intrigue, et m&#234;me des pans entiers de dialogues sont quasiment repris &#224; l'identique, avec des ajustements toujours tr&#232;s habiles. Ce n'est jamais en revanche un copier-coller paresseux des cases : visuellement, le r&#233;sultat est diff&#233;rent, abordant les sc&#232;nes sous de nouveaux angles, parfois dans de nouveaux d&#233;cors, et c'est un vrai r&#233;gal pour l'&#339;il. On ne s'&#233;tonnera pas d'apprendre que Neil Gaiman, fort de l'exp&#233;rience d'adaptations pr&#233;c&#233;dentes de ses &#339;uvres (r&#233;cemment &lt;i&gt;American Gods&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Good Omens&lt;/i&gt;), est ici producteur ex&#233;cutif et s'est beaucoup impliqu&#233; dans cette transposition &#224; l'&#233;cran de ce qui est sans doute son chef-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67442 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH319/-18867-54bb0.jpg' width='500' height='319' alt=&quot;&quot; style='height:319px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut qu'admirer le parti pris de respecter la structure particuli&#232;re de l'original, qui fait alterner r&#233;cits longs et courtes vignettes, brasse les &#233;poques, les ambiances, nous fait passer d'une histoire de tueurs en s&#233;rie contemporaine &#224; des sc&#232;nes oniriques ou historiques o&#249; l'on croise aussi bien &lt;strong&gt;Lucifer&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;les Parques&lt;/strong&gt; que &lt;strong&gt;Shakespeare&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Ca&#239;n&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Abel&lt;/strong&gt; r&#233;p&#233;tant chaque jour le meurtre originel (mais pas avant midi, Ca&#239;n n'&#233;tant pas du matin) ou un b&#233;b&#233; gargouille terriblement kawa&#239;. Car au-del&#224; des relations entre Morph&#233;e et sa fratrie, c'est de leur rapport &#224; l'humanit&#233; qu'il est question ici. L'une des plus belles id&#233;es de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; est d'avoir repr&#233;sent&#233; la mort sous la forme d'une jeune fille espi&#232;gle et chaleureuse qui aime profond&#233;ment les humains et cherche &#224; adoucir le moment de leur passage dans l'au-del&#224;. C'est avec une grande &#233;motion qu'on d&#233;couvre &#224; l'&#233;cran l'adaptation de la tr&#232;s belle histoire &#171; Le bruit de ses ailes &#187; o&#249; &lt;strong&gt;Death&lt;/strong&gt; tente d'&#233;veiller son fr&#232;re Dream &#224; la compassion. &lt;strong&gt;Kirby Howell-Baptiste&lt;/strong&gt; est une magnifique Death &#224; l'&#233;cran, dont elle porte avec gr&#226;ce l'infinie bienveillance.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Conte philosophique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Car le c&#339;ur de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt;, peut-&#234;tre encore plus que l'univers ou les intrigues, ce sont les personnages. C'&#233;tait l'une des plus grandes appr&#233;hensions des fans en attendant la s&#233;rie, et c'est aujourd'hui l'une de ses plus grandes r&#233;ussites. Le casting fr&#244;le la perfection. &lt;strong&gt;Tom Sturridge&lt;/strong&gt; est un impressionnant Morph&#233;e, d&#233;gageant le juste degr&#233; d'&#233;tranget&#233; qui sugg&#232;re sa nature divine, et le fait exister par de subtils d&#233;tails : sa posture souvent immobile, sa voix l&#233;g&#232;rement irr&#233;elle. Il a la stature de Morph&#233;e, sa duret&#233; comme son humanit&#233; naissante. La &lt;strong&gt;Lucienne&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Vivienne Acheampong&lt;/strong&gt; est une belle version du Lucien des comics, biblioth&#233;caire du domaine des r&#234;ves (avec sa fameuse collection de &#171; livres encore jamais &#233;crits &#187;). Ses interactions avec son assistant &#224; t&#234;te de citrouille, &lt;strong&gt;Mervyn Pumpkinhead&lt;/strong&gt;, et &lt;strong&gt;Matthew&lt;/strong&gt; le corbeau parlant sont vraiment savoureuses. &lt;strong&gt;Mason Alexander Park&lt;/strong&gt;, iel-m&#234;me non-binaire, donne une pr&#233;sence magnifiquement v&#233;n&#233;neuse, flamboyante et sournoise &#224; &lt;strong&gt;Desire&lt;/strong&gt;. Parmi les personnages plus secondaires, mention sp&#233;ciale &#224; &lt;strong&gt;David Thewlis&lt;/strong&gt; qui campe, le trois de temps &#233;pisodes, un &lt;strong&gt;John Dee&lt;/strong&gt; fragile et terrifiant, terrifiant parce que fragile, un homme profond&#233;ment instable qui manipule un pouvoir dangereux et peut basculer &#224; tout moment. Et on se doit de saluer la performance de &lt;strong&gt;Patton Oswalt&lt;/strong&gt; qui pr&#234;te sa gouaille au g&#233;nial corbeau Matthew, qui semble tout droit sorti des pages des comics tant il para&#238;t vivant. On pourrait les citer toutes et tous &#8211; &lt;strong&gt;Kyo Ra&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Stephen Fry&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Jenna Coleman&lt;/strong&gt; ou &lt;strong&gt;Boyd Holbrook&lt;/strong&gt;, le gla&#231;ant &lt;strong&gt;Corinthien&lt;/strong&gt; &#8211; tant il n'y a pas de performance inf&#233;rieure aux autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_67446 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH251/-18869-a8fde.jpg' width='500' height='251' alt=&quot;&quot; style='height:251px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un bien beau voyage qui nous est offert l&#224;, un p&#233;riple onirique o&#249; l'on ne sait jamais ce que nous r&#233;servera l'&#233;pisode suivant ; on a retrouv&#233; en cours de visionnage l'immense plaisir &#233;prouv&#233; en d&#233;couvrant des s&#233;ries comme &lt;i&gt;Buffy contre les vampires&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Dr Who&lt;/i&gt;, cette impression de voir se construire sous nos yeux un univers riche de possibles et qui ne cesse de repousser ses limites, un univers o&#249; l'&#233;motion na&#238;t autant de la mati&#232;re fantastique que des interactions entre les personnages, de leur &#233;volution et de ce qu'ils refl&#232;tent en creux de nos propres exp&#233;riences. Certains passages de &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; fr&#244;lent parfois le conte philosophique, en ce qu'ils disent de notre rapport &#224; la mort, de notre app&#233;tit de vivre, de nos r&#234;ves qui peuvent &#234;tre un puissant moteur, un refuge face &#224; l'horreur du monde comme un masque pour nous cacher notre propre noirceur. Les immortels eux-m&#234;mes ne sont pas &#224; l'abri de ces contradictions intimes, &#224; l'image de Morph&#233;e dont la carapace de duret&#233;, n&#233;e d'avoir contenu l'int&#233;gralit&#233; de l'inconscient humain, se fissure l&#233;g&#232;rement lorsqu'il s'autorise &#224; changer.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Br&#251;ler des cierges&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne sait &#224; quelle entit&#233; divine br&#251;ler des cierges pour obtenir que la s&#233;rie se poursuive. On sait simplement que la saison 2 est d&#233;j&#224; &#233;crite et adapterait probablement l'excellent album &lt;i&gt;La Saison des brumes&lt;/i&gt;, o&#249; l'on fait davantage connaissance avec les membres de cette fratrie divine. Il faut absolument que &lt;i&gt;Sandman&lt;/i&gt; se poursuive. Parce que le meilleur est encore &#224; venir, parce que la saga est longue et riche, et parce qu'on n'en revient toujours pas de l'intelligence, de la sensibilit&#233;, de l'intensit&#233; de ces dix &#233;pisodes qui resteront sans doute comme un mod&#232;le d'adaptation. C'est un petit miracle, tout simplement. On n'ose se pincer de peur que ce visionnage n'ait &#233;t&#233; qu'un r&#234;ve. Mais un de ces r&#234;ves dont la chaleur s'attarde ensuite et rend le monde un peu plus beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/83ClbRPRDXU&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>PJ Harvey</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sur le papier, le projet &#233;tait plus qu'intrigant : une s&#233;quence de po&#232;mes formant un seul r&#233;cit, r&#233;dig&#233; en dialecte du Dorset accompagn&#233; d'une traduction anglaise, fruit de huit ann&#233;es de travail. M&#234;me de la part de PJ Harvey, dont la capacit&#233; &#224; ne jamais se r&#233;p&#233;ter est quasi l&#233;gendaire, nous ne l'avions pas anticip&#233;. Et ce, malgr&#233; son int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour l'&#233;criture po&#233;tique, qui a d&#233;j&#224; donn&#233; naissance au recueil The Hollow of the Hand. Lequel restait encore assez proche formellement de ses paroles de chansons ; (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur le papier, le projet &#233;tait plus qu'intrigant : une s&#233;quence de po&#232;mes formant un seul r&#233;cit, r&#233;dig&#233; en dialecte du Dorset accompagn&#233; d'une traduction anglaise, fruit de huit ann&#233;es de travail. M&#234;me de la part de &lt;strong&gt;PJ Harvey&lt;/strong&gt;, dont la capacit&#233; &#224; ne jamais se r&#233;p&#233;ter est quasi l&#233;gendaire, nous ne l'avions pas anticip&#233;. Et ce, malgr&#233; son int&#233;r&#234;t marqu&#233; pour l'&#233;criture po&#233;tique, qui a d&#233;j&#224; donn&#233; naissance au recueil &lt;i&gt;The Hollow of the Hand&lt;/i&gt;. Lequel restait encore assez proche formellement de ses paroles de chansons ; plusieurs des textes en sont d'ailleurs devenus, sur l'album &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/pj-harvey/the-hope-six-demolition-project/article9090.html&quot; class='spip_out'&gt;The Hope Six Demolition Project&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt;, que nous d&#233;couvrons aujourd'hui avec une curiosit&#233; qui se mue tr&#232;s vite en enthousiasme, ne ressemble en rien &#224; ce premier recueil.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Le corps de l'agneau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'objet lui-m&#234;me est beau et soign&#233;, un ouvrage cartonn&#233; qu'on a plaisir &#224; regarder, &#224; tenir en main, &#224; soupeser. L'&#233;l&#233;gante police du titre est entour&#233;e de dessins de l'artiste offrant d&#233;j&#224; un premier aper&#231;u de l'univers de cet ouvrage : insectes, branches, oiseaux, et une forme qu'on identifiera en cours de lecture comme le corps d'un agneau. &#192; l'int&#233;rieur, les pages sont a&#233;r&#233;es pour mieux nous laisser respirer, r&#234;vasser. Ce n'est pas l&#224; un livre con&#231;u &#224; la va-vite mais un objet de collection qui appelle &#224; prendre son temps pour s'immerger dans ses pages. Qui appelle aussi &#224; le garder pour mieux y revenir ensuite. On aime ce livre avant m&#234;me de l'avoir ouvert.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; est malgr&#233; tout, pour les lecteurs non anglophones de naissance, m&#234;me bien familiaris&#233;s avec la langue, une exp&#233;rience de lecture assez ardue ; nous ne pr&#233;tendrons pas y avoir tout compris. Pour autant, il se veut accueillant et nous fournit des cl&#233;s pour l'aborder plus sereinement. Outre la traduction anglaise d&#233;j&#224; mentionn&#233;e, le recueil est agr&#233;ment&#233; d'un lexique reprenant les termes de patois en fin d'ouvrage, de r&#233;sum&#233;s en prose des diverses &#233;tapes de l'intrigue, et de notes de bas de page explicitant des &#233;l&#233;ments de folklore ou des r&#233;f&#233;rences &#224; des chansons populaires comme &#224; des vers de &lt;strong&gt;Shakespeare&lt;/strong&gt; ou de &lt;strong&gt;Keats&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le charme de l'ouvrage tient beaucoup &#224; cet &#233;quilibre entre herm&#233;tisme et clart&#233;. Il s'agit, apr&#232;s tout, d'un livre de po&#233;sie, qu'on ne lit pas comme un roman malgr&#233; le fil narratif qui le structure. On le lit pour la langue, qui est belle, dense et riche, lyrique parfois, crue &#224; d'autres endroits, pour les vers qu'on relit parfois tout haut pour les sentir couler, pour le myst&#232;re que cache l'envers des mots , et qu'il nous semble parfois &#224; deux doigts de pouvoir toucher. &#192; la prochaine lecture, sans doute, ou bien &#224; la suivante, car il y en aura forc&#233;ment. On ne fait pas le tour de cet &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; en une seule fois.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;La mort de l'enfance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit se concentre sur une ann&#233;e de la vie d'une fillette de neuf ans, Ira-Abel Rawles, qui grandit dans le village imaginaire d'Underwhelem, dans le Dorset. Le livre &#233;pouse le rythme des saisons et se divise en douze parties, une pour chaque mois. Une ann&#233;e cruciale dans la vie d'Ira car c'est celle o&#249; se produit ce qu'elle appellera &#171; la mort de son enfance &#187;, au fil d'une suite de drames et d'incidents, de la trahison d'un fr&#232;re ador&#233; qui lui pr&#233;f&#232;re soudain son ami imaginaire, &#224; une premi&#232;re rencontre brutale avec le sexe. L'ann&#233;e aussi o&#249; Ira d&#233;couvre dans le bois de Gore Woods, son refuge, le corps d'un soldat qu'elle nomme Wyman-Elvis et qui devient pour elle une figure religieuse. Beaucoup de choses, dans &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt;, tournent autour de l'univers qu'Ira se construit dans les bois, o&#249; l'&#339;il d'un agneau mort accroch&#233; dans un arbre devient la figure divine d'Orlam qui veille sur elle, o&#249; les coutumes, superstitions, &#233;l&#233;ments de folklore local impr&#232;gnent toutes choses, o&#249; la mort, le sexe et la violence sont partout, chez les animaux de la ferme, ceux qui peuplent les bois, chez les humains, o&#249; les pires menaces peuvent se cacher dans les maisons voisines. Ce m&#233;lange singulier de candeur et de violence rappelle par moments le premier roman de &lt;strong&gt;Nick Cave&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Et l'&#226;ne vit l'ange&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/WuJE40OBt48&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ira s'interroge aussi beaucoup sur elle-m&#234;me, qui ne se sent &#171; ni fille ni gar&#231;on &#187; (et poss&#232;de d'ailleurs deux pr&#233;noms habituellement masculins) ; voyant castrer les agneaux de la ferme, elle songe qu'ils sont comme elle, d&#233;sormais asexu&#233;s. Un th&#232;me qui parcourt tout le r&#233;cit et qu'on peut rapprocher du trouble impr&#233;gnant les premiers albums de la toute jeune chanteuse &#224; l'allure alors androgyne, qui explorait de mani&#232;re franche et crue son rapport au sexe, au corps, &#224; la f&#233;minit&#233;, dans des chansons intenses qui ont pu &#234;tre interpr&#233;t&#233;es &#224; tort comme relevant d'une revendication f&#233;ministe. Le d&#233;cor, lui aussi, est familier pour qui conna&#238;t l'univers de PJ Harvey et ce qu'elle a d&#233;voil&#233; en interview de son enfance dans la campagne du Dorset (on pense aussi &#224; certaines chansons de l'album &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/pj-harvey/white-chalk/article3960.html&quot; class='spip_out'&gt;White Chalk&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;). Bien que le r&#233;cit lui-m&#234;me soit fictif, le cadre se nourrit sans doute beaucoup de souvenirs personnels.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Naissance d'une po&#233;tesse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On s'habitue &#233;tonnamment vite &#224; cette lecture tiraill&#233;e entre les deux versions, anglais contre patois ; on m&#233;morise rapidement certains termes, &#171; &lt;i&gt;gurrel&lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;girl &lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;soonere &lt;/i&gt; &#187; pour &#171; &lt;i&gt;ghost &lt;/i&gt; &#187;, on note avec amusement que &#171; &lt;i&gt;bumblebee&lt;/i&gt; &#187; (bourdon) se dit &#171; &lt;i&gt;dumbledore&lt;/i&gt; &#187; dans ce dialecte. Si certains passages nous ont sembl&#233; plus opaques, reflet peut-&#234;tre de la confusion mentale d'Ira &#224; mesure que progresse cette ann&#233;e de perte d'innocence, les grandes lignes restent toujours claires et une partie du plaisir consiste &#224; savoir qu'on y reviendra. Sit&#244;t termin&#233; le livre, on se replonge d'ailleurs dans les premi&#232;res pages de &#171; Janvier &#187;, pour y &#234;tre accueilli par le po&#232;me m&#234;me qui conclut l'ouvrage, comme en &#233;cho au cycle sans cesse r&#233;p&#233;t&#233; des saisons. Une nouvelle ann&#233;e commence mais elle ne sera pas la m&#234;me pour Ira &#8211; il en va de m&#234;me pour notre &#339;il qui relit d&#233;sormais les po&#232;mes diff&#233;remment, traque les &#233;chos, les signes annonciateurs, cherche &#224; comprendre un peu plus en profondeur. Avec l'immense plaisir d'une immersion qu'on ne s'autorise pas toujours dans un quotidien surcharg&#233;, et qui fait un bien fou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; n'est pas un ouvrage qui parlera &#224; tout le monde, m&#234;me parmi les fans de PJ Harvey. Mais pour celles et ceux qui adh&#232;reront &#224; l'exp&#233;rience, ce sera un moment fascinant, ne serait-ce que pour la beaut&#233; de la langue po&#233;tique qui s'&#233;loigne beaucoup de son style de paroli&#232;re. Plus encore que &lt;i&gt;The Hollow of the Hand&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Orlam&lt;/i&gt; signe la naissance d'une po&#233;tesse &#224; part enti&#232;re, qui inspire plus que jamais le respect. Et pour celles et ceux qui pr&#233;f&#232;rent s'en tenir &#224; la musique, il &lt;a href=&quot;https://www.theguardian.com/music/2022/apr/24/pj-harvey-poetry-dorset-orlam-interview&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;semblerait&lt;/a&gt; qu'un nouvel album soit annonc&#233; pour l'an prochain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/nBthuOAdjiM&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;NB : Le livre peut &#234;tre command&#233; directement sur le &lt;a href=&quot;https://pjharvey.kontraband.store/products/orlam-hardback-book-poetry&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;site officiel&lt;/a&gt; de l'artiste.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Maud L&#252;beck</title>
		<link>https://www.lecargo.org/spip/maud-lubeck/au-voleur/article11662.html</link>
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		<dc:date>2022-01-10T11:00:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le clip de ce premier extrait de l'album 1988, Chroniques d'un adieu &#224; para&#238;tre le 11 f&#233;vrier donne le ton : il s'ouvre sur un plan de Maud L&#252;beck feuilletant le journal intime de ses 15 ans qui fait rejaillir les souvenirs d'une &#233;poque enfuie. Et la chanson d'&#233;grener des objets et des images, de photos jaunies en &#233;vocation de baladeur et blazer qui r&#233;sonneront chez celles et ceux qui ont &#233;t&#233; adolescents &#224; la m&#234;me &#233;poque. On retrouve ici la griffe si reconnaissable de Maud L&#252;beck, dans l'apparente (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/clips/rubrique170.html" rel="directory"&gt;clips&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH85/arton11662-2508d.jpg&quot; width='150' height='85' style='height:85px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le clip de ce premier extrait de l'album &lt;i&gt;1988, Chroniques d'un adieu&lt;/i&gt; &#224; para&#238;tre le 11 f&#233;vrier donne le ton : il s'ouvre sur un plan de &lt;strong&gt;Maud L&#252;beck&lt;/strong&gt; feuilletant le journal intime de ses 15 ans qui fait rejaillir les souvenirs d'une &#233;poque enfuie. Et la chanson d'&#233;grener des objets et des images, de photos jaunies en &#233;vocation de baladeur et blazer qui r&#233;sonneront chez celles et ceux qui ont &#233;t&#233; adolescents &#224; la m&#234;me &#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On retrouve ici la griffe si reconnaissable de Maud L&#252;beck, dans l'apparente simplicit&#233; qui cache des &#233;chos &#224; tous les coins de phrase, dans le traitement feutr&#233; de l'&#233;motion, dans ce m&#233;lange aussi de douceur, de m&#233;lancolie et d'entrain : si le fond est nostalgique et s'interroge sur ce que le passage du temps nous d&#233;robe, la m&#233;lodie est accrocheuse, les arrangements &#233;nergiques et nerveux, la chanson apaisante et m&#234;me revigorante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le joli clip r&#233;alis&#233; par &lt;strong&gt;Marl&#232;ne G&#233;nissel&lt;/strong&gt; capture parfaitement &#224; la fois le ton de la chanson et la fantaisie discr&#232;te de l'univers de Maud L&#252;beck, laquelle se prom&#232;ne ici litt&#233;ralement au milieu de ses souvenirs, retrouvant les d&#233;cors, les v&#234;tements, les objets du quotidien de l'adolescente qu'elle &#233;tait en cette ann&#233;e 1988. Des s&#233;quences pleines de r&#233;sonances, illustration sensible de ce morceau qui compte parmi les plus accrocheurs du r&#233;pertoire de l'artiste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/DdaBy6Tb-18&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carte blanche au label Fraca !!!</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>


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&lt;p&gt;En arrivant au Sax &#224; Ach&#232;res ce soir-l&#224;, on pressent qu'on s'appr&#234;te &#224; vivre un moment particulier. La salle a eu l'excellente id&#233;e de confier une carte blanche aux trois fondatrices du label Fraca !!! (Katel, Robi, Emilie Marsh) qui ont convi&#233; sept autres artistes qu'elles admirent et appr&#233;cient &#224; les rejoindre sur sc&#232;ne pour un concert unique : Maissiat, Maud L&#252;beck, Lonny, Julie Gasnier, Gis&#232;le Pape et Pur-Sang (Claire Joseph et Skye). Elles sont donc dix ce soir &#224; revisiter ensemble le r&#233;pertoire des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/maud-lubeck/mot547.html" rel="tag"&gt;maud l&#252;beck&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/maissiat/mot550.html" rel="tag"&gt;Maissiat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/emilie-marsh/mot554.html" rel="tag"&gt;Emilie Marsh&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/julie-gasnier/mot556.html" rel="tag"&gt;Julie Gasnier&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH113/arton11557-222de.jpg&quot; width='150' height='113' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant au &lt;strong&gt;Sax &lt;/strong&gt; &#224; Ach&#232;res ce soir-l&#224;, on pressent qu'on s'appr&#234;te &#224; vivre un moment particulier. La salle a eu l'excellente id&#233;e de confier une carte blanche aux trois fondatrices du label &lt;strong&gt;Fraca !!!&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Katel&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Robi&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Emilie Marsh&lt;/strong&gt;) qui ont convi&#233; sept autres artistes qu'elles admirent et appr&#233;cient &#224; les rejoindre sur sc&#232;ne pour un concert unique : &lt;strong&gt;Maissiat&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Maud L&#252;beck&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Lonny&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Julie Gasnier&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Gis&#232;le Pape&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Pur-Sang&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;Claire Joseph&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Skye&lt;/strong&gt;). Elles sont donc dix ce soir &#224; revisiter ensemble le r&#233;pertoire des unes et des autres, l'id&#233;e n'&#233;tant pas de voir les artistes se succ&#233;der simplement pour jouer chacune ses morceaux, mais de partager l'espace tout du long, sans jamais quitter la sc&#232;ne, et de s'accompagner les unes les autres. Non pas juste une invitation &#224; se produire, mais &#224; vivre un vrai moment de partage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_61910 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH333/-13834-41537.jpg' width='500' height='333' alt=&quot;&quot; style='height:333px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Rencontre d'univers&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si nous avions souvent vu certaines de ces artistes ensemble sur sc&#232;ne (comme Claire Joseph et Skye accompagnant Katel, pour ne citer qu'elles), on &#233;prouve une forme de surprise &#233;blouie en les voyant arriver toutes les dix, et rester pr&#233;sentes tout du long. Le concert commence d'embl&#233;e tr&#232;s fort avec l'envo&#251;tant &lt;a href=&quot;https://youtu.be/zhR9SecMIwc&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Je t'aime d&#233;j&#224; &#187;&lt;/a&gt; de Katel, l'un des morceaux sur lesquels toutes participent. Et imm&#233;diatement, tout est en place, le morceau nous saisit par l'&#233;nergie collective qui s'en d&#233;gage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au-del&#224; du plaisir qu'on &#233;prouve &#224; retrouver les unes et les autres, leur compl&#233;mentarit&#233; nous frappe &#224; de nombreuses reprises : chacune a son univers bien &#224; elle, son ou ses instruments de pr&#233;dilection, chacune occupe un r&#244;le qui lui est propre. &#192; Lonny le violon, &#224; Skye la batterie, &#224; Maud L&#252;beck et Maissiat le piano, auquel viennent bri&#232;vement s'asseoir Claire Joseph puis Emilie Marsh qu'on aura plus souvent vues respectivement avec basse et guitare de l'autre c&#244;t&#233; de la sc&#232;ne, o&#249; se concentre l'&#233;nergie la plus rock de la formation. Les voix se m&#234;lent le temps des ch&#339;urs, certaines se donnent la r&#233;plique &#8211; Maissiat pr&#234;te son timbre &#233;l&#233;gant &#224; l'un des splendides nouveaux morceaux jou&#233;s par Maud L&#252;beck au piano, l&#224; o&#249; Robi et Emilie Marsh forment un duo savoureux sur &#171; H&#233;ros &#187;, extrait du tout nouvel album d'Emilie Marsh sorti la veille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On navigue d'un univers &#224; l'autre avec une stup&#233;fiante impression de coh&#233;rence et de fluidit&#233; : de la chaleur contagieuse du bien nomm&#233; &lt;a href=&quot;https://youtu.be/dAcqWzIoslo&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Soleil &#187;&lt;/a&gt; de Pur-Sang &#224; l'ambiance onirique et po&#233;tique du &lt;a href=&quot;https://youtu.be/vTEToYWbi4M&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Luciole &#187;&lt;/a&gt; de Gis&#232;le Pape, de la gr&#226;ce &#224; la fois d&#233;licate et puissante du &#171; Paradis &#187; de Maissiat &#224; l'euphorisant &lt;a href=&quot;https://youtu.be/7ZnGYoT_-wE&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Nos heures &#187;&lt;/a&gt; de Julie Gasnier (l'un des plus beaux titres qu'elle avait &#233;crits pour son ancien groupe &lt;strong&gt;SuperBravo&lt;/strong&gt;), en passant par l'inusable &lt;a href=&quot;https://youtu.be/Wb8E1FiZiaY&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; On ne meurt plus d'amour &#187;&lt;/a&gt; de Robi avec son refrain ent&#234;tant, ou la gr&#226;ce suspendue d'&lt;a href=&quot;https://youtu.be/lPY5rs4vOps&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Incandescente &#187;&lt;/a&gt; de Lonny. Maud L&#252;beck et Robi nous feront le cadeau de pr&#233;senter ce soir de magnifiques nouveaux morceaux (au piano, pour l'une comme pour l'autre) encore jamais jou&#233;s sur sc&#232;ne. On voudrait citer chaque titre tant chacun de ces moments est beau et diff&#233;rent de ce qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_61909 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH375/-13833-2cf9f.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Moment rare et pr&#233;cieux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la salle r&#232;gne pendant les morceaux un silence frappant, un v&#233;ritable silence d'&#233;coute. &#192; plusieurs reprises, on se surprendra &#224; regarder aussi celles des artistes qui ne sont pas en train de jouer : on saisit des expressions captiv&#233;es, des sourires &#233;mouvants, des &#233;changes de regards, on entrevoit l'une fredonnant les paroles de l'autre. Chacune est pr&#233;sente avec les autres, pleinement et constamment. La somme des talents individuels produit une magie collective presque inesp&#233;r&#233;e. Quand le public enthousiaste r&#233;clame un rappel qui n'&#233;tait pas pr&#233;vu (dix-huit morceaux ont &#233;t&#233; jou&#233;s, pr&#233;par&#233;s nous dira-t-on dans un temps record), toutes les dix reviennent pour conclure sur &#171; Je t'aime d&#233;j&#224; &#187; jou&#233; en ouverture, bouclant ainsi la boucle comme en &#233;cho &#224; la rythmique circulaire et lancinante du morceau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toutes les conversations qui suivront la fin du concert confirmeront nos impressions : sur sc&#232;ne comme dans la salle, toutes et tous ont ressenti comme nous cette impression d'un moment rare et pr&#233;cieux, intense et beau, un moment de partage et d'&#233;change miraculeux. On quitte la salle euphorique et revigor&#233;, et l'on se sent privil&#233;gi&#233; d'avoir &#233;t&#233; t&#233;moin de cette soir&#233;e-l&#224;. On l'emporte avec nous comme un cadeau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_61908 spip_documents spip_documents_center'&gt; &lt;img src='https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L500xH375/-13832-54bd3.jpg' width='500' height='375' alt=&quot;&quot; style='height:375px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Katel</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On serait presque intimid&#233;s au moment de d&#233;couvrir ce Mutants Merveilles. Car s'il y a une qualit&#233; qui frappe r&#233;guli&#232;rement dans le travail de Katel, sur ses propres albums comme ceux qu'elle r&#233;alise pour d'autres, c'est son degr&#233; d'exigence. Mais aussi sa volont&#233; de concevoir chaque album comme un ensemble port&#233; par une ligne directrice forte, plut&#244;t que comme une simple suite de chansons &#233;crites dans un temps donn&#233;. &#192; la sinc&#233;rit&#233; poignante et rageuse de Raides &#224; la ville (2008) avait succ&#233;d&#233; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.lecargo.org/spip/albums/rubrique1.html" rel="directory"&gt;albums&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;https://www.lecargo.org/spip/local/cache-vignettes/L150xH150/arton11395-32178.jpg&quot; width='150' height='150' style='height:150px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On serait presque intimid&#233;s au moment de d&#233;couvrir ce &lt;i&gt;Mutants Merveilles&lt;/i&gt;. Car s'il y a une qualit&#233; qui frappe r&#233;guli&#232;rement dans le travail de &lt;strong&gt;Katel&lt;/strong&gt;, sur ses propres albums comme ceux qu'elle r&#233;alise pour d'autres, c'est son degr&#233; d'exigence. Mais aussi sa volont&#233; de concevoir chaque album comme un ensemble port&#233; par une ligne directrice forte, plut&#244;t que comme une simple suite de chansons &#233;crites dans un temps donn&#233;. &#192; la sinc&#233;rit&#233; poignante et rageuse de &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/katel/raides-a-la-ville/article4411.html&quot; class='spip_out'&gt;Raides &#224; la ville&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2008) avait succ&#233;d&#233; la recherche formelle qui sous-tendait &lt;i&gt;Decorum&lt;/i&gt; (2010), puis la bouleversante travers&#233;e intime d'&lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/katel/elegie/article9046.html&quot; class='spip_out'&gt;&#201;l&#233;gie&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (2016) dont nous ne nous sommes toujours pas compl&#232;tement remis. Au moment de d&#233;couvrir de nouveaux morceaux, on se dit qu'il viendra bien un jour o&#249; un album nous parlera moins, o&#249; il ne sera pas tout &#224; fait &#224; la hauteur, parce que ces choses-l&#224; arrivent m&#234;me aux meilleurs et aux plus audacieux des artistes que nous aimons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ne sera pas pour aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Euphorie politique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On retrouve sur &lt;i&gt;Mutants Merveilles&lt;/i&gt; cette capacit&#233; &#224; travailler le son, &#224; r&#233;fl&#233;chir la forme dans une qu&#234;te de perfection, &#224; ne jamais rien laisser au hasard, sans pour autant &#233;touffer l'&#233;motion. &#192; l'image du paradoxe apparent de son titre, c'est un album simple et complexe &#224; la fois. Il adopte, en poussant l'exercice beaucoup plus loin, une structure binaire similaire &#224; celle de &lt;i&gt;Decorum&lt;/i&gt;. Un versant fluide et lumineux, un autre plus abrasif et exp&#233;rimental. &lt;i&gt;Mutants Merveilles&lt;/i&gt; commence par nous montrer son visage le plus accueillant, le plus caressant : un encha&#238;nement parfait de six titres harmonieux et imm&#233;diats. Les sonorit&#233;s y sont plus douces, les constructions plus simples en apparence (car la structure cyclique du magnifique &#171; Je t'aime d&#233;j&#224; &#187;, pour &#233;vidente qu'elle puisse sembler, n'est pas si classique en r&#233;alit&#233;). On croise ici un trip-hop envo&#251;tant (&#171; Sauf qu'on l'arr&#234;te &#187;), l&#224; des rythmes de maloya (&#171; Je t'aime d&#233;j&#224; &#187;, en collaboration avec &lt;strong&gt;Bonbon Vodou&lt;/strong&gt;), et une merveille de pop sixties au refrain monstrueusement accrocheur, qui est sans doute ce que Katel a &#233;crit de plus proche d'un tube, alliant l'efficacit&#233; la plus imm&#233;diate de la m&#233;lodie &#224; un texte remarquable d'intelligence et de concision, un &#171; hymne queer &#187; dont l'euphorie m&#234;me est un geste politique (&#171; Rosechou &#187;, certainement l'une des choses les plus addictives que vous entendrez cette ann&#233;e).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/zhR9SecMIwc&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y a une lumi&#232;re, aussi, qui traverse cette premi&#232;re face. Dans la m&#233;lodie gracieuse de &#171; Ni mal d'amour &#187;, qui parle de l'exp&#233;rience ambigu&#235;, collective et solitaire &#224; la fois, du premier confinement. Dans l'&#233;merveillement fragile qui habite &#171; Je t'aime d&#233;j&#224; &#187;, o&#249; le souvenir d'une relation finissante vient teinter celle qui na&#238;t tout juste ; dans la sobri&#233;t&#233; de &#171; Par la place &#187;, magnifique duo o&#249; la voix de &lt;strong&gt;Julie Gasnier&lt;/strong&gt; (&lt;strong&gt;LalaFactory&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;SuperBravo&lt;/strong&gt;) r&#233;v&#232;le, par contraste, des nuances inattendues dans celle de Katel, qu'on a rarement entendue ainsi mise &#224; nu. Les deux morceaux, mis bout &#224; bout, forment un diptyque amoureux terriblement &#233;mouvant dans sa gr&#226;ce toute simple.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Face mutante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le point de bascule que repr&#233;sente &#171; Attends ou va-t'en &#187;, &#233;tonnante reprise de &lt;strong&gt;France Gall&lt;/strong&gt; interpr&#233;t&#233;e &#171; &#224; la &lt;strong&gt;Steve Reich&lt;/strong&gt; &#187;, on s'aventure dans des territoires plus &#233;tranges, la face mutante apr&#232;s celle des merveilles. Les structures des morceaux sont plus heurt&#233;es, les sonorit&#233;s plus dures, les ambiances plus flottantes, faites de couches successives teint&#233;es d'une inqui&#233;tude sourde (&#171; En chasse &#187;), d'une violence rentr&#233;e (&#171; G&#233;ographie &#187;), ou construites en un crescendo cr&#233;pusculaire qui vous prend &#224; la gorge (l'impressionnant &#171; Jamais d'&#339;il &#187;). Pour se conclure ensuite sur une note de gr&#226;ce apais&#233;e qui capture celle &#233;prouv&#233;e parfois au c&#339;ur de la nuit lorsqu'elle d&#233;ploie de nouveau possibles et permet d'&#234;tre soi, enfin (&#171; La nuit est mon ar&#232;ne &#187; dont le texte sublime a la force d'un po&#232;me).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/0TKvtREiguc&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Mutants Merveilles &lt;/i&gt; est un album de confinement qui ressemble &#224; tout sauf &#224; l'id&#233;e qu'on pourrait se faire d'un album de confinement : con&#231;u dans la solitude pouss&#233;e &#224; l'extr&#234;me qui fut la n&#244;tre au printemps 2020, perturbante mais saisie ici comme un espace de libert&#233; cr&#233;ative totale, puis port&#233; par une volont&#233; d'autant plus grande de s'ouvrir sur le monde. Dans les textes tout d'abord, qui brassent l'intime et le politique (de la violence polici&#232;re &#224; celles que les &#171; hommes en chasse dans la ville &#187; infligent aux femmes), en passant par l'intime le plus politique (celui des &#171; corps mutants &#187; queer fuyant les r&#232;gles du vieux monde), mais aussi dans le travail sur le son. De cette solitude f&#233;conde mais forc&#233;e est n&#233;e l'envie de s'entourer des autres pour pousser les chansons au plus loin. De rencontres en retrouvailles, &lt;strong&gt;Christophe Rodomisto&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Bastien Lucas&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Jean-Baptiste Julien&lt;/strong&gt; ont apport&#233; chacun leur griffe pour aider Katel &#224; composer la mati&#232;re sonore dans laquelle tailler pour affiner l'album au mieux, faites de cordes, de claviers, de guitares offrant une vaste palette de couleurs et d'&#233;motions.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Violence et antidote&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Riche de son audace et du contraste de ses humeurs, de la gr&#226;ce absolue de &#171; Par la place &#187; aux angles tranchants de &#171; G&#233;ographie &#187;, &lt;i&gt;Mutants Merveilles&lt;/i&gt; est un album tour &#224; tour envo&#251;tant et d&#233;routant, grisant et bousculant, qui vous prend par la main pour mieux vous secouer ensuite, puis vous apaiser &#224; nouveau. Et qui m&#233;riterait d&#233;j&#224; l'&#233;coute rien que pour la joie intense qui &#233;mane de &#171; Rosechou &#187;, lequel, en attendant de retrouver le chemin tant esp&#233;r&#233; des salles de concert, vous offrira d&#233;j&#224; quelques danses endiabl&#233;es dans votre salon. &#192; la fois miroir de la violence du monde et antidote &#224; sa duret&#233;, &lt;i&gt;Mutants Merveilles&lt;/i&gt; ajoute &#224; l'&#233;difice toujours plus impressionnant que Katel construit un album apr&#232;s l'autre, sans le moindre faux pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/hwXcOZMD0zE&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fran&#231;oiz Breut</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;Pour parler de ce septi&#232;me album de Fran&#231;oiz Breut, il est curieusement presque plus facile de d&#233;crire ce qu'il n'est pas que ce qu'il est. Il n'est pas &#233;vident &#224; r&#233;sumer en quelques grandes lignes g&#233;n&#233;rales. Il n'est pas semblable &#224; son pr&#233;d&#233;cesseur Zoo, dont il n'a pas la fantaisie joyeuse et d&#233;brid&#233;e. Il n'a pas le c&#339;ur insouciant, car il n'est pas n&#233; d'une &#233;poque sereine. Il n'est ni triste ni pesant pour autant. Il n'est pas taill&#233; d'un seul bloc uniforme, pas plus qu'il n'annonce de couleurs claires et (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour parler de ce septi&#232;me album de &lt;strong&gt;Fran&#231;oiz Breut&lt;/strong&gt;, il est curieusement presque plus facile de d&#233;crire ce qu'il n'est pas que ce qu'il est. Il n'est pas &#233;vident &#224; r&#233;sumer en quelques grandes lignes g&#233;n&#233;rales. Il n'est pas semblable &#224; son pr&#233;d&#233;cesseur &lt;i&gt;&lt;a href=&quot;https://www.lecargo.org/spip/francoiz-breut/zoo/article9031.html&quot; class='spip_out'&gt;Zoo&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, dont il n'a pas la fantaisie joyeuse et d&#233;brid&#233;e. Il n'a pas le c&#339;ur insouciant, car il n'est pas n&#233; d'une &#233;poque sereine. Il n'est ni triste ni pesant pour autant. Il n'est pas taill&#233; d'un seul bloc uniforme, pas plus qu'il n'annonce de couleurs claires et franches d&#232;s le premier morceau.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Trouble flux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; qui peut, ainsi formul&#233;, ne pas sembler tr&#232;s engageant. Mais paradoxalement, la somme de tous ces n&#233;gatifs dessine, en creux, ce qui fait la force de l'album. Le trouble qui nous prend au moment de l'enfermer bien sagement dans une chronique ne fait que refl&#233;ter celui qui pr&#233;domine &#224; son &#233;coute. Le &#171; Flux flou &#187; du titre est une forme de programme : l'album a les contours mouvants et vous file entre les doigts comme une anguille quand vous cherchez &#224; l'empoigner. Les morceaux n'y sont pas de simples couplets/refrains bien cadr&#233;s, mais semblent se laisser porter, pr&#233;cis&#233;ment, par des flux plus instinctifs, des humeurs plus que des m&#233;lodies. Il para&#238;t travers&#233; par des courants contraires, dont l'un serait cette voix gracieuse et a&#233;rienne que nous connaissons si bien, l'autre une tension rentr&#233;e qui se transmet par les rythmiques, comme deux &#233;motions inconciliables &#224; la cohabitation inqui&#232;te. Contraste que l'on retrouve parfois au c&#339;ur m&#234;me des morceaux, notamment dans cette &#171; Fissure &#187; interpr&#233;t&#233;e comme un duo langoureux avec &lt;strong&gt;Jawhar Basti&lt;/strong&gt; (dont la belle voix grave a de faux airs saisissants de &lt;strong&gt;Bertrand Belin&lt;/strong&gt;), mais dont le texte s'av&#232;re gla&#231;ant d&#232;s qu'on &#233;coute de plus pr&#232;s l'histoire de ce &#171; r&#233;acteur en fusion &#187;, de cette &#171; faille sur le b&#233;ton &#187; colmat&#233;e au sparadrap.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/1qlmP6debIM&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cet album n'est pas insouciant, disions-nous ; mais au fil des &#233;coutes, nous n'en somme plus si s&#251;rs. C'est qu'il y a tout de m&#234;me ici une r&#234;verie sensuelle (&#171; Mes p&#233;ch&#233;s s'accumulent &#187;), l&#224; une chanson enjou&#233;e tout enti&#232;re consacr&#233; &#224; un rire, salvateur et contagieux, un rire &#171; &#233;pid&#233;mique &#187; qui cascade et se propage (&#171; Vicky &#187;). Il y a des envies d'ailleurs, de neige &#224; l'infini (&#171; Comme deux lapons &#187;), des travers&#233;es de villes dont on ne sait plus tr&#232;s bien si elles fascinent ou si elles &#233;touffent (&#171; D&#233;rives urbaines dans la ville cannibale &#187;).&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Changer dans le miroir&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il y a de bien belles choses sur ce &lt;i&gt;Flux flou de la foule&lt;/i&gt;. Des textes denses et &#233;vocateurs qui vous cueillent parfois au bout de multiples &#233;coutes, quand le sens se d&#233;plie soudain devant vous ; des ambiances qui vous hantent, des rires et des fant&#244;mes, des m&#233;lodies qui s'accrochent (l'addictive &#171; Juste de passage &#187; en ouverture). Des rythmiques tribales qui vous happent par le corps comme on danserait dans un monde d&#233;sincarn&#233;, d'autres qui vous r&#233;chauffent et vous alanguissent. Des chansons sur le temps qui passe et le trouble, l&#224; encore, qui na&#238;t de se voir changer dans le miroir quand on reste la m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur (le superbe &#171; Mon dedans vs mon dehors &#187;). Entre les lignes, on croit parfois discerner l'ombre de la crise qui nous bouscule tous depuis d&#233;j&#224; plus d'un an, sans jamais &#234;tre s&#251;rs qu'il ne s'agisse pas d'un mirage entrevu du coin de l'&#339;il, mais on sent quelque chose, dans ces ambiances urbaines, d'un monde apr&#232;s la catastrophe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On finit par cesser de chercher &#224; d&#233;finir ce &lt;i&gt;Flux flou de la foule&lt;/i&gt; pour se laisser flotter, se laisser porter par ce flot, ce flux flou incertain mais grisant. Un bel album insaisissable et fascinant qui semble ouvrir un nouveau chapitre dans la discographie de Fran&#231;oiz Breut, prot&#233;iforme et toujours aussi riche, aussi impr&#233;visible et aussi attachante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/sJW26A3x_Jw&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vikken</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cran, la cam&#233;ra scrute intens&#233;ment des visages et des corps, parmi lesquels on reconna&#238;t Jeanne Added ou encore la f&#233;ministe militante Daria Marx. D'une voix neutre, sur un fond &#233;lectro qui s'emballe progressivement, Vikken d&#233;clame un monologue qu'on imagine tir&#233; d'une situation r&#233;elle. &#171; &#202;tes-vous Madame ou &#234;tes-vous Monsieur ? &#187; Une question tr&#232;s simple, affirment les mots, posant comme une &#233;vidence ce qui, en r&#233;alit&#233;, n'en est pas une. Et la voix d'insister lourdement, transformant ce qu'on devine &#234;tre (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'&#233;cran, la cam&#233;ra scrute intens&#233;ment des visages et des corps, parmi lesquels on reconna&#238;t &lt;strong&gt;Jeanne Added&lt;/strong&gt; ou encore la f&#233;ministe militante &lt;strong&gt;Daria Marx&lt;/strong&gt;. D'une voix neutre, sur un fond &#233;lectro qui s'emballe progressivement, &lt;strong&gt;Vikken&lt;/strong&gt; d&#233;clame un monologue qu'on imagine tir&#233; d'une situation r&#233;elle. &#171; &#202;tes-vous Madame ou &#234;tes-vous Monsieur ? &#187; Une question tr&#232;s simple, affirment les mots, posant comme une &#233;vidence ce qui, en r&#233;alit&#233;, n'en est pas une. Et la voix d'insister lourdement, transformant ce qu'on devine &#234;tre une banale corv&#233;e administrative en v&#233;ritable interrogatoire, jusqu'au malaise. Cette insistance se fait blessante, humiliante m&#234;me. &#171; Qui &#234;tes-vous &#187; ? Une question si simple, affirme la voix. Une question qui ne l'est pas. Une question parfois douloureuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &#224; mesure que monte le malaise, la transe s'empare des corps et se transmet &#224; nous, sursaut de vie, danse de lib&#233;ration, d'affirmation, de protestation face aux mots qui enferment, aux pr&#233;jug&#233;s qui blessent, aux fausses &#233;vidences des uns qui sont les prisons des autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e est aussi simple qu'elle est forte. Le monologue r&#233;sonne, les images le soulignent, donnant chair &#224; la soif d'exister hors des carcans, la soif d'&#234;tre, simplement. &#171; Pour une amie &#187; est extrait du premier EP de Vikken &#224; para&#238;tre au printemps 2021, et c'est un titre, un clip, qui devraient marquer les esprits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/mugK9jzm88U&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Franky Gogo</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; The Purple Rest &#187; &#233;tait sans doute notre titre pr&#233;f&#233;r&#233; du premier EP de Franky Gogo sorti l'an dernier, Fast and Too Much : un morceau lent, hypnotique et lancinant qui tranchait avec l'&#233;nergie electro impr&#233;gnant ceux qui l'entouraient. Le clip qui l'accompagne d&#233;sormais ne fait que renforcer la fascination qu'exerce le morceau. Un clip trouble et troublant o&#249; l'artiste se d&#233;double en deux incarnations masculine/f&#233;minine et o&#249; Theo Hakola, que Tatiana Mladenovitch accompagne parfois &#224; la batterie, pr&#234;te (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; The Purple Rest &#187; &#233;tait sans doute notre titre pr&#233;f&#233;r&#233; du premier EP de &lt;strong&gt;Franky Gogo&lt;/strong&gt; sorti l'an dernier, &lt;i&gt;Fast and Too Much&lt;/i&gt; : un morceau lent, hypnotique et lancinant qui tranchait avec l'&#233;nergie electro impr&#233;gnant ceux qui l'entouraient. Le clip qui l'accompagne d&#233;sormais ne fait que renforcer la fascination qu'exerce le morceau. Un clip trouble et troublant o&#249; l'artiste se d&#233;double en deux incarnations masculine/f&#233;minine et o&#249; &lt;strong&gt;Theo Hakola&lt;/strong&gt;, que &lt;strong&gt;Tatiana Mladenovitch&lt;/strong&gt; accompagne parfois &#224; la batterie, pr&#234;te sa longue silhouette et ses mimiques hallucin&#233;es face &#224; une &#171; love machine &#187; semi-organique qu'on croirait sortie de chez &lt;strong&gt;David Cronenberg&lt;/strong&gt;. Pour le reste, on vous laisse d&#233;couvrir : le clip est un trip &#233;trange et captivant qui se vit davantage qu'il ne se d&#233;crit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/CiKo4XVy8TI&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les Chatouilles</title>
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		<dc:creator>M&#233;lanie Fazi</dc:creator>



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&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de fermeture prolong&#233;e des salles de cin&#233;ma, autant mettre &#224; profit ses soir&#233;es de couvre-feu pour rattraper des films manqu&#233;s &#224; leur sortie. C'est ainsi que Les Chatouilles, dont on nous avait vant&#233; la force, se rappela &#224; notre souvenir. Beaucoup parlaient d'un film r&#233;ellement marquant, et il l'est, ind&#233;niablement &#8211; mais nous n'aurions pu pr&#233;voir de quelle mani&#232;re, tant il est profond&#233;ment original et personnel. Les Chatouilles suit le parcours d'une femme, Odette, depuis ce jour de son (...)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En cette p&#233;riode de fermeture prolong&#233;e des salles de cin&#233;ma, autant mettre &#224; profit ses soir&#233;es de couvre-feu pour rattraper des films manqu&#233;s &#224; leur sortie. C'est ainsi que &lt;i&gt;Les Chatouilles&lt;/i&gt;, dont on nous avait vant&#233; la force, se rappela &#224; notre souvenir. Beaucoup parlaient d'un film r&#233;ellement marquant, et il l'est, ind&#233;niablement &#8211; mais nous n'aurions pu pr&#233;voir de quelle mani&#232;re, tant il est profond&#233;ment original et personnel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Chatouilles&lt;/i&gt; suit le parcours d'une femme, Odette, depuis ce jour de son enfance o&#249; le meilleur ami de ses parents lui propose de &#171; jouer &#224; la poup&#233;e &#187;, en lui faisant promettre de n'en parler surtout &#224; personne. Les abus se poursuivront plusieurs ann&#233;es, sous le nez des adultes qui ne voient rien. Car il ne viendrait &#224; personne l'id&#233;e de se m&#233;fier de Gilbert, qui a tout pour lui, qui est charmant et charismatique, et &#171; tellement g&#233;n&#233;reux &#187; avec Odette qu'il couvre de cadeaux et emm&#232;ne en vacances pour mieux exercer son emprise. Odette se r&#233;fugie dans sa passion pour la danse dont elle fera son m&#233;tier une fois devenue adulte. Puis un jour, subitement, elle entre chez une psychologue &#224; qui elle confiera ce qu'elle n'a jamais pu raconter. Ce sera cette femme ou personne, et le d&#233;but d'un chemin compliqu&#233; vers une forme de reconstruction.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Sortir de la spirale&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La plus grande force de ce film, c'est d'&#234;tre port&#233; tout entier par la pr&#233;sence incandescente d'&lt;strong&gt;Andr&#233;a Bescond&lt;/strong&gt;, qui l'interpr&#232;te, le co-&#233;crit et le co-r&#233;alise (avec &lt;strong&gt;Eric M&#233;tayer&lt;/strong&gt;) &#224; partir de sa propre histoire. Elle insuffle au film une &#233;nergie douloureuse et incarne une Odette tout en asp&#233;rit&#233;s, enferm&#233;e dans une spirale d'autodestruction, habit&#233;e par une rage qui se retourne souvent contre elle-m&#234;me et que la danse ne suffit pas &#224; ext&#233;rioriser. Une Odette qui se m&#233;fie des autres et les tient &#224; distance, parce que la petite fille qui r&#234;vait que son p&#232;re vole &#224; son secours est devenue une femme persuad&#233;e que les gens qui vous &#233;coutent, &#171; c'est dans les contes de f&#233;e &#187;. Mais une Odette consciente d'&#234;tre &#224; la d&#233;rive et qui, un jour, parce qu'elle n'en peut plus, d&#233;cide que l'heure est venue de parler. Encore faut-il trouver les mots. Encore faut-il aller au bout de la d&#233;marche. Mais petit &#224; petit, quelque chose se d&#233;noue, et une forme de lumi&#232;re peut &#233;merger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film est brillant dans ce qu'il parvient &#224; nous transmettre de cette douleur-l&#224; et de la mani&#232;re dont elle vous fa&#231;onne. Pour autant, malgr&#233; la violence de ce qu'il d&#233;crit, il est &#233;tonnamment pudique. Il ne s'agit pas simplement d'exorciser un v&#233;cu atroce mais d'amorcer une forme de dialogue avec le spectateur ; or, ce qu'Odette apprend &#224; ses d&#233;pens, et que la cin&#233;aste a sans doute m&#251;rement r&#233;fl&#233;chi, c'est la difficult&#233; de transmettre ces mots, m&#234;me lorsqu'on parvient enfin &#224; les extirper de soi. Ils sont &#233;galement douloureux &#224; entendre, et tous ne sauront pas les recevoir. Certains le refuseront tout net, &#224; l'image de la m&#232;re toxique incarn&#233;e par une &lt;strong&gt;Karin Viard&lt;/strong&gt; gla&#231;ante. D'autres seront d&#233;sar&#231;onn&#233;s ou boulevers&#233;s, mais sinc&#232;rement d&#233;cid&#233;s &#224; aider.&lt;/p&gt; &lt;h3 class='h3 spip'&gt;Juste distance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On sent par ailleurs un r&#233;el souci d'injecter par moments une forme de l&#233;g&#232;ret&#233; qui &#233;vite au film de devenir plombant, dans les s&#233;ances chez la psy mises en sc&#232;ne de mani&#232;re tr&#232;s ludique : Odette s'y prom&#232;ne litt&#233;ralement au milieu de ses souvenirs, les r&#233;&#233;crit parfois, y invite sa th&#233;rapeute avec elle. Ces s&#233;quences sont parfois dr&#244;les malgr&#233; ce qui s'y d&#233;roule, puis chaleureuses : c'est la bulle &#224; l'int&#233;rieur de laquelle peut sortir la parole et s'op&#233;rer la reconstruction.
Tout sonne vrai ici, et si c'est Odette qui occupe l'espace de mani&#232;re &#233;clatante, les autres personnages ne sont pas en reste. Tous sont vivants, et tous les interpr&#232;tes au diapason : la petite &lt;strong&gt;Cyrille Mairesse&lt;/strong&gt; au jeu tout en sensibilit&#233;, qui donne &#224; ressentir la peur et l'impuissance d'Odette enfant, &lt;strong&gt;Carole Franck&lt;/strong&gt; en th&#233;rapeute un peu d&#233;pass&#233;e au d&#233;part, mais qui noue un vrai lien avec sa patiente, ou encore &lt;strong&gt;Pierre Deladonchamps&lt;/strong&gt; en bourreau ordinaire, abject et manipulateur derri&#232;re son charme de fa&#231;ade.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Chatouilles&lt;/i&gt; est un film dont on ressort rempli d'admiration et qui, toujours, sait trouver la juste distance pour dire la douleur et nous la faire entendre. Un film puissant, bouleversant et malheureusement n&#233;cessaire, qui continue de vous habiter plusieurs jours apr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/mCY3Fo0BQ5Y&quot; title=&quot;YouTube video player&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&quot; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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